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Poésie libre
Myndie : Cold song
 Publié le 22/10/26  -  6 commentaires  -  1342 caractères  -  130 lectures    Autres textes du même auteur

« Et cet or que te glisse en rêve la vie qui te dépouille d’os,
et les fleurs de ce regard faux par où tu rejoins la lumière. » Antonin Artaud


Cold song



Un triangle d'ébène où s'arrête la nuit,
tuxedo cinétique en angles de carbone,
stature de géant, panache de vinyle :
en paria sublime au tranchant des miroirs,
un faux héros paraît.

Dans le Lower East Side
l'éclat marmoréen des néons underground
pétrifie le baroque et la grâce jaillit,
le souffle devient verre.
Le sang du vieux Berlin pulse au cœur de New York.
Un homme de farine ouvre un ciel d'opéra,
réveille des esprits et brise le silence.
L'onde monte très haut, suspendue et fragile,
vibrant fil de cristal qui réclame l'hiver,
ignorant que le gel l'avait déjà choisi.

Let me freeze again…
Mes veines sont de marbre et tressaillent d'effroi,
Quels despotes puissants me raniment ainsi ?
Je sens l'air suffocant qui m'effleure et me fuit
Et le feu de l'Amour qui se propage en moi.


Le chant devient présage.
L'hiver gagne la chair avant même l'automne.
L'effaceur de lumière
ensevelit les corps sous leurs ombres de cire.
La voix d'ange s'éteint dans Manhattan en peurs.
Il ne reste sur scène, au milieu des douleurs,
que l’écho de Purcell, un visage de craie,
le souvenir furtif d'un astre incandescent
sur la stèle de glace où le siècle agonise.


 
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   jf2   
10/10/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
D’habitude, je ne commente en EL que les poésies qui ne me plaisent pas trop et pour lesquelles je pense pouvoir apporter quelque chose.

Ici, évidemment, je n’ai rien à apporter.

Mais je n’ai pas pu résister devant le formidable portrait de ce musicien que j’adore.

Tout y est, ses origines à Berlin jusqu’à New-York, son costume en vinyle, sa figure blanchie, ses succès avec Cold Song d’après Henry Purcell, et enfin sa fin tragique, un des premiers morts du Sida.

Tout est décrit avec précision, justesse, et même de la pudeur pour sa fin tragique.

On est dans la salle avec lui et on vibre aux accents dramatiques du poème.

Une fois encore, du grand art.

   Donaldo75   
18/10/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
Les choses sont claires, contrairement à un autre poème que je viens juste de commenter. Il s’agit de Klaus Nomi, une figure tragique et théâtrale dont je me souviens tellement la presse branchée en a parlé à sa mort, tout ça parce qu’il avait été découvert et mis en avant par David Bowie. Bon, ces quelques mots suffisent à comprendre que je n’ai jamais été fan du personnage, plus fabriqué que réellement iconique. Au-delà de son sujet, je trouve que le poème est perfectible sur certains points ; en l’état, il souffre de défauts formels et d'une surcharge d'effets qui l'empêchent d'être pleinement réussi. C’est dommage. Oui, sa grande force est de capturer l’image de Klaus Nomi, surtout pour celles et ceux qui l’auraient oubliée. Du titre à la description vestimentaire, il y a là un catalogue pour le fan-club de Klaus Nomi. Cependant, comme disait ma grand-mère, une institutrice pas commode avec ses petits-enfants, la poésie ce n’est pas du catalogue. Ici, le poème coche des cases biographiques plutôt qu'il ne crée une émotion poétique autonome. J’ai parfois eu l'impression de lire une fiche Wikipédia mise en vers. L'accumulation des clichés théâtraux alourdit le texte sans surprendre le lecteur. Les tentatives d’effets du genre l’insertion des vers en anglais, en référence à la chanson la plus connue de Klaus Nomi, n’apporte rien que de la branchitude post-eighties. C’est un peu ça, le problème avec les hommages. Je crois qu’écrire un poème sur Stéphanie de Monaco en l’appelant « Ouragan » aurait été plus réussi car le sujet n’aurait pas phagocyté l’inspiration. Mais, bon, chacun ses choix, quand on pense que la chanson en question a été écrite pour Jeanne Mas et qu’elle l’a refusée (Sheila aussi, d’ailleurs), cela donne une idée de l’infini.

