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Poésie contemporaine
MonsieurNon : Il est bon quelquefois d'aller prendre maîtresse
 Publié le 01/10/19  -  9 commentaires  -  840 caractères  -  204 lectures    Autres textes du même auteur

Rassurez-vous, il s'agit bien plus d'une ode à l'ennui que d'un appel à l'adultère.


Il est bon quelquefois d'aller prendre maîtresse



Oui, j'ai pour mon ennui la plus grande tendresse
Nous avons traversé tant de jours et de nuits
Nous avons tant vécu, nous avons tant construit
Que je suis devenu addict à sa caresse

Et pourtant il est vrai que je n'ai eu de cesse
D'aller chercher ailleurs la lumière et le bruit
Je dois bien l'avouer, si j'aime mon ennui
Il est bon quelquefois d'aller prendre maîtresse

Je crois lui échapper lors de ces hardiesses
Pourtant tous ces plaisirs qui m'ont d'abord séduit
Soudain je n'en veux plus et je les éconduis
Ces moments d'euphorie ne sont que des maîtresses

Et je retrouve alors mon amour de jeunesse
Au moins jusqu'au prochain événement fortuit
Qui saura me pousser à tromper mon ennui
Il est bon quelquefois d'aller prendre maîtresse


 
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   Ioledane   
13/9/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Un poème sans doute moins léger que je ne l'aurais cru au premier abord, et qui met en lumière d'une façon originale l'expression "tromper l'ennui" ... Le tout sur deux rimes, en alexandrins. Bel exercice !
L'écriture est fluide, malgré l'absence quasi-totale de ponctuation qui m'a fait buter un instant sur le troisième quatrain, mais qui dans l'ensemble ne me gêne pas.
Le mot 'addict' apporte une petite touche d'originalité dans le vocabulaire, au milieu de termes plus recherchés : " je n'ai eu de cesse", "éconduis" ...
"D'aller chercher ailleurs la lumière et le bruit" : joli vers.
Ce qui m'est venu tout de suite à la lecture du troisième quatrain, c'est : pourquoi avoir répété "maîtresses" ? Ici j'aurais bien vu des "traîtresses" ... ;-)
Merci pour cette lecture très plaisante.

   Corto   
14/9/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↓
La thèse développée dans ce poème manque d'allant.
Elle aurait mérité d'être étoffée par quelques audaces, ce qui aurait été plus en accord avec le titre.

Fallait-il ici répéter 3 fois le mot "ennui" et 3 fois le mot "maîtresse" ? En 12 vers voilà qui apparaît comme une facilité coupable.

Le corps du poème se réduit à "tous ces plaisirs qui m'ont d'abord séduit", sans développement ni image valorisante.

On cherche un parfum d'aventure qui ne vient pas, un enthousiasme hélas absent.

Dommage.

A vous relire.

   Annick   
1/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
"Qui saura me pousser à "tromper mon ennui" :

Voilà l'expression autour de laquelle vous avez construit votre poème.
Vous en avez détourné habilement son sens, vous l'avez employée comme si le verbe "tromper" signifiait "trahir". Le narrateur et l'ennui forment un couple peu ordinaire. Pour cela, bravo.

Le ton est ironique, enjoué, badin. La répétition des deux uniques rimes tout au long du poème accentue cet aspect ludique.

Pas d'effet de style, l'essentiel est dans le titre, en premier lieu, un brin provocateur. Mais on s'aperçoit bien vite que la vie du narrateur est loin d'être dissolue. Une manière originale de traiter du thème de l'ennui et implicitement de la solitude.

Ce poème aurait fait aussi une très bonne chanson avec un bon petit refrain...à inventer.

J'ai beaucoup aimé le titre.

Merci.

   PIZZICATO   
1/10/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour MonsieurNon.
Est-ce là la meilleure façon de tromper l'ennui qui se glisse au milieu d'un couple ? Certes, " c'est plus une ode à tromper l'ennui plutôt qu'un appel à l'adultère "... mais le résultat reste le même (sourire).
Mai bon, ne sommes-nous pas à l'époque de l'amour libre ...

