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Poésie contemporaine
Ombhre : D'ailleurs
 Publié le 04/05/18  -  8 commentaires  -  882 caractères  -  147 lectures    Autres textes du même auteur

À ces hommes et ces femmes venus de si loin, qui sont moins que des ombres.


D'ailleurs



Ils sont venus de loin, plus loin que le regard,
elles leur ont pris la main, ont suivi le hasard
et gravé dans leurs yeux l'angoisse des départs.

Elles ont marché longtemps, enduré la fatigue,
ils ont suivi leurs pleurs, et rêvé d'autres rives,
au-delà de la mer que tant de vagues rident.

Ils ont quitté les terres qu'ils avaient labourées,
elles ont laissé les fleurs de leurs jardins brûlés,
les maisons effondrées, les ruines, la fumée.

Elles ont perdu l'hier, et parfois leur enfant,
ils ont connu la faim, se souviennent d'antan,
des moments, des instants, où la vie était chant.

Aujourd'hui ils sont là, et nos yeux se détournent
des routes du destin, de cette roue qui tourne,
oubliant pour un temps, en brisant le miroir
de ce reflet de nous que nous ne voulons voir.


 
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   papipoete   
24/4/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
libre
ils, elles ont tout laissé là-bas ; ils, elles ont " perdu l'hier et parfois leur enfant " et marchent sur des chemins crochus, naviguent sur l'eau et coulent souvent au fond des noirs abîmes .
Maintenant, ils sont là et nos regards se détournent, pour ne pas voir ce reflet " so choking ! "
Comme c'est bien écrit, en particulier ces tercets qui font si mal !
Cela a toujours existé malheureusement, ces cohortes humaines poussées sur les routes de l'exil ; mais il n'y avait pas de média pour les relayer ! maintenant tout se sait, tout se voit en direct !
Fasse que jamais, nous empruntions leur pauvre itinéraire !
papipoète

   Provencao   
24/4/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Merci, pour ce sublime poème, en poésie libre, où ce mot exil ne transpire pas, ne se dit pas....et pourtant résonne si fort en votre lecture.

"Ils ont quitté les terres qu'ils avaient labourées,
elles ont laissé les fleurs de leurs jardins brûlés,
les maisons effondrées, les ruines, la fumée.

Elles ont perdu l'hier, et parfois leur enfant,
Ils ont connu la faim, se souviennent d'antan,
des moments, des instants, où la vie était chant."

Quand ce point de stabilité, n'est plus ce lieu qui converge vers un retour, quand l'exil devient presque indispensable pour prendre conscience de ce qui se perd, parfois les êtres les plus chers, les plus fidèles...en essayant de devenir cet être, cette âme qui reste, plutôt que d'être cet être ou cette âme qui revient....

Mais souvent, et on l'entend et on le lit dans votre récit, l'exil reste de loin une punition...

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   Cat   
4/5/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Ombhre,

Le thème de ce poème me touche particulièrement, mais toutes ces rimes que je ressens ''obligées'' l'affaiblissent considérablement en même temps qu'elles l'alourdissent, particulièrement dans la première et la quatrième strophe.

Ceci dit, de belles images, très suggestives, habillent votre poésie.

"Ils ont quitté les terres qu'ils avaient labourées,
elles ont laissé les fleurs de leurs jardins brûlés,
les maisons effondrées, les ruines, la fumée."

Et qui n'a pas connu les peines de l'exil peut en prendre pleinement conscience en vous lisant.

Néanmoins, si je ne comprends rien aux règles de la versification, il me semble qu'il aurait fallu davantage encore les travailler, ces images, plutôt que se focaliser à accorder les terminaisons. Cela aurait pu exacerber mon emportement jusqu'à un passionnément.

Merci d'avoir si bien collé à cet "Ailleurs".

Cat

   Francois   
4/5/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un beau poème, sur un sujet grave, avec quelques images fortes...
Très bonne strophe finale, interpellante...

Je trouve un peu dommage de ne pas avoir plus varié la syntaxe des 4 premières strophes, où les vers commencent par Ils ou Elles... Mais c'est peut-être la volonté de l'auteur, pour créer un effet de litanie ?

Les rimes triples alourdissent également le texte. Une terza rima aurait sans doute été plus judicieuse ? (ABA BCB CDC...)

