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Poésie contemporaine
Mokhtar : La passe à poissons
 Publié le 28/06/19  -  19 commentaires  -  2729 caractères  -  276 lectures    Autres textes du même auteur


La passe à poissons



Dans l’île d’Andrésy en biais on a tranché,
Offrant à la rivière une voie traversière,
Et pour les migrateurs un torrent enroché
Qui trace le chemin menant à leur frayère.

Et c’est félicité pour le grand poisson blanc
Qui défie le courant pour remonter le fleuve,
Et sur les flots bondit comme flèche d’argent,
Débordant d’énergie en sa dernière épreuve.

Intrépide et fringant, de plaines en forêts,
Il fuse vers l’amont en quête des eaux claires,
Se gardant des dangers des esches et des rets
Pour dans l’ultime frai se mêler à ses frères.

Et lâchant sa semence en un suprême effort
Il féconde la ponte, inondant la gravière.
Et poussé par l’instinct assure avant sa mort
La survie de sa race et sa tâche dernière.

Le roi des gaves meurt, sur le flanc s’est couché,
Baroudeur d’océans qui dans le ru défaille,
Au terme de sa vie, au courant s’est lâché,
Errant au fil de l’eau comme un fétu de paille.

***

Le soleil implacable irradie les Alpilles,
Pas un souffle de vent, pas même un vol d’oiseau ;
Sur le sentier poudreux ni ombre ni charmilles,
Et le vieil homme peine à gravir le coteau.

D’Amérique il revient, sa fortune est immense,
Il connut le pouvoir et côtoya les grands,
Mais il a tout quitté pour revoir sa Provence
Et couvrir de genêts le lit de ses parents.

Son village natal aux bâtisses de pierre
Dans ses ocres culmine au plus haut du chemin.
Éreinté, il honnit cette pente où naguère
Il courait fleur aux dents, la guitare à la main.

À l’ombre des cyprès longeant le cimetière
Il a fait une halte et s’éponge le front,
Ému de voir sa plaine ardente de lumière
Et de ses yeux d’enfant retrouver l’horizon.

Sur la dalle de marbre une larme est tombée,
En perle de remords pour celle qui gît là,
Cette fille perdue et qu’il a tant aimée,
Qui l’attendit en vain et ne s’en remit pas.

Au seuil de la bastide il repense à son père,
Le revoit pressant l’huile ou taillant le sarment,
Récoltant la lavande et le miel de bruyère,
Vivant de son terroir simplement, dignement.

Il songe à ses combats menés comme des guerres,
Sa quête des honneurs, de la célébrité.
De ses affairements ne restent que chimères,
Et de ses grands desseins juste la vanité.

Sur la couche natale il étend sa pelisse
Et s’abandonne enfin pour trouver le repos ;
Et vers l’éternité sent son âme qui glisse,
Comme le poisson mort dérivant sur les flots.


 
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   Lebarde   
28/6/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Très longue, trop longue narration qui rapproche les vies d’un saumon et d’un vieil homme qui après avoir bourlingué en ce vaste monde s’en reviennent mourir là où ils sont nés.
À la différence que le poisson revient aussi pour y perpétuer la vie , l’homme non!
La comparaison est tirée par les cheveux et l’auteur(e) aurait sans dommage, tout aussi bien pu produire deux textes plus courts.

Ce poème contemporain se lit bien mais devient vite monotone et sans grand intérêt et le côté poétique est « minimaliste «.
D’aucuns reprocheront son manque de fond et je vois d’ici les commentaires qu’il va susciter chez les lecteurs qui voudront bien aller jusqu’au bout!
Désolé. Il aurait fallu trouver des images plus attractives et originales.

Ed: À la relecture mon jugement est peut être un peu sévère et j’ai trouvé quelques images plaisantes en particulier dans la partie « poisson ». Je tempère mon appréciation initiale.

   poldutor   
8/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

Superbe poème mêlant adroitement les efforts du migrateur pour perpétuer sa lignée, et les regrets du vieil homme.
Comme le poisson, sur la fin de sa vie il revient sur les lieux de son enfance...

