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Poésie libre
Pouet : Espoir satellite [Sélection GL]
 Publié le 24/07/19  -  26 commentaires  -  942 caractères  -  429 lectures    Autres textes du même auteur


Espoir satellite [Sélection GL]



La Terre est un petit globe gris.

Un mendiant aveugle fixe le ciel
de ses deux lunes blanches
tournées vers le soleil
semblables à deux oublis.

Les bras ridés de l’aube jaillissent ;

mille et deux oiseaux multicolores
aspergent les nuages
de leur vol nacré.

Une pièce tombe
devant l'aveugle
qui se plie...

Pour ramasser le son.

La pièce s’évapore rejoignant les oiseaux.

Le mendiant veut reprendre sa place
sur le tabouret chancelant
qui griffe le trottoir
de son cœur écorché.

Mais le tabouret s’envole rejoignant les oiseaux.

L'aveugle tombe
sur le trottoir spongieux
de toute sa masse squelettique.

La vie replie ses bras ridés.

Il pleut des souvenirs
sur l'envers d'un jour gris

où mille et trois oiseaux viennent de quitter la Terre.


 
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   poldutor   
21/6/2019
 a aimé ce texte 
Un peu
Comme toujours ce genre de poésie est assez abscons.
Ici nous avons du rythme, une histoire un peu obscure de 1002(?) oiseaux, d'un mendiant aveugle, d'une pièce de monnaie qui s"évapore ou plutôt le son de la pièce qui s'évapore (pas mal trouvé comme image concernant un pauvre aveugle), des souvenirs qui pleuvent (?)...
non réellement ce n'est pas clair.

   Corto   
30/6/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Voici une suite de belles images, de situations improbables, d'éclairs imaginaires où l'on prend plaisir à s'immerger.

Mille et deux oiseaux, mille et trois oiseaux mènent la danse, pour qui pourquoi ?

Un mendiant, une pièce, un tabouret, mais pour qui, pour quoi ?

Cet assemblage est mystérieux, plutôt volage, et on ne peut s'empêcher de l'aimer pour ce qu'il est.

Du titre jusqu'au premier vers on voit encore le jeu avec ses fausses pistes que les oiseaux eux-mêmes ne veulent pas suivre...

Merci pour ce bon moment.

   BlaseSaintLuc   
1/7/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
mille et un soleil dans cette poésie , que c'est agréable à lire , un bon moment , une belle joie que de lire ce genre de lignes , merci , c'est évidement beau,poétique , frais, le style est parfait la mise en place impeccable , on est jaloux et la trouvaille du thème tellement chouette !

   Robot   
24/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un récit original qui démontre un rapport spécifique à l'imaginaire. Une écriture qui nous fait accepter ce regard particulier dont les images et les expressions sont souvent d'une tonalité poétique prenante.

J'ai moins aimé ce passage qui me paraît plus laborieux:
"Le mendiant veut reprendre sa place
sur le tabouret chancelant
qui griffe le trottoir
de son cœur écorché."

Mais J'ai particulièrement apprécie:
"Une pièce tombe
devant l'aveugle
qui se plie....

Pour ramasser le son."

C'est avec beaucoup de plaisir que j'ai suivi cette vision différente.

   STEPHANIE90   
24/7/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour pouet,

un espoir satellite, ou il faut s'envoler avec ses "1003 oiseaux qui viennent de quitter la terre" pour trouver un sens à ce texte. J'ai tout aimé dans cet improbable : un mendiant, un son de pièce, un tabouret chancelant et tout cela qui s'envole au pays des souvenirs ou toujours il reste de l'espoir "sur l'envers d'un jour gris".

Un poème ou jaillit la couleur dans l'obscurité...

J'ai vraiment apprécié de vous lire, alors un grand merci !!! Vous illuminez ma journée ami Pouet.

Stéphanie

   Vincente   
24/7/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
L'historiette très poétique a failli être banale… c'est ce que l'on imagine à partir des jalons où la scène se dessine par les cinq premières strophes.
Et puis jailli cette magnifique trouvaille où une main aveugle "ramasse un son" !!!

