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Poésie contemporaine
Pouet : Comme une toile effacée
 Publié le 03/09/15  -  11 commentaires  -  1978 caractères  -  220 lectures    Autres textes du même auteur


Comme une toile effacée



Il supposait qu’en l’Art s’épaississait le monde,
Que le ciel était simple comme une chanson d’amour.
Une larme d’espoir au service de l’onde
Qui humectait, le soir, ses cils de troubadour.

En l’Autre il ne voyait que son propre reflet
De cris et de silence, de tourments et de rire.
Il aimait tout autant le bleu des champs de blé
Que le gris des trottoirs ou le carmin des mires…

Il savait l’anosmie et le parfum des bombes ;
Le socle d’injustice de nos cœurs branlants,
L’inutile chemin du berceau à la tombe,
La révolte tardive de nos esprits ballants.

Il avait enjambé d’interminables flaques,
Navigué trop longtemps sur de blancs océans.
Éclusant son destin en roulis catafalques,
Poreux à l’encre sèche du passage des ans.

Il connaissait la plaine et le blond des montagnes
Les congères du désert, le brûlant de l’Arctique,
L’impatience des villes, le soupir des campagnes,
La cire pixelisée des bougies électriques.

En rencontrant l’Humain, il s’éloigna de Dieu
Sans pour autant renier sa part d’insondable.
Il choyait les rayons de cet astre radieux
Qui réchauffait son âme en mille rameaux d’érable.

Le parloir de son être était en réfection,
Il traquait le lucide au cadenas des pensées...
Mais il ne retirait de cette réflexion
Que l’immuable perte des heures ressassées.

Il avait parcouru d’innombrables contrées,
Dormi dans des palais ou à la belle étoile ;
Parlé avec chacune des personnes rencontrées
Au hasard d’un sourire ou d’un jeter de voiles…

Il s’était délesté du fardeau de l’orgueil
En creusant les sillons de la mélancolie
Sur le ventre de glaise de sa mémoire en deuil,
Composant son asile pour nier sa folie.

Il supposait qu’en l’Art s’épaississait le monde,
Que le ciel était simple comme une chanson d’amour.


 
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   Robot   
8/8/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Voilà un très beau texte contemporain, d'une écriture travaillée et recherchée mais sans ostentation ni grandiloquence, une écriture soutenue par des métaphores compréhensibles et des images belles et soignées.
Sur le fond, je ne sais pas pourquoi, mais j'ai pensé à Van Gogh peut être à cause de la folie, de l'amitié ou à De Foucault pour les voyages et la réflexion philosophique. Mais je me fourvoie probablement.
En tout cas c'est un texte que j'ai lu sans ennui et que j'ai apprécié de relire.

   Bleuterre   
9/8/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

de très belles images et un vocabulaire particulièrement choisi et adapté pour ce bel hommage à l'artiste. Un beau portrait pour moi.
Chaque strophe aborde une thématique et il y a une progression dans ce portrait.
Les rimes ne sont pas forcées et apportent de la musicalité à ce texte.
Sur le fond j'aime cette idée de voyage autant extérieur qu'intérieur qu'effectue l'artiste "composant son asile pour nier sa folie".
Une belle lecture pour moi. Merci.

   papipoete   
3/9/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Pouet;depuis septembre 2014, avec votre " un peu de contenance ", nous n'avions pas eu le plaisir de vous lire.
Un an après, quelle brillante démonstration poétique, à travers la richesse de ces vers étalés " comme une toile effacée ", où vous peiniez un tableau de ce Maître qui " supposait qu'en l'Art s'épaississait le monde, que le ciel était simple comme une chanson d'amour ".
Je dois admettre que certaines métaphores échappent à ma réflexion, mais je reste admiratif devant ce vibrant hommage.

   Fabien   
3/9/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir,
merci pour ce poème, j'aime la richesse du vocabulaire et la qualité des images mêmes si certaines sont abstruses (" éclusant son destin en roulis catafalques " ???) et mériteraient un dessillement de l'auteur.
Parfois, je trouve regrettable que les personnes avec le plus de talent
soient les plus enclin à s'étendre sur la vanité de la vie.
Merci.
A bientôt.