Avec peine pour "gravir le coteau",
et les remords d'avoir abandonné : "cette fille perdue et qu'il a tant aimée
Qui l’attendit en vain et ne s’en remit pas".

La gloire, la fortune, valent-elles le sacrifice de l'amour, d'une "chaumière et d'un cœur" ?
"Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait...

Sentiments exprimés avec délicatesse, description de la Provence comme on l'aime avec ses odeurs sa lumière et son aride décors.

Petites remarques : le titre manque par trop de poésie.

"Le roi des gaves meurt" : présent.
"Sur le flanc s'est couché" : passé composé (?)
Pourquoi pas : le roi des gaves mourant, sur le...

   troupi   
9/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Une très belle écriture pour un parallèle entre un poisson qui revient mourir sur le lieu de sa naissance et un vieil homme qui revient aussi après une vie passée à courir le monde à la recherche d'argent et d'honneurs.
Echelle à poissons ou sentier escarpé, la lutte est rude pour atteindre le but, mais essentielle pour terminer le parcours d'une vie.

L'idée est originale d'unir ces deux destins à priori éloignés mais pourquoi pas puisque nous faisons partie d'un grand tout,alors humain ou poisson, à l’échelle de l'univers la différence est minime.
L'écriture coule facilement et pour un long poème c'est une qualité c'est donc avec facilité et plaisir que je suis parvenu au terme de ce bel écrit.
troupi

   Vincente   
28/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Deux vies condensées dans les vers agréables d'un poème, un parallèle audacieux mais qui en toute fin paraît comme évident.

Dans le principe, rien ne rapprocherait le poisson souverain d'une rivière et un homme ambitieux. Et pourtant, avec une adresse peu commune, l'auteur réussit à créer bien plus que des ponts entre les deux parcours, il rend attachantes les deux destinées en les reliant par leurs importances respectives. Si bien que l'on assiste, l'on est emporté, dans la vie de chacun. L'on voit leurs cycles de vie produire leurs félicités et leurs difficultés, l'on voit l'espérance en fer de lance des destinées et l'on comprend qu'il n'y aura pas de "game over" puis "start again".

Au début de la deuxième partie, on ne pressent pas de parallélisme, mais bien vite celui-ci se dessine, se trace et se montre en perspective, l'on voit ainsi en final ces deux lignes parallèles qui se rejoignent... dans le point de fuite. Mais ce n'est pas qu'un effet d'optique, le néant est bien la rencontre qui réunit la vie, celle d'un poisson, celle d'un homme là-bas dans l'infini.

Voilà pour le cadre philosophique. Mais l'auteur nous a réservé une terrible surprise, on va comprendre qu'elle argumente en haut lieu une morale sentimentale. Le vieil homme revient à sa source, et la bouleversante blessure, dont il éloignait de son regard la cicatrice, le prend à la gorge. Sa fille aimée serait morte de son éloignement ambitieux, il en est maintenant persuadé... Alors il nous paraît bien clair que le poisson, lui n'aurait pas eu cette inconséquence !

   taha   
28/6/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Toutes les images, de ce poème très visuel, communient en parfaite harmonie, dans une profonde révérence à la nature.
Le ton grave, paisible, que la mélancolie effleure à peine, est celui qui sied à cette narration, qui se voudrait, qui est, parole de sage, quelque peu surannée… mais toujours précieuse et tellement rare.
Aucun vers, aucun mot ne concède la poésie, pour les besoins du mètre ou pour atteindre la rime.
Nous avons là un texte que l’on peut qualifier de poésie sans se faire violence.
Sur ce site, j’ai rarement lu un « classique » qui le soit autant que ce « contemporain ». Ce poème, est une pièce d’anthologie.

   Castelmore   
28/6/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Il y a d’abord la langue
Pure claire précise ... qui n’a besoin d’aucun artifice pour rejoindre la pensée de l’auteur.

Il y a le talent qui sait conduire les mots sur les chemins pentus d’une prosodie classique maîtrisée et d’une nostalgie mélodieuse et sans fard.

Il y a bien sûr aussi le travail , l’obsession du « juste » dont tous les Oniriens connaissent le poids.

