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Poésie libre
Lariviere : Mathématiques et faim dans le monde
 Publié le 11/10/20  -  11 commentaires  -  1113 caractères  -  316 lectures    Autres textes du même auteur


Mathématiques et faim dans le monde



Considérons que grand ère est la raison,
grand hu petit ène égale deux petit ène plus un
Et oméga est l’univers
Considérons que grand ère est la raison,
Grand hu petit ène égale un sur deux petit ène

Et oméga est l’univers

Considérons que tous les jours
Des enfants meurent de faim
Là-bas,
Fantomatiques, leurs bras, leurs mains
Et leurs yeux déjà loin


Considérons que grand ère est la raison,
grand hu petit ène égale deux petit ène plus un
Et oméga est l’univers
Considérons que grand ère est la raison,
Grand hu petit ène égale un sur deux petit ène

Et oméga est l’univers

Considérons que chaque hiver
Des vieillards meurent de froid
Ici dehors,
Leurs corps usés, encore gelés
Découverts au petit matin


Considérons, là-bas
Des enfants morts de faim
Considérons ici,
Des vieillards morts de froid

Considérons que grand ère est la raison,
grand hu petit ène égale deux petit ène plus un

Et oméga est l’univers.


 
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   Corto   
22/9/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je ne pense pas avoir compris la démarche de l'auteur.

J'aime néanmoins tirer ici une leçon personnelle grâce à ce poème: les mathématiques ne sont pas l'outil ad hoc pour comprendre la réalité humaine: voilà ce qui me plait !

En résumé "Des enfants morts de faim" et "Des vieillards morts de froid" sont plus réels devant l'humanité que les équations à une ou à douze inconnues.
Voilà qui donne tout son sens au titre de ce poème.

Merci à l'auteur.

   Donaldo75   
26/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J’aime la prise de risques de ce poème. Certes, il n’est pas d’un accès facile si le lecteur reste au niveau des mots, ne les prend pas comme une abstraction qui ne demande pas de connaissances scientifiques particulières. « Considérons que » ramène à ce raisonnement cartésien, logique, à l’instar de ce que la physique et l’économie prônent, et c’est là que la prise de risques est assumée, car le réel vient illustrer ce décorum mathématique mais poétique, avec en point d’orgue un vers de fin superbe et mémorable.

Bravo !

   papipoete   
11/10/2020
bonjour Larivière
" considérons que grand ère est la raison... " me rappelle ce prof de maths, qu'on appelait " la louche ", nous édicter : soit X...trouvez-moi le résultat de l'équation... et je levais les yeux au ciel, avant qu'une fois le temps imparti, la maître ne ramassât les copies !
Et les notes tombaient...accompagnées de claques pour les nuls, et congratulations pour " tout ce qui brille ".
Pour moi, cela n'a pas changé ( les baffes en moins )
NB je relève dans cette réflexion, que chaque jour on meurt de faim quelque part ; chaque hiver on meurt de froid ailleurs et au comble du malheur, au même endroit on meurt des deux tourments...
Je vais montrer votre poème à mon voisin ; mathématicien, il me dit adorer les chiffres comme moi j'aime les lettres !

   Cat   
11/10/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Il y a du visuel qui percute et une musique qui martèle dans la mise en scène des vers. Comme un prof prenant à cœur son sujet s'y prendrait au tableau pour hameçonner l'attention, en laissant entendre que du lourd reste à venir...

J'ai été littéralement happée par cette entrée en matière, et le style de la harangue qui se dessine effroyablement derrière.

Les ''Considérons que... '' de "là-bas" à "ici dehors", exposent crue la misère, sans jamais toutefois tomber dans le pathos de bazar, et encore moins en donnant les solutions...

Il y a une force incroyable et du flamboyant dans cet appel aux consciences. Et que dire de l'Oméga pour signifier l'Univers. Je vois, dans la ronde de ses bras, le symbole de la protection. Celle que nous devons à tout être humain dans la détresse...

Un exercice de mathématique, que pour la première fois de ma vie je comprends haut-la-main. Il y a tellement de poésie derrière ! Et c'est bien là où réside le don de ce poème.

J'adore, et je reviendrai lire encore !

Merci Larivière, pour ce moment éblouissant pris à te lire.


Cat

   Dugenou   
11/10/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Larivière,

Je suis plus à l'aise avec les formules mathématiques qu'avec les subtilités sociales et mondiales. La plupart du temps. Les maths ne souffrent aucune discussion, c'est là leur avantage...

Ici, je n'ai rien compris aux maths. Quant au constat "là bas" et "ici", si. Oh oui. C'est une évidence... je ne dirai pas que je l'ai souvent constatée, mais c'est de notoriété publique. C'est presque un poncif, tellement le sujet a été rebattu au travers des médias...

Finalement, oui, c'est mathématique : tout le monde crève tout pareil quel que soit l'hémisphère. Les inégalités, et la misère, le malheur... sont universels.

Un poème qui, je l'espère, pourra en faire prendre conscience aux indécrottables, bien qu'ici j'ai des doutes quant à leur présence. Vous devriez le diffuser outre atlantique, lâ où il aurait plus de portée...

   Robot   
12/10/2020
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Même si je suis content que ce texte ait été retenu en publication je dois dire que personnellement il ne m'a pas emballé par sa poésie. Je lis une sorte d'exercice de style démonstratif dont la mise en mot ne m'a pas séduit.
Un texte intéressant mais d'où le lyrisme est à son minimum. Peut-être eut-il été mieux positionné en Laboniris.