   Francis   
3/9/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un voyage initiatique qui efface la toile sur laquelle l'artiste avait peint le royaume d'utopie. J'ai aimé les mirages de son voyage : "le bleu des champs de blé, les congères du désert, les blancs océans..." J'aime particulièrement le dernier quatrain. Merci pour ce partage.

   RB   
4/9/2015
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Je comprends que vous écopiez de quelques "beaucoup" dans le sens où votre texte est clair, imagé, narrativement compréhensible mais par trop "didactique".

je suis, pour ma part, encore sur ma faim ou dans l'impatience. Vous ne "m'emportez" pas.
D'abord ce "Il" qui ne me pousse pas à m'impliquer, puis quelques lieux communs (astre radieux... bon sang...).

Ce paragraphe est très beau, il "rachète" vraiment le côté un peu fade de certains autres. En vous respectant.

Le parloir de son être était en réfection,
Il traquait le lucide au cadenas des pensées...
Mais il ne retirait de cette réflexion
Que l’immuable perte des heures ressassées.

   leni   
4/9/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Très beau texte peaufiné J'ai déjà eu l'occasion de dire à l'auteur que j'aimais son style Je le confirme et j'aime les sonorités J'aime tout mais je cite cette perle

Il s’était délesté du fardeau de l’orgueil
En creusant les sillons de la mélancolie
Sur le ventre de glaise de sa mémoire en deuil,
Composant son asile pour nier sa folie.
Bravo Salut cordial à toi
Leni

   Lariviere   
16/10/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Pouet,

Un beau texte, qui nous parle d'un être que l'on connait bien (ou pas tant que ça) et qui nous décrit avec un propos et un ton tendre-amer ses pérégrinations par monts et par vaux, ses errances et ses doutes, ses perceptions, surtout sa présence malgré tout, "comme une toile effacée" sous la voûte étoilée du monde et de ses jeux d'ombres ou de lumières, mais aussi le cheminement intérieur du poète ; ses angoisses, ses questionnements, qu'on l'appelle ainsi, aède ou encore comme ici, "troubadour"...

Enfin, c'est ce que j'ai cru "comprendre"...

Sur la construction : j'aime toujours ce rythme, cette métrique largement inspiré de l'alexandrin qui te caractérise. C'est un rythme que tu maîtrises et qui, couplé avec l'impact assez singulier de tes images, donne un résultat tout à fait convainquant. La force de tes images c'est d'être à la fois complexe sur le fond et simple sur la forme, ainsi de révéler un propos tout en profondeur, sans manichéisme, dans un registre qui mêle réalisme et surréalisme, mais qui reste accessible facilement et qui laisse ainsi toute sa place à la douce mélancolie, à l'émotion...

J'aime particulièrement ta strophe d'entame, dont les deux premiers vers ponctue aussi ton poème, et qui résume assez bien, à la fois ton travail sur la forme, mais surtout sur le fond la "fonction" et l'ambivalence qui tiraille (ou devrait tirailler) constamment le poète, tiraillement entre horreurs et espérances, entre légèreté du ciel et lourdeur du monde, afin d'en faire une unité plus ou moins harmonieuse ou tangible, de proposer ses propre visions, ses constats et ses espérances, ses chants de joies ou de tristesses... Bref ; une "définition" du poète que je trouve très juste et très joliment dit...


