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Poésie libre
papipoete : Pays de Toscane
 Publié le 09/02/26  -  10 commentaires  -  1671 caractères  -  70 lectures    Autres textes du même auteur

De la carrière à l'atelier.


Pays de Toscane



Au flanc de la montagne des tranches claires,
des touches de piano blanches
un clavier poudreux monochrome.

Des engins titanesques
des pieds-de-biche démesurés.
Des crocs mécaniques
mordent le versant déforesté.
Plus de vert.

Des ouvriers
tout petits points jaunes
sous leur casque vissé
vont et viennent.
Des bulldozers monstrueux
caparaçonnés fluo
arrachent l'or blanc
rugissant,
éructent de fumée noire.

Sucre opalin
en morceaux, la colline s'en va
sur d'imposants fardiers
jusqu'au bas de la carrière.


Un fil à couper le beurre
serti de diamants,
chapelet sans prières
mû par une machine diabolique
va et vient
au cœur du monolithe.
Vigilance précision sûreté du geste
Maîtres-mots du scieur.

Carrare

ses carrières millénaires
temple mondial du marbre.

Au sein d'un atelier chaulé,
un bloc à taille humaine trône
face à la sculptrice.
Émergeant d'un nuage enfariné
l'humain et la matière.

L'artiste aux mille gouges,
grimé en cosmonaute,
découpe scie électrique
burine mécanique.

Défaite de son accoutrement,
hâlée une femme
cheveux en chignon
cligne de l’œil
sculpte.

Un corps d'homme naît
toison rase
muscles saillants.

Bien des lunes plus tard ;
jambes bras
pectoraux bombés
vifs abdominaux
sexe au repos.

L'artiste achève
une main,
l'index brandi.
De son plus fin ciseau
caresse la pierre.


 
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Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Lebarde   
27/1/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
L'activité est intense dans la carrière immense et millénaire, transformée en "touches de piano blanches" par
"Des engins titanesques
des pieds de biche démesurés..."

"Des bulldozers monstrueux
caparaçonnés fluo"

animés par de "ouvriers" qui "vont et viennent" pour scier avec un fil serti de diamant des monolithes de calcaire blanc.

Depuis toujours, C'est pour extraire un bloc de marbre de Carrare duquel dans l'atelier, la "sculptrice" à l'aide d'une scie électrique et "de son plus fin ciseau" fera naitre,

"Un corps d'homme..
toison rase
muscles saillants.
Jambes bras
pectoraux bombés
vifs abdominaux
sexe au repos."

Bravo l'artiste ...du bel ouvrage.

Je "caresse la pierre" et relis ce magnifique poème vivant et animé bellement de réalisme et de poésie .

Bravo à l'auteur(e)
J'adore

   Robot   
30/1/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
On se retrouve dans ses montagnes de marbre dont on suit la vie du bloc depuis son extraction jusqu'a la réalisation finales.

   Ornicar   
2/2/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
J'ai trouvé ce "libre" un peu long.
Il y a clairement deux parties et pas mal de matière pour en tirer (extraire ?) deux poèmes distincts jouant sur des tonalités et des registres différents. Tel quel, la laideur des blessures infligées à la roche et la beauté du processus de création artistique sont en opposition, entrent en conflit de sorte que leurs effets poétiques s'annulent. C'est mon ressenti à la lecture mais j'admets que l'auteur(e) puisse avoir une vision différente et tienne au contraire à cet effet de contraste. C'est juste une différence de perception.

J'ai une nette préférence pour la première partie qui concentre la plupart des images du poème. Le caractère carnassier de l'extraction est bien rendu même si je trouve que la métaphore aurait pu être encore davantage exploitée . La seconde partie est plus narrative et m'apparait par conséquent moins sujette à la poésie, surtout après une telle entrée en matière : "ses carrières millénaires / temple mondial du marbre".

   Vincent   
9/2/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Bonjour papipoete

A l'évocation de Carrare je me suis intéressé à votre texte

Car tous ces artistes nous laissent des oeuvres extraordinaires

Et je me suis transporté à Florence merveilleux bijou hors normes dans le monde

J'a trouvé votre texte sans passion comme le sexe

   Provencao   
9/2/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour papipoete,

Un bonheur que cette sculpture si bien narrée.
J'aime beaucoup ce passage:

"Un corps d'homme naît
toison rase
muscles saillants.

