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Poésie libre
Pouet : Gare de l'Ouest
 Publié le 13/05/13  -  15 commentaires  -  976 caractères  -  403 lectures    Autres textes du même auteur


Gare de l'Ouest



Des centaines de colliers d’yeux
Restent fixés aux rails
Couverts de lierre et de mouchoirs déchirés.

Le départ confronte ses joues de satin blanc
Au fusain des soupirs.

Sur le quai,

Une enveloppe jaunie
Ouverte sur l’attente
Redistribue ses plaies
Au vent imprononçable.

L’écorce de septembre s’effrite sur l’aurore
Et le Temps s’évapore
Comme une flaque de boue.

Une poignée de valise
Sur un banc fatigué
Et l’écho famélique
Des songes déportés…

Ici

Le train ne passe plus ;

Dans ses compartiments s’empilent les âmes blêmes
Et le sable diaphane des rendez-vous manqués,

La sueur,
L’asphyxie,
Les somnolences vaines,
Les miettes indivisibles des souvenirs froissés.


Sous l’horloge figée au solstice des leurres,
On composte les cœurs,


Les billets périmés.


 
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   Marite   
13/5/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ce poème évoque pour moi l'un de ces lieux que l'on visite aujourd'hui pour se souvenir de temps où des êtres humains ont porté l'horreur à son comble. Ces gares où s'entassaient des milliers de personnes n'ayant emporté avec elles que le minimum auquel elles étaient encore attachées.
" ... les rails couverts de lierre et de mouchoirs déchirés ...
... une poignée de valise sur un banc fatigué ... 3
enfin je ne peux tout citer car chaque strophe déroule sous nos yeux un spectacle que nous peinons à imaginer. La poésie de l'expression adoucit cependant la douleur lancinante du souvenir
' L'écorce de septembre s'effrite sous l'aurore
Et le temps s'évapore ... "

   Anonyme   
13/5/2013
Commentaire modéré

   Charivari   
13/5/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour. Un poème très visuel, comme une photo en sépia. D'ailleurs, la couleur est omnipresente (peut-être un peu trop, ça enfonce le clou : satin blanc - fusain - jaunie - boue - blême - sable)
Mais l'atmosphère est là, palpable dans chaque vers, ce qui nous offre une belle cohérence, les images sont très suggestives, et la fin "on composte les coeurs" est une vraie trouvaille, très évocatrice : on imagine parfaitement ce pincement au coeur que nous offre cette gare désaffectée. Une réussite pour moi

   tchouang   
13/5/2013
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
bonjour. poème assez déplaisant. les images sont surannées et maladroites : colliers d'yeux, fusain des soupirs, écorce de septembre, j'en passe et des pires. tout cela n'est que verbiage et jeux de mots en toc. ça cherche à en mettre plein la vue, mais hélas la mayonnaise ne prend pas. ce n'est pas tant le thème du texte qui est déplaisant, mais son traitement indigent et verbeux. quant aux "songes déportés", si c'est une allusion à la déportation, c'est d'un mauvais goût et d'une gratuité à peu prêt total. quand on veut traiter un sujet grave il faut un peu plus de matière que ce que ces images fadasses et très "France moisie" nous donnent à percevoir.

   David   
13/5/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Pouet,

Les rails ont des yeux, les départs, des joues de satin blanc et les quais, des soupirs, une enveloppe a des plaies. Plus loin ce sont les rendez vous manqués qui ont du sable et les souvenirs froissés ont des miettes. Pas "âmes qui vivent" dans ce décor, et pourtant des sens et des émotions s'activent, j'aime bien l'atmosphère que ça crée, pas seulement "tombale", mais le lien gare-cimetière a une dimension historique en lui-même. Je ne sais pas si c'est le thème en entier pour autant.

Deux passages tombent très bien :

"Et le Temps s’évapore
Comme une flaque de boue."

Ça ne doit pas s'évaporer vite une flaque de boue, ça va bien pour parler d'un certain passage du temps, qui peut sembler ralenti ou accéléré d'un endroit à un autre.

"Sous l’horloge figée au solstice des leurres,
On composte les cœurs,


Les billets périmés."

La fin est très chouette aussi, une fin de bad-poinçonneurs des lilas :)

   rosebud   
13/5/2013
 a aimé ce texte 
Bien
J’ai toujours été frappé par l’atmosphère d’abandon qui rôde aux abords des gares, même lorsqu’elles ne sont pas désaffectées ; une sorte de déréliction. Des objets qui semblent ne servir à rien ou qui sont hors d’usage : des édicules abandonnés aux carreaux cassés – tatoués de tags , des traverses empilées, des rails qui rouillent en bord de voies, des bouteilles de gaz, des bidules improbables, une maigre végétation qui survit.
Cette atmosphère est tout à fait bien rendue par Pouet et il garde ce soupçon d’étrangeté qui rend sa gare fantomatique : pourquoi un train stationne-t-il encore là, puisqu’il n’en passe plus ? On dirait que l’on est hors du temps. J’avais envie de dire que le titre même était un pied de nez à la réalité en opposant une virtuelle gare de l’ouest à la bien réelle (et vilaine) Gare de l’Est, mais je viens de découvrir que des gares de l’Ouest, il y en avait partout. Dommage, je préfère quand même garder mon idée.

