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Poésie libre
myndie : Crépuscule polychrome
 Publié le 19/04/15  -  15 commentaires  -  1231 caractères  -  270 lectures    Autres textes du même auteur

Je suis d'une région qui jamais n'oublie et n'a de cesse de brasser ses souvenirs, ses paysages – mer, terre grasse, montagne noire – ses soleils, ses nuits, ses peines et son courage. On s'en échappe parfois par la rêverie mais on y revient toujours.


Crépuscule polychrome



Les digitales empourprées s'étiolent
et le fouillis de filaments ductiles
tout embué de mauve
s'émeut et s'abandonne
jusqu'à se diluer
l'horizon rassasié de ses airs d'Orient
efface doucement sa figure incertaine
de livides éclats claironnent la bataille
et dénoncent le ciel imprévu et fantasque
le vent qui dit le jour mourant
dans la mélancolie de ses feux rougeoyant
sous de gros draps de jute grise
le vent sanglote infiniment
et ses soupirs glacés semblent le son du glas
par-delà les pagodes et la cité en flammes
les sampans vélivoles virevoltent
autour des festons blancs voluptueux
bientôt les graves bonzes se seront noyés
dans le bronze fondu et l'airain en fusion
(sage Çâkia yeux d'or pur)
la brune est aux aguets
le serpent ondulant dans la ville brûlée
a perdu ses reflets irisés
et ses flots affolés
sont des cieux tourmentés
fuligineux fantômes aux larmes de sueur
au souffle distordu aux plaintes égarées
aux souvenirs poudrés silice et suie mêlées
pareils aux noirs crachats des forçats d'autrefois
ombres de mon pays
et la nuit but la nue.


 
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Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   bipol   
19/4/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément
la brune est aux aguets
le serpent ondulant dans la ville brûlée
a perdu ses reflets irisés
et ses flots affolés
sont des cieux tourmentés
fuligineux fantômes aux larmes de sueur
au souffle distordu aux plaintes égarées
aux souvenirs poudrés silice et suie mêlées
pareils aux noirs crachats des forçats d'autrefois
ombres de mon pays
et la nuit but la nue.

j'ai retenu ce passage, peut-être celui qui me plait le plus

votre texte est flamboyant, magnifique

votre peinture me fait penser à Impressions de Monet ce fameux coucher de soleil

cette peinture a donné naissance à l'impressionnisme

j'y vois aussi certaines toiles de Vincent

j'ai adoré

   Robot   
19/4/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Belle description. On voit et on ressent au travers des images. Il y a beaucoup de couleurs par petites touches, comme une peinture impressionniste.

   Cat   
19/4/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Myndie,

Entre « fouillis » et « mélancolie », il y a des mouvements de crépuscules enflammés qui embrasent les cœurs.

Ici se devine toute la fougue qui t’anime devant le tableau du soir couchant. A coup de touches magistrales, tu m’enroules, me ballotes et m’emportes dans tes élans vers un voyage flamboyant.

J’aime « l’horizon rassasié sous ses airs d’Orient », la nuit sous les traits de la « dame brune » et aussi la soie « des souvenirs poudrés silice et suie mêlées ».

Une belle poésie libre qui se fiche dans les sens comme une morsure à l’eau-forte.

Merci infiniment


Cat aux aguets du prochain crépuscule

   leni   
19/4/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Le tableau peint par petites touches impressionnistes est coloré à souhait Les mots sonores rebondissent sur eux mêmes
Cette finale me plait beaucoup

fuligineux fantômes aux larmes de sueur
au souffle distordu aux plaintes égarées
aux souvenirs poudrés silice et suie mêlées
pareils aux noirs crachats des forçats d'autrefois
ombres de mon pays
et la nuit but la nue.

Un bémol:le texte est dense sans espace pour respirer

Bravo à toi Salut amical



Leni

   Lulu   
19/4/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↓
J'aurais aimé trouver des strophes dans ce texte trop dense présenté ainsi. Nous avons en effet besoin de pauses, de respirer, même si l'on devine les endroits où vous mettez un point. Je vous le conseille pour vos prochains textes, même si les strophes sont irrégulières. Après tout, nous sommes en poésie libre... De plus, ce sera plus agréable pour l'oeil, car un si grand texte sans majuscule, ni ponctuation peut paraître rebutant à la première lecture à nombre de lecteurs, ce qui serait dommage puisque vous avez des choses à dire, comme c'est le cas ici.

Dans ce texte, j'ai aimé les couleurs ; l'image des digitales au début, puis, notamment les "gros draps de jute grises" (inattendus, originaux à se représenter). J'ai aussi aimé entendre le vent avec ses "soupirs glacés".