EDIT 1 : Sinon, c'est fou comme les premiers commentaires déposés peuvent induire dans un sens, bon ou mauvais, la lecture... Pour ma part, je relis donc ce texte, avec d'autres interprétations possibles et peut être quelques clefs : j'avoue qu'alors, je vois effectivement une grande "similitude" avec le célèbre peintre, mais sans plus... Si le parallèle voulait être établi de façon précise avec celui-ci par l'auteur, je pense que le résultat est alors à revoir. Sur le fond, ça colle et le titre renforce ainsi cette "adhésion", mais il y a beaucoup d'éléments qui parasite volontairement ou non cette lecture "analogique" : On parle d'art "épaissi" (ce qui pourrait correspondre effectivement à la technique révolutionnaire de l'emploi des couleurs chez les fauves et avant tout, chez Van Gogh... si c'est le cas, beau travail symbolique sur le double sens !...) mais hormis "le bleu des champs de blé" (assez explicite aussi du travail de déconstruction chromatique de celui-ci) et les "reflets des autres" (oui, là aussi ça colle : les autoportraits...) les références sont plus de l'ordre du chant (chanson d'amour, troubadour, etc...) sur l'ensemble que celui des arts graphiques. Le texte reste assez énigmatique sur son sens et sur sa thématique principale, mais c'est certainement voulu pour superposer de multiples interprétations et rendre le propos aussi universel que spécifique. J'ai été gêné aussi par l'"anosmie" que j'ai pris au second degré car je ne crois pas savoir que Van Gogh en souffrait, ce qui m'a fait interpréter l'ensemble des éléments comme des "paraboles" au sens large. Pour une lecture plus "évidente" (si c'est le souhait de l'auteur), il n'y a pas assez de références explicites, d'implants caractéristiques et symboliques , que l'on pourrait aussi appelé des "clichés"(par exemple et simplement : oreille, saint-rémi de Provence, fauvisme, Tournesol, etc...) de son parcours personnels pour que le lecteur non averti puisse s'y référer et y voir un texte hommage à Van Gogh, d'après moi, mais ceci encore une fois, si tel était véritablement l'intention de l'auteur...

Merci à lui (le véritable auteur mais aussi son double, volontaire ou non) et bonne continuation !

EDIT 2 : Merci à l'auteur de m'avoir rassurer sur ma perception (?)... Van Gogh n'est pas le thème de ce poème. Donc, comme l'on disait jadis, toute ressemblance avec un personnage existant ou ayant existé...

   Anonyme   
4/9/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un poème bien travaillé, au vocabulaire riche, mais difficile à comprendre, du moins en ce qui me concerne. Il y a beaucoup de choses. Les aventures foisonnent, du coup je n'arrive pas vraiment à cerner la psychologie réelle du personnage. Mise à part ça le texte est d'une grande qualité.

Wall-E

   David   
5/9/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément
Salut Pouet,

Par les roubignoles du dalaï lama, c'est tout à fait époustouflant ! Il y a comme une tension tout au long des vers, comme un faux calme sur l'océan, le ton semble mesuré mais les mots explosent, des vers détonnent avec bonheur, j'inspirais à :

"L’inutile chemin du berceau à la tombe,"
"Il avait enjambé d’interminables flaques,"
"La cire pixelisée des bougies électriques."
"Le parloir de son être était en réfection,"

le tout forme un portrait d'écorché-vif galvanisant, si les bons sentiments peuvent s'écrire, ils sont plus difficiles à faire éprouver, c'est tout à fait le contraire de "lâcher la proie pour l'ombre", c'est une impression d'universalité qui ressort, malgré le tableau singulier que les mots dressent, un grand bravo pour le brio !

   Jeanou   
22/4/2016
 a aimé ce texte 
Un peu
J'aime assez ce mélange d'opposition : les congères du désert, le brûlant de l'Arctique et je me suis laissée entraîner à la lecture en alexandrins. Il est dommage de tout à coup buter sur une phrase de 11 pieds (le socle de l'injustice de nos coeurs branlants) et aussi d'autres plus loin en 13 pieds. Pour moi c'est gênant. L'alexandrin donne une telle musicalité et une telle fluidité même s'il ne respecte pas toujours les règles strictes de la prosodie.
C'est un beau poème même s'il est parfois difficile à comprendre : en roulis catafalques ?? (Estrade décorative élevée pour recevoir le cercueil, réel ou simulé, d'un mort à qui l'on rend des honneurs.)tandis que roulis (Mouvement alternatif d'un bord sur l'autre que prend un navire sous l'effet du vent ou de la houle.
Mouvement d'oscillation d'un aéronef autour de son axe longitudinal. Mouvement d'oscillation perturbateur d'un véhicule ferroviaire autour d'un axe longitudinal passant par le centre de gravité de ce véhicule.) les deux mots ensemble donnent un étrange mélange difficile à comprendre.
Mais merci quand même pour cet étrange périple.


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