Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Forums 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie libre
MRAM : Ce qui n’a pas vécu
 Publié le 21/08/26  -  5 commentaires  -  683 caractères  -  100 lectures    Autres textes du même auteur

Il y a des absences qui commencent bien avant le départ.
Ne reste alors qu’à leur faire une place.


Ce qui n’a pas vécu



Le vois-tu ?
Ce visage aux traits fins
Qui n’est plus tout à fait tien.
Ton regard fatigué
S’y plonge dans le sien.

T’en rappelles-tu ?
Ces songes aux bords tranchants
Qui mordent encore ta chair.
Ton souffle las
S’y brise contre hier.

L’a-t-il vu ?
Son sourire aux coins mourants
Effleurant ton cœur figé.
Tu ignores
Son œil déjà lacté.

Le braves-tu ?
Son dos qui te fait face
Tandis qu’il s’éloigne encore.
Tu ravales
Les mots restés dehors.

Des souhaits s’éteignent,
Des sourires s’effacent.
Ce qui n’a pas vécu
Meurt deux fois à sa place.


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Pussicat   
23/8/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
Bonjour,

Je lis ce texte comme une réflexion sur le temps qui passe et les rêves que nous laissons en l’état.

attaque sous forme d’adresses interrogatives : Le vois-tu ? / T’en rappelles-tu ? / Le braves-tu ? Modification à la 3e strophe : L’a-t-il vu ? À qui elle s’adresse et qui est ce « il » ?

la 1ère strophe est une réflexion sur son reflet, le temps qui passe.
La 2e sur les rêves qui demeurent en leur état
la 3e la plus obscure
la 4e ouvre d'autres questionnements : ce « dos » serait-ce qui n’est pas, n’a jamais existé ?, le « tu » le laisses partir, résigné ?
Le final me pose question

J’ai éprouvé peu de plaisir à lire le texte : peu de poésie, peu de transports et beaucoup d’interrogations sur l’identité du « tu » du « il », de ce « dos », du final.

Je retiens « Ces songes aux bords tranchants / Qui mordent encore ta chair. » Mais l’interrogation demeure : il y a action, donc existence de quelque chose qui porte cette action.

Moi même je ne suis pas claire dans mes arguments. Je me suis perdue dans ce texte à trop m’interroger, d'où cette impression d'être détournée d'une approche sensible de la qualité de l'écriture, comme si trop d'obstacles m'empêchaient de l'apprécier.

Edition : commentaires EL

   Marite   
21/8/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Le genre de poésie libre qui me séduit car les mots expriment une angoisse profonde difficile à canaliser. La forme est intéressante avec ces questions lancinantes.
Petit bémol dans le dernier vers de la 1ère strophe :
" Ton regard fatigué
S’y plonge dans le sien."
J'aurais préféré ... "se plonge" à "s'y plonge"

   Provencao   
21/8/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Bonjour MRAM,

"Des souhaits s’éteignent,
Des sourires s’effacent.
Ce qui n’a pas vécu
Meurt deux fois à sa place."

Ce passage m'a interpellée avec et cette angoisse du souhait qui s'éteint et ces sourires qui s'effacent qui sont aussi l'être au monde....des souhaits et des sourires qui viennent de nulle part et ne vont nulle part

Cette agitation que j'ai en ces lignes, ressenti, révèle a ce vois-tu, à ce t'en rappelles-tu? à l'a-t-il vu? à le braves-tu? une inquiétude éveillant à l'homme son être au monde.

Au plaisir de vous lire,
Cordialement

   Cyrill   
26/8/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Un poème qui dégage quelque chose d’inquiétant, presque lugubre. Cet effet est renforcé par l’adresse au « tu », lecteur potentiel, comme une invite à partager en pensées et en images acérées comme ces « bords tranchants », cet « œil déjà lacté ».
À moins que le locuteur ne s’adresse qu’à lui-même. Toujours est-il que la lecture s’en trouve affectée, tant d’un point de vue poétique et littéraire que du point de vue du sensible.
Des questions rhétoriques, car elles sonnent plutôt comme des injonctions, dans une tonalité majeure, une de celles qui sonnent le glas.
« Le braves-tu ?
Son dos qui te fait face » :
Quelle force dans cette forme libre qui ne manque pas d’user d’un rythme et d’une prosodie affirmés, vraiment réussies pour ce qui me concerne. L’hermétisme semble assumé, mais le poème peut parler à tout un chacun.

