Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie classique
Mona79 : Dernière heure
 Publié le 28/11/16  -  15 commentaires  -  1612 caractères  -  252 lectures    Autres textes du même auteur

En ce jour je pense à tous ceux que j’aimais et qui ont connu cette…


Dernière heure



Quand la brume du soir au matin bleu ressemble,
Pour des rivages inconnus,
L’âme tisse aux regrets que la mémoire assemble
Un linceul d’ombre aux fils ténus.

Les mots échevelés se bousculent en foule
Sur la plage du souvenir :
La vague de chagrin, qui les sculpte en sa houle,
Déferle sans les retenir.

Le remords, insensible à l’urgence de l’heure,
Éparpille un puzzle géant
Sous le regard voilé qui s’empare du leurre
Pour tromper celui du néant.

Car les portes du ciel ont d’étranges arcades
Que l’esprit ne saurait franchir,
Même si leurs gardiens, aux allures d’alcades,
Par pitié se laissaient fléchir.

La lumière s’en va, les étoiles s’éteignent,
Et la nuit referme sa main
Sur les mots épuisés que les lèvres n’étreignent
Qu’au prix d’un effort surhumain.

Sous l’écorce de chair, qu’un sang vermeil anime,
La glace verrouille un étau
Qui fige la souffrance, en sa paix magnanime,
Et la recouvre d’un manteau.

La vie à son nadir atteint sa déhiscence,
Son ultime fragilité
Dans un soupir se brise au seuil d’incandescence
Du parvis de l’éternité.




 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Ora   
6/11/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai trouvé de bien jolis vers dans votre écrit qui nous conduit à cette dernière heure fatidique avec suffisamment de poésie pour la rendre supportable malgré la gravité du thème et la force des images choisies:
La lumière s’en va, les étoiles s’éteignent,
Et la nuit referme sa main
Sur les mots épuisés que les lèvres n’étreignent
Qu’au prix d’un effort surhumain.

J'ai juste été freinée à mon regret par un terme dont il m'a fallu chercher la significatif et qui a gêné ma lecture: "déhiscence". En cause mon vocabulaire limité, mais qui m'empêche d'apprécier votre poème avec autant d'intensité jusqu'à son terme. Cette dernière strophe d'ailleurs dans son ensemble m'a beaucoup moins emballée que le reste du poème et je trouve dommage de terminer là-dessus.

Pour le reste, j'ai beaucoup apprécié votre poème tant sur la forme que sur le fond. Merci

   Anonyme   
29/11/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour

Alternance de vers pairs et impairs agréables à lire. Certaines tournures alambiquées obscurcissent le sens de ce poème , la brume qui ressemble au matin bleu ? Pourquoi du remords à la dernière heure ? Pour ne pas avoir assez aimé avant peut-être...
Les gardiens aux allures d’alcades, une belle métaphore mais comment en être certain, nul ne sait s’ils existent.
Le verbe animer paraît être employé pour la rime, à la dernière heure sous une écorce de chair, ça semble incohérent.
Le seuil d’incandescence du parvis semble une fois de plus une construction pour la rime. Le seuil incandescent du parvis de l’éternité serait plus correct.
En résumé, des mots cultivés qui altèrent le sens de ce bel écrit.

Cordialement

   Miguel   
11/11/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Dès le premier vers on est sous le charme, et les quelques faiblesses du poème (les rimes plutôt faciles, une ou deux obscurités) ne sont rien auprès de cela ; il y'a un souffle, un esprit, et des images neuves (le puzzle éparpillé). Le rythme donné aux strophes par l'alternance 12/8 et les rimes embrassées porte la lecture jusqu'à son achèvement sans qu'on soit sorti une fois de ce petit enchantement. Bravo

   Robot   
12/11/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Beaucoup de tristesse nimbe ce texte ponctué de superbes vers.
Cette dernière heure nous conduit au dernier paragraphe à conclure que cette déhiscence, cette maturité éclose, est le signe de la fragilité et de la fin quand le soupir - le dernier - se brise.
Une grande pudeur dans ce texte qui paraît dans le contexte de la tristesse de novembre, du jour des morts...
Que l'on croit ou non à l'éternité, je trouve à ce texte une grande sérénité, une hauteur de vue sur la destinée et une vision présentée avec beaucoup de poésie, d'acquiescement devant l'inéluctable, une douleur et une souffrance dites avec beaucoup d'apaisement.

