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Poésie contemporaine
pieralun : Le vice et le désespoir
 Publié le 07/12/14  -  9 commentaires  -  1496 caractères  -  252 lectures    Autres textes du même auteur


Le vice et le désespoir



En un endroit profond de mon crâne, enfoui,
Patient, corrompu, je te sais assoupi ;
Muet pour un esprit que la raison encombre,
Tu claironnes dès lors qu'il s'y profile une ombre.

Mais vrai, j'ai souvent emboîté ton pas, le soir,
Ton œil perçoit l'ennui même quand il fait noir ;
Tu te glisses, malin plaisir qui dit : "Encore !"
Goût de fiel, goût tenace au profil de l'aurore.

Toi ! tu m'as fait aimer les vins les plus amers,
Mirages d'île sûre aux cœurs perdus en mers ;
Toi ! tu me fis fumer de vagues cigarettes
À brûler les cerveaux pour endormir les têtes.

Les baisers ordonnés par l'habitude en cours
M'ayant ôté le goût des normales amours,
Par tes mains j'ai flatté, dans les draps les plus sales,
Les corps qui font pâlir les moins chastes des mâles.

Tu m'as montré la rue où ruisselle le mal,
Celle qui, de l'humain, va droit à l'animal ;
Les haillons, les crachats, les surins que l'on plante
Pour un rien, pour un culte à la mort violente.

Amis ou ennemis nous fîmes le chemin ;
Bien des fois j'eusse aimé te tuer de ma main,
Mais dès que s'avançait une nuit de nomade
J'adoucissais ma peur au soin de ta pommade.

Tu restes une blessure à l'âme d'un vieillard
N'espérant plus des jours qu'un tour de corbillard ;
Mais qu'une seule nuit dans sa noirceur me veille,
Et me voilà rêvant des péchés de la veille !


 
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   Hananke   
24/11/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Attirance et dégoût, par ce texte ma foi fort joli, on sent l'auteur
attiré sans interruption entre deux pôles, d'un coté on sent qu'il
regrette ses actions et de l'autre elles l'attirent sitôt qu'il voudrait
s'en défaire.
Comme une sorte de partie de tennis où chaque extrémité se renvoie
la balle.
C'est bien écrit mais il faut juste réparer le premier vers
du dernier quatrain qui possède 13 syllabes.

   Pimpette   
7/12/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Pieralou

Comme toujours un texte impeccable prosodiquement parlant!

Beau sujet entre mal et bien, très humain car chacun de nous, sans doute, en connait un parfum même si c'est moins accusé que dans la description faite ici...c'est pourquoi on est touché...

La chute boucle le tout avec talent et astuce

"Mais qu'une seule nuit dans sa noirceur me veille,
Et me voilà rêvant des péchés de la veille !

   papipoete   
7/12/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour pieralun; le vice qui sommeille en son crâne, n'attend qu'une étincelle pour rejaillir; il patiente (l'oeil malin) comme le chat devant un trou de souris! D'avoir goûté à tous les plaisirs des sens, ce mâle assoiffé ne parvient pas à se trouver sevré, et rien que l'ennui peut jouer l'allumette qui ranimera ces besoins bestiaux! Tant de bleus à l'âme qui donneraient envie parfois, de tuer le mal en personne. Gare au dernier voyage, pourvu qu'il n'ait guère d'escales, leurs nuits pourraient réveiller joyeusement ces rêves honnis!
Pourquoi, pieralun avez-vous classé votre poème en "contemporain", ce 25e vers à 13 pieds serait-il voulu?
Le 4e quatrain est mon préféré, mais l'ensemble est remarquable

   David   
8/12/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir Pieralun,

Une atmosphère de roman, l'émotion est singulière et très bien amenée. Le "Mais vrai" m'a rappelé le bateau ivre mais il colle également à un ton, la strophe est superbe avec la suivante aux débuts de vers en "Toi !", les mêmes grandes exclamations en début de vers qui lancent la suite comme une réplique. Et là, je n'ai pas encore lu la strophe avec les draps, c'est très percutant, sensible, sur 7 strophes, le poème est un bon moment de lecture.

   Francis   
8/12/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
La "bête" est là, tapie au fond de l'être et guettant la moindre faiblesse, le moindre ennui pour ressurgir et s'imposer à lui. Appelons la tentation, désir, envie, plaisir...Jamais elle ne s'avoue vaincue. Il faut donc mener un combat permanent pour repousser ses attraits.
Ces vers me font penser à ces monstres de la mythologie grecque, mi homme, mi animal : Minotaure, Sphinx, Gorgones... qui symbolisent cette dualité des humains. Chaque strophe est un plaisir pour le lecteur.

   Michel64   
10/12/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Cette addiction qui a du mal à guérir est très bien décrite dans ce beau poème.
Même si certains vers manquent de fluidité comme
"Mais vrai, j'ai souvent emboîté ton pas, le soir,", d'autres sont très beaux comme
"Amis ou ennemis nous fîmes le chemin ;
Bien des fois j'eusse aimé te tuer de ma main,
Mais dès que s'avançait une nuit de nomade
J'adoucissais ma peur au soin de ta pommade."

Au plaisir de vous relire

   fugace   
10/12/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
C'est une magnifique poésie qui nous retrace toute l'ambivalence de l'homme.
Tout est fort, pourtant ce qui m'a le plus touchée est: "Tu m'as montré la rue où ruisselle le mal, celle qui, de l'humain, va droit à l'animal".
Merci Pieralun de nous donner d'aussi belles choses.

   Brisemarine   
11/12/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Tout simplement magnifique! L'angle de traitement du sujet et le style d'écriture ont ce cachet baudelairien que j'affectionne passionnément. Le rythme, les images et la structure, tout fait de cet écrit une belle fresque poétique d'une prosodie quasi parfaite(un seul bémol à mon sens: le pied de plus au vers 25, facilement rattrapable- remplacer UNE blessure par LA).
Toutes les strophes sont superbes. Le dernier vers offre une belle (re)chute:
Tu restes une blessure à l'âme d'un vieillard
N'espérant plus des jours qu'un tour de corbillard ;
Mais qu'une seule nuit dans sa noirceur me veille,
Et me voilà rêvant des péchés de la veille !
Un vrai plaisir de lecture. Merci à vous pieralun.
Brisemarine

   Robot   
14/12/2014
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Serait-ce cela la conscience et le remord ? En tout cas, une belle interpellation à soi-même, sans vraiment de réponse. A la recherche d'une rédemption à la fois désirée et redoutée me semble-t-il. Comme si faute et plaisir ne pouvait aller que de concert.
Et bien écrit surtout.


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