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| Polza
7/10/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime un peu
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Si l’histoire est bel et bien réelle et que l’exergue n’est pas une fiction, je compatis à la souffrance de votre ami…
Ce n’est pas bien grave (enfin, pour moi, pour vous, je ne sais pas), mais votre poème ira sûrement dans la catégorie néoclassique à cause de deux synérèses « odi/euse » à la place de « od/i/euse » et « rui/na » à la place de « ru/i/na » « Une église est promise au silence feutré ; Sur les murs du seigneur est cloué le curé. » Si dans un premier temps je n’ai guère apprécié « est cloué », j’ai réfléchi et je me suis dit qu’il y avait un double sens potentiellement intéressant. Cloué parce que son portrait encadré est cloué sur un mur, mais également en sous-entendu « cloué au pilori » par ceux qui savent les atrocités qu’il a commises ! Cette expression est d’ailleurs renforcée par les vers qui suivent : « Son portrait suspendu rend une odieuse image À l’homme qui parcourt les traits de son visage. » « Grossi d’un verre épais, torve de longs serments, Assurément épris de longs enterrements, » Je n’aurais personnellement pas employé « Assurément » pour ne pas empiéter sur la rime « serments/enterrements », mais peut-être avez-vous souhaité renforcer cette terminaison en « ment » comme le curé qui ment… « longs serments/longs enterrements » est visible et la répétition de l’adjectif ne me semble pas être justifiée contrairement à « même » dans : « Même sur le papier, en noir et blanc, il luit ! Même sa propre bouche en se tordant le fuit, » « Et comme dans son cou roulent des chairs épaisses, Sous la soutane on sait molles ses blanches fesses. » Votre ami vous a demandé d’écrire un texte qui pourrait le venger, c’est écrit dans l’exergue, pourtant, je trouve que ce poème aurait peut-être eu plus de force s’il avait encore plus dénoncé, je veux dire, dans ce passage, je sens la vengeance presque enfantine, ce passage est risible et ne dessert pas le propos à mon avis… « Ce cercueil est le sien ! Il en réfère à Dieu ! Dans un cœur incertain il a planté son pieu, » Je ne m’attendais pas à lire quelque chose comme « un cœur incertain » pour évoquer votre ami à l’âge qu’il avait, peut-être cela aurait-il été trop convenu, mais j’imaginais par exemple « un cœur innocent »… « Et tous les requiems que le prêtre fredonne Feront-ils que la Sainte Mère lui pardonne ? » J’ai aimé ce passage qui évoque la question du pardon de l’Église à propos d’un acte impardonnable commis sur un enfant (ou un adulte)… « Car l’enfant qu’il ruina de ses reins boursouflés, Sur sa nuque a gardé ses râles essoufflés, Et l’homme qui détaille aujourd’hui sa figure Jusqu’au ciel souffrira des flux de la souillure. » J’ai bien aimé ce dernier quatrain, c’est celui qui a le plus de force poétique et dramatique je trouve. C’est une histoire on ne peut plus personnelle, ça ne me dérange pas, bien au contraire, mais je ne suis malheureusement pas pleinement rentré dedans. Après, je dois vous avouer que contrairement à vous, je ne respecte rien, même pas les curaillons ou ratichons de toute sorte ! Il n’en reste pas moins que si l’histoire est véridique, j’éprouve une empathie profonde pour votre ami… |
| BlaseSaintLuc
14/10/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
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Le poème tient la route ; pas assez acerbe à mon goût, le vil prêtre aurait mérité son flagelle !
Le style classique n'est pas la meilleure option à adopter pour la forme pamphlétaire. Je ne suis pas certain que les puristes valident le texte en classique. Mais j'aime bien que les clous du cercueil s'enfoncent bien profondément dans le bois noir du mal, que les mots poursuivent jusqu'en enfer le curé Carminal*. * rouge profond .= rougeot ,il pourait etre rouge de honte s'il avait une àme ! |
| Passant75
15/10/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
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« C’est du brutal », comme disait Blier, c’est même du noir et du violent ! On le comprend d’autant mieux que terrible est l’horreur que le poème dénonce. Le portrait du curé est volontairement repoussant, et les images sont très crues. Elles traduisent un dégoût profond et une colère qui ne cherche pas à se dissimuler.