Le poème a pris un envol démesuré et l'on verra, presque "naturellement" "la pièce s'évaporer rejoindre ces mille et deux oiseaux" (le poète est un coquin, il en a vu un de plus que ceux que chacun aurait vu dans l'expression familière).

Et puis la vie, enfin la plume, qui chatouille ici notre handicapé continue à le brusquer, l'on devine que c'est pour jouer, mais tout de même elle n'y va pas de main morte. L'aveugle y gagne cependant une "pluie de souvenirs" qui viennent éclairer "l'envers d'un jour gris". Le vers final nous amusera encore d'un clin d'œil qui n'aura pas oublié "la pièce qui a rejoint les oiseaux" les enrichissant pour les rendre "mille et trois". L'on est sûr que l'œil aveugle qui fixait le ciel au deuxième vers participe à leur course vertigineuse où ils quittent la terre.

Oh, je ne veux pas oublier la très forte métaphore
" de ses deux lunes blanches
tournées vers le soleil
semblables à deux oublis.
".

Et puis celle-ci :
" sur le tabouret chancelant
qui griffe le trottoir
de son cœur écorché.
"

Le champ poétique est plein d'audace, la mise en scène très originale, mais cette puissance imaginative serait peu sans ces fleurs qui "imagent" de parsemées joliesses (deux lunes/deux oublis ; les bras ridés de l'aube ; un vol de mille et deux oiseaux qui aspergent les nuages ; ramasser le son ; griffer le trottoir de son cœur écorché…).

Superbe poésie, il n'y a peut-être pas tout pour être un texte génial, mais il y a tant que j'ai pris un grand plaisir à sa découverte.

   Lulu   
25/7/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Pouet,

Un aveu : j'ai découvert le titre après coup, et pourtant, j'ai cliqué sur lui pour pouvoir lire ce poème, un peu à l'aveugle.

Si j'ai remarqué le retour de certains mots, comme "tabouret", "oiseaux", je me suis rendue compte qu'ils étaient employés de façon pertinente et que les répétitions ne desservaient nullement le poème. Au contraire, chacun de ces mots donne à voir des images qui font tout dans ce texte très poétique.

Tout est dans le mouvement, y compris le mendiant qui ne manque pas de tomber… J'ai beaucoup aimé cette dynamique d'ensemble qui fait qu'il y a de la vie et cette façon de raconter qui relève un peu du conte. Après "Les Mille et une nuits", il y a encore de quoi raconter… et les mots de la fin du poème sont un bel écho à cette manière poétique d'écrire - et pour nous de lire - cette ascension " mille et trois oiseaux viennent de quitter la Terre".

La portée du regard poétique est vraiment très belle dans ce texte. Il y a bien sûr des jeux de mots qui renforcent cet aspect, comme ce parallèle entre le "mendiant aveugle" et "ses deux lunes blanches" qui font échos à une dimension humaine et cosmique.

"Les bras ridés de l'aube" sont la vie même ; celle de ces "bras" et de ces "oiseaux multicolores", comme un moment de grâce.


Au visuel, s'ajoute un autre sens ; celui de l'ouie "Pour ramasser le son.", mais dans ce regard poétique, "La pièce s'évapore", comme si, déjà, il y avait cette fusion entre le matériel et le spirituel, ou à tout le moins le poétique.

Il semble qu'il y ait toute une vie qui chemine de la naissance à la mort ; peut-être juste l'instant d'une journée… Le rapport au temps, entre ces "bras ridés de l'aube" et ceux "ridés" qui replie la vie, finalement, j'ai ressenti une vie furtive, trop vite passée, et dans une position difficile - celle d'un mendiant - mais belle parce qu'humaine et poétique, en même temps.

Plus je relis ce poème, plus je lui découvre des richesses avec une portée poétique, comme je l'ai relevée, mais aussi philosophique. Nous sommes amenés à nous interroger poétiquement sur le sens à donner à la vie…

Et pour finir, le titre, que j'ai lu après ma première lecture, donc, je le trouve très évocateur et bien en phase avec le poème. L'espoir est ce qui court au fil de ces mots, et cet adjectif "satellite" donne une signification intéressante à cet espoir dont bon nombre d'entre nous ne pourrions nous passer…

Merci de cette belle découverte.