Bien des lunes plus tard ;
jambes bras
pectoraux bombés
vifs abdominaux
sexe au repos."

Belle révérence et au pays de Toscane et à ces personnes conviés chacun dans leur domaine à participer à cette création.

Au plaisir de vous lire,
Cordialement

   poldutor   
9/2/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour papipoete
Là vous avez travaillé plus en cinéaste qu'en poète surtout en première partie de votre texte
tout y est, le bruit, la fureur des machines mordant le marbre,le déplacement des hommes, petits points jaunes dans ce chantier gigantesque, puis le calme dans l'atelier de l'artiste, on souffle, et de ses mains intelligentes sort un magnifique spécimen d'homo-sapiens. Bravo voila un poème que l'on vit physiquement.

   Boutet   
9/2/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Un joli poème libre sur le marbre de Carrare, l'or blanc de la Toscane, entre autres.

Beaucoup d'images qui illustrent parfaitement le travail de la carrière.

Moi qui connais un peu l'endroit, j'ai bien aimé.

   Polza   
9/2/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
Je sais que l’auteur est une personne respectable et respectée sur Oniris, aussi j’espère qu’elle ne s’offusquera point si je lui dis que je n’ai que moyennement apprécié cette poésie.

Tout ne m’a pas déplu, mais j’ai eu la sensation de lire un télégramme et il faut avouer que cela m’a vraiment empêché de trouver un élan poétique dans ma lecture, tel un bifteck, c’est trop haché en ce qui me concerne, j’ai eu l’étrange sensation qu’il manquait des mots, des déterminants parfois.

Je veux dire par télégramme que j’ai eu l’impression de lire stop à la place des mots. « poudreux monochrome (stop).//Plus de vert (stop)//de fumée noire (stop).//etc. »

J’aurais aimé plus de continuité dans le récit, plus de rythme.
Si certaines images m’ont plu, dans l’ensemble, je ne peux pas en dire autant du vocabulaire choisi.

« engins/pieds-de-biche/ouvriers/bulldozers/fluo/cosmonaute, etc. »

« jambe bras/pectoraux bombés/vifs abdominaux/sexe au repos », même impression de hachage qui me déplaît tant. « jambe bras (stop)//pectoraux bombés (stop)//vifs abdominaux (stop)//sexe au repos (stop) »


Désolé d’être passé à côté de votre poème, dans l’ensemble, j’ai plus eu l’impression de lire une description que des images poétiques (il y en a quelques-unes tout de même), une autre fois pour moi sûrement.

   BlaseSaintLuc   
9/2/2026
Salut papy, j'ai beaucoup aimé ce texte, mais je n'ai pas compris pourquoi il ne se trouve pas (un peu plus développé) dans la rubrique nouvelle ou essais ?

Je n'émettrai pas d'appréciation officielle, à l'exception d'une mention informelle pour souligner que c'est abouti, voire très abouti. Cependant, cela reste dans le registre descriptif d'un exposé littéraire, sans inclure de poésie.

   LeChevalier   
9/2/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Depuis que le titre apparaissait, je m'attendais, très sincèrement, à un poème touristique. Au lieu de cela, voilà d'abord un chantier immense, inhumain, qui se déploie. J'ai cru qu'il s'agissait de la construction, d'hôtels, que sais-je, d'infrastructure pour accueillir les touristes. Mais voilà le mot magique, Carrare, et immédiatement le quatrain de Gautier dans ma tête :

« Lutte avec le Carrare,
Avec le Paros dur
Et rare,
Gardiens du contour pur ! »

La suite est moins étonnante mais je note quand même qu'il s'agit d'une sculptrice et non d'un artiste homme. Une nouveauté qui fait plaisir. Bref, je trouve le contenu du texte tout à fait intéressant et déployé comme il faut, sans précipitation, avec un souci du détail. Toutes les sculptures ne peuvent pas être de l'art abstrait, qu'on saisit d'un coup de d'oeil. Il faut bien qu'il y ait de la minutie dans le travail qui demande de la minutie dans la lecture.


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