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Poésie contemporaine
ADN : Pistache mood
 Publié le 28/05/26  -  5 commentaires  -  431 caractères  -  57 lectures    Autres textes du même auteur

Un vert à moitié plein…


Pistache mood



Couleur sauge, univers
Je la vois toujours sur moi.
Dans ma paume, elle se perd
Jusqu’entre mes draps.

Du vert pomme, alors je pars
Prendre l’air ou la pause,
Prendre un nouveau départ.
Je ne m’impose rien, je propose.

Instant pistache, c’est dans l’air
Que j’ai posé ton « arc-en-cieux ».
Une bouteille de menthe à la mer
Me rappelle la couleur de tes yeux.


 
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   Ornicar   
14/5/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Moi qui regarde plus souvent le verre à moitié vide, je ne pouvais que m'arrêter net devant ce "vert à moitié plein" et cette invitation à lever les yeux du sol, à prendre les chemins de traverse. Bien m'en a pris ! Tout à coup je respire. Enfin un poème qui s'écarte des sillons rebattus des plaintes et des ressassements et "propose", comme le fait son narrateur, autre chose.

C'est frais mais pas frivole, fruité, plaisant, pétillant, acidulé comme un bonbon sur le bout de la langue ou un coktail siroté sur la plage, une fois celle-ci débarassée de ses hordes humaines. Un moment de détente, de légèreté, d'instant suspendu, dérobé au Temps, à l'agenda de nos occupations primaires, à l'emballement et l'embrigadement technologiques : "je pars / Prendre l’air ou la pause", "Je ne m’impose rien", "Instant pistache". Plus qu'un simple exercice de pleine conscience exigeant de son sujet une totale disponibilité, j'y vois le signe et le début d'une prise de conscience, l'expression d'une douce et tendre révolte portée par ce vers et cette volonté du narrateur : "Prendre un nouveau départ". Il me semble percevoir aussi, de manière diffuse, les traces volatiles d'un bonheur toujours éphémère et fragile.

Le sens n'a pas grande importance et l'on s'en passe volontiers car il passe ici après les sens que le poème sollicite : la vue, le toucher, l'odorat, le goût. L'essence de la vie, quoi ! par delà les sensations.
Sous son apprente simplicité, l'écriture me fait l'effet d'être soignée. En attestent les images, les formules qui sonnent et claquent dans l'air à l'instar du titre ("Pistache mood") comme autant de "slogans poétiques" : "Couleur sauge, univers", "Instant pistache, c’est dans l’air", "Une bouteille de menthe à la mer". En atteste également le travail sur les sonorités comme dans la deuxième strophe. De façon générale, je trouve que ces vers déploient une belle musicalité.

Ce court poème, saupoudré d'un zeste de fantaisie bienvenue, fait preuve d'une nonchalance élégante et décontractée. Miss Pistache a bien de la chance et moi, je reprendrai bien encore une goutte de ce vert là.

Ornicar

   Passant75   
14/5/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime un peu
Le poème tourne autour de certaines nuances de vert, autour des couleurs de « sauge », de « vert pomme », de « pistache » ou de « menthe ». Si cela crée une atmosphère plutôt légère, le sens du texte demeure assez flou, l’ambiance émotionnelle est privilégiée aux dépens d’un message précis, sinon pour chanter la couleur des yeux de la personne aimée.

En effet, le poème reste assez abstrait. Certaines images, notamment « une bouteille de menthe à la mer », paraissent n’avoir été choisies que pour leur musicalité ou leur esthétique.

Un grand point faible et un grand point fort. Le point faible, « Je ne m’impose rien, je propose », cela m’a rappelé un slogan de Club de vacances, « Rien n’est imposé, Tout est proposé ». Le point fort, c’est l’exergue, « Un vert à moitié plein », cela définit tout à fait l’esprit du titre comme du poème.

Au final, l’absence de fil conducteur clair m’a donné le sentiment d’une suite d’impressions plus que d’une véritable construction poétique. Dommage !

   BlaseSaintLuc   
15/5/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Le goût, la couleur, et même la petite musique fruitée.


" Instant pistache, c’est dans l’air
Que j’ai posé ton « arc-en-cieux ».
Une bouteille de menthe à la mer
Me rappelle la couleur de tes yeux "

Des trouvailles très chouettes.
Du libre, simple, c'est bien aussi !

(la poésie , doit nous parler droit au cœur , à notre oreille chuchoté , quel que sois le style, c'est là l'unique règle!)

   Polza   
17/5/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Je commente souvent par association (consciente ou inconsciente) d’idées.

Le titre m’a automatiquement fait penser à « In the mood for love » de Wong Kar-Wai.

J’ai également pensé à Eddy Mitchell et son célèbre titre « Couleur menthe à l’eau ». D’ailleurs, c’est marrant, parce que la semaine dernière, je suis passé à côté du Beaumont-Palace à Beaumont-sur-Oise, lieu où Schmoll tourna ses fameuses émissions que j’adorais regarder le mardi soir, « La dernière séance »…

C’est très curieux que votre exergue soit « Un vert (verre) à moitié plein… » parce que justement, il y a une partie de moi qui aime beaucoup votre poème sans réellement savoir exprimer pourquoi et l’autre qui l’aime un peu moins, qui aimerait une plus ample structure…

   LeChevalier   
28/5/2026
Bien que je ne puisse pas rester insensible à cette célébration du vert, je trouve que l'idée est réalisée de manière trop relâchée ici. Il y a une évidente recherche de fraîcheur et je pense qu'elle est même fructueuse : on gravite dans les fruits et autres herbes, sans jamais toucher aux pierres précieuses ou à la mer, par exemple. Certains diraient que le cliché est évité.

Mais le poème ne se soucie guerre de la syntaxe. Je peux bien prendre du plaisir à des anacoluthes, hyperbates et même une tmèse hardie, mais ici on a parfois l'impression d'une méconnaissance des principes de ponctuation et cela laisse un goût bien amer. Prenons la première phrase : que vient faire le mot « univers » ? Il contient phonétiquement le vert mais quelle est sa fonction syntaxique ? Si c'est une apostrophe, il fallait qu'une virgule le suivît. En l'occurrence, pour moi cela ne passe pas.

« Je pars pour un nouveau départ » me paraît plus que paresseux.

En conclusion, je dirais que c'est un poème intéressant et qui aurait pu me plaire si la démarche n'était pas aussi péniblement inaboutie.


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