   Lebarde   
24/7/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Pouet.

Dans un "petit monde gris", la dernière " vision" colorée d'un aveugle mendiant qui, tournant les yeux (" ses deux lunes blanches") vers le soleil de l'aube, est aspergé ( aveuglé ?) par le vol de "mille et deux oiseaux multicolores".
C'est encore la vie que l'on imagine, pourtant fragile et éphémère comme la suite du propos va le suggérer.
"Les bras ridés de l'aube jaillissent".

Pourquoi "mille et deux oiseaux"? Qu'importe, l'idée et l'image sont tellement bien trouvées et poétiques!

La vision fugace disparaît avec le son d'une pièce qui tombe sur le trottoir, puis avec "le tabouret chancelant"qui se dérobe, et sans doute l'aveugle mendiant lui même ( le dernier vers nous le confirmera), le tout rejoignant les oiseaux, devenus "mille et trois" qui "viennent de quitter la Terre".
"La vie replie ses bras ridés".

Ce superbe poème développe à merveille, avec délicatesse et pudeur des images magnifiques d'une grande sensibilité .
Je suis enthousiasmé.

Et puis j'y ai trouvé tellement de beaux vers originaux dans le fond et dans la formulation:
"mille et deux oiseaux multicolores
aspergent les nuages
de leur vol sacré."

Et puis:
"Une pièce tombe
devant l'aveugle
qui se plie....

Pour ramasser le son."

Et puis, et puis ....

Un détail sans importance, plutôt une curiosité de ma part: pourquoi une majuscule à Terre dans les premier et dernier vers?

Je me répète: une magnifique poésie pleine de douceur, de charme et d'émotion subtilement distillés.
Bravo et merci, je suis comblé.

Lebarde

   Eclaircie   
24/7/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Pouet.

Tout est magique et merveilleux dans ce poème.
Le titre,
L'entame, les touches de ce tableau avec leurs escortes d'images fabuleuses.
Le zoom sur la pièce.
"Pour ramasser le son" : tout poète en serait jaloux.
"la vie replie ses bras ridés", idem.

"mille et deux, mille et trois", pour le lecteur qui ne sait pas vraiment ce que ces nombre signifient, c'est une invitation à imaginer sa propre vision.

J'aime que ce soit "le tabouret" qui ait "le cœur écorché"

J'aime cette "Terre" petit "globe gris" quand le poème évoque de suite après un "mendiant", et un "mendiant aveugle".

Un poème qui m'évoque Prévert avec sa tendresse par brassées et son style simple.

Celui-ci est un bijou de film, un super bon poème.

Bravo et merci du partage.
Éclaircie

   myndie   
24/7/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
J’ai cru me plonger dans « la terre est bleue » d’Eluard.
Je découvre un texte d’une richesse folle qui démontre, s’il en était encore besoin, que le langage poétique se nourrit de l’absurde et du merveilleux.
La poésie, n’est-elle pas en somme la nécessité de l’anomalie ?
« une pièce tombe
devant l’aveugle
qui se plie…
pour ramasser le son »
ce n’est pas pertinent et pourtant cela donne plus qu’une image à voir, un écho.

J’ai lu un jour que la poésie est « un mot-cri ».
C’est tout juste ce que je ressens en vous lisant Pouet.
Il faut tendre l’oreille pour saisir les regards du poète que vous êtes.

J’ai été éblouie par cette strophe

« un mendiant aveugle fixe le ciel
de ses deux lunes blanches
tournées vers le soleil
semblables à deux oublis »

et l’inventivité subtile de ces vers
« la vie replie ses bras ridés »
« Il pleut des souvenirs
sur l’envers d’un jour gris »

Peut-être ce poème donne t-il un sens, une valeur nouvelle au monde ? (d’où le titre?)
Peut-être…
Moi je le trouve simplement formidable.

   hersen   
24/7/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Je ne vois pas grand-chose à ajouter, quand c'est beau c'est beau épicétou
Et ce n'est pas que beau; Ou plutôt, c'est beau dans cet infiniment émouvant, c'est beau dans cette impuissance devant laquelle me met ce poème.
c'est un regard magique porté sur cette scène, c'est un regard qui transcende la misère, qui la fait briller.