Contrairement à l’exergue, j’y vois moins une vengeance qu’un cri pour faire entendre une vérité longtemps tue et un besoin de reconnaissance. C’est une manière de briser le silence et de rendre enfin sa voix à la victime. Le poème est dur et rappelle avec force que la mort du coupable n’efface pas les blessures infligées, ni leurs conséquences. En fait, le poème ne cherche pas à ressusciter le passé, mais il refuse qu’il soit enseveli comme l’a été le curé. |
| Cyrill
17/10/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
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C’est bien vu ce « est cloué le curé » qui arrive dès le deuxième vers, on dirait que le voilà déjà cloué au pilori, avant même de savoir ce qui lui est reproché. Mais on est averti par un incipit assez précautionneux. Puis voilà son portrait longuement détaillé, avec toute la haine et la colère attendues de sa victime ou du moins de l’observateur averti de ses exactions. Le troisième quatrain, à cet égard, est parfait d’amertume et de dégoût. Bravo, c'est un poème nécessaire.
Il semble cependant que la loi de Dieu (le pardon de la Sainte Mère) soit en mesure de prévaloir et suppléer le droit, on ne sort pas de l'église. |
| Provencao
21/10/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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Bonjour pieralun,
En un vers: " Jusqu’au ciel souffrira des flux de la souillure." vous avez affiché quand, comment et pourquoi ce cri a été arraché de la jauge au sacré et à l'offrande. Ce cri, est absolu, étoffé, créateur et c'est dans les dédales de résonance et d''écho que s'enfonce le cri tout entier. J'ai aimé ce cri qui n'a pas seulement un ascendant de souvenance, et d'évocation, ce cri façonne un moment précis, horrible, odieux à partir duquel se démantelle une petite voix trop lisse et déliée abandonnée par un " Dans un cœur incertain il a planté son pieu" à remettre en question..... Au plaisir de vous lire, Cordialement |
| vallet
21/10/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
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Bonjour
J'aurais aimé un poème plus percutant pour toutes ses exactions commises par les serviteurs de Dieu. Les secrets ont surgi puis la boite s'est refermée laissant toutes ces victimes avec leurs souvenirs et leurs traumatismes. Les dirigeants de l'Église catholique se sont refilés le bébé puisqu'ils savaient depuis Jean-Paul II sans rien faire d'autre que de se taire. Bien d'écrire sur ce sujet difficile même si comme je l'ai déjà dit, je trouve ce poème quelque peu mollasson. |
| LeChevalier
21/10/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime un peu
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Je n'ai pas aimé ce texte. Vous l'avez pourvu d'une présentation qui éclaire vos intentions, un projet d'écriture. Je trouve que le problème est précisément dans le projet, dans l'idée de « venger » par l'écriture. Le problème des prêtres pédophiles est extrêmement sérieux et on en parle de plus en plus, ce qui est bien. Mais en parler n'offre pas de solutions. C'est ce que je regrette dans votre texte : vous ne dites rien du célibat des prêtres, de l'aveugle respect des autorités, du silence des victimes...
Dans le dernier quatrain vous parlez de l'enfant victime qui est devenu adulte mais porte toujours le traumatisme. Mais alors, pourquoi parler du ciel ? Avoir été victime ne signifie pas qu'on « ira au ciel », hélas. Je trouve ce dernier quatrain quelque peu emberlificoté. Voilà pour les critiques. Là où votre texte est une franche réussite, c'est dans la construction du personnage dégoûtant et dans sa mise en opposition avec l'église (le bâtiment). Vous construisez ce contraste dès les deux premiers vers (au passage, je m'étonne de la minuscule à « seigneur » au deuxième vers). Par la suite, vous décrivez le regard, le visage, le corps disgracieux du prêtre décédé. C'est un grand classique : faire sentir le caractère vicieux à travers la laideur du corps. Certes, le procédé est très usé mais il est efficace et on n'a pas besoin de chercher à le « renouveler ». Vous vous servez d'exclamations adroites (au début du 3e et du 4e quatrains) pour montrer le désaccord entre caractère pourri et fonction sacrée. J'ai particulièrement apprécié que vous ayez évoqué les effets des viols sur la foi des victime : bravo pour ce point ! Par contre, le choix des quatrains rimés en aabb est assez peu heureux ; en effet, on peut douter que ce soit de vrais quatrains ; vous auriez omis de mettre des sauts de lignes tous les quatre vers, cela n'aurait essentiellement rien changé. Au final donc, je trouve que d'un point de vue technique votre texte est abouti mais je n'aime pas le projet que cette technique réalise, malgré certains points très positifs, que j'ai évoqués ci-dessus. |




