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Poésie libre
Pluriels1 : La Pierre des Enfances
 Publié le 22/01/10  -  20 commentaires  -  6558 caractères  -  223 lectures    Autres textes du même auteur

... pour une Afrique.


La Pierre des Enfances



Dans l'arbre l'idole récitée écoute les paroles de sa légende,
Une mort séculaire revenue lui redonne ses anciennes couleurs peintes,
Des poudres envoûtantes parfument les abords de la terre sacrée,
Le nu apparent des racines comme un défi libère l'insensé de ses nœuds
Sur un air sec et chaud.


Quelques huttes de branchages et de peaux et de latérites durcies,
Quelques cris presque silencieux bousculent la lenteur des poussières,
Quelques poules bavardes picorent d'invisibles grains autour,
Quelques enfants pleurent dans l'ombre ouverte des pailles,
Quelques râles se taisent soudain.


Une mort comme une faim et une faim comme une mort vécue avant la mort.


Mon Pays,
Ma Souffrance,
Mon désert de lumière, mon pays de troupeaux lents et maigres,
Mes itinérances à chercher l'arbre fertile et le puits profond,
Et l'eau sous le sable attendant nos sueurs et nos immenses soifs,
Où êtes-vous ?


L'enfance alors se promenait et se portait nue sous le pagne
Sur la hanche-berçeuse des mères lourdes de lait divin et de rires,


L'enfance était comme un sirop inconnu sur la table des jours
Mais nous ne savions pas lire les feuilles de l'avenir,
Notre monde était le Monde,
Notre voyage enfantait ses errances sur les saisons,
Notre miel était dans le creux lu des écorces sous l'abeille,
Notre lait coulait blanc dans nos calebasses des chèvres noires,
Notre nuit était feu sacré sous les toujours étoiles d'un aujourd'hui,
Mais notre mort venait de nos âges anciens et ridés et non de nos faims.


Reflets des oiseaux d'alors sur les eaux du lac des pluies fécondes,
Une boue luxueuse couvrant les contours d'un pays ivre,
Ivresse du chant de l'eau sur les épaules,
Ivresse du chant à la lèvre immédiate des bonheurs partagés,
Ivresses !


Les femmes pilant le mil et du sorgho rompu coulant les farines blanches,
Les épineux gardiens du bois des fagots sifflant dans le vent,
Les laines lavées séchant sous les huttes déjà couleur de terre
Et surtout notre rire comme un pain ajouté au silence du soir.


La seule brûlure sur nos plaies d'alors venant du soleil,
Nos plaies d'alors venant des griffes lues des épiniers,
Les griffes du lion sur nos poitrines disaient notre courage
Et nos poitrines formaient des rondes pour la danse des hommes
Quand nos femmes chantaient à nos côtés au milieu du cercle.


Mon Pays, Ma Souffrance,
Mon poison dans les veines, mon poison indélébile,
Ma vie sous tes feuillages dans l'ombre chaude des enfances mangées,
Mon puits vide béant sa terre creusée en vain,


Les femmes parties chercher l'eau si loin ne sont pas revenues,
Demain peut-être ?


Mon Pays,
Ma Souffrance,
Les cauris ne savent plus parler et se taisent,
Les gris-gris dorment sous les chiffons muets et impuissants,
Les os même dévorent la sève de l'arbre dans la poudre du sang des coqs,
Les charognards tournent pour nous et attendent – ils savent – notre vie ou notre mort,
Qu'importe ! un même nom peut se donner à la même chose.


Le pied nu dans l'herbe jaune ne laisse pas de traces
Sauf le coucher cassé des tiges,
L'empreinte alors se libère du fardeau de l'air d'une sèche sève,
La plaine est comme un vide étrange sans ses oiseaux piailleurs,
Les eucalyptus sèment l'ovale cri de leurs feuilles odorantes grises
Dans l'absence des phacochères aux dents courbes.