   LeChevalier   
22/10/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
(Commentaire préparé en EL, retoqué et posté seulement à la publication.)

Pour l'intelligence du texte, il n'est pas nécessaire de connaître l'opéra de Purcell, dont est extrait l'air « Cold song » ; il suffit de savoir que c'est un « morceau de bravoure » qui permet de tester la technicité des chanteurs. Le poème s'occupe d'une performance particulière (celle de Klaus Nomi, supposé-je).

Les deux premières strophes, ainsi que la dernière, sont purement descriptives ; un je n'apparaît que dans la troisième strophe mais il est ambigu : c'est soit le personnage de l'opéra lui-même, soit l'auteur qui se sent transposé à sa place.

Mais voyons d'abord les strophes descriptives. Elles se concentrent très majoritairement sur des effets visuels -- costumes, décor -- plutôt que sur la musique. C'est dommage. Il y a des couleurs portées par des matières (« ébène », « carbone », « verre », « miroirs », « marmoréen », « néons », « farine », « cire », « craie », « glace » etc. -- c'est très minéral), quelques formes (« triangle », « angles », « fil », « stèle »). De la musique, on n'a que la voix avec « très haut, suspendue et fragile » et « vibrant » ainsi que les noms « onde », « chant », « voix d'ange » (qualificatif assez convenu). Donc le texte trahit largement son titre -- il ne s'occupe pas tellement de la chanson que de l'aspect visuel de sa mise en scène.

Je passe à la troisième strophe qui me paraît la plus intéressante, précisément en raison de l'ambiguïté du je -- la suggestivité de la poésie s'obtient souvent grâce à des ambiguïtés. Cette strophe surprend car elle commence avec un vers de cinq syllabes, citations de la chanson : « Let me freeze again ». Bien que le texte soit en vers libres, il est évident qu'on a ici un écart : parmi 5 hexasyllabes et 22 alexandrins sans faille (technique irréprochable), on se demande si ce pentasyllabe est une intention ou une négligence, un sacrifice au nom de la citation exacte. Pour moi, très personnellement, l'effet est mitigé. Si les vers courts avaient un retrait à droite, on aurait pu savoir si l'auteur considère « Let me freeze again » comme équivalent aux hexasyllabes. D'ailleurs, ce retrait aurait donné beaucoup plus de grâce au texte, à mon avis.

Deux mots sur la structure métrique qui m'oblige à baisser mon appréciation. La première strophe se termine par un vers court et c'est bien, j'avais déjà salué cette structure dans votre publication précédente. Mais toutes les autres strophes commencent avec des vers courts, auxquels succèdent des alexandrins, longs et pétrifiés ! Ce n'est pas à mon goût.

Certains oniriens n'aiment pas les natures mortes. Eh bien, moi, Myndie, je les aime bien et là, vous nous présentez une vraie nature morte, avec tout ce marbre, cette craie etc. Par contre, je trouve dommage que vous ne soyez pas sortie de votre zone de confort avec ce texte qui obéit très strictement à votre schéma préféré et tant répété : partir d'une œuvre d'art reconnnue, écrire en alexandrins et hexasyllabes sans rime, mettre une citation d'auteur célèbre en exergue... C'est de l'abouti, mais aussi du déjà vu. Renouvelons !

   Provencao   
22/10/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Bonjour Myndie,

J'ai aimé cette démesure dans le Lower East Side qui veut pétrifier le baroque ou le chant devient présage réprouvé par l'astre incandescent qui lui impose l'agonie du siècle.
J'ai bien aimé ce versant démonique, démoniaque et alarmant qui s’entremêle en un triangle d'ébène complexe...

Au plaisir de vous lire,
Cordialement

   Cyrill   
23/10/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour Myndie.
J’ai trouvé ton poème très intéressant, à la fois par son ambition esthétique et sa richesse visuelle. Il met en scène de façon exagérément théâtrale et tragique la naissance d'un phénomène artistique, son incandescence et son extinction. Il y a une réflexion sur la fragilité du génie, sur le corps soumis à des forces qui le dépassent, sur une mort qui s’inscrit dans la beauté.
Il construit une silhouette, ou plutôt un objet sculptural à travers des matières, des formes et des contrastes. Le triangle, le carbone, le vinyle… composent un univers géométrique et artificiel. Le personnage semble à la fois vivant et déjà minéralisé. Une figure factice, et pourtant sa voix provoque une expérience authentique, qu’un « je » italique, assez équivoque, restitue. C’est cette ambiguïté que j’ai apprécié, je trouve même dommage que le passage soit en italique et indique de façon trop formelle à qui attribuer ces réflexions. Ma seule réserve.
Le texte alterne des vers amples, chargés en matière et de matières, en sonorités et en émotion, et des fragments plus courts qui me font l’effet de coups de ciseau dans la continuité du chant.
Je cite quelques passages que j'aime particulièrement :

