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Poésie libre
Pluriels1 : Fulgurites
 Publié le 11/01/12  -  4 commentaires  -  5190 caractères  -  54 lectures    Autres textes du même auteur

… en arrêt du temps,
… les immobiles foudroyés.


Fulgurites





À la pierre les zibelines griffent l'élan des micas,
Triples rayons droits inégaux ô Cathédrale sous les érables,
Doigts scellés dans leurs seules prières sont les racines
Torses, blessées sous le poids rouge des poussières.


Nous sommes ces vieux chênes qu'une jeune hache abat
Sur ses jours de colère d'un lancer lourd – han ! – et franc
Ainsi qu'un mot doublant le gestuel des ruptures sévères,
Les touchers se font pieux dans le savoir des mains sages
Et l'ongle est un burin à la peau fleurie des écorces.


Literie rebelle des graminées souillées de terre et de pluies,
Les agnelles s'apprivoisent d'un peureux regard armorié
Sous leurs mantelets mouillés et l'ardoise pèse poids noir,
Où l'œil du puits capture la cadence affolée des nuages.


Nous sommes ces friches austères qu'une ronce ensevelit,
Notre domaine va des yeux à cette lumière sous les mousses,
Notre visage naît couleur et nos mains sont nues de naissance,
Nos rides branchent sur des lits de fougères, notre prière
Nous libère de cette charge et refuge devient survie.


Ventre de l'ambre dans les couchants ô très grande Résonance
Et ce jour pris sur les hasards devenu notre plus disante Liberté,
Les veines se dissimulent bleues sous le rose fragile des chairs
Et les peaux sont des masques blancs sur l'agonie de nos visages.


Nous sommes ces vieillards silencieux sous les voûtes d'orange nuits,
Des choses inouïes, des choses pèsent sur nos hanches maigres,
Les oracles fermentent à la porte close de nos sœurs en paupières
Déifiées et les cierges des soirs s'arrogent le pouvoir des chaleurs,
Et sont les échines suaire dans le délire d'ivoire de nos lits.


La nuit se fait noire douceur pour capturer le noir des corbeaux,
Sorite des heures où de l'heure se fait l'heure ô l'heure haute,
L'angélique Madone dénoue nos intensités à la zenana des robes
Plus tard dans les sommeils où les yeux dorment vairons leurs magies.


Nous sommes les disants de la plus haute nuit, ces feux follets,
Ces faucheurs de paroles dont les livres de mots entourent l'éphémère,
Nos sources sont d'un temps très ancien et fautif à redire en douceur,
Nos plaisirs se séduisent des fenestrelles roses sous le commencement
De notre Éternité déchiffrée à notre pouls trop rapide ô Baiser-Vie.


Aux mousses les surcules se brisent sous le chant de nos peines
Et telle herbe suinte sa sève au venin de nos mains déformées,
Ô nos calcins, nos feux brûlent aux coudes des rivières et cicatrices
S'arquent les roches, doigts de quartz dans la rouille des temps.


Nous sommes ces plieurs dans les linges lavés des Ganges vénérés,
Les chevaux zains se baignent sous les épines rouges des cactiers,
L'outremer des marais se pare des blancheurs des pierres des palais
Et nos Pâques répondent à la dureté des colonnes ô trésors, ô voix
Dans la gorge des chants béatifiant les miracles des hommes pieux.


Tutelle des chemises à nos soifs et le sel incolore blanchit nos sueurs,
Les cistudes ensorcellent les rêves enfantins sous les plates roches,
La mort fait le tour des écorces aux arbres dessévés nus et secs
Comme proférant cette inutile patience à pousser noirs encore, vides.


Nous sommes ces pampres ivres d'un endémique soleil, lourds assoiffés
D'autres choses secrètes, sur leurs sucres épars se livrant aux merles,
Nos ventres se fragilisent aux rougeurs des cerises sanglantes du cri
De nos angoisses finales, ô tortures dans l'insaisissable de l'exode
Glacé des chutes aux moulins et le froid avant l'âge dans les mains.


Maintes violettes noires – calices odorants – parsèment les rosées,
Rumeur verte les fontaines se mettent à genoux sur la terre humide
D'une eau fascinante, ô tortures dans l'irréversible de l'exergue
Glacé des chutes aux moulins et le froid avant l'âge dans les mains.


Nous sommes ces errants, ces navigateurs à l'étroit de nos chairs,
Nos cédrats dorent le fendu des pains, les laits sont d'enfance miels
Et les courants mènent nos pas à l'entour de ce monde où nous sommes,
Et les malles gardent mémoire de notre passage en témoins innocents,
Et nos cœurs se font vieux de ces lenteurs indolores du voyage.


Les lunes en sourdine, livides et blanches, érodent nos puissances,
Nos mues vocalisent géantes nos initiales démesures, nos mues gravées,
Nos yeux se dépouillent sur des lits de misère où rient tornades et vins,
Nos racines prennent la couleur en ce lieu-ci de nos facilités bues.


Nous sommes ces errants fidèles à nos souvenirs en ce monde, ce monde
Notre sacre, notre brûlure, notre parole, notre lumière et notre nuit.



(Extrait de "Poésie à Parler" dans "PLURIELS")


 
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   melancolique   
13/1/2012
 a aimé ce texte 
Bien
Salut Pluriels,

Curieusement ce poème n'a reçu aucun commentaire...je suis loin d'être une personne qualifiée pour commenter un pareil texte où figurent images assez complexes...mais je me lance...

Ce poème est tout d'abord très long, et sa structure semble inadéquate avec une poésie libre. J'aime l'image des "immobiles fourdoyés" et ces métaphores autour desquelles tourne le texte.

