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Poésie libre
Ombhre : Ce qui me manquera
 Publié le 27/05/26  -  9 commentaires  -  1109 caractères  -  110 lectures    Autres textes du même auteur

Quand une maison de famille est vendue, on réalise tout ce qu'on perd avec elle.


Ce qui me manquera



Ce qui me manquera

C’est l’horizon délavé
les nuages étirés
aux teintes roses ou bleues
renversées dans les cieux
où le soleil joueur
invente des couleurs

Ce qui me manquera

Ce sont les chants des vents
l’odeur lourde des feuilles
le bruit gris de la pluie
la terre parfumée d’eau
les saignées des canaux
les vagues en écume

Ce qui me manquera

C’est le bruit de nos pas
sur les chemins de sable
le vol criard des oies
les oiseaux par milliers
le silence sifflant
dans les dunes alanguies

Ce qui me manquera

C’est la danse des arbres
sous les mains de la brise
une maison de briques
emplie de grincements
le bruit d’un livre ouvert
dont les rêves s’échappent

Ce qui me manquera

Les rires des enfants
les jeux avec nos chiens
les aiguilles figées
d’une horloge muette
ces moments peaux à mots
et le temps qui s’étire

Ce qui me manquera

Ce qui ne s’oublie pas.


 
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   Passant75   
11/5/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
La nostalgie liée à la perte d’un lieu de souvenirs n’est guère originale, cependant l’auteur traite ce thème avec sensibilité grâce à de nombreuses images sensorielles. La répétition de « Ce qui me manquera » donne une unité au texte, mais elle finit aussi par rendre la structure assez prévisible.

Certaines images sont belles et évocatrices, comme « la terre parfumée d’eau », « le bruit gris de la pluie », « le silence sifflant » ou « ces moments peaux à mots », tandis que d’autres comme « les vagues en écume » ou « les chants des vents », restent plus convenues. Je suis toujours frustré par l'absence de la ponctuation, malgré cela le style simple convient bien au registre intimiste du poème, même si cette sobriété limite parfois la profondeur émotionnelle.

Au final, si l’on ressent davantage une accumulation de souvenirs qu’une véritable progression poétique, le texte reste néanmoins sincère, fluide et agréable à lire, porté par une atmosphère mélancolique réussie.

   Luron   
12/5/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Ce poème d'une touchante humanité et très sensoriel est une réussite. Cette maison a une âme, une atmosphère, une vie bien remplie.
Le ciel joueur qui invente des couleurs, les chants des vents, le bruit d'un livre ouvert dont les rêves s'échappent, les aiguilles figées versus le temps qui s'étire sont autant d'émouvantes images de cette vie décrite avec des mots simples mais ruisselants de poésie. L'anaphore donne de la puissance aux souvenirs et au lien qui attache le narrateur à cette bâtisse. Ces maisons de famille représentent souvent ce point d'ancrage des souvenirs, des sentiments et des émotions dont nous avons besoin dans une vie mouvementée. Elles gardent "ce qui ne s'oublie pas". Tout cela est superbement décrit.

   Polza   
17/5/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Je suis content que ce poème soit encore en EL car je souhaitais le commenter depuis un moment, mais je n’ai pas eu le temps de le faire avant aujourd’hui.

Ce récit me touche particulièrement puisque je vis toujours dans la maison familiale. Je m’en suis éloigné pour faire ma vie comme on dit, mais j’y suis revenu depuis presque 20 ans pour que mon père ne se sente pas seul. Je ne voulais pas que l’on m’annonce un jour : « Ton père est mort tout seul dans sa maison », je m’en serais grandement voulu…

Il m’a eu à 45 ans, ma mère (qui avait 18 ans de moins) l’avait choisi parce que c’était un homme très gentil qui habitait dans le même immeuble (avant d’acheter la maison familiale), elle avait besoin de quelqu’un pour élever sa fille, ma sœur Delphine, car son père biologique n’en voulait pas.

Ma mère est toujours de ce monde, elle vit dans une maison de retraite que j’ai choisie, elle s’y sent très bien et à toute sa tête. Elle a quitté mon père il y a des dizaines d’années pour vivre avec Jean-Claude, mon beau-père qui est décédé en 2024.