« tuxedo cinétique »,
qui conjugue l'élégance classique du vêtement et une modernité presque mécanique. C’est exactement l’effet que me fait l'ensemble du poème.

« Le sang du vieux Berlin pulse au cœur de New York »
qui fait remonter une mémoire européenne, une sensibilité ancienne, au sein de la modernité.

« vibrant fil de cristal qui réclame l'hiver,
ignorant que le gel l'avait déjà choisi. »
Un destin décideur qui ramène une fois de plus la personne à une construction.
Bravo ! Et merci pour le partage, je vais aller m’écouter Cold song et au-delà, ce que je connais assez mal de ce chanteur.

   Polza   
23/10/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Coucou Myndie, que te dire, je ne sais même pas par où commencer tellement j’ai de choses à dire sur ton poème que j’ai adoré (et c’est un euphémisme).

D’aucuns diront, Polza il en fait trop, il a l’air d’apprécier Myndie, ce qu’il ne le rend pas très objectif, que nenni langues de vipère !

Si j’avais un jour du mal avec l’un de tes poèmes, si je trouvais l’écriture en dessous de ce que tu proposes d’habitude ou que j’aimais moyennement, je te le ferais savoir, tout comme tu m’as signalé trouver convenable l’écriture de mon dernier poème et je te remercie chaleureusement pour cette franchise de ta part…

Ce qui fait que ce poème est réussi à mon goût, ce n’est pas seulement la poésie manifeste et tangible qui s’en dégage, mais également cette intelligence d’écriture qui te caractérise si souvent !

Déjà, merci pour ce magnifique exergue tiré du non moins magnifique poème d’Antonin Artaud « Invocation à la Momie ».

Me sentant proche d’Artaud en raison de ma maladie psychiatrique et étant en train de me refaire l’intégrale de la série « Twin Peaks » de David Lynch, j’ai pensé à ses mots sans aucun lien avec ton poème :

« C’est ainsi qu’une société tarée a inventé la psychiatrie pour se défendre des investigations de certaines lucidités supérieures dont les facultés de divination la gênaient… »

Le pire, c’est qu’il avait entièrement raison le bougre, en phase maniaque, il m’est arrivé d’avoir des facultés de divination, ce n’est pas une phrase provocatrice de sa part et je ne demande à personne de me croire…

Allez, je commence mon commentaire, j’ai déjà les oreilles qui sifflent, j’entends comme un écho lointain qui me susurre aux oreilles : « oui, c’est quoi ces commentaires de personnes qui racontent leur vie et qui passent du coq à l’âne, c’est du grand n’importe quoi ! »

Dans Cold Song et ta description dans la première strophe, Bowie n’est pas loin. Faisons la genèse (juste à propos de la tenue, sinon c’est un roman à la place d’un commentaire qu’il me faudrait écrire !)

Bowie repère Nomi, (comment pouvait-il en être autrement), il l’invite (avec Joey Arias) à venir faire les chœurs sur « The Man Who Sold The World » et deux autres chansons au Saturday Night Live…

Nomi s’inspire de la tenue de Bowie qu’il portera notamment pour chanter Cold Song (tiré de l’opéra « King Arthur » de Purcell, mais je ne t’apprends rien, bien évidemment).

Mais Bowie s’inspira lui-même de la pièce de théâtre « Le cœur à gaz » de Tristan Tzara et du costume de ce dernier créé par Sonia Delaunay…

Il est d’ailleurs à noter que s’il peut y avoir certains désaccords parfois sur Oniris, ce n’est que du pipi de chat comparé à ce qui se passa durant « la plus grande escroquerie du siècle en trois actes ».

Les Breton, Desnos, Soupault, Aragon, Tzara, de Massot et j’en passe et des meilleurs, ça s’étaient des hommes de panache à la Cyrano de Bergerac !