Corps transparents sur des ventres vides bombés très ronds des enfants,
Une déjà lenteur achève le ralenti des mouvements,
Les mouches mangent la nudité des yeux noires et piquantes,
Les yeux – ha, nos yeux ! – agrandis de pleurs ne se ferment plus
Et nos corps prennent dans le jour la forme blanche des linceuls.


Mon poids marque à peine le lit rouge des poussières,
Ma femme baise en vain du front les fétiches sous les arbres anciens,
La case à mil est vide d'une attente mourante,
Les luths abritent l'araignée sous leurs fils à musique,
Les démons sortent même dans le jour et ne craignent plus le soleil,


Mon Pays,
Ma Souffrance,
Qu'es-tu devenu ?


Brûlé, glacé,
Je brûle dans la glace froide de ma nouvelle mort,
La première étant celle de ma précédente naissance dans un monde déjà si mort,
Naître à la mort si proche l'âme si fraîche criant sa vie nouvelle.


Métamorphoses des semences obstinées voulant l'homme au hasard de son choix,
La femme impuissante créatrice lavant ses sangs impurs sur les pierres d'obsidienne


Griots réglant le rite des graines sur la parole de papier des lèvres,
Orale saison du chant dans les sphères des tambours,
Orale saison du mensonge sur la plaie des herbes nues,
Orale saison du feu s'ouvrant pour l'eau sur les pierres dures,


Fournaises noires du café sur le cercle du foyer là rond vivant,
Cercle du silence amère parole sous la langue cachée honteuse,
Un goût de vivre comme sucre dans la tasse d'émail,
L'œil mangeant l'œil de l'autre en affamé voisin,
Un seul sourire sur les gencives livrant le muet des dents solidaires,
L'autre en face comme un égal miroir de soi-même,
Maigreurs ! et l'œil dissout au centre interrogatif flamboyant sous la pâleur des flammes,
Cendres !


Mon Pays,
Ma Souffrance,
Ma force de vivre coulant de mon dos à la case
Et de la case à la terre,
Et de la terre à la racine,
Et de la racine à l'arbre,
Et de l'arbre aux Ancêtres,
Corps de néant bientôt rejoints sans colère et même sans larmes,
Puisque vivre n'est qu'un cri,
Autant mourir sans crier car crier épuise plus vite.


Mon Pays,
Ma Souffrance,
Mes Frères et mes Sœurs déjà parties parfaites épouses et parfaites Mères,
Les griots immobiles récitent vos noms de mémoire,
Le vent les répète d'un sans-cesse parler
Et la terre vous mange vous qui ne mangez plus.


Mon Pays,
Ma Souffrance,
Ma Pierre des Enfances comme un amour infini là dans ma main fermée,
Ma Pierre dans le poing.



(Extrait de "Preuves" dans "TRIBUS")


 
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   Anonyme   
13/1/2010
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour

Merci pour ce long et magnifique poème où l'on sent la patte d'un auteur professionnel.

L'émotion est intense et la splendeur omni-présente.

Comment analyser sans avoir l'impression de commettre un sacrilège ?

Ici la poésie "libre" trouve sa pleine justification. Un tel torrent d'images, plus fortes les unes que les autres n'aurait pu être canalisé par la versification.
Ce poème, qui touche à l'universel, se prête parfaitement à la traduction. Peut-être d'ailleurs en est-ce déjà une ?

La chute est d'une puissance extraordinaire.

"Mon Pays,
Ma Souffrance,
Ma Pierre des Enfances comme un amour infini là dans ma main fermée,
Ma Pierre dans le poing."

Respect, et merci pour ce texte magnifique.

   Anonyme   
15/1/2010
 a aimé ce texte 
Passionnément
"Mon Pays,
Ma Souffrance,
Mes Frères et mes Sœurs déjà parties parfaites épouses et parfaites Mères,
Les griots immobiles récitent vos noms de mémoire,
Le vent les répète d'un sans-cesse parler
Et la terre vous mange vous qui ne mangez plus.
"

cette strophe révèle à elle seule la qualité du poème.