   PIZZICATO   
4/5/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un sujet très sensible, qui fait couler beaucoup d'encre et dont personne ne semble trouver de solution efficace et humaine.

Ce parallèle hommes/femmes pour montrer, une fois de plus, les affres de l'exode est original.
" Elles ont marché longtemps, enduré la fatigue,
ils ont suivi leurs pleurs, et rêvé d'autres rives,
au-delà de la mer que tant de vagues rident."

   Lulu   
5/5/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Ombhre,

J'ai bien aimé lire ce poème, à la fois pour le thème et la musicalité d'ensemble.

Le texte est très fluide, et gagne ainsi à nous bercer par son rythme. J'ai juste eu le sentiment que vous aviez forcé le trait dans ce vers pour le son [i] final, à défaut d'une rime... : "au-delà de la mer que tant de vagues rident." En effet, "que tant de vagues rident" ne semble pas fluide, à ma lecture, et la précision de l'image me paraît inutile et dérisoire, au vu des vers précédents qui nous invitaient à une considération plus profonde, plus riche.

Mes encouragements.

   jfmoods   
5/5/2018
Constitué de quatre tercets et d'un quatrain, ce poème en alexandrins procède tantôt par rimes suivies, pauvres, suffisantes et riches (strophes 1, 3, 4 et 5), tantôt par glissement allitératif (strophe 2).

J'ai un peu de mal à percevoir l'articulation entre les deux derniers vers. La préposition "de" me déroute. J'aurais plutôt vu la fin du poème sous cette forme...

oubliant pour un temps, en brisant le miroir,
ce reflet de nous-même que nous ne voulons voir

Avec l'alternance régulière des pronoms personnels ("Ils", "Elles"), les quatre tercets, au passé composé, scandent la longue litanie du déracinement.

La guerre, qui a détruit l'harmonie d'une vie (énumération : "les fleurs de leurs jardins brûlés, / les maisons effondrées, les ruines, la fumée"), a contraint des masses importantes de populations au déchirement de l'exil (rythme ternaire : "elles leur ont pris la main, ont suivi le hasard / et gravé dans leurs yeux l'angoisse des départs", participes passés : "quitté", "laissé", "perdu").

Des épreuves douloureuses ont jalonné l'interminable parcours (gradation hyperbolique : "de loin, plus loin que le regard") de tous ces gens vers un ailleurs (gradation : "marché longtemps, enduré la fatigue", "connu la faim", zeugma avec ellipse du verbe : "perdu l'hier, et parfois leur enfant").

Depuis, leur vie n'a cessé d'osciller entre l'infinie nostalgie des racines ("leurs pleurs", "les terres qu'ils avaient labourées", "se souviennent d'antan, / des moments, des instants, où la vie était chant") et l'espoir fou d'un avenir lointain ("rêvé d'autres rives, / au-delà de la mer que tant de vagues rident").

Le quatrain final, au présent, pointe l'absence d'empathie, de solidarité devant le malheur d'autrui, ce malheur qui aurait aussi bien pu être le nôtre ("routes du destin", "cette roue qui tourne"). Il pointe l'égoïsme (métonymie : "nos yeux se détournent", gérondif : "en brisant le miroir", image du double : "ce reflet de nous que nous ne voulons voir"), ce rapport à soi propre à une société d'abondance qui appauvrit notre coeur, flatte notre vanité par la promesse, sans cesse renouvelée, de biens illusoires, d'un comblement introuvable.

Merci pour ce partage !

   Donaldo75   
5/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Ombhre,

"Ils sont venus de loin, plus loin que le regard,
elles leur ont pris la main, ont suivi le hasard
et gravé dans leurs yeux l'angoisse des départs."
On oublie que partir, ce n'est pas facile.

"Ils ont quitté les terres qu'ils avaient labourées,
elles ont laissé les fleurs de leurs jardins brûlés,
les maisons effondrées, les ruines, la fumée."
Et c'est un exode d'autant plus difficile.

"Aujourd'hui ils sont là, et nos yeux se détournent
des routes du destin, de cette roue qui tourne,
oubliant pour un temps, en brisant le miroir
de ce reflet de nous que nous ne voulons voir."
Tout cela pourrait nous arriver.
Et c'est la face cachée de notre système, celui qui nous permet de vivre dans l'aisance.

Bravo pour ce poème humaniste qui n'en fait pas des tonnes.

Donaldo


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