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Poésie contemporaine
Quidonc : L'araignée Pénélope
 Publié le 05/05/18  -  3 commentaires  -  1658 caractères  -  103 lectures    Autres textes du même auteur

Pénélope ne finira plus sa toile sacrifiant sa mémoire sur l'autel du temps.


L'araignée Pénélope



Pénélope a fêté ce jour ses treize mues,
À peine réveillée, elle est déjà émue.
Depuis combien de temps dans cette chambre blanche
Se fait-elle oublier de dimanche en dimanche ?
Elle est désemparée, sa toile est déchirée,
Avez-vous jamais vu pleurer une araignée ?

Elle s’est vue confrontée ce matin dans la glace
À son propre reflet. Qui donc est dans la place ?
Qui est cette étrangère qui ce jour la remplace,
Filant dans le mouillage de ses six yeux inquiets ?

Frénétique, elle s'agite, sa mémoire renégate
S’active et observe au-delà du miroir,
Au fond de ses tiroirs, les arides stigmates
Du passé que le temps gâche dans son mouroir.

Et passent les secondes,
Sans qu’écho ne réponde
Aux questions vagabondes.

C’est l’esprit hésitant que souvent elle ressent le monde indifférent.
Élégante et fluette glisse sa silhouette
Dans le sillage béant des tristes litanies,
Chants de sa vésanie.
Dans ce temps léthargique, Pénélope apathique
Oublie sa tapisserie.

Les souvenirs grincheux de ses enfants teigneux
Qui se laissaient glisser sur de longs fils soyeux,
Trouvent la tisserande bien trop lente à l’ouvrage
Pour lui consumer tout dans d’infinis banquets.

Elle est trop fatiguée pour, du bout de ses pattes,
Reconstruire l’étoile dont les fils se promènent
De plus en plus couverts de poussière de pollen.
Parce que trop abîmée, mécanique l'araignée
Dévore sa propre toile.

Sa toile est déchirée,
Pénélope s’égare de l’autre côté.


 
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   papipoete   
18/4/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
libre
" Va, tout s'en va ... ", et le grand âge frappe sans différence, humains et animaux ! L'auteur nous tisse le récit d'une araignée, fileuse sans pareille, qui réalise que son talent l'a quittée, et plus jamais la fameuse " étoile ", de ses fils de soie, renaîtra !
NB aimant faire parler " qui n'est doué de la parole ", flore, faune , je contemple ce monologue avec le miroir, de cette artiste déchue, si déçue, désespérée !
les 4 premières strophes sont bien amères, et l'on voit très bien couler ces larmes de la " tisserande " éplorée !
papipoète

   Robot   
5/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je me souviens du précédent texte.
Il me semble que le propos a été resserré pour se concentrer sur l'essentiel. Ici, le croisement entre le miroir et le tissage de pénélope me paraît plus harmonieux.

Une métaphore sur l'éternel ouvrage qui consiste à construire et reconstruire sans fin tout au long de sa vie. Le final paraît indiquer que tous ces efforts son vains puisqu'il faudra passer de l'autre côté du miroir sans voir la fin de l'ouvrage détruit par le temps.

   PIZZICATO   
5/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
" Elle s’est vue confrontée ce matin dans la glace
À son propre reflet. Qui donc est dans la place ?
Qui est cette étrangère qui ce jour la remplace,
Filant dans le mouillage de ses six yeux inquiets ? "

Indépendamment de l'allusion à ce travail que l'on recommence sans cesse pendant que le temps passe et que les questionnements demeurent, j'ai perçu dans ces quatre vers, et l'ensemble du texte, la métaphore de la vieillesse sournoise, qui nous apparaît un jour dans le miroir.
" les arides stigmates
Du passé que le temps gâche dans son mouroir."

Un fort beau texte sur lequel j'ai pris plaisir à m'attarder.


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