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Poésie contemporaine
Passant75 : L'un s'en va, reste l'autre
 Publié le 11/02/26  -  6 commentaires  -  1072 caractères  -  67 lectures    Autres textes du même auteur

« J’ai cueilli ce brin de bruyère
L’automne est morte souviens-t’en
Nous ne nous verrons plus sur terre
Odeur du temps brin de bruyère
Et souviens-toi que je t’attends »

(Guillaume Apollinaire)


L'un s'en va, reste l'autre



L'un s'en va, reste l'autre mais,
Quand la parole est sans retour,
C'est le souvenir qui permet
D'entendre l'écho de l'amour.

C’est dans les méandres du rêve
Que vibre une nouvelle fois,
Avant que la nuit ne s’achève,
L’harmonie connue d’une voix.

L’un s’en va, reste l’autre mais,
Quand le regard n’a plus qu’un sens,
C’est le souvenir qui permet
D’échauffer le froid de l’absence.

C’est dans les méandres du rêve
Que se redessine l’image,
Avant que la nuit ne s’achève,
Des traits souriants d’un visage.

L’un s’en va, reste l’autre mais,
Quand se perd le toucher du corps,
C’est le souvenir qui permet
D’en retrouver le doux confort.

C’est dans les méandres du rêve
Que chaleureuse est la caresse,
Avant que la nuit ne s’achève,
D’une main pleine de tendresse.

L’un s’en va, reste l’autre mais,
Dans les reflets de sa mémoire,
Se tournent, la nuit, les feuillets
Colorés d’une longue histoire.


 
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   Lebarde   
28/1/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Quand l'un disparait, l'autre doit gérer le manque et la solitude:

"Quand la parole est sans retour,"
"L’harmonie connue d’une voix."
"Quand le regard n’a plus qu’un sens,"

vous avez trouvé de belles phrases pour le dire et il ne reste que "le souvenir" pour retrouver les bons instants de la vie à deux.
Le sujet est assez classique mais vous avez eu la bonne idée pour en parler d'articuler le poème autour de la répétition de deux vers:
" L'un s'en va, reste l'autre mais,"
et
"C’est le souvenir qui permet"

qui créent le fil rouge et donnent fluidité et limpidité au propos sans le surcharger.

Bien vu je trouve et j'aime bien, malgré la liberté prise au niveau des rimes (dommage), ce joli poème en octosyllabes, tout simple et touchant de véracité.
Merci

En EL

   Donaldo75   
5/2/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime un peu
Ce poème est pudique, dans l’acceptation de l’absence et le souvenir de l'autre. Du côté de la forme, les octosyllabes bénéficient d’une fluidité qui confère un aspect de litanie à l’ensemble. Les anaphores et la construction en miroir accentuent la tonalité et la musicalité du poème, montrant par là même une maitrise de la prosodie. Par ailleurs, le choix de progresser par sens (ouïe, vue, toucher) ajoute de l’émotion et de l’incarné aux quatrains, les colorant différemment à chaque fois dans une cohérence d’ensemble. Ce qui est notable également c’est de traiter un thème aussi puissant en utilisant des images et la symbolique du rêve, rendant le narratif plus riche et plus poétique.

   Provencao   
11/2/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour Passant75,

Très, très touchée par votre poésie .

"L’un s’en va, reste l’autre mais,
Quand le regard n’a plus qu’un sens,
C’est le souvenir qui permet
D’échauffer le froid de l’absence"

Ce quatrain reflète à mes yeux et à mon histoire ce deuil qui effeuille de tout. Une balade initiatique à une confession , pensée à devenir....

Au plaisir de vous lire,
Cordialement

   Boutet   
11/2/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Un poème sur le souvenir, original avec ses vers répétitifs. Les 2 derniers vers des quatrains sont à mon avis les plus jolis et résument toute la poésie.
C’est le souvenir qui permet
D’échauffer le froid de l’absence.
C’est le souvenir qui permet
D’en retrouver le doux confort.

J'aime moins les feuillets colorés du dernier quatrain même si le reste est bon.

   papipoete   
11/2/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
bonjour Passant75
Dès cette formule " l'un s'en va, reste l'autre ", je suis attiré sous votre texte, qui malgré le poids écrasant de l'absence, nous livre de jolies tournures emplies d'un amour, que rien ne pourra abolir.
Cet homme que le départ de l'aimé ( e ) ne révolte pas, ne fait point jurer contre celui qui tient les commandes célestes, continue à l'aimer simplement comme s'il ( elle ) était dans la pièce d'à côté, pour quelque temps indisposé.
NB je t'aime, et t'aimerai quoi qu'il arrive ; même le mauvais sort n'y pourra rien changer !
la 5e strophe porte si bien cette douleur intense, mais si pudiquement dite.
ce refrain " l'un s'en va, reste l'autre " est comme un baume sur le coeur en peine, " c'est dans les méandres du rêve " que tous-deux se retrouvent, mais...
Techniquement, je ne vois pas ce qui justifie la forme " contemporaine " ? un petit caillou doit s'y cacher ? Ah si !! dans la 3e strophe la rime " sens/absence " ; comme c'est dommage ; je pense à une faute d'inattention ?
J'ai tout aimé de ce magnifique poème.

   Polza   
11/2/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
J’ai bien aimé le côté ressassant de ce poème.

Pour la rime, cela aurait peut-être été plus compliqué, pour tenir vos octosyllabes (en néo) également, mais j’aurais aimé plus de fluidité dans la construction en évitant l’inversement.

« L’un s’en va, l’autre reste »

« reste l’autre mais » me semble plus difficile à prononcer, plus ardu phonétiquement parlant.



L’histoire fait bien écho à l’exergue, il a bien été choisi, je trouve. C’est le bouquet de houx vert et de bruyère en fleur de Victor Hugo qui a d’ailleurs inspiré Guillaume Apollinaire.

J’ai beaucoup apprécié la simplicité des mots choisis, j’ai le sentiment qu’ils ne cherchent pas à impressionner à tout prix par la richesse de vocabulaire, et pourtant, cela rend le tout très poétique, je trouve.

Oui, mon commentaire n’est peut-être pas digne de ce poème, mais je l’aime vraiment (ce poème).


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