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Poésie contemporaine
Noran : J'errai
 Publié le 17/02/17  -  12 commentaires  -  1563 caractères  -  167 lectures    Autres textes du même auteur

J'erre fauve dans la jungle…


J'errai



J'erre fauve dans la jungle de mon éon
Et sur les quais bondés de cette gare avide ;
J'erre fauve ici dans la faune des néons
À l'affût d'une source où noyer mon cœur vide ;
Chassant ainsi le soir les veines de la nuit,
L'ombre venue des solitudes citadines
En quête du vivant et des regards d'autrui,
De l'éden limpide d'un visage d'ondine ;
J'erre, fils d'un siècle à la figure d'acier
Et dont les dents de verre écorchent l'éphémère
Parade d'un soleil lassé dans le ciel scié
Par les gratte-paradis dressant nos chimères ;
J'erre fauve et cette métropole ne dort…
Ses métros gavés ne connaissent la famine
Seulement l'immuable festin de ces corps
Et la foule écroulée, réfugiée dans l'intime.

Des courbes assises jusqu'au loin de la rame
Et des saillies qui tanguent drapées de tissus,
Chacun dans son monde et tous reclus dans leurs âmes,
Avalés du grand Nombre ; les cloîtres issus
Du flux des nuées où craquellent nos envies
D'être unique au jardin des multiplicités.
Soudain ! Les portes s'ouvrent… Tel Avril la vie
Envahit le wagon avec félicité,
Vaincue la tôle titube, fond et se love
Dans la rumeur douce et ivre de son parfum
Emmêlé d'iris, de jasmin où je m'amarre
Fauve solitaire mué en séraphin.
Un sourire clair sur les rives de ses lèvres
Et la brûlure bleue, le feu de son regard,
Pourrais-je l'aborder ? Consumé par la fièvre :
– Je ne sais pas vous, mais je ne crois pas au hasard…


 
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   Anonyme   
19/2/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
La présentation du texte est un peu "massive" si j'ose m'exprimer ainsi et ne laisse guère de respiration visuelle au lecteur bien que la ponctuation n'ait pas été négligée et compense cet aspect un peu rude.

L'image est bien mise en place dans la première partie du texte. Ingénieusement, elle ne révèle rien de ce qui se passera dans l'explosion florale des 10 derniers vers.
Un véritable sentiment d'éclosion, de résolution des mystères.

Le vers le plus élégant [selon moi] : Et la brûlure bleu, le feu de son regard.

Commentaire sur l'accord de bleu : Il serait intéressant de demander à l'auteur si l'accord inattendu de "bleu" est volontaire ou non. En ce qui concerne ce point j'aimerais que ce fut volontaire et que l'accord ne se fasse pas avec "brûlure" comme ce pourrait être le cas, mais ceci reste du domaine de l'auteur bien entendu !

Mise à jour du commentaire après publication : donc bleu est devenu bleue entre ma première lecture et aujourd'hui. je n'enlève cependant pas ce que j'en disais pour ne pas trahir la genèse de mon commentaire.

Une chose me trouble : il semble qu'il n'y ait que mon commentaire qui soit antérieur à la publication de ce poème. Est-ce que cela veut dire qu'un texte peut être publié après un seul avis en EL (je comprends bien que c'est complété par le comité éditorial mais je maintiens ma question)

PS: je modifie mon avis et je passe de "bien" à "Passionnément" toute réflexion faite !

   Brume   
17/2/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Le narrateur solitaire nous entraîne dans son errance. A travers son regard on distingue cette jungle qui ne semble pas inquiétante, au contraire elle est pleine de vie "grattes-paradis", "cette métropole ne dort", "Ses métros gavés ", "Des courbes assises jusqu'au loin de la rame" (superbe celle-là) mais s'entoure d'une bulle.
J'aime beaucoup ces vers qui résument joliment bien cette impression de solitude parmi la foule:

"Et la foule écroulée, réfugiée dans l'intime"

Mais dans le métro vint une lumière qui efface l'amertume.
Votre poème est un trésor de pépites. Que de belles trouvailles à picorer de-ci de-là. Il y en a plein mais je vais en relever 2:

"Tel Avril la vie"
"Et la brûlure bleue"

Bon en réalité j'en ai relevé plus en les servant d'exemple plus haut.