Et là, le loupouet sort ses grandes mains aux ongles affûtés de dessous son grand manteau et, sardonique, me lance méchamment : ah ah ah c'est pour mieux te faire pleurer, hersen.

gagné.

   PIZZICATO   
24/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
D'une scène qui pourrait être ordinaire, l'auteur a construit une superbe poésie aux images autant originales que précises.
" Un mendiant aveugle fixe le ciel
de ses deux lunes blanches "

" mille et deux oiseaux multicolores
aspergent les nuages
de leur vol nacré " Ce que le mendiant ne voit pas...
et ce qu'il perçoit
" Une pièce tombe
devant l'aveugle
qui se plie... Pour ramasser le son. "
ramasser le son ; quelle magnifique trouvaille !

Et cet antagonisme entre le jour naissant " Les bras ridés de l’aube jaillissent " et une vie qui s'en va " La vie replie ses bras ridés."

Une réussite !!

   senglar   
24/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Pouet,


Oui, c'est très beau ! ça raconte de façon poétique la mort d'un exclu, exclu parce qu'aveugle, exclu parce que réduit à la mendicité, une mendicité squelettique,ça ne pèse pas lourd l'âme d'un pauvre handicapé exclu, ça ne pèse pas lourd l'âme d'un aveugle qui se baisse
"Pour ramasser un son",
le poids d'un oiseau (multicolore ;) ) qui s'envole pour quitter la Terre et rejoindre le ciel où est le soleil.

Brillera-t-il désormais pour lui ?

Bon, les pharaons ont déjà essayé hein, pas concluant. Lol

Le poète pourra-t-il encore écrire :
"La terre est bleue comme une orange "
après cela ?

"La Terre est un petit globe gris" Que voilà un poète iconoclaste ! Pourquoi un T majuscule en ce cas ?

un oeil d'aveugle... un oeil aveugle...


Senglar

   Davide   
24/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Pouet,

La touche fantaisiste de ce poème me rappelle les courts-métrages d'animation (pour enfants). Cet art de poétiser, voire sublimer, l'ordinarité, comme à travers le regard d'un enfant, donne à ce petit texte une saveur toute particulière, une dimension enchanteresse pareille à celle des contes de fées.

Dans ce "chant" des possibles, chaque vers ouvre sur une porte nouvelle, inattendue, laissant le lecteur émerveillé.
Comparaisons, métaphores, personnifications, jeux de mots... les limites de notre cohérence s'évanouissent dans le "vol nacré" des "oiseaux multicolores".

Quand il n'y a plus rien à comprendre, juste à savourer...
Quand le tr-agique devient m-agique...

Très émouvant !

Merci Pouet,

Davide

   Cristale   
24/7/2019
Je sens que je vais pleurer...pas à cause de l'histoire mais à cause du sens que je n'ai pas compris. Oui, soit je suis stupide -- fait avéré par moi-même au vu de la teneur des autres com's qui ne m'ont pas donné l'once d'un indice pour éclairer mes neurones -- soit la canicule a des effets négatifs sur la connexion de mes synapses.

De quoi ai-je l'air devant un poème que je suis dans l'incapacité d'apprécier à sa juste valeur ?

Me voici, toute pantoise malgré mille lectures, juste pour dire, sans honte mais un peu de gêne quand même, à l'auteur que je ne comprends pas ses images.

Ici, l'aveugle, c'est moi. Sniff...

J'aimerais tant ramasser le son de vos mots Pouet.

Cristale

   troupi   
24/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
salut Pouet.

T'es plutôt en forme en ce moment.
Je ne vais pas reprendre un vers où un autre de ce texte il faudrait tout prendre, y'a rien à jeter, ni même à écarter un peu.
Je sais pas quoi dire où si, j'espère qu'au fond de toi t'en as encore un paquet des poèmes de ce calibre.
A bientôt.

