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Poésie classique
Mona79 : Cheminement
 Publié le 15/04/13  -  19 commentaires  -  1676 caractères  -  296 lectures    Autres textes du même auteur

Étoile de la mer, voici la lourde nappe
Et la profonde houle et l’océan des blés
Et la mouvante écume et nos greniers comblés

Charles Péguy, Présentation de la Beauce à Notre-Dame de Chartres


Cheminement




Le soc luisant se glisse en la glèbe fertile
Et la terre gercée exhale du sillon
Un souffle vaporeux dont la tiédeur utile
Fera croître la graine et chanter le grillon.

Le devoir donne force à l'entreprise humaine :
La semence accouplée à la terre s'endort ;
Sous le manteau d'hermine étendu sur la plaine,
On la croit sans vigueur : elle vaincra la mort.

Le blé d'avril ondoie où la brise murmure :
Dans l'aube radieuse et ses rayons de miel
La nappe d'émeraude offre sa chevelure
À la nacre, à la moire, où s'irise le ciel.

Juin couronne de fleurs le front des champs gravides :
Coquelicots, bleuets – tendres tisons d'azur –,
Et les grains assoiffés, de douce pluie avides,
Grossissent en silence enchâssés dans l'obscur.

Lentement le soleil, ourlé de sombre orage,
A ployé les blés mûrs qui dorent sous juillet.
Cette moisson croulante incite le courage
De l'homme en son effort… avant le vin paillet.

L'épeautre au ciel dressé, dans sa taille idéale,
Atteint de déhiscence a donné son froment :
Voici l'épi battu, la noble céréale
Apaisera nos faims en quête d'aliment.

*

Nous irons pour glaner, au hasard des éteules,
Le grain dur, mais fécond, de la fraternité ;
Quand auront disparu les attaques des veules,
Sera venu le temps de la sérénité.

Le jour se lèvera sur une aube légère
Où nous verrons grandir un peu, chaque matin,
Le gerbier de l'amour : dans sa voix messagère
Peut-être entendrons-nous chanter l'âme du pain.


 
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   Ioledane   
30/3/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un vrai ravissement de lecture, cet hymne au "grenier de la France" ... et au-delà, à la fraternité ! La description se décline paisiblement sans jamais lasser, riche de belles images et d'un vocabulaire varié.

Ce poème est servi par un beau classicisme, je n'ai que deux bémols à relever :
- "Apaisera nos faims en quête d'aliment" : ce vers me paraît un peu plat, limite pléonastique ;
- Pauvreté de la rime finale "matin" / "pain", c'est dommage.

Pour l'ouvrage d'ensemble toutefois, bravo à vous.

   Miguel   
4/4/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un poème de la nature, un poème de la civilisation agreste, un poème d'héritier, un des derniers de ce monde où nous sommes nés et que nous aurons vu disparaître. Les images, les rythmes, les sonorités, la dimension mystique de l'accomplissement, tout apaise. Oui, l'évocation de Péguy est ici tout à fait bienvenue. Mais ce poème s'achève sur du futur, ce n'est pas une vaine évocation nostalgique. On sent bien le sens de la métaphore champêtre du geste d'ensemencement qui ne trouve de justification que dans l'avenir. On pense à Hugo qui écrit : "Toute idée, humaine ou divine/ Qui prend le passé pour racine/ A pour feuillage l'avenir."
C'est la poésie que j'aime, traditionnelle dans sa forme et dans son contenu, et pleine de sensibilité. Je reprendrais bien un verre de ce nectar.

   socque   
5/4/2013
 a aimé ce texte 
Bien
Très classique, en effet, ce poème me semble-t-il. Un sujet profond décliné de manière très solennelle, efficace.
En toute franchise, l'ensemble est trop raide à mon goût, parfois au bord de l'emphase (je ne vois pas trop ce que viennent faire là le grain de la fraternité et les attaques des veules après le développement réaliste sur le blé, les fleurs, les orages etc.), non exempt de clichés (l'aube radieuse, la nappe d'émeraude, la brise qui murmure, la faim en quête d'aliment qui pour moi sonne comme un pléonasme, la glèbe fertile dont on n'attendait pas moins), mais j'y re connais de l'ampleur et un propos net ; le mouvement de l'ensemble me plaît, quant aux vers ils me paraissent solides et les rimes plutôt soignées même si parfois assez moyennes ("murmure"/"chevelure", "azur"/"obscur").