" Et je retrouve alors mon amour de jeunesse
Au moins jusqu'au prochain événement fortuit ". << perseverare diabolicum >> (re sourire).

   papipoete   
1/10/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonjour MonsieurNon
J'ai pour compagnie l'ennui, fidèle parmi tous les fidèles ! mais il m'arrive de le trouver trop collant, alors je le trompe par quelque occupation, une maîtresse en somme...
NB je pense que la " maîtresse " n'est pas une conquête qui passe, mais plutôt un moment contre l'oisiveté ; lecture ou bricolage, intérêt quelconque pour quelques-chose ?
Mais à l'image de " Alexandre le Bienheureux " où Noiret était si ravi de ne rien faire... le héros de notre poème se complaît à ne rien faire ! ( si, si, ça existe ! )
Mais ce texte est si sensuel, que l'on songe évidemment à une femme, prodiguant caresse et volupté à ce " hardi " personnage...
La première strophe plante bien le décor !
Je peux me tromper, mais ceci est mon interprétation...
Le 1er vers mesure 11 pieds
Je trouve que la ponctuation fait quelque peu défaut !

   Provencao   
1/10/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
" Je crois lui échapper lors de ces hardiesses
Pourtant tous ces plaisirs qui m'ont d'abord séduit
Soudain je n'en veux plus et je les éconduis
Ces moments d'euphorie ne sont que des maîtresses"


J'ai beaucoup aimé "ces moments d'euphorie" comme marque de l'impossibilité de cet ennui pour lequel vous évoquez la plus grande tendresse, avec toujours et encore cette impossibilité de soutenir "sa caresse" au prix de ces plaisirs éconduits...

Cette " tromperie de l'ennui" constitue fort bien cette vérité inversée du concept du désir, de l'amour dans son essence même.

J'y ai lu une conceptualisation de l'opposition entre l'addiction à la caresse et les pulsions de destruction de l'ennui, si fertile pour aborder l'ennui.

Une poésie très originale dans sa construction et forme de pensée, qui m'a demandée une deuxième lecture beaucoup plus attentive.

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   Davide   
1/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour MonsieurNon,

La personnification de l'ennui, tel un "amour de jeunesse" est une idée bien attrayante. Il suffit de remplacer "mon ennui" par "ma femme" pour que se révèle la duperie : "j'ai pour mon ennui la plus grande tendresse", "j'aime mon ennui" et "tromper mon ennui" (où "tromper" s'avère un jeu de mot bien habile pour ce parallèle). Alors, les mots "caresse" et "maîtresse" prennent tout leur sens, ce lien d'intimité avec l'ennui se vit comme toute relation amoureuse.

Une psychologue dont j'ai oublié le nom répétait que dans notre société hyper consumériste nos enfants étaient cruellement en manque de manque. Je partage ce constat, mais je dirai que les adultes aussi...

Pour la forme, je salue l'exigence de quatre quatrains sur deux rimes (la rime en [ui] n'étant pas évidente), mais la syntaxe présente un certain nombre de "lourdeurs", sans parler d'une ponctuation bien discrète.

Merci ! Au plaisir de vous relire,

Davide

   Anje   
1/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Mais qui sont cet ennui, cette maîtresse ? Le premier serait-il un tourment de l'âme, une sorte de vide, la solitude ? La seconde serait-elle divertissement, allégresse ? Ou par métaphorisation, parlerait-on de la campagne et de la ville ? Chacun y verra ce que sa lecture lui laisse imaginer.

Un poème bien agréable, facile à lire. Peut-être aurait-on pu éviter quelques répétitions, notamment de maîtresse à la rime mais quatre quatrains à rimes embrassées sur deux seules rimes, ce n'est pas un travail facile. Peut-être aurait pu ajouter une syllabe aux vers 2 et 9 (hardiesses devant se lire en dirérèse) mais ce ne sont que bagatelles.

   Vincente   
1/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Alors bien sûr le titre est long, l'exergue un peu trop expressif, mais pour le reste, le poème, l'essentiel donc, rien à redire sur la façon de dire, sur ce qu'il évoque et sur le positionnement qu'il prend.

L'écriture est coulante au point de ne laisser en bouche que ce qui en a été agréable. Le rapprochement métaphorique est très bien vu et plein d'un ressort expressif qui porte assez loin son ambition créatrice. Et ce positionnement du narrateur qui distancie, se dédouble, et imagine l'association antagoniste formidable de son ennui et de ses maîtresses, ses moments de non-ennui, est très bien pensée. Audacieuse extrapolation d'un état latent considéré comme négatif dans notre civilisation de l'utile et de l'efficient, vers les tentatives toujours vaines de trouver le bonheur dans l'échappatoire du recommencement. Les "maîtresses" sont vues dans ce regard comme des écarts qui "ré-étalonnent" les importances de l'amour premier, celui qui perdure envers et contre tout.

La portée de ce thème a du coffre, elle dit beaucoup avec une sorte de désinvolture qui est tout sauf de la facilité, elle souligne aussi une capacité précieuse qu'a eu le poète ici de ne pas se prendre au sérieux pour énoncer le sérieux d'une problématique personnelle.


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