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Poésie classique
papipoete : Mort d'un géant
 Publié le 24/09/14  -  10 commentaires  -  756 caractères  -  370 lectures    Autres textes du même auteur

Planté voilà 150 ans, quand on érigea le lycée Rouget de Lisle (en sa ville natale), le grand séquoia aura vu danser, chanter autour de lui ; mais aussi pleurer quand les nazis fusillent à deux pas 13 civils innocents ! Aujourd'hui, alors que 11 cigognes faisaient ici étape, on va abattre ce témoin du passé…


Mort d'un géant



Illustre Séquoia, j'admire ta grandeur
Lorsque sur ton houppier se pose une cigogne.
Là-haut point de vautour guettant une charogne,
Et pourtant, Majesté, de mort plane l'odeur.

Coupable d'embrasser le ciel avec ardeur,
Un tribunal hélas t'a jugé sans vergogne.
Branches vives, à bas ! ô perverse besogne.
Ainsi vas-tu périr, des mains d'un émondeur !

Fumante au creux de toi rugit la tronçonneuse
Avide à dépecer ta cape résineuse.
Elle va démembrer ton pauvre corps martyr.

Bourreau, le bûcheron grimpe jusqu'à ta cime
Que l'outil précipite au tréfonds de l'abîme.
Tu n'es plus qu'un grand mât, sans voile pour partir.



12-10-2012


 
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   Hananke   
12/9/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour

Le revoilà ce sonnet classique sur ce grand arbre.C'est toujours
ennuyeux de voir tomber un arbre si grand.
Question écriture : le grand nombre de points gêne la lecture
à mon avis.
L'inversion : de mort plane l'odeur passe mal et pourtant
je ne suis que rarement contre les inversions.

De belles choses :

Là-haut, point de vautour guettant une charogne,
Coupable d'embrasser le ciel avec ardeur,
Tu n'es plus qu'un grand mât, sans voile pour partir.

Au final un sonnet classique de bonne facture mais qui pourrait
être amélioré.

   Ioledane   
16/9/2014
 a aimé ce texte 
Bien
Attirée par le sujet, j'avoue avoir été d'abord rebutée par le premier quatrain, qui commence par un vers à mes yeux un peu plat et s'achève au quatrième vers sur une formulation alambiquée et disgracieuse.

Mais la suite est pour moi bien meilleure, dès ce vers : "Coupable d'embrasser le ciel avec ardeur". Puis le tribunal, le bourreau. La métaphore est bien filée, pour se terminer sur l'image d'un grand mât veuf de sa voile.

Les rimes sont solides, le style est affirmé, c'est sans doute là le travail d'une plume aguerrie.

Reste, sur le fond, un questionnement dérisoire : "Pourquoi" ? Le pire est qu'il n'y a sans doute pas de réponse.

   Anonyme   
24/9/2014
Bonjour papipoète

Votre souci de respecter la prosodie est ce qui frappe au premier abord dans ce sonnet marotique.
Aux quatrains vous avez choisi une rime riche, "deur"
"ogne" n'est que suffisante mais a la visibilité d'une riche.

Autant dire que vous n'avez pas choisi la facilité.
Du coup vous n'échappez ni à l'acrobatie syntaxique (de mort plane l'odeur, fumante au creux de toi) ni au "remplissage" (ô perverse besogne)

En jargon de poète on exprime ce travers par l'expression "sentir la sueur"

Une lecture bienveillante peut ignorer ces vices de fabrication et saluer la pompe écologique de l'éloge funèbre de ce géant.
On l'imagine prononcé sur place devant un public navré par le spectacle du "grand mât sans voile pour partir"

Merci papipoète

   Francis   
24/9/2014
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'imagine ce poème lu au pied du séquoia comme un ultime hommage .
Je perçois le travail du poète pour forger rimes et quatrains. La technique n'altère pas (je pense) l'émotion suggérée. J'apprécie beaucoup le dernier vers.

   Arielle   
24/9/2014
 a aimé ce texte 
Bien
Un bel hommage, le respect indiscutable de la prosodie, l'ensemble paraît fait pour être lu comme un éloge funèbre au pied du géant.

Le quatrième vers pèse un peu du poids de son inversion et me paraît assez aisé à alléger.