Il y a en tout cas du travail, dans ce poème qui le chante !

   leni   
15/4/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour MOna
Ton poème est descriptif ,conventionnel Il est classique L'ensemencement prépare l'avenir...depuis toujours Tontexte lu à haute voix est sonore J'y trouve ces vers qui chantent:...La semence accouplée à la terre s'endort...Nous n'irons plus glaner...Ce vers me rappelle mon enfance!J'aime beaucoup le vers final. Un joli moment de lecture Merci Mona Amitiés Leni

   Lariviere   
15/4/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Mona,

Qu'est ce que j'aime ce poème !...

Le pire c'est que je ne sais toujours pas pourquoi (et je m'en fiche), mais je trouve ce poème au delà du parfait que lui confère votre superbe écriture. En fait, je n'ai rien à dire de constructif, juste donner mes impressions (personnelles) de lecture...

Le thème, qui exalte la beauté de la nature et la beauté de ces hommes qui la transforme pour la rendre comestible est, plus qu'un simple hommage au monde agricole qui pourrait résonner comme une réminiscence d'une idéologie (que j'aimerais) surannée , une ode simple et puissante destinée en réalité à toute l'humanité... J'ai aimé ce "cheminement" du pain, avec toute sa symbolique... De Cérès à nos divinités modernes (ils ont de nos jours de gros tracteurs...) le pain, c'est la symbolique de la "matière vitale" par excellence, c'est l'aliment nourricier dépouillé de tout accessoire, mais c'est aussi au delà, le symbole spirituel du partage, chrétien ou républicain (rappelons nous les "faces" de nos anciennes pièces de monnaies...), et de la fraternité...

Je vois dans votre texte de très jolies images qui ne sont ni restreintes ni gênées aux entournures, par votre métrique et votre prosodie classique, tant vous maîtrisez à la fois la forme de votre structure et le fond de votre pensée...

Pour en revenir aux images, votre poème m'inspire une vision hybride d'un tableau de Millet qui aurait été rehaussé, par quelques endroits seulement, de quelques touches de couleurs fauves...

La dernière strophe ponctue magnifiquement l'ensemble...

Une écriture professionnelle, selon moi !

Encore merci pour ces très bons moments de lecture et au plaisir de vous lire...

   troupi   
15/4/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Magnifique évocation, aller sur Oniris pour y lire de tels textes est un vrai plaisir. La maitrise de l'écriture ne fait aucun doute et les vers coulent naturellement comme l'éveil de la nature quand rien ne vient la perturber. C'est en vain que l'on chercherait un vers ou une strophe qui sortirait du lot pour pouvoir la citer, après plusieurs lectures il faut tout conserver.

   brabant   
15/4/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Mona,


Wouah ! On reste sans voix devant cette VOIX sortie tout droit du XIXè et de la première moitié du XXè siècle, cette voix immanente et vibrante qui puise aux racines des grands écrivains et des grands poètes pastoraux. Péguy qui, soit dit entre nous n'est pas ma tasse de thé (je pencherais plutôt pour Verhaeren ; et si je devais citer un peintre j'imposerais Millet - ;-) -) est très bien choisi. Il y a quelque chose de profondément religieux dans cette nature a priori païenne ; et un message d'espoir avec cet appel à la fraternité, Jaurès se mariant avec la Porteuse de pain.

Texte syncrétique sous le signe de l'amour fécondé fécondant. Chrétien et laïque. Mystique appliquée.

Remarquable et impeccable poétique !

Ô le pain d'épeautre ! M'en vais au moulin de ce pas : "Cheminement" :)

   Anonyme   
15/4/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Mona... Superbe, ce poème est vraiment superbe !
Le cheminement du soc à l'aliment est parfaitement traduit avec un léger bémol pour "aliment" terme qui dénote par rapport au vocabulaire employé mais je ne vois pas comment y échapper.
Bien des vers sont de toute beauté tant par leur construction que par leur sens et j'ai de plus découvert "déhiscence" qui n'appartenait pas à mon vocabulaire... Ben oui !

J'ai beaucoup aimé les deux derniers quatrains qui terminent de très belle manière un excellent poème... Merci Mona

   jamesbebeart   
15/4/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Très joli texte qui impressionne par sa beauté et sa noblesse. Merci pour cette lecture.

   Anonyme   
15/4/2013
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour,
Voici de la poésie à l'état pur.
Celle qui nous offre douceur et sérénité.
Celle qui fait gonfler notre coeur tant la lecture est musicale.
Merci de ce bon moment.

   Rathur   
16/4/2013
 a aimé ce texte 
Pas
Impossible de ressentir la moindre émotion ici, tant tout me semble être prisonnier de ses effets. C'est empesé et pontifiant d'images d'images de la poésie.
Jamais les meilleurs ingrédients du monde, mal employés, n'ont faits de bonnes cuisines.