Je n'ai rien à redire, pas la moindre chose à critiquer. cette longue litanie, cette complainte sur l'Afrique, sur le départ ressemble à un chant de griot je trouve.

Franchement un texte magnifique.

   Alexandre   
15/1/2010
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
A mon avis, ici on fait dans le gigantisme quant à la longueur du poème et de certains vers qui atteignent allègrement vingt syllabes et plus. Je sais que c'est en Libre mais je pense que, quelle que soit la catégorie, un vers au delà de douze syllabes est difficilement assimilable pour le lecteur moyen, classe à laquelle j'appartiens.
Quant au thème, un cri d'amour et de regrets vis à vis d'un pays africain pour ce qu'il est devenu, il est clairement exprimé et je pense que l'auteur sait exactement de quoi il parle. L'appréciation étant obligatoire, je suis un peu ennuyé car si j'ai aimé le sujet, je déplore son traitement...

   Chene   
16/1/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Superbe cri d'amour pour une Terre d'Afrique martyrisée, avilie, abandonnée.

La longueur du poème n'est pas gênante au vu de l'intensité dramatique tracée par la richesse des mots. C'est bien la parole redonnée à l'Homme de la tribu qui transparaît comme un long monologue qu'un griot ou un chaman déclamerait sous l'arbre sacré.

Un des plus beaux hommages que j'ai pu lire à l'Afrique (avec Senghor et Cézaire)

Bravo, j'en redemande

Chene

   ristretto   
18/1/2010
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
c'est beau ! fort et vous laisse la gorge sèche à ne pas savoir comment poser des mots pour un commentaire .. peut on seulement commenter ce cri d'amour et de douleur mêlés ?

relevé de quelques passages - mais ce ne sont que des bribes, car ce long poème ne peut se "décortiquer" à mon avis , sans perdre sens - :
"Quelques cris presque silencieux bousculent la lenteur des poussières,"
"Mon désert de lumière,"
"Notre monde était le Monde," ceci pour tous les enfants ..d'où qu'ils soient

"Ma Pierre dans le poing." ! quelle image de douleur
une main invalide


merci beaucoup de ce partage

   Leo   
18/1/2010
 a aimé ce texte 
Passionnément
Je me suis demandé si ce texte était un original ou une copie. Je suis allé recherche dans Senghor si...
C'est dire à quel niveau se situe l'écriture ici. Seules quelques lourdeurs (ex : "sous les toujours étoiles d'un aujourd'hui,") et quelques petites incohérences de registre (ex : "Ma vie sous tes feuillages dans l'ombre chaude des enfances mangées") me retiendrait de parler de texte exceptionnel, si je n'avais l'impression, en ne le disant pas, de passer pour un pinailleur chichiteux et coincé. Alors, tant pis, allons-y d'un "exceptionnel", parce que franchement, ce texte l'est.

Parce que, à côté de ces quelques petits défauts (à mon avis), que de force, de justesse et de beauté dans les images et l'expression ! Chaque mot, chaque expression tombe juste, dans le droit fil des traditions d'écriture africaine, chaque image renvoie à un symbole, une idée, un petit bout de l'âme de ce continent. Exemple :
"Une mort comme une faim et une faim comme une mort vécue avant la mort."
Toute la misère, la souffrance – et la dignité silencieuse – de l'Afrique dans ce seul vers.

