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Poésie néo-classique
pieralun : Jour de fête
 Publié le 15/12/11  -  12 commentaires  -  1459 caractères  -  267 lectures    Autres textes du même auteur

Si vous aimez les histoires vécues…


Jour de fête



Il est, pour le garçon un jour rempli d’émoi
Quand, encore inconnue, il découvre La Femme.


Le mois d’août s’étirait ; désir ancré dans l’âme
Nous marchions sur la ville en fête, Paul et moi.
Le spectacle annonçait (interdit pour notre âge) :
Le troublant corps à corps d’Ève et de son serpent.
Un forain basané, pas un brin regardant,
Nous fit tous pénétrer au fin fond d’une cage.
L’espace était obscur, chargé d’âcres odeurs ;
Quelques vagues messieurs convoiteux et sans gêne
Guettaient un rideau clair ; on devinait à peine
Une femme ondulant aux frissons des lueurs :
Mon pouls en cet instant dut battre la chamade.
La sueur imprégnait nos fronts adolescents
Quand vinrent m’envoûter deux seins ronds et dansants
Et qu’un triangle d’or hantait mon camarade.
Le boa ceinturait les flancs de la déesse,
Qui délia l’anneau dans un geste lassé ;
Mon œil, suivant le bal du reptile dressé,
Croisa son regard lourd d’une immense tristesse.
J’y voyais l’amertume à feindre le désir,
Le dégoût du contact à la froide indolence ;
Il sourdait de ce corps, qui rampait sous la danse,
Une moite langueur ; étrangère au plaisir.
Mon ardeur s’éteignit. La voix du bonisseur,
Vantant le plus abject de la fête foraine,
Lancinait mon esprit et suscitait ma haine.
Je maudissais déjà les amours loin du cœur.


 
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   socque   
28/11/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Beaucoup d'élégance ! J'ai apprécié cette histoire nettement racontée, qui ouvre sur une perspective plus large. Les vers coulent bien, les rimes cela dit ne me paraissent pas éblouissantes ; honnêtes, sans plus. Beau dernier vers à mon avis, et les "deux seins ronds et dansants" sont très visuels !

   rmfl   
29/11/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une belle maitrise des mots, de jolies métaphores. La fête n'est que de courte durée pour cet adolescent au début tout feu tout flamme, avide de sensations nouvelles Il apprend et comprend une lecon de vie essentielle et il en ressort certes attristé mais il a grandi, mûri.
Voilà l'interprétation que je fais de ce poème, que je trouve mélodieux et fort réussi.

   Anonyme   
15/12/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonsoir pieralun ! Souvenirs de l'adolescence et première confrontation à la nature humaine dans ce qu'elle a de plus ignoble (ou abjecte comme tu le dis si bien), je comprends que ça soit resté gravé dans ta mémoire...
A quinze ans je sais que j'aurais eû les mêmes réactions que toi : la curiosité puis le dégoût.
Pour ce qui est de la forme, je bute sur le second vers avec ce Paul et moi de la fin. Pourquoi pas, par exemple,
Nous marchions Paul et moi vers notre ville en fête ...
Par contre, j'aime bien le vers de chute... qui conclue parfaitement les sentiments de l'adolescent.
Tu as fait bien mieux mais ça reste quand même un texte intéressant pour ce qui est du thème et bien écrit quand bien même je te préfère en pure classique.

   placebo   
15/12/2011
J'aime bien les histoires vécues quand elles sont bien racontées ;)

Mon plaisir va crescendo sur ce texte :

- Je n'ai pas trop aimé les deux vers d'ouverture en italique à cause de leur structure : "pour le garçon un jour" se lit mal ; "inconnue, il" ne me plait pas.

- Au début, un morceau que je trouve un peu commun : "nous marchions sur la ville en fête", "(interdit pour notre âge)" placé à la fin me semble là pour respecter la césure, "l'espace était obscur" moyen.

- La suite, bien, imagé, prenant, et le sentiment du narrateur s'inscrit en décalé par rapport au spectacle.

(si, "Vantant le plus abject de la fête foraine," est compréhensible mais pas dans la même veine descriptrice que le reste du texte, ça détonne un peu je trouve)

J'aurais bien des témoignages à proposer pour donner un autre point de vue, mais c'est pas pour les enfants donc je ne mettrai pas de lien :D

Bonne continuation,
placebo

   Anonyme   
16/12/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bel emploi du symbole d’Ève et la tentation sur la réalité physique.
Je me suis délecté à lire ce poème bâti comme une prose avec des phrases de 4 voire 5 vers. J'aime cette façon de raconter, avec l'alexandrin en bandoulière tant il est maitrisé (et dont l'importance s'efface devant l’intérêt du récit).
Poème complet avec un bon thème (ouverture de l'esprit), et un sous thème intéressant (les expériences de la jeunesse marquent-elles pour la vie ?) sans parler de la forme impeccable (quoique je sois allé vérifier pour "août", un ou deux pieds, mot régional).
Que demander de plus?
Ça: J'ai eu pour "Paul et moi" une lecture pagnolesque. Y avait-il lieu de le faire ?