Je ne vais pas vous raconter toute ma vie, ce serait bien trop long, mais tout ça pour vous dire que je réalise ce que l’on peut perdre en vendant la maison familiale, d’autant plus que dans la mienne, il y a autant de dramatiques souvenirs que de très bons moments…

Si j’ai vraiment beaucoup aimé ce qui vous manquera, j’ai trouvé qu’il y avait un très léger déséquilibre entre les souvenirs qui appartiennent à la nature et ceux qui appartiennent à la maison, mais rien de très important, peut-être faudrait-il rajouter une ou deux strophes de souvenirs plus personnels, que l’auteur se dévoile un peu, même si la pudeur de vos mots fonctionne également…


Franchement, je n’ai pas grand-chose à ajouter, pour moi, ça le fait, ça le fait même très bien avec ce : « Ce qui ne s’oublie pas » qui vient parachever le tout en toute sobriété…

   Donaldo75   
18/5/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
J’ai beaucoup aimé ce poème qui m’a bien fait vibrer. Le refrain – égal le titre du poème – habille bien la poésie égrenée par les vers. Il y a une tonalité douce et puissante à la fois. Les souvenirs sont autant de touches dans le tableau mémoriel décliné dans un souffle poétique de chaque instant. C’est fort et sensoriel. Je ne peux même pas enclencher une analyse détaillée – ce qui de toutes manières n’est pas ma tasse de thé ce matin – tellement ce poème m’a laissé sur le cul.

Bravo !

   Vincent   
27/5/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour Ombhre

J'ai tout de suite pensé à une chanson à la guitare

En égrainant votre beau texte

Puis à une belle peinture nostalgique

Encore presque vivante, J'ai beaucoup aimé

   Provencao   
27/5/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour Ombhre,

J'ai Beaucoup aimé cette envie de recueillir une lumière à cet horizon délavé qui invite à suspendre le temps et ainsi le solidifier dans les transparences de ces nuages étirés.

Une invitation à caresser l'éternité.

Au plaisir de vous lire,
Cordialement

   Cyrill   
28/5/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour Ombhre.
Je n’ai trouvé dans chaque sizain que des pépites à fleur de sensibilité. Des souvenirs simples sortis d’un écrin, évoqués avec beaucoup de légèreté malgré la mélancolie qui leur est attachée.
La perte de la maison familiale vient se confondre avec celle de l’enfance, mais le regard que vous leur portez reste d’une transparence qui fait que tout cela « ne s’oublie pas ».
Un poème émouvant et d’une subtile beauté. Merci.

   Lariviere   
28/5/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour Ombhre,

J'ai beaucoup aimé votre poème.

Il est frais, léger, son optimisme naïf, ses images et leurs évocations, son ton, tout ça fait incroyablement du bien, regonfle les poumons d'un air providentiel, donne le sourire de bon matin pour attaquer une nouvelle journée caniculaire et c'est grandement appréciable.

Ce qui fait que ce poème résonne fortement de façon positive dans nos oreilles, en plus de ses belles images, simples mais qui tapent justes pour communiquer cet entrain où la beauté gratuite du monde et sa contemplation est mise en avant, c'est bien sur, son rythme... Ces vers courts en hexasyllabes sont parfaitement choisis pour donner le tempo souhaité et délivré avec grand plaisir leur petite musique.

Enfin, vu le ton, la construction (avec son refrain-gimmick) et le rythme, j'ai tout de suite eu en tête ce petit poème de B. Vian, même si chez lui la fantaisie dans le traitement est plus prononcé :

https://poemes-poesie.aidenmellois.fr/poeme/je-voudrais-pas-crever/boris-vian

Merci pour cette lecture et bonne continuation !

   Pouet   
28/5/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Slt,

une bien jolie palette, une inspiration claire, un morceau qui se le lit ainsi du bout des yeux, qui se fait gouleyant pour nos gorges arides, nos rides boursouflées ...
la litanie emporte, la ritournelle est simple. Et l'expression aisée ne lasse l'entendement - poésie
chant d'errance qui retrouve son nid.


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