Pour le deuxième quatrain ce coupable placé en tête de la phrase semble se rapporter plus au tribunal qu'au séquoia. Je crois qu'il serait plus clair de le rédiger dans cet ordre :

Un tribunal, hélas, t'a jugé sans vergogne
Coupable d'embrasser le ciel avec ardeur.
Ainsi vas-tu périr des mains d'un émondeur
Branches vives, à bas ! ô perverse besogne !

...mais les rimes ABBA, BAAB ne sont peut être pas réglementaires ?
Pour moi, la limpidité de la lecture prime sur la forme mais je ne suis pas l'auteur ...

Pour rompre un peu la monotonie de la construction (coupable, fumante, avide, bourreau, placés en tête de vers) on pourrait lire
"le bûcheron-bourreau grimpe jusqu'à ta cime" mais là encore, je m'immisce entre l'écorce et l'auteur ...

   Alexandre   
24/9/2014
Salut papi... La mort prématurée d'un séquoia valait bien un poème ! C'est un sujet récurrent en poésie mais le problème n'est pas là, il est plutôt dans la forme. Si la prosodie classique est ici respectée, il faut voir à quel prix !

-Et pourtant, Majesté, de mort plane l'odeur.
Un vers pour le moins "tordu" pour respecter le carcan classique.

-Pour le second quatrain, je soutiens sans réserve la proposition d'Arielle...

Beaucoup plus élégante et logique mais, bien entendu, on est plus dans le sonnet classique mais néo...

-Fumante au creux de toi rugit la tronçonneuse...
Un autre vers tiré par les cheveux si je puis me permettre... Le "au creux de toi" est vraiment très lourd...

Quant au vers final il ne clôt pas le poème car il laisse debout, provisoirement bien sûr mais quand même, ce pauvre séquoia transformé en mat sans voile... Pas encore mort le géant même si on imagine la suite !
Je suis sûr, cher papipoete, qu'en remettant ce séquoia sur le métier vous pourriez l'accompagner plus élégamment ad patres !

S'il y a une leçon à tirer de ce sonnet, c'est qu'il vaut parfois bien mieux privilégier le fond que la forme... d'autant que le néo-classique et le contemporain, bien plus souples, ne sont pas des catégories de seconde zone !

   Pussicat   
28/9/2014
 a aimé ce texte 
Bien
La lecture s'avère difficile, les rimes peut-être, trop riches pour moi, qui pèsent d'un poids sûr : "deur/ogne".
La fin :
"Tu n'es plus qu'un grand mât, sans voile pour partir."
Dommage.
Le texte n'offre aucune autre voie ; je veux dire, le tronc finit en planches.

   RB   
28/9/2014
 a aimé ce texte 
Vraiment pas
Bourreau... ce n'est pas assez haché pour transmettre votre désaccord avec cette déforestation. C'est faible de rester "musicalement correct " par rapport à ce sujet. On dirait un texte d'il y a deux cents ants...

   Anonyme   
20/1/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
poème remarquable avec ses mots choisis avec cette métaphore du martyr pour ce majestueux colosse ligneux qu'on tronçonne misérablement; c'est ce qui se passe dans toutes les forêts primaire d'Afrique, d'Amazonie et d'Indonésie où les milliers d'espèces dont les ourangs-outangs, rhinocéros et tigres n'ont plus qu'à crever au profit de monoculture d'huile de palme; huile vendue dans nos supermarchés, même sous le,pur mensonge : huile de palme écologiquement responsable; pAs de commerce sans malhonnêteté, le tout est de déculpabiliser le consommateur de participer à cet écocide de forêts primaires d"une incomparable biodiversité et au pouvoir d'absorber le CO2 plus que les forêts secondaires.

   Donaldo75   
24/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour papipoete,

Je reviens dans le passé, comme toi avec ce séquoia, pour lire les textes d'avant mon arrivée sur Oniris, ceux que je n'ai pas eu l'opportunité de découvrir en leur temps.

Je commence donc par les valeurs sûres.

Je ne me suis pas trompé, ce poème étant fort bien tourné, dans la forme difficile et pourtant chantante du sonnet.

J'aime bien:
* Le premier quatrain, classique à mort, annonciateur du sort funeste qui attend le séquoia
* Le second quatrain, encore très classique, presque surchargé
* Les deux tercets, retours à la réalité moins poétique, celle du tronçonnage en règle
* Le dernier vers, terrible.

Bravo et merci pour la lecture,

Donaldo


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