   Polza   
26/8/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
J’ai vraiment beaucoup aimé l’exergue, c’est nostalgique à souhait, ça me plaît !

J’ai moins aimé le titre. Tout seul, il ne m’aurait pas gêné outre mesure, mais avec « Le vois-tu » « T’en rappelles-tu ? » L’a-t-il vu » « Le braves-tu », la première chose qui m’est venue c’est « Dans ton cul » !

Même si j’aime plaisanter, j’essaye d’être le plus sérieux possible dans mes commentaires parce que je n’aimerais pas que l’on se moque gratuitement de l’un de mes poèmes. Aussi, quand je vous dis que j’ai pensé à cela, ce n’est pas pour amuser la galerie, c’est vraiment que toutes ces répétitions de sonorités en « U » me semblent excessives et que mon imagination mal placée a forcément pensé au pire, j’en suis sincèrement désolé pour vous et pour moi !

« Le vois-tu ?
Ce visage aux traits fins
Qui n’est plus tout à fait tien.
Ton regard fatigué
S’y plonge dans le sien. »

Je pense que « Se plonge dans le sien » était plus simple tout en étant aussi percutant… dans ce passage, j’ai eu l’impression qu’une personne se parlait dans le miroir qui lui renvoyait son reflet, ou qui entrevoyait un visage du passé qui n’était plus tout à fait le même, qui avait vieilli…

« T’en rappelles-tu ?
Ces songes aux bords tranchants
Qui mordent encore ta chair.
Ton souffle las
S’y brise contre hier. »

Après la vue vient la mémoire, il y a un côté sensoriel dans ce poème… ce passage me fait penser à des regrets, à quelque chose d’assez violent, « bords tranchants, mordent ta chair » « s’y brise contre hier ». Peut-être pour un côté moins prosaïque et plus Georges Perec, aurais-je préféré « T’en souviens-tu ? »

« L’a-t-il vu ?
Son sourire aux coins mourants
Effleurant ton cœur figé.
Tu ignores
Son œil déjà lacté. »

« Le vois-tu » « L’a-t-il vu », je trouve le parallèle assez redondant… de plus, il y a un changement assez étrange dans ce passage, on passe de « Tu » à « Il » sans trop comprendre pourquoi, en tout cas, moi, je ne comprends pas trop, je ne voudrais pas parler pour tout le monde !
Attendez que j’y réfléchisse à deux fois comme un miroir ! Si je reviens sur ma théorie du miroir, justement, il pourrait y avoir une logique explicative et significative… le miroir, le reflet vieillissant aurait-il vu son propre sourire aux coins mourants ? Ça pourrait être une piste intéressante, mais ça ne m’explique pas « Son œil déjà lacté » que je ne comprends pas trop !

« Le braves-tu ?
Son dos qui te fait face
Tandis qu’il s’éloigne encore.
Tu ravales
Les mots restés dehors. »

Je pensais ma théorie de ce fameux miroir mise à rude épreuve avec ce passage si je considère que c’est l’être humain qui parle, mais si c’est le reflet ou le miroir même qui parle, alors le dos qui fait face et s’éloigne est celui de l’humain et tout devient logique, ça devient presque Jean « Cocteautien » !

« Des souhaits s’éteignent,
Des sourires s’effacent.
Ce qui n’a pas vécu
Meurt deux fois à sa place. »


J’ai bien aimé cette conclusion qui fait écho à l’exergue, si je ne suis pas complètement séduit par ce poème, je le trouve toutefois intéressant et intrigant…


Oniris Copyright © 2007-2025