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Poésie libre
Pouet : Cocotte en papier
 Publié le 17/11/13  -  8 commentaires  -  1379 caractères  -  220 lectures    Autres textes du même auteur


Cocotte en papier



Elle marche à demi-songe,
Les berges de la Seine
Paraissent s’éloigner
Au rythme de ses pas.

Une étoile trébuche,
Elle s’imagine Reine

D’un Paris
Éperdu

De son bien triste éclat.

Elle s’invente des roses, remaquille ses veines,
Dessine l’infini de ses cils mica.
Regrettant la longueur de sa jupe verveine,
Féline elle se remet un peu de masque à rats.

Elle dédie son mal-être aux langueurs des divans,
Sur sa gorge palpite un symbole divin.

Elle se donne malgré elle,
Solstice de l’instant,

Peaufinant les contours de son propre ravin.

Son regard se pose sur une âme échouée
Sous un pont suspendu au rictus du ciel ;
Puis vif se détourne,
Répulsion assumée.

Elle s’érige des frontières, supplie l’artificiel…
De lui prouver encore que les enveloppes passent,

Que

Seuls

Les mots demeurent,

Que nos lèvres en suspens
Implorent la logorrhée ;
Que nos cœurs ressassent
Les souvenirs poissés
Du premier battement.

Qu’il vaut mieux l’innocence que la réalité
Et puis que le bonheur s’apprivoise lentement.

Car elle sait qu’aujourd’hui les cocottes en papier

Absorbent
À tire-d’aile
L’encre du firmament.


 
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   Robot   
3/11/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
On la voit cette femme, comme une esquisse, son malaise est perceptible, le texte nous la montre comme à la recherche des causes du bonheur qu'elle voudrait retrouver. Je trouve que cette approche provoque l'émotion et que le but poétique est atteint. Et le titre est d'une grande finesse.

   jamesbebeart   
17/11/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Très belle réussite que ce texte. Les mots coulent sereinement pour notre plus grand bonheur et l'on s'étonne que la lecture soit déjà finie.

   troupi   
17/11/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Pouet.
encore une fois tu nous envoies un texte empreint de poésie et de trouvailles qui n'appartiennent qu'à toi.
" masque à rats." parait évident quand c'est toi qui l'écris pourtant je suis bien sûr de ne l'avoir jamais lu ailleurs et il est ici tellement bien placé.
A la relecture je voudrais ressortir d'autres expressions mais il me faudrait presque tout réécrire. allez juste deux pour le plaisir.
" l’infini de ses cils mica.""Peaufinant les contours de son propre ravin.""Car elle sait qu’aujourd’hui les cocottes en papier
Absorbent
À tire-d’aile
L’encre du firmament." quant-à cette chute elle est magnifique d'espoir , j'ai également bien apprécié le titre. Enfin tout quoi !

   Lhirondelle   
17/11/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonsoir Pouet

Pas fan du masque à rats... (visuellement) qui, de toute façon, s'efface à voix haute au profit de mascara...

En revanche j'apprécie, en autres :
"Elle marche à demi-songe"
"Elle dédie son mal-être aux langueurs des divans"
"Peaufinant les contours de son propre ravin"
"Et puis que le bonheur s’apprivoise lentement.

Car elle sait qu’aujourd’hui les cocottes en papier

Absorbent
À tire-d’aile
L’encre du firmament."

Une atmosphère singulière transpire de cette poésie... et sur le froissé de ces cocottes en papier.

   leni   
17/11/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
dans ce poème je retrouve l'auteur qui alterne des propos classiques et de belles inventions
Elle dédie son mal-être aux langueurs des divans,
Sur sa gorge palpite un symbole divin.
Le mal-être est ici bien présent mais discret
la finale me plait beaucoup
merci pour ce poème joliment fignolé
salut cordial leni

   melancolique   
17/11/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir Pouet,

C'est un très beau poème, au rythme très fluide, avec des images bien trouvée, dont j'aime surtout:
"Elle marche à demi-songe'
"Peaufinant les contours de son propre ravin."
"Son regard se pose sur une âme échouée
Sous un pont suspendu au rictus du ciel "

Et puis cette très belle strophe:
"Que nos lèvres en suspens
Implorent la logorrhée ;
Que nos cœurs ressassent
Les souvenirs poissés
Du premier battement."

Ainsi que la fin, qui reste mon passage préféré:
"Car elle sait qu’aujourd’hui les cocottes en papier

Absorbent
À tire-d’aile
L’encre du firmament."

Merci beaucoup pour cet instant de pure poésie.
Au plaisir de vous relire.

   David   
26/11/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Pouet,

Mélancolie d'origami, le personnage se montre sous l'angle de la caricature, mais dans une langue singulière, toute en image, où fusent les vers comme des aphorismes improbables :

"Regrettant la longueur de sa jupe verveine,
Féline elle se remet un peu de masque à rats."
"Elle s’érige des frontières, supplie l’artificiel…
De lui prouver encore que les enveloppes passent,

Que

Seuls

Les mots demeurent,"
"Car elle sait qu’aujourd’hui les cocottes en papier

Absorbent
À tire-d’aile
L’encre du firmament."

Il y a une idée de "buvard" avec "absorbent l'encre" qui tombe juste, les cocottes en papier se fond parfois avec des feuilles bonnes à jeter.

   Ananas   
12/2/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Merci pour ce texte qui me touche par sa sincérité, par sa simplicité (travaillée) et par sa grâce...

C'est tellement rythmé et musical que ça fait presque mal.
En même temps c'est tellement pur et beau que ça glisse comme le satin.

On les voit les berges de la Seine, la place de la Madeleine, ou quelque part pas loin... on voit la cocotte s'animer (tu veux combien?) sous la profondeur des images dessinées.

Pour moi on approche du divin, et ce n'est pas rien.
Merci !


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