J'ai bien aimé l'image de "la brune [qui] est aux aguets", du "serpent noir ondulant dans la ville brûlée".

De par la présentation du texte, il faut plusieurs lectures pour s'y retrouver, faire la part des choses montrées, ce qui est bien dommage. Enfin, peut-être cela n'engage-t-il que moi ?

   Francis   
19/4/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Une jolie toile où se mêlent les couleurs, la matière et les impressions du peintre. J'y vois un coucher de soleil sur mon bassin minier.C'est un dégradé de mauve, de rouge, de touches que l'artiste ajoute en suivant les variations de couleurs que le crépuscule propose. Les allitérations ajoutent une note auditive. J'entends le vent qui souffle sur le champ de bataille où s'affrontent les dernières lueurs du jour et l'obscurité qui peu à peu boit le jour.
L'auteur n'est pas qu'un simple spectateur et son pinceau reste une plume qui traduit ses sentiments.

   David   
19/4/2015
 a aimé ce texte 
Pas
Bonjour myndie,

Le poème pose une certaine atmosphère mais les vers ont un mauvais pli à mon goût assez malheureux en poésie : il y a énormément d'épithètes. Depuis le titre "crépuscule polychrome" va s'enchainer "digitales empourprées/filaments ductiles/l'horizon rassasié/airs d'Orient/figure incertaine/livides éclats/ciel imprévu/jour mourant/feux rougeoyant/gros draps/jute grise/soupirs glacés/sampans vélivoles/festons blancs voluptueux/graves bonzes/or pur/serpent ondulant/ville brûlée/reflets irisés/flots affolés/cieux tourmentés/fuligineux fantômes/souffle distordu/plaintes égarées/souvenirs poudrés/suie mêlées/noirs crachats/forçats d'autrefois".

Une grande partie des noms sont qualifiés d'un adjectif, certains ont l'adjectif avant le nom, comme ça apparait parfois dans la poésie plus traditionnelle, où ça peut être relevé avec ironie comme un moyen de chercher la rime. Ici, les propos se noient dans ses descriptions, certains sont sans doute plus pertinents que d'autres mais c'est bien l'accumulation qui plombe les vers avec un effet de remplissage. C'est souvent un usage qui sert à caricaturer la poésie, une expression excessive qui devient lourde et étouffe complètement les propos.

Il me semble que le thème voudrait plutôt évoquer une légèreté, un regard serein sur un paysage mais la forme est vraiment à contre emploi, les vers ne sont pas du tout "libres" de cette usage très convenu.

   PIZZICATO   
19/4/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Myndie.
Une précision supplémentaire dans l'incipit aurait permis, à mon sens, de mieux cerner le sujet ; je suppose qu'il a trait à une région de l'Inde qui a connu une époque très sombre dans son passé.
Les images sont très belles tout au long de ce texte et font ressentir cet attachement à votre pays.

   Pimpette   
19/4/2015
 a aimé ce texte 
Bien
Certains trucs qui me gênent dans ce style qui ne m'est pas familier...
Peu importe car les autres commentateurs sont heureux et c'est le principal?

Crépuscule polychrome?...non...
Sculpture ou fresque ou statue polychrome...oui
Mais une robe de plusieurs couleurs ne sera pas une robe polychrome???
le crépuscule non plus?

   Automnale   
19/4/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Ce poème semblant être une invitation au voyage, je me suis arrêtée. A vrai dire, mon escapade ressembla à tout sauf à un vagabondage. A la vitesse grand V, j'ai filé sans rien voir puisque l'auteur, en s'abstenant de ponctuer son texte, n'autorise pas le moindre arrêt sur image. Quel dommage !

Il a fallu que je reprenne mon souffle pour, lors d'une seconde lecture, essayer de repérer, ici ou là, ce qu'il y avait de beau à voir.

D'abord, où étais-je ? Quelque part en Asie, compte tenu des pagodes, des bonzes et des sampans, ces bateaux chinois volant avec leur voile... Mais où exactement ? Et qu'est-ce qu'une (ou un) Câkia ?

J'ai vu les digitales empourprées qui s'étiolent... J'ai aimé l'horizon rassasié de ses airs d'Orient, effaçant doucement sa figure incertaine... J'ai remarqué le serpent ondulant qui, dans la ville brûlée, a perdu ses reflets irisés... Hélas, j'ai constaté que ces magnifiques images étaient perdues dans un fouillis de filaments ductiles s'émouvant et s'abandonnant jusqu'à se diluer (reprenant, là, le début du texte).