   Anonyme   
22/1/2010
 a aimé ce texte 
Bien
j'èspère ne pas être modéré pour ce commentaire:

je ne savait pas qu'il existait un Victor Hugo Africain...

avec ses qualités mais aussi ses défauts...

   belaid63   
22/1/2010
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
un seul mot indigestion: pourquoi en faire tant, trop long pour moi, trop d'images habituelles, trop de clichés
le traitement n'a pas vraiment transcendé le sujet. plus de concision aurait donné une véritable force au poème
quelques beaux passages comme la dernière strophe

   Anonyme   
23/1/2010
 a aimé ce texte 
Passionnément
"Mon Pays,
Ma Souffrance,
Ma force de vivre coulant de mon dos à la case
Et de la case à la terre,
Et de la terre à la racine,
Et de la racine à l'arbre,
Et de l'arbre aux Ancêtres,
Corps de néant bientôt rejoints sans colère et même sans larmes,
Puisque vivre n'est qu'un cri,
Autant mourir sans crier car crier épuise plus vite."

Et la plupart de ce qui précède est ce qui nous mène droit dans CE sublime, sublime encore transcendé par les deux strophes finales qui suivent (et ce n'est pas rien de faire mieux que ce passage coup de poing, bon sang !j'en suis quasi mort sur place !)...

Un seul mot: merci. Je pense que c'est du très haut de gamme que nous avons la chance de lire ici !


Un texte hors du commun, travaillé, même sur le rythme ( très évocateur, je trouve dans son arythmie) et paradoxalement un texte très imparfait aussi, mais qui sait faire oublier ses imperfections, mieux, les rendre belles et les changer en qualités.

MA grande claque depuis que je lis ici...

Un seul bémol, une ponctuation parfois hésitante qui pourrait perdre le lecteur inattentif, comme par ex dans ce vers : "Les mouches mangent la nudité des yeux noires et piquantes, une virgule entre yeux et noire, ça m'aurait pas gêné :-) (bouh le spépieux)

   Brisemarine   
22/1/2010
 a aimé ce texte 
Passionnément
La poésie libre ne me séduit pas beaucoup. J'avoue n'en avoir lu que quelques recueils (Saint- John Perse, J. Dupin, A.Laâbi, Senghor…), mais la lecture de ce poème, exceptionnel de par la force, la beauté et la richesse de son style, et l'intense et effervescente émotion qu'il dégage, va désormais, si ce n'est déjà, m'inciter à en lire encore plus. Car, c'est de pareils poèmes qui vous marquent et changent beaucoup de choses en vous! Un tournant!
J'ai voulu relever une strophe ou deux, mais toutes sont de toute beauté: une cascade sublime
J'aime décidément beaucoup ta poésie, qu'elle soit libre ou en vers justifiés.
Chaleureux remerciements, Pluriels1,pour ce magnifique hymne à l'Afrique et ce moment d'émotion.

   pieralun   
23/1/2010
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bordel que c'est long!!.....mais bordel que c'est beau!!
Je connais l"Afrique, beaucoup moins bien que toi, mais tout ce que j'ai aimé en elle, je l'ai retrouvé dans ce texte; et tous ce que je n'y avais jamais vu, je l'ai trouvé beau....y compris la souffrance.
Si je devais citer ce que j'ai aimé, je donnerais à mon commentaire la même longueur qu'à ton poème...ou à peu près.
Alors disons que j'y ai vu sa terre sèche, vu cette lumière si particulière quand le soir tombe, vu ses villages, ses enfants, ses troupeaux de misère, vu la vénération des anciens...etc, et surtout vu la fascination qu'elle exerce sur un homme qui l'aime. Qui l'aime tant et tant, qu'il a su mettre de la beauté partout, dans les mots, les images et la fabuleuse expression de son amour pou elle.
Chapeau bas Pluriels, mais que ce sujet est fort pour inspirer le poète.
Et merci

   bulle   
23/1/2010
 a aimé ce texte 
Passionnément
C'est un livre grand ouvert.. Géant..

Les couleurs en liberté, des pages à colorier encore, entre les pages.

Ce sont des battements à chaque ligne, à chaque retour ligne..
Des respirations, des transpirations..