   Vincente   
12/10/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Voici un poème qui demande de sortir de nos postures habituelles de lecture. Une bonne optique en soi.
Le fait de mélanger à dessein deux champs conceptuels si différents démontre l'intention de brusquer les convenances et donc de pousser à porter la réflexion au-delà des compétences classiques.
Différences et inférences imbriquées si étroitement prennent la tangente ainsi mais portent-elles l'ambition à une réalisation convaincante ("convaincante" employé par substitution à "cohérente", notion trop chamboulée dans cette démonstration pour avoir un crédit certain) ?
Pour ma part, alors que j'ai été convaincu par l'intention de tenter un regard novateur, original, face à cette problématique qui paraît si récurrente, comme insoluble, je n'ai pas été séduit par la déclinaison en elle-même ; et il ne s'agit pas que d'un problème de forme, pour moi, l'inadéquation porte l'équation dans un non-lieu peu amène.

Pour me saisir de la proposition en forme d'hypothèse poétique, j'ai dû :
• lire une première fois des vers mathématiques qui de fait n'en étaient pas ; car ni vers, ni mathématiques, leur déchiffrement est vraiment difficile, j'ai dû prendre un crayon pour écrire sous forme dénoncé (R= raison ; Un= 2n+1 ; Ὠ= univers) et m'apercevoir que cela ne voulait pas dire grand-chose, peut-être à un mathématicien mais pas au lecteur moyen ; je me suis demandé s'il fallait être doué en maths pour pouvoir s'emparer du poème ? Au fait la poésie, en en parlant je constate qu'elle est bien loin !...)
• revenir sur mes pas pour me fondre dans une deuxième lecture plus coulante après avoir filtré quelques grumeaux matheux. J'ai ainsi aperçu les anaphores qui insistent et rythment avec une certaine pertinence le propos, comme pour signifier que la façon très "raisonnée" dont les technocrates s'emparent de la problématique misère dans le monde, reste constante dans sa non prise en compte de l'individu, dans ce qu'il a de plus incarné, sa vie physique. Toujours cette aimable intention même si l'on peut reconnaître une prise en compte simplifiée de la question, et même assez simpliste de s'en emparer.
• J'ai tenté un dernier recul me convaincant pour cela que tant de bonnes intentions avaient sûrement un attrait particulier, peut-être un peu caché… Mais j'en garde la perception d'un exercice sans poésie, donc je me demande si la forme rugueuse gratte bien dans le sens du contre-poils, et n'est pas finalement à rebours de son intention.

   Yannblev   
12/10/2020
Bonjour Larivière,

On est toujours un peu perplexe quand le « jeu » avec les sons des mots déroute la prime lecture. Alors on relit, une et plusieurs fois.
Ici précisément la formulation colle exactement avec le propos: Les mathématiques et leur langage codé semblent vouloir tout expliquer, tout démontrer mais ne parviennent jamais vraiment à « calculer » la condition humaine.

Un texte vraiment intéressant où le parti pris d’une forme au service du fond prend toute sa dimension.

   Arsinor   
13/10/2020
Le refrain sarcastique revient trop souvent pour des couplets trop rares et trop courts. En soi cependant, il peut jouer une fonction de mise en ambiance glaçante. Les statisticiens s'enivrent de leurs chiffres sans penser à la réalité de ce qu'ils décrivent, jouant avec les équations sans intervenir pour porter secours aux enfants et aux vieillards nécessiteux, ce que votre poème peut-être dénonce. Pourquoi la dernière reprise du refrain est-elle tronquée ?

   hersen   
15/10/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Quand l'abstraction ne réussit pas à cacher les réalités. Qu'elle les exacerbe.
C'est un poème étonnant, et tu as su développer un angle qui frappe fort : c'est pointu et ça pique.

1 jour sans manger + 1 jour sans manger = 2 jours
et on meurt. De froid, d'épuisement, dans un monde de plus en plus connecté, de plus en plus "intelligent" grâce aux mathématiques.

L'intelligence a plusieurs facettes. Qu'attend-on pour les développer toutes ?

j'aime qu'un poème m'étonne en poésie, c'est souvent le signe qu'il laissera une empreinte.

Un grand merci pour la lecture

   phoebus   
16/10/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
On visualise bien la récurrence.
Intuitivement la suite (Un) converge vers un réel l si Un−l est petit quand n est grand, ce qui veut dire "aussi petit que l'on veut" mais pas "de plus en plus petit".
Poétiquement parlant, la raison de cette suite serait les coefficients faim et froid.
Évidemment, cette suite converge vers le réel mort.
En fin de compte, on conclut que l'univers mathématique manque de suite dans les idées.
Dans la dernière strophe, le terme 2n + 1 se rapporte à une suite croissante mais seulement en considérant la différence des termes Un+1 - Un. Donc un terme est omis. Sciemment ?
Par contre on s'explique bien pourquoi l'auteur écrit deux petit ène sans s.
Autre différence par rapport aux maths, la notation oméga:
La fonction additive Ω : pour tout entier naturel n non nul, Ω (n) est le nombre (avec répétition) des facteurs premiers de n.
Or dans le cas des suites on écrit plutôt sigma; faut-il y voir un sens caché ? Il s'agit alors d'une référence au nombre découvert par Grégory Chaitin aux propriétés tellement étranges qu'il fut perçu comme un paradoxe.
En fait, l'auteur fait ressurgir, un sens biblique : celui de l'Alpha et l'oméga.


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