Il y a enfin un cœur de poète qui nous montre les liens secrets entre les êtres, les hommes, la vie et la mort.

Un grand merci Mokhtar

   Corto   
28/6/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
La construction de ce poème en deux parties faites pour trouver leur confluence est parfaite.

On peut bien sûr remarquer que le saumon est mû par son instinct de reproduction dont la nature a voulu qu'il vienne aussi mettre un terme à sa propre vie.

De son côté l'homme revient sur les lieux de sa jeunesse mû par des sentiments forts et sans doute aussi par une fatigue, une lassitude envahissante.

Le talent de l'auteur fait rejoindre le destin de ces deux êtres qui n'avaient guère de raison de se rencontrer à un tel niveau.
Ici réside l'excellence poétique, celle qui s'élève au-dessus du concret pour en voir les liens et les ramifications secrètes.

Un salut ravi à l'auteur de cette démarche, décrite en termes simples et sans exagérations métaphoriques.

Une rare finesse poétique où chaque vers porte son évocation, sans complication mais avec une belle précision.

   sympa   
28/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour,

J'ai beaucoup aimé l'originalité de votre poésie :
Ce saumon qui, dans un dernier effort perpétue son espèce avant de mourir, et ce vieil homme qui revient, probablement pour finir sa vie dans son village natal.
L'écriture et la prosodie sont maîtrisées.
Un bémol tout de même : la longueur de votre poème .

   Davide   
28/6/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Mokhtar,

Cette comparaison entre le grand poisson blanc et l'aventurier provençal souffre, à mon sens, d'un manque de vraisemblance.
Le registre humoristique ou la fable auraient mieux convenu à ce jeu rhétorique plutôt que la gravité insinuée dans la narration.

J'aurais préféré le poème amputé de ce préambule "poissonnier", certes bien écrit, mais trop contrastant.

L'élégance de l'écriture et sa sobriété assurent une proximité attendrissante d'avec le vieil homme revenant désabusé d'un pays si lointain.
Le ton nostalgique, oscillant entre présent désespéré et douces rémanences du passé, confère au poème une humanité presque palpable.
On sent ce "village natal aux bâtisses de pierre" qui "culmine au plus haut du chemin." On le respire dans la chaleur accablante de l'été.

Le regard qui couve ce retour dans le pays natal est empreint d'émotions, la plume de l'auteur semble trembler sous les images, magnifiques :
"En perle de remords pour celle qui gît là"
"Et couvrir de genêts le lit de ses parents."
...

Je regrette - vraiment - cette première partie, mais peut-être l'auteur pourra donner quelques explications.

Toutefois, la fluidité et la musicalité de l'écriture m'auront fait rêver...

Merci Mokhtar,

Davide

   papipoete   
28/6/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
bonjour Mokhtar
2 vies couchées là sur le vélin, par une plume si délicate ; elle montre le chemin qu'un animal et un homme parcourent aisément, jusqu'au moment où il faut d'une part mourir pour que la bête renaisse, et d'autre part rendre l'âme parce qu'il est temps, et l'on n'a plus à aimer !
Avoir vaincu tous les courants jusqu'à n'en pouvoir plus, juste pour semer la vie, poisson...
Avoir bourlingué en maints continents, mais venir dans ce coin des Alpilles où son coeur se fendit à jamais, pour s'éteindre...
NB un vers en particulier ? très difficile dans ce récit où l'auteur nous livre 2 poèmes pour le prix d'un !
Le dernier quatrain du poisson blanc a ma préférence !
L'avant-dernière pour le pépé est si touchante !
un " contemporain " de Mokhtar, cela me surprend ! alors que je reprends chaque vers, je ne vois pas de faute de métrique !
" ni/ombre ", ce hiatus est permis en néo-classique
et tous les mots pouvant se dire en diérèse, le sont tous, en synérèse comme permis aussi !
Quelqu'un pourra-t-il me citer la faute scélérate, que je ne vois pas ?

   PIZZICATO   
28/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Quelle merveilleuse idée que ce parallèle entre deux existences ;
deux êtres qui viennent s'éteindre au bout de leur parcours et retrouver les lieux de leur naissance.
Un homme et un salmonidé qui ont en commun la vie.