Il est beaucoup question du vent... Et ses soupirs glacés semblent le son du glas (ne serait-ce pas mieux : Ses soupirs glacés ressemblent au son du glas ?)... Par ailleurs, la brune est aux aguets (quelle brune ?)... Et pourquoi, in fine, ce changement de temps : Et la nuit but la nue (je préfèrerais, eu égard au manque de ponctuation : La nuit boit la nue)... Enfin, sans vouloir jouer à l'apothicaire, j'ai compté, peut-être dix fois, la conjonction "et"...

En conclusion, je suis persuadée que ce crépuscule asiatique, s'il était aéré (comme le fait le vent), ponctué, épuré, fluidifié, pourrait être sublime. Les ombres de votre pays, Myndie, méritent certainement beaucoup mieux.

   Anonyme   
19/4/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Votre pays vous inspire et nous inspire à la lecture.

Sampans, bonzes... Câkia (comment met-on une cédille sous un "C" majuscule ?), référence que je ne possède pas. Tout ceci me fait penser à la Birmanie.

Merci pour ce voyage au-delà de nos frontières, coloré et subtil.

Wall-E

   jfmoods   
19/4/2015
Signalé par le titre (« Crépuscule polychrome »), un tableau fait de contrastes saisissants de couleurs (« empourprées », « mauve », « livides », « rougeoyant », « grise », « flammes », « blancs », « bronze fondu », « airain », « or pur », « la brune », « irisés », « fuligineux », « silice et suie », « noirs ») se dresse devant le lecteur-spectateur, dessinant les contours d'un paysage- état d'âme. On croit distinguer cinq parties qui suivent le mouvement du regard : le premier plan (vers 1 à 5), l'arrière plan (vers 6 à 14), la concentration progressive vers le centre de la toile (15 à 20 / 21 à 29), la conclusion (vers 30 et 31).

Divers éléments culturels (« ses airs d'Orient », « pagodes », « sampans », « bonzes », « Çakia », « serpent ondulant ») signalent un pays d'Asie comme point d'appui de la perspective. Un mouvement de délitement travaille le texte en profondeur (« s'étiolent », « se diluer », « efface », « mourant », « se seront noyés », « brûlée », « ombres »). Le jeu filé des allégories (« l'horizon efface sa figure incertaine », « éclats... dénoncent », « le vent qui dit le jour mourant », « le vent sanglote infiniment / et ses soupirs glacés », « la brune est aux aguets », « cieux tourmentés », « fantômes aux larmes de sueur », « la nuit but ») laisse planer une menace dans laquelle semblent se lire, tout à tour, instabilité, injustice, douleur, violence, mort. À ce stade, on peut supposer que le « Crépuscule » du titre est à lire comme une donnée métaphorique, le mot « digitales », symbole d'empoisonnement en germe, apparaissant dès l'entame du texte. Les assonances en « i » (dont la prégnance est particulièrement forte sur l'adverbe « infiniment » et l'adjectif qualificatif « fuligineux ») véhiculent l'étirement douloureux. Les allitérations en « t », en « d » et en « r » (les plus marquantes étant « draps de jute », « distordu ») impriment une certaine âpreté à l'ensemble de l'évocation.

Merci pour ce partage !

   myndie   
21/4/2015

   Bleuterre   
22/4/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément
Il y a un ambiance dans ce texte à laquelle j'adhère très vite, comme une peinture devant laquelle je resterais scotchée au musée. D'abord la beauté des couleurs qui s'emm^elent : le pourpre, le mauve, le rougeoiement, le bronze, qui dans la nuit donnent une ambiance orientale. Et puis très vite, je comprends que cette beauté est hélas le décor de tragédies... qu'importe pour moi le l'espace et le temps, hélas, les drames, qui noircissent les plus beaux paysages du monde continuent à sonner le glas de l'humanité, toujours bafouée et rabaissée au rang de forçats, comme vous dites. Merci pour ce texte qui laisse des marques.

   Anonyme   
25/4/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'aime beaucoup. Chez Apollinaire, la suppression de ponctuation permet de multiplier les interprétations dans certains passages du premier poème d'Alcool. Ici, par le même procédé, vous imposez un tableau fantastique faisant vivre plusieurs de nos sens (sensation de chaleur, vue, audition...) et aucune autre interprétation ne semble possible. J'ai beau relire et je ne trouve aucunes propositions pouvant s'appareiller différemment de lors de la première lecture, comme si la ponctuation était en fait, pour votre main complètement superflue.
Il y a de quoi attendre avec impatience une de vos prochaines sublimes peintures.


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