Mon dieu qu'il est difficile de dire ce qu'un tel texte peut renvoyer !

"Et de la case à la terre,
Et de la terre à la racine,
Et de la racine à l'arbre,
Et de l'arbre aux Ancêtres,
Corps de néant bientôt rejoints sans colère et même sans larmes,
Puisque vivre n'est qu'un cri,
Autant mourir sans crier car crier épuise plus vite"

J'isole cette partie-là, mais j'ai pris l'ensemble de plein fouet, de plein coeur, avec en prime quelques battements supplémentaires dans les yeux, complètement noyés sous cette averse émotionnelle..

Un cri de vie qui résonne très fort !

Merci m'sieur..

   Scipio202   
23/1/2010
 a aimé ce texte 
Pas ↓
Sans relire, pour ne pas forcer ma lecture, j'avoue n'avoir pratiquement rien compris du texte, et ce, pour différentes raisons autre que mon incapacité possible à l'appréhension d'images mentales.

En fait, je regrette qu'un texte si fort (parce que si je reste aveugle, je ressens la force du texte) se soit exprimé par une poésie libre. Certes, j'avoue, j'ai une dent contre la poésie libre, en soi, mais c'est que je me demande, franchement, si elle n'est pas de la mauvaise prose au profit de l'abrogation des règles métriques. Bref, je m'interroge, ce texte n'aurait-il pas gagné à n'être que de prose ???

Parce que l'usage de vers libres, ici, sabote véritablement toute un moyen langagier pourtant essentiel : la structuration. Dans le sens où les phrases, pour faire corps, doivent, j'estime, se poser les unes par rapport aux autres, selon certains indices facilement établis, ce par tous les connecteurs logiques possibles. Or, dans ce poème, les connecteurs sont passés outre par l'utilisation de la redondance structurelle. Je fais compliqué ? J'éclaire.

Chaque phrase française, en soi, répond à une structure de formulation inhérente. Ici, toutes les phrases sont impeccables, belles, jolies, mais ce qui me pose problème, c'est qu'ensemble, elles n'ont aucune structure globale, sinon celle, bien faible, orchestrée par la répétition massive des structures inhérentes. Par là, donc, je pointe que différentes phrases sont mises en corrélations par un modèle de sentention* identique (surtout au commencement de la phrase), plutôt que par des connecteurs logiques. Cette méthode, qui n'a rien d'innovateur, et qui est très pratique, si elle aide bien à combler nos structures globales de temps à autre, proposée à large production comme ici, cependant, menace dangereusement de désosser le texte, parce que sans connecteurs logiques, le langage se désarticule, et se décompose.

Un coup je suis avec des poules, un coup, je suis avec un enfant dans la paille, sans raison apparente, sans qu'aucune connexion claire soit établie, sinon du fait que les deux phrases répondent à un même modèle structurel dans la manière d'entamer la phrase. (Ou je pourrais penser à la strophe où presque tous les vers commencent pas notre, notre, notre, etc.)

Un texte peut certes prétendre à quelque décomposition, mais ici, elle est trop marquée pour que j'accroche, lorsque j'attends principalement d'un texte qu'il m'élabore quelque-chose, et me nourrisse ! J'ai l'impression d'avoir devant moi les ingrédients, la recette, mais que le plat principal m'est passé sous le nez. Il y a trop d'images différentes, trop simplement coordonnées, pour que mon esprit puisse comprendre, et appréhender, dans toute son amplitude, et d'emblée, ce texte.

Voilà pourquoi je soulignerai qu'il est faible, non pas de fond (puisque je ne l'ai absolument pas compris), mais de forme.


*sentention, si l'on définit que sentencier est le fait de façonner une phrase.

   Anonyme   
23/1/2010
 a aimé ce texte 
Un peu
Du bon et du moins bon à mon avis.
La forme d'abord, qui rend le texte assez difficile à aborder. J'avoue à grande honte avoir tenté de lire souvent dans mon espace lecture, et puis les mots n'arrivaient pas à me porter au bout...