L'un, " Sur la couche natale il étend sa pelisse
Et s’abandonne enfin pour trouver le repos "

L'autre, " poussé par l’instinct assure avant sa mort
La survie de sa race et sa tâche dernière. "

Je retrouve l'écriture soignée de l'auteur et ses images toujours expressives.

Encore un bel écrit.

   Luz   
28/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Mokhtar,

J'ai beaucoup aimé ce poème : 2 poèmes pour le prix d'un...
Juste une remarque : je crois que "le gave" est un terme réservé aux rivières des Pyrénées. Alors après, il s'agit d'une histoire dans les Alpilles (où, je crois, il n'y a pas de saumons. Mais je me trompe peut-être.)
C'est juste pour éventuellement avoir une parfaite cohérence entre les 2 parties du poème.
En tout cas, bravo, et particulièrement pour la première partie qui me touche plus.
Merci.

Luz

   senglar   
28/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour Mokhtar,


Si l'on peut tracer un parallèle entre le "grand poisson blanc" qui remonte le fleuve comme il remonte sa vie pour aller se reproduire et mourir, son ultime mission accomplie donnant un sens à tout cela...
Si l'on peut tracer un parallèle donc entre ce poisson et l'homme qui, ayant fait fortune en Amérique, remonte lui-aussi le cours de sa vie avec le cours de ses pas, regagnant la France et sa Provence, délaissant en quelque sorte sa réussite, il y a une différence essentielle :
Le poisson dans l'apogée de sa force avant la fin est revenu pour se reproduire dans son lieu de naissance, bain de jouvence et mourir.
L'homme vieilli est revenu pour pleurer sur la tombe de ses parents qu'ils a quittés, pour se lamenter sur la tombe de la fiancée qu'il a délaissée morte de chagrin. Il est revenu pour constater la stérilité de sa couche natale sur laquelle il va se coucher pour mourir à son tour ayant raté sa vie à satisfaire aux vanités.

Si le poisson et l'homme sont morts tous les deux leurs âmes ne dériveront pas sur les mêmes flots.

Pourquoi dans ce cas les associer dans la mort alors qu'ils n'ont rien de commun ?

NOUS N'AVONS PAS LES MÊMES VALEURS ! Disait la pub. La leçon n'est-elle pas ambiguë ?

"Et vers l'éternité sent son âme qui glisse,
Comme le poisson dérivant sur les flots."

Ben non, l'âme du poisson, elle, nage, vole. Celle du vieil homme, pas même oncle d'Amérique puisqu'il n'enrichit personne, coule, direction la vase ensablée.


Enfin d'une certaine façon ce poème est orgiaque, n'ai-je pas compté moins de onze "Et" en début de vers : Et Et Et Et Et Et Et Et Et Et Et. Cela ne m'a pas semblé uniquement stylistique.

A part ça ben y'a du boulot oui, ça on peut pas dire y'a du boulot et des belles strophes et des beaux vers !


Senglar qui te hait de plus en plus...

   leni   
28/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
salut mok le grand poisson blanc
Qui défie le courant pour remonter le fleuve,
Et sur les flots bondit comme flèche d’argent

Et lâchant sa semence en un suprême effort
Il féconde la ponte, inondant la gravière.
Et poussé par l’instinct assure avant sa mortET CE SERA SA FIN


Le soleil implacable irradie les Alpilles,
Et le vieil homme peine à gravir le coteau.

Au seuil de la bastide il repense à son père,
Le revoit pressant l’huile ou taillant le sarment,
Récoltant la lavande et le miel de bruyère,
Vivant de son terroir simplement, dignement.

e le passé revient

Il songe à ses combats menés comme des guerres,
Sa quête des honneurs, de la célébrité. Il songe à ses combats menés comme des guerres,
Sa quête des honneurs, de la célébrité.
ET c'est la fin qui rode


DEUX vies deux destins proches Beau parallèle

SUPERBEMENT ECRIT MERCI SALUT AMICAL LENI

   jfmoods   
29/6/2019
Ce poème est composé de 13 quatrains en alexandrins, à rimes croisées, pauvres, suffisantes et riches, féminines et masculines dans la première partie du poème (strophes 1 à 8), masculines et féminines dans la seconde partie (strophes 9 à 13), vocaliques et consonantiques se répartissant équitablement.