   Hananke   
28/11/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour

Poème d'un classicisme sans faille et c'est peut-être ce qui le dessert,
finalement.
On reste à la porte de cette dernière heure et j'aurais aimé
que l'auteur nous fasse entrer dans sa conception de l'inconnu.

Quelques belles choses, cependant comme ces remords, insensible à l'urgence de l'heure et ces portes du ciel.

Quelques facilités, également, avec quelques rimes forcées :
foule/houle, l'heure/leurre.

Au final, un bon texte, une bonne écriture mais que je ne trouve
pas au service du thème.

   Arielle   
28/11/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je me suis laissée bercer par le beau rythme solennel de cette heure grave où "la lumière s'en va". On n'échappe pas à certaines images un peu convenues mais j'ai beaucoup aimé celle du puzzle.

"La lumière s’en va, les étoiles s’éteignent,
Et la nuit referme sa main
Sur les mots épuisés que les lèvres n’étreignent
Qu’au prix d’un effort surhumain"

Ces mots-là m'ont particulièrement touchée et j'aurais bien arrêté ma lecture sur eux pourtant je comprends que l'auteure ait eu envie de poursuivre jusqu'à évoquer le dernier soupir qui se brise

   Eccar   
28/11/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,
un joli rivage, un virage vers un autre temps, une autre dimension, une autre enveloppe, une autre vie.
Mais c'est juste la rive, l'aperçu des vivants au seuil de l'effroi. Ceux qui abordent cet "état" le voient-ils ainsi ? C'est une vision de celui qui demeure sur le quai vers les brumes de l'ailleurs mais en aucun cas la vision de celui qui part.
Les vers sont beaux, les mots sont bien choisis, et d'autres moins, plus pour la rime (pour la frime du poème, pour sa bonne mine), quelques clichés (âme, regrets, linceul, chagrin, éternité)...
J'ai beaucoup aimé ces passages...
"La lumière s’en va, les étoiles s’éteignent,
Et la nuit referme sa main
Sur les mots épuisés que les lèvres n’étreignent
Qu’au prix d’un effort surhumain."
"...La glace verrouille un étau
Qui fige la souffrance, en sa paix magnanime,
Et la recouvre d’un manteau." ... beaucoup plus dans la réalité de ce moment là. Je pense qu'il aurait mieux fallu commencer par cela et puis risquer un oeil imaginaire de l'autre côté. Mais ce n'est là que mon humble avis.
Un beau travail qui malheureusement ne nous apporte pas davantage que ce que l'on pense déjà sur cette dernière heure.
A vous relire.

   Michel64   
28/11/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un texte que j'ai bien aimé malgré parfois quelques phrases un peu alambiquées à mon goût. La fuite de la vie y est-elle bien rendue ? Nous le saurons à notre tour (le plus tard possible).
Dans le dernier quatrain, il n'est pas évident de garder la vie comme sujet de par la construction de la phrase.
Les quatrains 5 et 6 ont ma préférence.

Au plaisir de vous relire.
Michel

   papipoete   
28/11/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour Mona,
Qu'on soit riche ou pauvre, on connait tous un jour cette infortune de voir partir avant l'heure un être aimé . Et l'on regrette parfois de n'avoir pas su celui-ci, l'aimer, lui parler, l'écouter et le soutenir même s'il ne demandait rien ; maintenant il est trop tard et plus jamais il ne nous répondra, même d'un regard ...
Vous évoquez ce ciel où " la brume du soir, au matin bleu ressemble " à travers ces quatrains qui illuminent cette nuit dont les étoiles s'éteignent, et les vers de l'avant-dernière strophe me touchent plus particulièrement .

   Anonyme   
29/11/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour Mona... Je suis à la fois très heureux de te retrouver à travers ce poème classique et vraiment perturbé par cette métrique 12/8 dont je n'arrive pas à assimiler le rythme.

