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Poésie libre
papipoete : Comme « au tour d'abandon »
 Publié le 12/10/20  -  16 commentaires  -  843 caractères  -  176 lectures    Autres textes du même auteur

Voici bien longtemps, la « PMI » nous demanda en dernière solution (mon épouse étant nounou) si nous pouvions héberger deux petits enfants pour une nuit. Leur père nous les apporterait... Nous acceptâmes.


Comme « au tour d'abandon »



Un bambin, une bambine
comme déposés
par une cigogne noire.

Chez nous à l’abri
pour un jour
et une nuit.

Notre logis
havre de paix
pour Gavroche et Éponine.

Tout sourire
voix mielleuse,
leur Thénardier s’en est allé.

Un roitelet, une mésange
effarouchés
qui ne chantent pas.
...
« Il va revenir papa ! »
...

Un poupon, une poupée
chiffonnés
qui ne sourient pas.
...
« Vous dormirez ensemble
dans cette petite chambre ! »
...
La nuit…
...
Minuit sonne,
un pleur résonne
au bas de l’escalier...

Se tenant par la main
debout dans la pénombre
secoués de sanglots,
pauvres petiots…
d’une seule voix

« On veut notre Maman ! »


 
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   Corto   
26/9/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Voici un poème qui sent le vécu.
La difficulté est de s'extraire de l'angoisse qu'on imagine vécue par ces deux enfants. Car de l'angoisse à la poésie le chemin semble bien ardu.

Fallait-il affubler le père du surnom de Thénardier ? Si vite caractériser une personne à peine aperçue ?

Mon passage préféré est: "Un roitelet, une mésange / effarouchés / qui ne chantent pas."

Merci du partage.

   Provencao   
12/10/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
" Tout sourire
voix mielleuse,
leur Thénardier s’en est allé."

J'ai beaucoup aimé votre poème sensible, vrai, plus que délicat en vos mots où la conscience de l'abandon nous avertit que la poésie ne nous donne aucune promesse du retour de ses parents, aucun espoir sincère; par ailleurs, l'abandon est cruel, un signe qui, pour vous papipoete, est aussi mémoire....


La pérennité de l'élan poétique porte vers demain, un jour et une nuit, vers les havres de paix, qui formeront les adultes de demain.

Merci .

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   Gouelan   
12/10/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Un beau jour ou peut-être une nuit
ces enfants ses souviendront par brins
de ce nid entre deux sanglots
où leur cœur battait à l'abandon

J'ai connu un peu, refoulé tout au fond...

Les parents ne sont pas toujours des "Thénardier", ils ont leur histoire, leurs coups muets aussi.

Très beau poème papipoete. Triste, léger comme une aile pourtant, mais une aile blessée. Comme pour apaiser, dire "ça va aller l'avenir".
Les vers courts, intenses, devinent, effleurent, murmurent.
J' entends un air de chanson ; Barbara, je ne sais pas trop pourquoi. Peut-être la cigogne noire, un jour et une nuit.

Merci.

   Lebarde   
12/10/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour papipoete

On ne connaît ni la raison ni la durée de cet abandon mais on sent bien que pour ces deux bambins, quelle que soit la chaleur de l’accueil et de l'hébergement ( on imagine bien que l’un et l’autre étaient de qualité !) rien ne remplacera jamais maman.

Ce poème à l’écriture sensible, délicate et tendre comme vous savez faire ne peut susciter que compassion et empathie.

Le style direct et fluide, la présentation économe, le choix des mots, la personnalisation des acteurs, donnent un ton bien adapté au sujet.

Bravo, votre texte tout simple n’en est pas moins touchant sans tomber dans le pathos.
Cosette n’est pas présente!
J’ai bien aimé.