L'image la plus prégnante demeure celle du mouvement ascensionnel ("remonter le fleuve", "Il fuse vers l’amont" / "le vieil homme peine à gravir le coteau", "culmine au plus haut du chemin", "cette pente") qui figure symboliquement le chemin vers l'apothéose d'une vie.

Le texte se présente comme une réflexion philosophique subtile et triste.

Deux mondes sont ici mis en perspective : celui de la nature ("le grand poisson blanc") et celui la culture ("le vieil homme").

Le "roi des gaves" est soumis au déterminisme de l'espèce ("poussé par l’instinct"). S'accomplissant dans l'instant ("bondit comme flèche d’argent", "Débordant d’énergie"), il donne, par son acte final ("en sa dernière épreuve", "avant sa mort"), un sens à sa vie ("assure [...] / La survie de sa race").

L'être humain quant à lui est libre de s'affranchir de sa condition première ("son père [...] / [...] pressant l’huile ou taillant le sarment, / Récoltant la lavande et le miel de bruyère, / Vivant de son terroir simplement, dignement"), de faire des projets, de quitter son milieu pour se réaliser ailleurs. Cependant, mû par une indicible soif de reconnaissance ("sa fortune est immense", "ses combats menés comme des guerres, / Sa quête des honneurs, de la célébrité"), il mourra absurdement, sans postérité, ayant sacrifié l'essentiel ("une larme est tombée, / En perle de remords pour celle qui gît là, / Cette fille perdue et qu’il a tant aimée, / Qui l’attendit en vain et ne s’en remit pas") pour du vent ("De ses affairements ne restent que chimères, / Et de ses grands desseins juste la vanité").

Merci pour ce partage !

   Sylvaine   
29/6/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je n'ai pas trouvé là de grande invention poétique, mais j'ai été touchée par le parallèle établi entre le destin du "grand poisson blanc", qui revient sur les lieux de sa naissance pour assurer la survie de l'espèce, après avoir vécu conformément à sa nature, et celui du vieil homme qui, revenu lui aussi sur les lieux de son enfance, prend conscience de la vanité des ambitions qu'il a poursuivies et qui le laissent les mains vides au seuil de la mort. La dernière strophe, qui résume ce parallèle, m'a paru très émouvante.

   hersen   
29/6/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Même si je comprends le parallèle que fait l'auteur, il me laisse un peu perplexe, en ce sens que le poisson ensemence les oeufs pour que perdure l'espèce. mais je ne retrouve rien de tout cela dans le retour de cet émigré qui a fit fortune ailleurs, en oubliant les siens et la vie simple. Il revient mourir, mais que laisse-t-il qui vaille la peine ?

Peut-être que quelque chose m'échappe ?

La lecture est très agréable, nous parle de nature, loue la Provence et les oliviers, même si le tout est peut-être un peu attendu.

merci de la lecture, Mokthar !

   Cristale   
2/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir Mokhtar,

J'espère que ce n'est pas tout ou rien parce que ce soir je ne prendrai que les cinq premiers quatrains qui sustenteront agréablement mon goût pour la poésie à laquelle je suis encore receptive.

J'ai bien compris le parallèle entre les deux mondes décrits mais, et malgré le soin porté à l'écriture, la longueur de la deuxième partie a un peu perturbé le rythme de ma lecture en estompant l'effet de la première.
Ce qui n'enlève rien à la qualité de vos vers.

Cristale

En passant, pour répondre à papipoète, je pense que la catégorie contemporaine et non néo-classique est due au manque d'alternance F/M entre le vingtième et le vingt-et-unième vers.

   Mokhtar   
8/7/2019
Mon retour sur vos éminents commentaires se trouve ici ;


http://www.oniris.be/forum/vous-reprendrez-bien-un-peu-de-saumon-t27151s0.html


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