   KIE   
17/4/2013
Commentaire modéré

   tchouang   
17/4/2013
Commentaire modéré

   Pouet   
17/4/2013
 a aimé ce texte 
Un peu
Pas spécialiste de la forme, le rythme me semble bien maîtrisé.

Je vais regretter toutefois quelques répétitions comme "aube","blé" et "grain" (les trois que j'ai remarqué mais il y en a peut-être d'autres) Mais ces répétitions sont peut-être volontaires après tout.

Sinon, mais ce n'est que goût personnel, je n'ai pas aimé le style du poème. L'expression ne m'a pas parlé. sans doute une prochaine fois.

Bonne continuation

   Anonyme   
17/4/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'aime beaucoup ce côté bucolique. Pour être honnête avec vous, même si je n'ai pas tout compris (la poésie n'est pas forcément faite pour être comprise), votre poésie m'a transporté très loin dans mes souvenirs d'enfance. Les images sont magnifiques. J'ai surtout apprécié votre poème car il m'a fait de suite penser au tableau de Van Gogh "La sieste", que j'adore et que J'ai chez moi.
Bravo et merci!

   Marite   
18/4/2013
 a aimé ce texte 
Passionnément
C'est toujours avec une certaine timidité que je m'aventure à commenter les poèmes de Mona. Comment d'ailleurs mettre des mots sur ces vers si riches et, oserais-je dire féconds ?
Prendre le temps de les lire, faire une pause entre chaque strophe ... pour approcher ce genre de texte il me faut toujours du temps.
Rien n'est inutile, tout est à sa place et nous cheminons, fermement et patiemment depuis les labours jusqu'au temps de la moisson et au battage en terminant sur l'assurance d' entendre "chanter l'âme du pain".
Les deux dernières strophes semblent transmettre un message que je ne fais que pressentir.
De plus j'ai appris trois mots et pour cela je remercie Mona :
épeautre ... déhiscence ... éteule

   KIE   
18/4/2013
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
J’ai dégusté ce texte, mais pour l’avoir trouvé bouleversifiant, il ne m’en semble pas moins un chouïa apprêté. Je m’interroge et, [………censuré……..]
[…] Je veux dire que les quelques légers défauts affectent à peine la qualité de l’ensemble. Une belle écriture, une sensibilité subtile, une grande humanité, quelle alchimie que celle-ci ! Et réussie.
[…censuré…].

   Mona79   
23/4/2013

   Laroche   
26/4/2013
 a aimé ce texte 
Passionnément
Oui, évocation explicite de Péguy. Mais la fraternité, pour Péguy, était malheureusement strictement hexagonale et germanophobe; il voulait la guerre, il l'a eue, il voulait fusiller Jaurès, le pacifiste, et son voeu a été exaucé; après quoi il voulait mourir pour la patrie, et là aussi, son destin s'est accompli.
J'espère que l'an prochain on célèbrera comme il convient le centenaire de sa mort, et qu'on en profitera pour prodiguer une piqûre de rappel à tous ceux qui se mettent à rebrasser les mêmes idées.
Votre poème, très bien écrit, me gêne précisément en cela: dans le fait qu'il charrie après lui, volontairement ou pas, tout ce patriotisme de la terre, toujours entaché, pour moi, d'idéologie réactionnaire.
Mais j'éprouve le même malaise à la lecture des Travaux et des jours, ce qui n'est pas rien...

   Folibri   
5/6/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Je trouve le tout superbement mené, et cela très bon pour le thème choisi ; malheureusement, le thème m'est trop mauvais.

Certains vers comme "Peut-être entendrons-nous chanter l'âme du pain." vont trop loin, exagèrent trop pour être pris au sérieux.

   Anonyme   
31/8/2015
Bonjour Mona 79

Je découvre votre poème qui me parle énormément, il est plein d’images si vraies. Le cheminement est si joliment décrit, et bien au-delà de mes capacités. Toutefois, le second quatrain me chagrine un peu, sous le manteau d’hermine, la semence n’est plus, elle est devenue plante qui certes, peut mourir sous le gel.
Malgré la beauté de votre poème, pour l’homme de la terre que je suis, la moisson est bien souvent une fête qui m’a manqué ici. Semer, c’est entrevoir le plaisir de la récolte, cueillir le fruit de son labeur, mais quand l’orage, le vent ou le soleil nous bravent, c’est un combat perdu. Ce sont ces attentes de la terre, les craintes de son monde qui me sembleraient donner plus de vie à ce cheminement de la vie. J’espère que mon ressenti ne ternira votre plaisir…
En tous cas, merci de partager d’aussi jolis alexandrins. Vous lire m’est un plaisir rarement rencontré.

Cordialement


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