Lebarde

   dream   
12/10/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Papipoete, bonjour

Un bien triste, mais néanmoins très beau poème. Cependant, si les parents sont les « Thénardier » alors j’aurais plutôt vu cités parmi ces « orphelins » : Cosette et Gavroche, car Eponine et Zelma étaient les préférées des deux parents indignes.

Mais il y a des circonstances où les enfants abandonnés ne sont pas issus de géniteurs aussi monstrueux. Et pour cela, je ne peux m’empêcher de citer quelques vers du merveilleux et bouleversant poème, « les pauvres gens » de Victor Hugo.

..........................................................

Près du lit où gisait la mère de famille,
Deux tout petits enfants, le garçon et la fille,
Dans le même berceau souriaient endormis.
La mère, se sentant mourir, leur avait mis
Sa mante sur les pieds et sur le corps sa robe,
Afin que, dans cette ombre où la mort nous dérobe,
Ils ne sentissent pas la tiédeur qui décroît,
Et pour qu’ils eussent chaud pendant qu’elle aurait froid.
………………………………………………………………………………….
C’est la mère, vois-tu, qui frappe à notre porte ;
Ouvrons aux deux enfants. Nous les mêlerons tous,
Cela nous grimpera le soir sur les genoux.
Ils vivront, ils seront frère et soeur des cinq autres.
Quand il verra qu’il faut nourrir avec les nôtres
Cette petite fille et ce petit garçon,
Le bon Dieu nous fera prendre plus de poisson.
Moi, je boirai de l’eau, je ferai double tâche,
C’est dit. Va les chercher. Mais qu’as-tu ? Ca te fâche ?
D’ordinaire, tu cours plus vite que cela.
- Tiens, dit-elle en ouvrant les rideaux, les voilà ! »

Victor Hugo, La Légende des siècles, 1859.

   apierre   
12/10/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour papipoete,

J' ai bien aimé ce poème sobre aux mots simples et justes.Cette situation douloureuse est décrite sans de lourds effets.
J' ai particulièrement aimé la construction en début de strophe:
"un bambin,une bambine"
"un roitelet,une mésange"
"un poupon,une poupée"
Merci pour la lecture .

   Luz   
12/10/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour papipoete,

Quoi de plus triste, de plus angoissant que la détresse d'un enfant.
Ce n'est pas un poème bien gai, mais la vie des enfants trop souvent est ainsi ; c'est un très beau poème.
J'aime beaucoup certains passages dont celui-ci :

"Un roitelet, une mésange
effarouchés
qui ne chantent pas.
...
« Il va revenir papa ! »"

Merci.

Luz

   Robot   
12/10/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour papipoète,

Te voilà donc sorti du confort des octosyllabes et aventuré dans un libre bien structuré et poétiquement composé

J'aime bien le tercet d'ouverture:
"comme déposé par une cigogne noire"
Belle image.

Les références aux "Misérables" s'incluent sans accrocher dans le récit.

Ce passage est à la fois poétique et émouvant dans sa simplicité.

"Un roitelet, une mésange
effarouchés
qui ne chantent pas.
...

« Il va revenir papa ! »
...

Un poupon, une poupée
chiffonnés
qui ne sourient pas."

Juste une remarque:
J'aurais placé les vers
"d’une seule voix
« On veut notre Maman ! »"

juste aprés pénombre pour terminer sur la note forte des pauvres petiots.

Mais c'est un détail qui ne m'a pas empêché d'apprécier ce poème qui dans son expression a su éviter de prendre une tournure de mélo.

C'est une observation d'une situation ou l'on ressent l'approche du sentiment et du coeur.

   Dugenou   
12/10/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour papipoète,

Rien que votre titre fait peur. Il m'a choqué. Les tours d'abandon, c'est le principe du distributeur, inversé. Comme un dépôt de pain, mais avec un môme à la place du pain. Ça me flanque les chocottes...

Le texte reflète beaucoup d'humanité envers le frère et la soeur. On comprend leur détresse.

Bravo.

Dugenou.