Du coup j'ai du me forcer parce que je voyais de belles choses dans tout ce flou et que je voulais les comprendre.
J'aime pas me forcer.

Bon allons-y... :

Sur un air sec et chaud.
=> je trouve ce vers assez étrange dans l'ensemble.
Il marque clairement un arrêt, par le sec sûrement qui casse. Le rythme aussi.

Quelques huttes de branchages et de peaux et de latérites durcies,=> pas fan de la répétition du et.

Quelques cris presque silencieux bousculent la lenteur des poussières,
Quelques poules bavardes picorent d'invisibles grains autour,
Quelques enfants pleurent dans l'ombre ouverte des pailles,
Quelques râles se taisent soudain.
=> Visuellement c'est très réussi on voit presque la scène devant les yeux, comme une photo. Mais pareil certaines choses... ne me semblent pas très jolies.

Une mort comme une faim et une faim comme une mort vécue avant la mort.=> C'est joli et en même temps ça fait tentative pseudo-intellectuelle, recherche du jeu de mots... alors je trouve ça dommage...

Tiens, tant qu'on en parle, le mot enfant revient trop souvent, enfant/enfance...

L'enfance était comme un sirop inconnu sur la table des jours
Mais nous ne savions pas lire les feuilles de l'avenir,
=> là je comprends pas trop le mais d'opposition. Ni dans l'enchainement de vers suivant... Tu m'expliquerait par MP?

La seule brûlure sur nos plaies d'alors venant du soleil,
Nos plaies d'alors venant des griffes lues des épiniers,
Les griffes du lion sur nos poitrines disaient notre courage
Et nos poitrines formaient des rondes pour la danse des hommes
Quand nos femmes chantaient à nos côtés au milieu du cercle.
=> ici c'est juste pas très musical, pas fluide à voix haute... le dernier vers est particulièrement en décalage sonore avec le reste, on s'accroche dessus.

Ma vie sous tes feuillages dans l'ombre chaude des enfances mangées,
=> dommage le retour d'ombre et enfances, ...

Les femmes parties chercher l'eau si loin ne sont pas revenues,
Demain peut-être ?
=> ça j'aime assez par contre.

"Qu'importe ! un même nom peut se donner à la même chose."
=> il manque une majuscule, non? Je ne comprends pas avec ma logique toute estellienne comment ce vers s'articule...


Les mouches mangent la nudité des yeux noires et piquantes,
=> là y a un souci de ponctuation, parce que j'ai lu d'abord les yeux noires je me suis dit ça colle pas... alors la nudité? ah non ça colle pas... alors les mouches... mais j'ai du buter là dessus au moins 3 fois...

Enfin bref je vais pas tout te décortiquer... J'ai été au bout mais à grand mal.
Je n'aime pas la forme, et c'est moi qui le dis : les phrases longues ne sont pas top sans ponctuation sur le coup... trop de répétitions, trop de vers qui heurtent l'oreille, trop peu de musicalité...

Et malgré tout c'est très joli par moments... quand on prend les vers isolément. peut-être est-ce trop long?

Je ne sais pas mais en tout cas, je trouve vraiment dommage de ne pas avoir pu apprécier les belles choses, tant le reste m'a perturbée.

Trop d'imperfections, pas de rythme maitrisé, c'est très visuel, et pour ça je te félicite certainement, le thème est très beau, on voit que tu kiffes...

Mais désolée pour moi ça ne suffit pas à rattraper toutes les maladresses, toutes les choses un peu bancales que j'ai heurtées au fil de ma lecture.