   fugace   
13/5/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Cette gare de l'ouest où plus un train ne passe, où seule l'attente reste...
Mon impression sur ce poème va bien au-delà de la description de ce lieu déserté par l'espoir.
J'ai "vécu" ce texte comme un collier d'occasions manquées, tous ces chemins de la vie que l'on n'a pas pris, qui auraient peut-être été meilleurs...
"L'écho famélique des songes déportés..., Le sable diaphane des rendez-vous manqués".
Mais le train ne passe plus pour nous redonner ce que l'on a négligé.
Mon interprétation n'est sans doute pas bonne, tant pis.
J'ai beaucoup aimé ce poème nostalgique.

   placebo   
13/5/2013
 a aimé ce texte 
Bien
Je passe par une période où les images simples me touchent le plus :) Les deux premiers quatrains me semblent un peu forcés dans leurs métaphores mais la suite me plait bien. La toute fin notamment me semble réussie.
"Et le sable diaphane des rendez-vous manqués" J'ai tourné un peu autour de cette phrase pour savoir pourquoi elle me semblait moins bien que la précédente. Diaphane est trop précieux, sans doute, pour cette atmosphère desséchée, et "rendez-vous manqués" un peu facile.

Bonne continuation,
placebo

   Ioledane   
14/5/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Je suis venue lire plusieurs fois avant de me décider à commenter, car je n'accroche pas avec l'image des "colliers d'yeux", un peu glauque à mon goût - mais j'ai choisi de passer outre, que diantre ! et j'ai fini par apprécier l'atmosphère assez particulière de ce poème.

Que de tristesse en effet dans cette gare (ni du Nord ni de l'Est) que n'illuminent nulles retrouvailles, où tout semble attente incertaine ou adieux fatigués.

J'aime beaucoup "Une enveloppe jaunie ouverte sur l'attente", le "vent imprononçable", "le Temps s'évapore comme une flaque de boue", "l'écho famélique des songes déportés", et surtout "l'horloge figée au solstice des leurres".

Pas adhéré en revanche aux "centaines de colliers d'yeux" (déjà dit), aux "joues de satin blanc", au "sable diaphane des rendez-vous manqués" (le sable me paraît trop éloigné de l'univers ferroviaire, à tort peut-être).

Un ressenti plutôt positif néanmoins, sur ce texte qui comporte quelques jolies trouvailles.

   Anonyme   
14/5/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Poème sobre et beau bien écrit, ça m'a beaucoup plu

   leni   
14/5/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Pouet
je retape mon com car il s'est fait la malle...
Ton poème est un tableau genre impressionniste Tu procèdes par touches de couleurs successives et voilà le poème Voilà le poème que nous que nous imaginons nous-mêmes en fait en fonction de la persistances des images rétiniennes Chacun verra "son" poème Les images se succèdent: enveloppe jaunie....poignée de valises...les âmes blêmes...Pour finir avec"composter les coeurs"qui est une belle trouvaille S'agit-il d'une déportation?Possible :ça dépend de l'humeur du lecteur Joli moment Pouet Merci Leni

   Bleuterre   
31/5/2013
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Pouet,
Ce texte m'a plu car les images communiquent vraiment l'ambiance d'abandon de ces gares désaffectés où planent de vieux fantômes. Ici, les fantômes peuvent prendre plusieurs visages, et je n'ai pas pu m'empêcher de voir la souffrance de ces trains de l'horreur en lisant ce texte.
Bref, une grande force d'évocation pour moi, et des images bien choisies sans tomber dans le cliché.
La fin conclut bien ce texte, j'aime cette image des coeurs compostés, elle en dit long....

   widjet   
22/6/2013
 a aimé ce texte 
Bien
Style reconnaissable entre mille (faut dire que j'en ai lu des textes du môssieu) avec ses images assez uniques. Comme d'hab, j'ai pris mon panier et suis allé à la cueillette. J'ai pris du le "fusain des soupirs", un peu "d'écorce de septembre", et des "solstices des leurres"...

Cela peut sembler facile à trouver ces images, mais ça ne l'est pas, faut avoir un sacré sensibilité et un beau coup d'oeil.

Au début, j'ai pensé aux train déportés (enveloppe jaunie = étoile jaune ?) pendant la seconde guerre....et puis non...et ensuite oui...Bref, je ne sais pas. Pas bien grave, c'est de la poésie qui me fait parler et un peu cogiter.

Alors, joie.

W

   Meaban   
22/6/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
je me croirais sur la petite ceinture (en passant ça ferait un bon titre) un écrit comme je les aime, pétris d'une humanité poétique, d'une latence perdue s'effondrant sous les heures....


Merci et Bravo §

   Lulu   
21/3/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Pouet,

j'ai beaucoup aimé lire ce poème que j'ai trouvé extrêmement sensible.

L'écriture est superbe, avec des associations de mots qui touchent, et cela, dès le premier vers avec "des colliers d'yeux". C'est très visuel... On se représente cette gare avec sa charge humaine, avec ses "soupirs", son "vent imprononçable"... etc.

Un très beau texte, vraiment sublime en relecture.

   Alcyon   
27/9/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour

la souffrance est encore palpable
de fortes émotions dès la première lecture
et de l'empathie
texte bien aéré et je le préfèrerais sans ponctuation
je pense qu'il peut très bien s'en passer
car la lecture est fluide et coule d'elle même


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