Un très joli vers malgré deux termes peu usités :
...La vie à son nadir atteint sa déhiscence...

Je reviendrai y accoler une appréciation quand j'aurai apprivoisé cet étrange 12/8 !

Edit... Me revoilà ! Après plusieurs lectures j'ai fini par assimiler plus ou moins cette métrique assez peu courante. Reste le premier vers avec cette inversion (au matin bleu ressemble) qui semble tout de même un peu forcée mais soit !

   Marite   
28/11/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Extraordinaire comme ces mots m'ont conduite aux tous derniers instants, aux derniers souffles saccadés qui s'échappent en tentant de retenir les regrets, les souvenirs, les remords ... que l'esprit cherche encore à saisir. Tout s'enfuit, inexorablement et le temps presse car il sera impossible d'obtenir un sursis des "alcades" qui veillent aux portes du Ciel.
Chaque strophe décrit admirablement, avec un vocabulaire simple (hormis deux ou trois mots), ce dont peut avoir conscience la personne qui s'en va vers des "rivages inconnus".
Ce rythme 12/8 des vers évoque pour moi une respiration affaiblie, irrégulière, entrecoupée. Merci Mona ... une très belle composition.

   Anonyme   
28/11/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonsoir Mona79,

L'alternance des alexandrins et des huitains m'a quelque peu gêné, en-dehors de la cinquième strophe. Je n'arrive pas non plus à me faire à la syntaxe de la première strophe, à savoir :

"Quand la brume du soir au matin bleu ressemble,
Pour des rivages inconnus,
L’âme tisse aux regrets que la mémoire assemble
Un linceul d’ombre aux fils ténus."

Ceci dit, il est déjà difficile d'écrire dans une forme classique, et les vers sont quand même bien travaillés. Simplement, je n'ai pas été plus emballé que ça...

Bien à vous,

Wall-E

   Cristale   
28/11/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Mona,

Voici un belle pièce de quatrains hétérométriques rythmant les pulsations d'un coeur : 12/8 12/8 12/8...

On retrouve chez les plus grands ces vers layés, 12/8, parfois 12/6 extrêmement difficiles à travailler. "Le chat" sonnet de Baudelaire en est un exemple.

Ici, les mots semblent s'égarer sur des rivages éphémères où l’inéluctable et dernière vague viendra s'échouer.

Le rythme, malgré sa précision, est saccadé à l'intérieur des vers comme si tout se bousculait : pensées, remords, souvenirs, nostalgie, chagrins, peurs. Une déferlante poétique et tourmentée qui, oubliant de ronronner, n'est pas pour me déplaire.

"La lumière s’en va, les étoiles s’éteignent,
Et la nuit referme sa main
Sur les mots épuisés que les lèvres n’étreignent
Qu’au prix d’un effort surhumain."

Tout est dit en ce quatrain.

Merci Mona

   archibald   
28/11/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↓
La forme 12/8 est très baudelairienne en effet. "Une martyre", entre autre, est construit sur cette structure. Le thème rappelle également le poète, ainsi que certains termes emphatiques (néant, éternité…). Je n'ai donc pas pu m'empêcher de comparer, même inconsciemment.
Un peu trop de conjonctions à mon goût (qui, que).
Je salue le travail classique, bien que le respect de cette forme ait obligé à quelques contorsions ; le premier quatrain par exemple, dont les inversions rendent la lecture assez heurtée.

   emilia   
30/11/2016
Cette « Dernière heure » résonne avec tristesse en chacun de nous qui avons accompagné un être cher jusqu’à la tombe, quand « déferle la vague de chagrin… », quand « la nuit referme sa main », que « la glace fige la souffrance et la recouvre d’un manteau… » réveillant des souvenirs douloureux sur un rythme qui accompagne le souffle devenu ténu avec une expression juste et élégante pour conclure sur l’ultime soupir… ; toutes ces allitérations en (d) dans la dernière strophe, agissant comme un écho sonore traduisent bien cette accélération angoissante et saccadée vers l’inéluctable néant… ; merci à vous pour ce partage et au plaisir de vous lire…


Oniris Copyright © 2007-2019