Je ne me souviens pas de tout par cœur, je n’ai pas une mémoire d’éléphant comme Dumbo, c’est juste que pour être sûr de bien te commenter, je fais des recherches en même temps quand j’ai un doute. Si j’écris tout cela, c’est qu’il me semble que tu évoquais justement Tristan Tzara dans l’un de tes commentaires il y a quelque temps de cela, la boule est bouclée !

« Un triangle d’ébène où s’arrête la nuit,

tuxedo cinétique en angles de carbone,

stature de géant, panache de vinyle :

en paria sublime au tranchant des miroirs,

un faux héros paraît. »

Il y a différentes matières, des formes géométriques différentes également, c’est triangulaire, angulaire, circulaire et même organique suis-je tenté d’écrire (du moins, c’est le mot qui me vient naturellement à l’esprit, c’est le propre du commentaire instinctif !)

Deux mots m’ont interpellé. « tuxedo » parce qu’en plus de correspondre parfaitement à la tenue portée par Kalus Nomi, par résonance, cela m’a fait penser à « Innuendo » de Queen, et quand on connaît le destin tragique de Klaus Nomi et de Freddie Mercury… (et même si Nomi a tout de même beaucoup plus galéré que Mercury avant de connaître un succès aussi soudain qu’éphémère, ma mort s’étant invité dans sa partition…)

Le (les) deuxième mot, c’est « faux héros » parce que ce n’était peut-être pas ton intention, mais dans mon esprit à fait (pas tilt, quoi que) « Heroes » de Bowie (encore lui !).

Je me suis imaginé un faux héros empruntant le costume de Bowie pour devenir Klaus Nomi et non sa parodie…

« Dans le Lower East Side

l’éclat marmoréen des néons underground

pétrifie le baroque et la grâce jaillit,

le souffle devient verre.

Le sang du vieux Berlin pulse au cœur de New York.

Un homme de farine ouvre un ciel d’opéra,

réveille des esprits et brise le silence.

L’onde monte très haut, suspendue et fragile,

vibrant fil de cristal qui réclame l’hiver,

ignorant que le gel l’avait déjà choisi. »

J’ai adoré « Dans le Lower East Side », je trouve la phrase hyper poétique, d’ailleurs, ça me fait penser qu’en deuxième lecture, j’ai lu ton poème comme si j’écoutais l’album « Histoire de Melody Nelson » de Gainsbourg, surtout le premier titre « Melody »

Princesse des ténèbres, archange maudit,amazone moderne style que le sculpteur, en anglais, surnomma, Spirit of Ecstasy… ce mélange de français et d’anglais savamment dosé…

« l’éclat marmoréen des néons underground »

Toujours de la matière (le marbre), la couleur et la lumière apparaissent, le blanc, comme le fameux clown blanc me dit d’ajouter mon esprit !

« La lumière et le rayonnement électromagnétique créent tous deux une couleur additive. Dans ce modèle théorique des couleurs, la combinaison de toutes les couleurs crée la perception du blanc » (j’avais envie d’ajouter ça !)

« le souffle devient verre. »

Encore et toujours la matière, j’adore aller dans les ateliers des souffleurs de verre soit dit en passant !

« Le sang du vieux Berlin pulse au cœur de New York.

Un homme de farine ouvre un ciel d’opéra »

L’artiste emporte ses origines avec lui, au cœur de New York, il amène aussi le sang encore tout chaud du vieux Berlin et de sa folie meurtrière d’Hitler mort dans son Führerbunker (même si dans les milieux complotistes, on dit qu’il se la coule douce aux Bahamas en sirotant des mojitos à longueur de journée !).

« Un homme de farine » est rondement mené, cela évoque les années où Klaus Nomi fut pâtissier à New York et renforce la couleur blanche de l’hiver et du génie du froid ! Il suffit d’avoir écouté une seule fois Klaus Nomi chanter dans sa vie pour comprendre à quoi « ciel d’opéra » se réfère…

« L’onde monte très haut, suspendue et fragile,
vibrant fil de cristal qui réclame l’hiver,
ignorant que le gel l’avait déjà choisi. »

Il y a dans ton poème une sorte de fusion qui se fait entre la chanson Cold Song et la vie de Nomi, entre l’opéra de Purcell et toute cette magie arthurienne et saxonne, aussi tragique qu’elle puisse se terminer pour Nomi…

« Let me freeze again…

Mes veines sont de marbre et tressaillent d’effroi,

Quels despotes puissants me raniment ainsi ?