Merci et au plaisir de te relire...

   kamel   
23/1/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Pluriels

Je mets en valeur votre souci de penser à votre pays en terre africaine à travers ces lignes pour le peindre par des mots chargés et pleins de sens."Mon poison dans les veines "suffit pour montrer une image d'une mort en attente.
Belles images traduisant ce phénomène naturel de l'enfance qui veut elle aussi exister dans ce monde."Notre monde était le Monde". Je ne conçois pas la structure dans sa forme syntaxique mais dans son prolongement lexical
Kamel

   Lylah   
23/1/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un grande fresque entre misère et poussière mais avec quelle force d'amour pour cette terre en souffrance !
Les mots sont puissants, les images percutantes et c'est peu dire que je n'ai pas croisé l'ennui une seule fois dans ces lignes malgré la longueur du texte, moi qui suis adepte convaincue du "court et concis" !
Merci donc pour cette lecture qui m'a happée du début à la fin et emmenée loin, très loin, au coeur de l'Afrique - que je ne connais pas - et surtout dans un tourbillon d'émotions à partager avec ceux qui y vivent.

   feexlin   
23/1/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Magnifique. Tout en émotion.
Comment dire...? J'ai senti cette Afrique dont parle le poème, je l'ai touchée, et je ne m'en suis pas lassée.

Une strophe m'a particulièrement émue :
"Mon Pays, Ma Souffrance,
Mon poison dans les veines, mon poison indélébile,
Ma vie sous tes feuillages dans l'ombre chaude des enfances mangées,
Mon puits vide béant sa terre creusée en vain,"

Merci pour une pareille lecture.

   Marite   
24/1/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Effectivement un très long et beau poème qui déroule sous nos yeux les images typiques d'un pays qui se meurt, non par les guerres, mais par le changement climatique. Images déjà exposées tant de fois à travers les médias, les films ou les documentaires.
Si j'ai aimé de nombreuses descriptions ou évocations admirablement écrites, quelques petites choses cependant m'ont arrêtée lors de la lecture:
1) "Notre lait coulait blanc dans nos calebasses des chèvres noires," Je trouve ce vers maladroit dans sa construction.

2) Ces répétitions m'ont aussi gênées:
- "Quelques ..." cinq fois de suite
- "Notre ..." idem

3) Je n'ai pas compris ce que veut dire ce vers:
"Fournaises noires du café sur le cercle du foyer là rond vivant,"
Que vient faire le café dans ce pays désertique? Cette boisson doit y valoir une fortune. Où alors s'agit-il du café que des immigrés rassemblés boivent ensemble pour se réchauffer dans un pays si différent du leur? Si ça avait été du thé ça ne m'aurait pas arrêtée dans la perception des images.

En dehors de ces détails c'est un beau texte. Je crains seulement que ces images désespérantes concernant un pays, une région, ne soient généralisées pour un continent. L'Afrique est multiple et n'est pas qu'un désert qui se meurt. Mais, je sais aussi que, quelque part, c'est si rassurant ...

   thea   
24/1/2010
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
grandiose..oui c'est de la poésie libre..oui c'est fort c'est superbe ...tout y est la beauté, le message, le rythme légèrement mélancolique, la structure,nous y somme enfin à de la vraie poésie libre, celle qui s'exprime sans contrainte simple laissez aller d'un ressenti, d'un voix qui vibre et laisse une trace de son passage....

pas envie de décortiquer , d'autres l'ont fait très bien mais je tenais là à m'exprimer...

moment de pur bonheur..voilà un poète doublé d'un véritable écrivain..

   Lhirondelle   
28/1/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Pluriels

Impressionnée par ce grand cri... qui jamais ne s'essouffle. Et je salue ici cette performance au vu de la longueur de ce poème.
Les images sont belles et se laissent superbement appréhendées, grâce à la force d'impression émotive que nous livre là l'auteur.

"Magnifique strophe finale
Mon Pays,
Ma Souffrance,
Ma Pierre des Enfances comme un amour infini là dans ma main fermée,
Ma Pierre dans le poing"

Merci à toi pour ce partage

Amicalement

L'hirondelle


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