Il y a de belles images entre les vers pas assez facile à comprendre, j'aime particulièrement

"Nous sommes ces vieux chênes qu'une jeune hache abat"

"l'œil du puits capture la cadence affolée des nuages"

"Les veines se dissimulent bleues sous le rose fragile des chairs
Et les peaux sont des masques blancs sur l'agonie de nos visages."

"Les lunes en sourdine, livides et blanches, érodent nos puissances,"
Pour n'en citer que quelques uns.

Je n'ai pas aimé (et pas compris) :

"Sorite des heures où de l'heure se fait l'heure ô l'heure haute,"

Je trouve aussi que le rythme est assez lourd parfois.

Au plaisir de vous relire.

   Lagomys   
13/1/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
À sa découverte votre poème m'a semblé impénétrable mais détenteur d'une beauté immanente qui m'invita à en percer les mystères.

J'avoue qu'après maintes lectures et vaines cogitations je demeure cependant perplexe et nullement certain d'en avoir saisi le sens.

Peut-être votre intention était-elle justement de nous laisser aborder votre poésie sans pouvoir y entrer et ainsi la préserver d'une possible profanation ? En quelque sorte il s'agirait d'une beauté ésotérique réservée aux seuls initiés que les autres ne pourraient qu'entrevoir (?)

Mériterons-nous les clés des ombres et des magies ? Daignerez-vous traduire votre arcane à nos esprits cartésiens ?

En attendant j'ai pris ce qu'on m'a offert parmi les allégories envoûtantes : " Les touchers se font pieux dans le savoir des mains sages Et l'ongle est un burin à la peau fleurie des écorces." ; " Nos rides branchent sur des lits de fougères"; " Et ce jour pris sur les hasards devenu notre plus disante Liberté,"; " Et les peaux sont des masques blancs sur l'agonie de nos visages."; " Nous sommes ces vieillards silencieux sous les voûtes d'orange nuits,"; " Les oracles fermentent à la porte close de nos sœurs en paupières"; " Sorite des heures où de l'heure se fait l'heure ô l'heure haute,"… et tant que j'aime sans comprendre.

Ma note va à ces images sibyllines...

Voulant croire qu'il ne s'agit en aucun cas d'ostentation,


Lagomys indigent

   Anonyme   
14/1/2012
 a aimé ce texte 
Un peu
Il y a une certaine beauté poétique dans ce texte mais pour ma part lorsqu'il faut à chaque vers que mon cerveau s'interroge, j'avoue que je rage...
Cette strophe cependant m'a prouvé un peu que je n'étais pas complètement stupide:
--Nous sommes ces vieillards silencieux sous les voûtes d'orange nuits,
Des choses inouïes, des choses pèsent sur nos hanches maigres,
Les oracles fermentent à la porte close de nos sœurs en paupières
Déifiées et les cierges des soirs s'arrogent le pouvoir des chaleurs,
Et sont les échines suaire dans le délire d'ivoire de nos lits.-

Wiki me dit que fulgurites (du latin fulgur signifiant foudre) sont les morceaux de verre naturel, généralement en forme de tuyau creux quasi cylindrique, formés par les impacts de foudre dans un matériau siliceux, généralement du sable.
Peut-être ce poème parle-t-il de la précarité des choses, du monde, de la vie...Un éclat passager... Tout est poussière et retournera poussière...
??????????

   David   
17/1/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour Pluriels1,

J'ai eu un sentiment de longueur pour une raison que je retrouve dans de nombreux textes, l'absence de progression sensible d'une strophe à l'autre. Elles pourraient se lire présentées dans un autre ordre et ça fait que la lecture avance mais rapidement, n'attend plus de dénouement ; il y a des échos bien sûr mais sans liens très nets.

Ça ne répète pas pourtant, ça ne tourne pas autour du pot non plus apparemment, mais c'est une lecture qui peut être éprouvante je crois, le texte se refusant à "dire", à assembler plus largement qu'au niveau du vers ou de la strophe. Et même à ces niveaux-là, ce n'est pas gagné, comme dans ces exemples :

"Ainsi qu'un mot doublant le gestuel des ruptures sévères"
"et l'ardoise pèse poids noir"
"Et sont les échines suaire dans le délire d'ivoire de nos lits."

Les citations peuvent trahir mais ce genre de phrases poussent à prendre du recul, à chercher une nuance qui aurait échappé, en vain je crois. Tout serait à prendre comme il est donné, sans clé particulière.

L'intérêt que j'ai trouvé est dans la langue singulière, un registre qui ne peut-être que "poésie" sans que ce soit une qualité en soi, mais comme un territoire.

Il y a aussi de jolis vers qui ont animé ma lecture quand même, dans une euphonie préservée tout au long du texte :

L'écho des vers suivant
"Nous sommes ces vieux chênes qu'une jeune hache abat
Sur ses jours de colère d'un lancer lourd – han ! – et franc"
"Nous sommes ces friches austères qu'une ronce ensevelit,"
"Nous sommes ces vieillards silencieux sous les voûtes d'orange nuits,"
"Nous sommes les disants de la plus haute nuit, ces feux follets,"
"Nous sommes ces plieurs dans les linges lavés des Ganges vénérés,"
"Nous sommes ces pampres ivres d'un endémique soleil, lourds assoiffés
D'autres choses secrètes, sur leurs sucres épars se livrant aux merles,"
"Nous sommes ces errants, ces navigateurs à l'étroit de nos chairs,"
"Nous sommes ces errants fidèles à nos souvenirs en ce monde"

Bref, sans être un poème fleuve, c'est déjà une bonne rivière :) il y a de nombreuses images végétales et minérales. Ce n'est pas un poème symbolique je crois, plutôt "impressionniste" je dirais à cause du flou ambiant, d'une recherche esthétique je crois aussi.


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