   OiseauLyre   
24/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
C’est simple et émouvant. Les images me plaisent et donnent de la profondeur à cette petite histoire surréaliste. Parce qu’il faut critiquer je dirais que le début est un poil laborieux par rapport à la fluidité du reste, mais ça n'enlève en rien au plaisir de la lecture.
Merci.

   papipoete   
24/7/2019
bonsoir Pouet
L'image des deux " lunes blanches " de l'aveugle, tournées vers le soleil est vraiment bien trouvé, ainsi que celle de la pièce qu'il ne voit pas bien sûr, mais qu'il s'apprête à ramasser " au son ".
Mais je dois avouer que la scène du tabouret, ne me saute pas aux yeux ( pourtant moi qui vois ) et je me doute bien que de votre plume, cette allusion est sûrement une riche illustration !
Aussi ne puis-je noter un texte, dont je ne suis pas certain de l'idée qu'il faut s'en faire !

   Zeste   
26/7/2019
Modéré : Commentaire trop peu argumenté.

   Annick   
25/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un peu en retard pour le commentaire mais la chaleur en la cause...

C'est un poème qui se dévoile, si je puis dire, progressivement. Je ne parle pas du sens du texte qui me paraît limpide : il s'agit d'un mendiant aveugle qui meurt, (à moins que je ne me fourvoie complètement), mais de sa composition, sa structure, ses correspondances secrètes.

J'ai aimé les mouvements ascendants :
...fixe le ciel /tournées vers le soleil/jaillissent/la pièce s'évapore / Le tabouret s'envole/ viennent de quitter la terre

et descendants, alternativement, prémices d'une mort annoncée :
Une pièce tombe/devant l'aveugle qui se plie.../Pour ramasser le son./le tabouret chancelant/L'aveugle tombe/L'aveugle tombe/Il pleut des souvenirs.

Le corps choit et l'âme s'envole...

Et puis, j'ai aussi aimé ces trouvailles :
de ses deux lunes blanches...semblables à deux oublis/Pour ramasser le son.

Les paragraphes commencent pour la plupart par des groupes nominaux qui figent le tableau, semblent plaquer au sol cette vie qui s'achève comme si le mendiant faisait partie intégrante du trottoir. Quand il meurt, il se détache du sol, de ce qui l'empêchait de s'envoler et de vivre pleinement sa vie. La mort est d'une certaine manière comme une délivrance de cette vie plate, plaquée sur un trottoir où tombent les pièces... Le titre semble aller dans ce sens : "Espoir satellite".

A la fin du poème, il(son âme)rejoint les oiseaux, comme la pièce et le tabouret qui l'ont précédé, héritages dérisoires de sa pauvre vie :

...où mille et "trois" oiseaux viennent de quitter la Terre.

Juste un détail : j'aurais remplacé "aspergent" par un autre mot car ce verbe me fait trop penser au légume du même nom ! :-))

Voilà de la littérature comme j'aime.

   Cat   
26/7/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
J'aime ton univers, Pouet ! Imagé à souhait et tout plein d'une tendresse infinie, il m'enchante toujours autant.

Ton mendiant aveugle qui s'envole avec les oiseaux a quelque chose du conte de la Petite Marchande d'Allumettes de mon enfance. Peut-être l'innocence impalpable qui auréole ces deux êtres sur un bout de trottoir prêts à quitter la Terre pour rejoindre le Paradis...

L'ambiance que tu imprègnes à ton poème est de cette eau, irrémédiablement triste, comme peut l'être la fatalité, mais néanmoins nimbée d'une douceur qui arrondit les angles.

« Les mille et deux... » puis « mille et trois oiseaux » est une trouvaille magique. Elle donne toute la féérie nécessaire à ce tableau mélodrame pour le rendre aussi léger qu'un cœur écorché prêt à prendre son envol vers l'espoir d'un au-delà qui lui sera peut-être plus tendre.

Et puis il y a aussi ce  « ramasser le son » qui en dit long... et encore de bien belles images...

Merci infiniment pour le partage.


Cat

   Luz   
29/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonsoir Pouet,

J'ai pas tout compris...
J'ai rien compris du tout, en fait.
C'est un poème avec plein d'éclats de poésie à l'intérieur qui s'envolent vers le ciel ; c'est ça ?
Je ne sais pourquoi, j'ai pensé à une nouvelle de Carver (je crois) où un clochard meurt en essayant désespérément de donner une pièce à son copain.
Bravo pour la poésie qui s'envole vers le ciel !