Je n'aime pas le dernier vers où le narrateur interpelle le lecteur avec son "je ne sais pas vous", ça détonne, ça me sort de l'univers auquel je m'étais immergée.

   silvieta   
7/2/2017
 a aimé ce texte 
Un peu
Un poème constitué de plusieurs rimes, parfois riches, parfois moins et d'un parti pris d'alexandrins encore que
"J'erre, fils d'un siècle à la figure d'acier" ne comporte que onze pieds mais on ne va pas faire la fine bouche pour du libre ou du contemporain.

Une évocation plutôt réussie du spleen engendré par les gares lugubres aux foules anonymes déprimantes. Mais vient l'épiphanie ( comme dirait James Joyce ), l'entrée de la jeune femme au "sourire clair" et qui émet "la brûlure bleue, le feu de son regard".

L'antithèse métaphorique, puisque le bleu est habituellement une couleur froide, est une réussite. Le choc des mots est transmis au lecteur qui s'éveille à son tour à cette charmante vision bien que le "consumé par la fièvre" qui suit soit, quelques secondes après l'arrivée de la jeune femme, excessif et peu crédible.

D'autres images évocatrices et réussies parcourent le poème, en particulier dans la première strophe. Un poème qui n'est pas exempt de maladresses. Entre autres faire une faute d'orthographe pour enrichir la rime ( "cette métropole ne dorS"/ "ces corps" ) est un procédé pour le moins révolutionnaire et le "Je ne sais pas vous, mais je crois pas au hasard" interpelle: un redoublement de négation aurait il été bienvenu ? -oui, malgré la perte du sacro- sain alexandrin. Aucune négation?-si on veut, avec l'indulgence du jury.... mais cette figure de style indécise et bancale, non.

En résumé: plusieurs promesses et quelques maladresses.

   Michel64   
17/2/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Ambiance citadine, et même sub-citadine exprimée avec beaucoup de poésie.
Je pense qu'il aurait fallut aérer un peu le texte, mais peut-être le côté compact est-il voulu pour coller avec l'impression de foule, de "grand Nombre".
Beaucoup de belles images et de belles métaphores :
"J'erre, fils d'un siècle à la figure d'acier
Et dont les dents de verre écorchent l'éphémère"
"Et la brûlure bleue, le feu de son regard" et bien d'autres.
J'ai moins aimé le "ciel scié" au bout de ce vers a 13 pieds ou alors peut-être: "Revue d'un soleil las dans un ciel déchiré".
Le dernier vers nous sort un peu brutalement du poème, de la rêverie, comme quelqu'un dans notre dos qui nous adresse la parole alors que l'on ne savait pas qu'il était là.
J'ai bien aimé l'ensemble.

   hersen   
17/2/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Soudain !

Dans ce monde d'acier et de verre, et faux paradis, dans une ville, un métro où notre solitude/unicité se noie dans la multiplicité, va entrer une lumière. C'est un avril capable de vaincre la tôle. Je trouve cette image particulièrement forte. Magnifique.

J'aime énormément toutes les images, l'acier, le verre, d'où on ne croirait pas qu'un miracle au yeux bleus puisse survenir.

Et bien sûr, la dernière phrase pour aborder ces yeux bleus...Une phrase plate comme souvent dans ces cas-là...J'espère que le narrateur, en disant cette phrase, a su mettre le ton de tout son poème à l'intérieur de ses mots.

C'est une écriture très dense, un tissé serré qui ne laisse pas d'échappatoire, d'échappée. Donc l'auteur nous emmène bien où il veut tout en laissant le suspense à la fin.

Merci pour cette lecture.