Edit : je viens de lire que les tours d'abandon existent encore, en Allemagne et en Russie. Triste époque.

   PIZZICATO   
12/10/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
La détresse de ces deux enfants est définie sans pathos, avec une sobriété efficace.
" Un roitelet, une mésange
effarouchés
qui ne chantent pas."

On ne choisit pas ses parents...
" leur Thénardier s’en est allé." C'est bien trouvé, expressif.

Un poème empreint de sensibilité, bien à l'image de l'auteur.

   Myo   
12/10/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Papipoete,

J'aime beaucoup le début et l'image de cette cigogne noire.
La violence parentale, hélas, une problématique qui ne voit pas d'issue. La générosité des familles d'accueil est bien souvent sollicitée et trop rarement reconnue à sa juste valeur.

Vous avez parfaitement exprimé la peur et la détresse de cette enfance volée.

Bravo

Myo

   sympa   
12/10/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir Papipoète,

Une poésie bien triste et émouvante.
L'incipit précise que cette soirée et nuit de détresse pour ces enfants, que l'impuissance de la nounou et l'auteur face à leurs pleurs fut vécue par le couple ...
J'imagine leur et votre souffrance morale.

J'ai beaucoup aimé la sensibilité de l'écriture et l'émotion ressentie .

La poésie libre semble vous sier, Papipoète.

   Cristale   
12/10/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Ce poème est d'une tendresse à couper le souffle, on dirait que des fleurs d'amour jaillissent entre chaque mot que le ciel le plus noir se remplit par instants des rayons de soleil que le poète peint avec son coeur.
Un manteau de douceur posé sur ces oisillons qui ne chantent pas, ne sourient pas.

Ce ne sont pas les pétales d'une rose qui ont garni les couffins de ces enfants, mais les épines incrustées dans leur chairs de bambins mal-aimés et maltraités.

L'écriture de Papipoète, dans ce poème, c'est un sourire affectueux avec une larme sur le "i" .

Cristale

   emilia   
15/10/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je ne connaissais pas cette bien triste expression «au tour d’abandon », ni le drame qu’elle implique dans le fait d’abandonner son enfant… ; vous relatez avec une grande émotion une scène inoubliable de deux enfants confiés pour un jour, une nuit à votre famille d’accueil temporaire, en ayant été témoin de leur détresse et de leur tristesse qui résonnent dans chacun de vos courts mais impactants tercets grâce au rythme et à une construction très efficace, avec cette double juxtaposition « bambin/bambine » qui se poursuit jusqu’à la chute particulièrement bouleversante : « pleurant d’une seule voix : On veut notre maman ! » Merci à vous Papipoète pour cette générosité de cœur qui vous habite et votre empathie pour ces pauvres enfants malmenés…

   solo974   
19/10/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Cher Poète,
J'ai beaucoup aimé votre poésie.
Elle est sombre, certes, mais pleine de tendresse aussi !
La première strophe donne d'emblée le ton :
"Un bambin, une bambine
comme déposés
par une cigogne noire."
Les protagonistes sont dépeints avec une sobriété qui m'a personnellement beaucoup plu et la chute est poignante :
"Se tenant par la main
debout dans la pénombre
secoués de sanglots,
pauvres petiots…
d’une seule voix

« On veut notre Maman ! »
Un grand bravo à vous et merci pour le partage !

   Pouet   
19/10/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Slt,

un souvenir poétisé, grain de mémoire pixelisé.

La cigogne est "noire" pour marquer le côté "sombre" de l'histoire je suppose. Puis vient l'évocation des "misérables".

Mon passage préféré:

"Un roitelet, une mésange
effarouchés
qui ne chantent pas.
...
« Il va revenir papa ! »
...

Un poupon, une poupée
chiffonnés
qui ne sourient pas."


La simplicité de l'évocation rend dans son dénuement cet instantané de vie, de présent et d'espoir.


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