Je sens l’air suffocant qui m’effleure et me fuit

Et le feu de l’Amour qui se propage en moi. »

Je me débrouille un peu en anglais, même si mon niveau n’est pas exceptionnel, dans ce passage, il me semble que tu ne te contentes pas bêtement de traduire la chanson Cold Song, tu y mets toute ta sensibilité, toute ta poésie, tu vas au-delà de la traduction, au-delà de ce que n’importe quel traducteur (traductrice) pourrait faire, c’est à couper le souffle hivernal…

« Le chant devient présage.

L’hiver gagne la chair avant même l’automne.

L’effaceur de lumière

ensevelit les corps sous leurs ombres de cire.

La voix d’ange s’éteint dans Manhattan en peurs.

Il ne reste sur scène, au milieu des douleurs,

que l’écho de Purcell, un visage de craie,

le souvenir furtif d’un astre incandescent

sur la stèle de glace où le siècle agonise. »


L’intensité dramatique arrive à son paroxysme, « Le chant devient présage. »


« L’effaceur de lumière

ensevelit les corps sous leurs ombres de cire. »

Magnifique, et toujours cette fameuse matière, on peut imaginer que la bougie s’est consumée à la vitesse de la lumière…

« La voix d’ange s’éteint dans Manhattan en peurs. »

C’est super bien trouvé, la plupart des lecteurs doivent s’attendre à « Manhattan en pleurs. », mais c’est bien en peurs de cette maladie, le sida (VIH) dont on ne sait pas grand-chose et qui va bouleverser les années 80 et la manière dont on conçoit les rapports sexuels (entre autres, je ne parle même pas des aiguilles (The needle and the damage done comme le chantait Neil Young) ni de Fabius et de l’affaire du sang contaminé !)

« Il ne reste sur scène, au milieu des douleurs,

que l’écho de Purcell, un visage de craie, »

Encore et toujours la matière et la blancheur, c’est cohérent et poétique tout au long de ton poème, peut-être le lecteur que je suis, bouleversé par ton poème, pourra un jour se saisir de ce visage et écrire de nouveau l’espoir au tableau qui reste désespérément noir…

« le souvenir furtif d’un astre incandescent

sur la stèle de glace où le siècle agonise. »

Que dire de plus, je suis émerveillé par la puissance poétique de ton poème, c’est vraiment très fort. À Klaus Nomi sont venues se mêler le début des années sida si j’ose dire, c’est beau et dramatique à la fois.

J’ai d’ailleurs pensé (après ma première lecture) à cette série que j’avais adorée « Angels in America » avec Al Pacino, Meryl Streep, Emma Thompson, etc. (excusez du peu), série adaptée d’une pièce de théâtre du même nom…

Si tu ne l’as jamais vue, je te la recommande fortement et chaudement pour tenter de réchauffer un tant soit peu cette frigorifiante Cold Song !

Pour tout t’avouer, je me suis réveillé vers 4 heures du matin cette nuit et j’ai eu beaucoup de mal à me rendormir, je me suis donc dit, quitte à ne pas roupiller, commence à réfléchir à ce que tu vas dire à propos du poème de Myndie qui t’a grandement impressionné !

J’ai tellement réfléchi que je ne me suis pas rendormi avant 1 ou 2 heures !

Il est possible que j’aie oublié de dire des choses auxquelles j’avais pensé, mais franchement, je pense avoir dit l’essentiel. Dire que je voulais commencer à écrire mes remerciements pour mon poème intitulé « À mon grand-père » parce que j’ai beaucoup de choses à écrire à ce sujet, je crois bien que je vais m’abstenir et procrastiner, je suis épuisé par ce long commentaire qui a demandé un considérable effort intellectuel à mon pauvre cerveau en surchauffe malgré le froid de cette Cold Song.

Mais surtout, ne culpabilise pas, ton poème méritait mille fois que je me sorte les doigts du… et que j’essaye d’être au top de ma forme pour toi. Je n’y suis sûrement pas complètement arrivé, mais au moins, j’aurais essayé !

Pour conclure en parlant de toi et de ton poème et non de moi, ton poème est à fendre l’âme, d’ailleurs, elle vient de se fendre avec ces derniers mots…


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