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Poésie contemporaine
Polza : À mon grand-père…
 Publié le 20/10/26  -  7 commentaires  -  1046 caractères  -  100 lectures    Autres textes du même auteur

"Chev' brakes are snarling as you stumble across the road

But day breaks instead so you hurry home

Don't let the sun blast your shadow

Don't let the milk floats ride your mind
So natural - religiously unkind…


I've had my share so I'll help you with the pain.
Just turn on with me, and you're not alone
Let's turn on and be not alone
Give me your hands, 'cause you're wonderful"
David Bowie


À mon grand-père…



Au fil de mon enfance, un poisson fut pêché
Dans un fleuve dont l’âme emporte les angoisses
Et les profonds regrets de mortels aux nuits lasses,
Gémissant des mots sourds et souffrant leur péché.

L’inconsolable cœur de ce triton d’eau douce
Vacilla dans la Seine, à la lueur d’un soir,
Puis coula comme un homme, au fond du soleil noir,
Sans que Poséidon lui vînt à la rescousse  !

Sur son corps endormi, scintillait un reflet,
L’écho d’une blessure, ultime camouflet
Que sa sombre moitié poussa jusqu’à l’extrême  !

Si je rêve parfois de lui tendre le bras,
De ce drame jaillit en silence un poème
Que mon chagrin dédie, à toi Georges Lebas.

_________________________________________________________________________________________
Georges Lebas, né le 15/09/1918 à Lanrelas (Côtes-du-Nord)
Décédé le 18/10/1988 dans la Seine (à Épinay-sur-Seine), corps « repêché » le 24/10/1988 à Le Pecq (Yvelines)


 
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   LeChevalier   
20/10/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime bien
Je voudrais commenter ce poème car il exprime un sentiment sincère, bien que de manière, à mon sens, très maladroite.

Je lis le texte comme une tentative de comprendre le destin de son ancêtre, celui qu'on a peu connu, finalement, mais à qui on doit une part substantielle de son être. Je le vois surtout dans le deuxième tercet avec le vers « si je rêve parfois de lui tendre le bras » qui est, à mon sens, le meilleur du sonnet. La sincérité, je la vois aussi dans les deux groupes « mon enfance » et « mon chagrin ».

Malheureusement, je pourrais dire bien davantage de choses pour ce qui concerne les maladresses dans le texte. La plus fondamentale, c'est le ton documentaire, d'une précision allant jusqu'à nommer la personne . Cela peut s'entendre dans une épitaphe, mais je pense que c'est profondément nuisible au lyrisme. Ce n'est pas mieux dans le premier tercet où on nous explique que l'homme s'est d'abord blessé et puis est tombé dans l'eau. Cela donne un air d'examen médico-légal que je trouve déplacé.

Dans les quatrains, je trouve que c'est mieux, à l'exception de ce « au fil de » qui fait penser à un fait répété ; il fallait écrire « dans / pendant mon enfance » ou « Lorsque j'étais enfant ». L'introduction du thème mythologique aurait pu donner de la puissance, un air solennel, surtout dans le contexte du passé simple et du subjonctif imparfait, mais à mes yeux ceci ne se réalise pas pleinement, notamment à cause du caractère terre à terre des tercets.

J'espère que ce commentaire aidera l'auteur dans son écriture -- je respecte le sentiment derrière le texte mais j'en trouve la réalisation peu satisfaisante.

   jf2   
20/10/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime un peu
J’apprécie la sincérité du poème, en particulier la dernière strophe, très émouvante.

Cependant, j’ai été gêné par un aspect métaphorique que j’ai trouvé mal adapté.

Utiliser une métaphore de poisson puis de triton pour un événement aussi poignant atténue la portée émotionnelle.

Le passage du poisson et du triton (pourquoi d’eau douce d’ailleurs ? Un triton est toujours d’eau douce) à l’homme est inhabituel et donc perturbant.

L’apparition de Poséidon dans la Seine est quelque peu étrange.

En résumé, un beau poème d’émotion qui aurait pu être sublimé en l’ancrant d’avantage dans le réel plutôt qu’en utilisant des métaphores aquatiques.

   Vincent   
20/10/2026
Bonjour Polza

Le manque de culture en ce domaine ne me permet pas d'apprécier votre texte

Mais j'apprécie le ton et l'empathie que vous avez à l'égard de votre grand-père décédé

   Provencao   
20/10/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
Bonjour Polza,

Plusieurs lectures pour mieux appréhender votre poésie.
Je n'ai pas reconnu ce pouvoir de l 'imagination, ni la faculté d'éveiller des images de votre poésie.
Votre présentation, à mon sens, ne serait pas créée par des miroirs, des images , mais par des caractères affleurant dans votre forme d'écriture.
Entre illusion et métaphore...je n'ai pas franchi, aujourd'hui, ce fil de votre enfance entrouvert.

Tous vos mots ne nous parlent pas personnellement, mais certains ont une signification particulière pour ceux à qui ils sont destinés.

Au plaisir de vous lire,
Cordialement

   Cristale   
20/10/2026
Bonjour Polza,

Je regrette de n'avoir pu commenter ce texte en espace lecture, je m'y serais sentie plus libre d'exprimer mes sentiments.
Sentiments mitigés freinés par la peine exprimée du narrateur que j'entends de façon bien trop directe pour entrer dans le cadre onirique de la poésie telle que j'aime la lire et l'écouter.

Les deux quatrains sont étranges en leur sens et métaphores, le récit tombe, sans sa finalité, dans une réalité descriptive et nominative.

Et si je disais que la rime angoisses/lasses (deux sons différents, « oi » ne rimant pas avec "a") loin d'être suffisante, n'est pas valable en néo, ni en classique, mais passe en contemporain et, bien sûr, en chanson ? Bon, on ne va pas encore ouvrir un forum sur la question.

Ma position de commentatrice n'est pas confortable devant un hommage rendu à un être disparu, il en faut pourtant peu pour que la poésie accompagne le deuil.
Pierre Reverdy disait : "Le poète doit voir les choses telles qu'elles sont et les montrer aux autres telles que, sans lui, ils ne les verraient pas."

Je ne sais pas "noter".

   BlaseSaintLuc   
20/10/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
Évidemment, lorsque l'on est impliqué émotionnellement et directement dans le sujet du texte que l'on propose, cela entraîne souvent des risques de maladresses, soit dans la construction de sa pensée pour refléter au mieux ce que l'on veut exprimer, soit dans la production de trop de détails intimes.
Ce qui égare un peu le lecteur.

Ici, le côté quasi-documentaire de la noyade du grand-père rend le texte trop réel, on devine le suicide (sujet rude).
Quelques vers presque lyriques se mêlent au descriptif, un brouillage de plus pour la lecture.

   vallet   
20/10/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Bonjour

Ce sonnet dédié me semble de moins bonne facture à coté de ce que j'ai pu lire chez l'auteur. Mais les dédicaces ont en général un message qu'il est dur de partager car elles concernent surtout le poète lui-même. Mis à part cette rime lasses/angoisses qui enlève le classique, le texte sera sûrement mieux compréhensible par le commun des mortels après les explications de l'auteur.


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