   Leverbal   
17/2/2017
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai beaucoup aimé le champ lexical et les images utilisées, sur un thème qui est plutôt banal au demeurant.
J'ai été moins convaincu par le style, le texte aurait pu s' affranchir de l'alexandrin, l'anaphore du j'erre fauve est bancale, en plus avec le titre qui n'est pas sur le même temps. Les ! ? et ... bof

   Proseuse   
17/2/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Noran,

J' aime assez cette sensation d' étouffement et d' oppression que suggère tout le début du texte , la sensation qu' en tant qu' '" unité " dans un "tout" on n' existe pas .. même pas pour soi-même ! Mais par un hasard ( ou pas) une autre "unité" peut réveiller les sensations d' "être"! et là commence le rêve et finit l' étouffement !
Enfin, c' est ainsi que j' ai lu votre poème ! :-)
Peut-être auriez-vous pu , justement, aérer un peu plus la présentation de la deuxième partie du texte pour amener le lecteur, lui aussi, à ... respirer mieux ?
Merci en tout les cas du partage

   plumette   
17/2/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
j'aime beaucoup la répétition de j'erre, ce mot m'évoque par lui-même, par sa sonorité ce qu'il signifie.

Ce poème est musical, il déploie des images fortes, je suis plongée dans l'ambiance de la ville et de sa vie souterraine avec cet homme errant, dont l'errance prend fin grâce à une vision.

c'est assez surprenant! Avec la première partie, on imagine un personnage sombre, mutique, assorti à ce ce qu'il décrit et Soudain! le romantisme surgit.

j'ai tiqué au mot éon dans le premier vers, à cause des mots croisés...

A vous relire

Plumette

   jfmoods   
19/2/2017
Un texte poétique, c'est avant tout une mélodie : c'est une musique... une musique avec des mots à la place des notes. Cette musique vous touche à un certain degré... ou glisse sur vous comme l'eau sur les plumes d'un canard. Si cette musique vous touche, vous tenterez alors de comprendre pourquoi et comment en vous penchant sur le thème, sur les images que le poème véhicule... et sur le reste. Vous essaierez de construire du sens face à la confusion première du ressenti. La musique est une onde : lorsqu'elle trouve un écho en vous, il n'y a plus qu'à vous laisser porter par le courant, par le flot assagi des mots.

Ce poème est composé de deux strophes de seize vers à rimes riches et suffisantes (sauf les vers 14 et 16, 25 et 27 qui échappent à la rime, invitant à une mise en perspective significative des mots). Les rimes sont croisées (masculines / féminines dans la première strophe, féminines / masculines dans la seconde), dessinant le spectre d'une dualité. Le vers, capricieux, accueillant volontiers le hiatus, navigue autour de l'alexandrin, le trouvant parfois, s'en affranchissant le reste du temps. Ce jeu de heurts, de tensions, d'irrégularités épouse la sensation de dysharmonie qui hante le texte.

Le poème s'inscrit dans un maillage urbain assez dense (champ lexical : "quais bondés", "gare", "néon", "métros", "rames", "portes", "wagon", "tôle"). La modernité triomphante de la grande ville est un leurre, un trompe-l'oeil, un miroir aux alouettes (participe présent : "dressant nos chimères"), comme le signale aussi avec ironie un néologisme ("les gratte-paradis"). Une personnification à la construction complexe enfonce le clou, avalisant, derrière l'impression première de toute-puissance, l'image d'une profonde vacuité (personnification : "un siècle à la figure d'acier / Et dont les dents de verre écorchent l'éphémère / Parade d'un soleil lassé") propre à notre société d'abondance (champ lexical : "avides", "gavés ne connaissent la famine", groupe nominal assorti d'une diérèse : "immuable festin", "Avalés"). À l'heure des échanges virtuels standardisés, on ne s'est jamais senti plus isolés, plus éloignés les uns des autres (groupe nominal : "solitudes urbaines", gradation hyperbolique : "Chacun dans son monde et tous reclus dans leurs âmes", jeu antithétique : "cloître" / "craquellent nos envies", paradoxe : "être unique au jardin des multiplicités").