Luz

   natile   
1/8/2019
Modéré : Commentaire trop peu argumenté.

   Ananas   
1/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Holà Gringo !
Que dire???
C'est un régal de sonorités, d'images, on en prend plein les rétines et plein la tête. C'est un des genres que j'aime lire de toi. Il y a une réelle légereté dans la manière de poser les mots, de les associer pour rendre le tout d'une élégance et d'une poésie qui me touche à chaque fois.
Merci :) et au plaisir de te relire !

   wancyrs   
2/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Salut Pouet,

Ton texte est plein d'humanisme, et j'aime ça ! j'aime cette façon de narrer l'indicible, avec une touche de pinceau digne de grands peintres. En fait l'ensemble de ton texte est un tableau qui se peint au fur et à mesure que se posent les vers. Et même si la fin est tragique, l'ensemble reste magique. Bravo ! Je suis touché, et les mots me manquent pour apprécier.
Juste comme ça, pour chipoter un peu, je trouve de trop "aveugle" dans le deuxième vers ; c'est une information en trop qui n'est pas dans l'esprit du reste du texte, pourquoi ? le texte nous pousse à deviner à plusieurs endroits : ... Pour ramasser le son... La pièce s'évapore rejoignant les oiseaux... Le tabouret s'envole rejoignant les oiseaux... etc... Avec "la terre, globe gris, et les deux lunes blanches", on devine déjà la cécité du mendiant ce qui rend l'image encore plus forte, alors ajouter "aveugle" alourdit l'ensemble... je dis ça, je dis rien...
Maintenant je vais lire les autres comm et forum

Merci pour le partage !

Wan

   Lariviere   
5/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Pouet,

Merci pour cette agréable lecture.

Joli travail de rythme et de fond pas si anodin que ça ; les images sont aussi originales qu'évocatrices, tendrement poétiques avec ce petit fond de fantaisie aigre-doux pour décrire des choses de notre quotidien avec merveille ; ca parle d'oiseaux, de couleurs dans le ciel et d'enfer sur la terre, ca parle du réalisme social le plus cru et le plus violent, mais comme souvent, mais avec une grande douceur et beaucoup de poésie, ca dénonce sans avoir l'air, ca reste aussi fort et léger que du Prévert ou du Doisneau, mais avec la petite touche de Pouet en supplément...

Toutes les images poétiques sont incroyablement réussies.

Un petit bémol seulement :

"L'aveugle tombe
sur le trottoir spongieux
de toute sa masse squelettique."

Dans la construction d'ensemble, ce passage de vers (un tercet très libéré...) reste très descriptif et plus prosaïque que le reste. Je comprends à la lecture l'intention de cette grosse cheville afin de poser le propos et de faire redescendre la sauce et le rythme pour préparer le final, mais je me demande si ce passage ne pourrait pas être revu, modifié ou supprimé ; le texte n'en souffrirait ni sur le rythme, ni sur le rendu poétique d'ensemble, au contraire :

1/ Avec suppression complète :

" Le mendiant veut reprendre sa place
sur le tabouret chancelant
qui griffe le trottoir
de son cœur écorché.

Mais le tabouret s’envole rejoignant les oiseaux.

[...]

La vie replie ses bras ridés.

Il pleut des souvenirs
sur l'envers d'un jour gris

où mille et trois oiseaux viennent de quitter la Terre.

2/Avec suppression d'un seul vers :

"Le mendiant veut reprendre sa place
sur le tabouret chancelant
qui griffe le trottoir
de son cœur écorché.

Mais le tabouret s’envole rejoignant les oiseaux.

L'aveugle tombe
sur le trottoir spongieux
[...]

La vie replie ses bras ridés.

Il pleut des souvenirs
sur l'envers d'un jour gris

où mille et trois oiseaux viennent de quitter la Terre."


Je ne suis même pas sur de la pertinence de mes remarques, mais de toute façon ce n'est qu'un chipotage histoire de dire (au cas où...), car le texte reste est réussi et très agréable à lire ainsi ; les émotions sont présentes.

Merci à l'auteur pour son partage en ligne !


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