   Luz   
17/12/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Très bien raconté, en quelques alexandrins qui passent l'air de rien.
"le regard lourd d'une immense tristesse...", bien, tout est bien dans ce texte qui me fait penser à certains poèmes d'Aragon.

   Raoul   
17/12/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
C'est peut-être même pour cela qu'on a rejeté les fêtes foraines presque hors les murs…
Très bien raconté, on progresse avec l'auteur vers l'objet des convoitises, et puis… Bien rendu.
J'aime assez le choix qui a été fait de la linéarité de narration, l'absence d'effets de style visibles, pour la relation de cette chronique.
Le vocabulaire, sans préciosité est juste, j'aime les pourtant rares "convoiteux", "sourdre" ou "bonisseurs" parfaitement à leur place dans le registre.
Belle conclusion que l'ultime vers.
Minuscule réserve sur [l'argument] histoire vécue.
Merci pour cette lecture

   funambule   
21/12/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un texte "chargé", l’atmosphère glauque cohabite "jubilatoirement" avec le garçon "lambda" lâché en ces premiers pas au sein d'une attirante jungle... au final dérangeante et hostile à ce que l'on peut être encore au sortir des candides rêves pubères. On entends bien au final l'aspect "fondateur" du moment par opposition. Vécu ou pas c'est très original et bien relaté... bien rendu!

   brabant   
23/12/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Pieralun,


Que voilà, me dis-je, des alexandrins bien balancés : on dirait du Victor Hugo ; la couleur aussi me fait penser à Victor Hugo, le monde des forains est intemporel. Il y a de ''L'homme qui rit'' dans le spectacle de cette fête foraine, de ce champ de foire et de ses attractions parfois malsaines, glauques.

Je relève quelques notations, pas toutes les notations, d'éternité confortant ce tableau qui pourrait être du XIXè, comme il l'était encore des cirques qui hantaient les foires de notre enfance :
"Un forain basané/
Quelques vagues messieurs convoiteux et sans gêne
(balzacienne, cette image)/
L'espace était obscur, chargé d'âcres odeurs/
Il sourdait de ce corps, qui rampait sous la danse,
Une moite langueur''


Mais, je me réfère à l'incipit : ''Si vous aimez les histoires vécues...'', je préfère jouer mon petit docteur Freud des salles d'attente des halls de gare, et je me dis encore :
Le problème, c'est que vous n'êtes pas entré dans cette tente pour y rencontrer la femme, mais l'amour, la sensualité, l'idée que vous vous en faisiez, d'où l'inévitable déception. Celle-là ne vous a pas défloré.

Il n'est pas curieux de constater que vous regardez ce qui est rond en elle :
''La sueur imprégnait nos fronts adolescents
Quand vinrent m'envoûter deux seins ronds et dansants''
alors que votre ami regarde son sexe, ce pourquoi vous étiez par ailleurs entrés dans cette tente :
''Et qu'un triangle d'or hantait mon camarade''
La femme est rondeurs qui bercent et triangle qui blesse, c'est pointu un triangle. Vous vous en êtes tenu au rond de la femme, Paul est allé au triangle (damassé :D)
Vous n'étiez pas prêt à le suivre sur ce chemin, vous n'étiez pas prêt à entrer dans cette tente.
C'est tout à votre honneur.

Merci pour ce texte !

   Miguel   
29/12/2011
 a aimé ce texte 
Passionnément
Quel beau texte ! Tout y est excellemment exprimé : les lieux, l'occasion, l'ambiance et les sentiments. Le dernier vers est un chef d'oeuvre. Je ne vois de néo-classique dans ce poème que le voisinage de deux rimes féminines, "camarade/déesse". Un vers à rime masculine, intercalé, aurait permis à cette pièce d'accéder au statut de classique, qu'elle mérite (je sais qu'on n'établit pas forcément de hiérarchie entre les deux catégories, mais j'aime à le faire). Bravo poète.

   sousmarin   
20/2/2012
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Peu vraisemblable.
Pour sa « première fois », peu de garçon (pour ne pas dire aucun) remarquerait l’ « amertume » de la femme et ce genre de spectacle ne se voit pas dans les fêtes foraines !

Le « héro » respire le puritanisme moralisateur et certaines remarques comme « basané pas regardant » sont déplaisantes, pour ne pas dire plus…

Techniquement correct mais pas plaisant.

   TheDreamer   
23/2/2012
 a aimé ce texte 
Bien
Quand je lis ce texte, je ne peux m'empêcher de penser à des films comme "Elephant Man" ou bien moins connu "Freaks - La monstrueuse parade".

Sujet ardu, traité avec musicalité, candeur et une vraie justesse dans le ressenti émotionnel.

Texte où la curiosité initiale fait place au fur et à mesure au rejet de tout voyeurisme, l'avidité de la découverte au dégoût non pas de l'être humain traité en objet, mais, à celui de l'exploitation de l'homme par l'homme.


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