Le mot "éon" semble bien renvoyer à l'époque décrite dans le poème. Cependant, le lecteur est fortement tenté de lui ajouter mentalement une majuscule. En effet, dans un lieu où le chacun pour soi prédomine ("jungle", "faune"), ce qui marque le plus profondément la lecture, c'est l'image de la quête, d'une quête fébrile, désordonnée (titre du poème : "J'errai", anaphore : "J'erre" x 4) qui s'apparente ici à celle d'un prédateur (champ lexical : "fauve" x 4, "À l'affût", "Chassant", métaphore : "les veines de la nuit"). Cette quête est celle de l'unité perdue. Le chevalier d'Éon rechercha en lui-même sa part féminine. Le poète fait de même, mais dans le monde où il poursuit sans relâche sa moitié, la face manquante de son identité.

Cette quête se dévide au fil du texte, nous menant de la femme fantasmée, fille de l'eau ("source", "De l'éden limpide d'un visage d'ondine") à la femme réelle, que l'on accoste par une prodigieuse et soudaine ouverture des sens (allégorie avec rejet significatif : "la vie / Envahit", "Dans la rumeur douce et ivre de son parfum / Emmêlé d'iris, de jasmin", "Un sourire clair sur les rives de ses lèvres"). Cette femme, le poète en tombe immédiatement amoureux (images obsédantes d'un incendie intime : "la brûlure bleue", "le feu de son regard", "Consumé par la fièvre"). Elle devient, à cet instant, pour lui, l'objet d'une stratégie d'approche bien rôdée ("mué en séraphin") dont l'aboutissement nous est, pour l'heure, inconnu.

"Es-tu ma femme ? Ma femme faite pour atteindre la rencontre du présent ?" (Entame du poème "Leonides" de René Char, issu du recueil "Fureur et mystère")

Merci pour ce partage !

   Anonyme   
19/2/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Difficile de commenter des vers aussi riches et fabuleusement agencés, sans plagier l'auteur. Je n'évoquerais donc point ce qui a déjà été dit. En général, lorsque je n'arrive pas à commenter quoi que ce soit, c'est que j'ai trouvé le poème si sublime que tout propos en devient superflu, ce qui est le cas ici.

J'ai tout aimé de ce poème. Je l'élève donc au panthéon de mes poèmes préférés, toutes catégories confondues (ça fait 7) !

Un grand bravo !

Wall-E

   Francis   
20/2/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
L'être anonyme immergé dans la foule citadine " à l'affût d'une source" guettant un sourire, un regard qui se pose comme un papillon sur la fleur d'avril. J'ai aimé ce jeu de formes, de matières,de couleurs : verticalité des gratte-ciel, stries des rames de métro, figure d'acier, dents de verre, néon, soleil lassé, veines de la nuit...Soudain, les portes s'ouvrent sur un autre registre, sur un jardin, sur un sourire ! Une autre vie s'anime.

   Bartik   
19/3/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
De jolies images dans une douche de mots qui n'est pas pour me déplaire. La solitude de l'être de chair et de sang ( le fauve) dans une jungle artificielle, mécanique et impersonnelle: la jungle de l'ère où il erre....à la recherche du vivant qu'il découvre à la fin du poème, en bon prédateur de l'amour...
J'aime particulièrement "J'erre, fils d'un siècle à la figure d'acier
Et dont les dents de verre écorchent l'éphémère" et "Ses métros gavés ne connaissent la famine" et évidemment le "j'erre fauve" qui surprend au départ et que l'on guette par la suite mais que l'on peut lire avec une virgule après fauve. Personnellement j'aurais viré la ponctuation, ce qui permet des lectures multiples. Le titre est au passé simple:" j'errai"... l'errance est terminée et on le sait dès le départ. C'est bien géré je trouve...
Bon repos du guerrier donc...


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