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Poésie contemporaine
Pouet : Il paraît que les anges ont tous les yeux sombres
 Publié le 08/12/16  -  24 commentaires  -  1530 caractères  -  301 lectures    Autres textes du même auteur

En hommage à ma grand-mère.


Il paraît que les anges ont tous les yeux sombres



Jeanne vient de fêter ses soixante et onze ans
Cloîtrée dans sa maison aux fenêtres fleuries.
Elle n'a plus de nouvelles de ses petits-enfants
Et ne regrette pas la mort de son mari.

Jeanne adore son lac, ses chats, ses canaris,
Son jardin potager, son tabac à priser.
Elle rêve chaque nuit de visiter Paris,
De voir la tour Eiffel et les Champs-Élysées.

Tous les jours elle attend quelque chose de beau,
Juste un peu d'inédit pour troubler la routine.
Elle rapièce son cœur, sa mémoire en lambeaux
Lui cause tant de douleur...

Souvenirs de bruine.

Malgré tous ses efforts s'enfuit la liberté,
Elle observe la lune, par l'aube, colorée ;
Se pare de sourires quand la lucidité
Vient desceller les briques de sa joie emmurée.

Jeanne cloue les paupières de l'instant qui s'effrite
En grain de solitude au sable de ses doigts.
Et elle traque l'espoir car vivre se mérite,
Ne sait plus ce qu'elle peut,

Oubliant ce qu'elle doit.

Le salon est rempli d'innombrables papiers,
Les ultimes remparts à la déliquescence
De cette pâle inconnue qui feint de l'épier...
Mais n'est autre qu'elle-même,

En berne sur l'absence.

Jeanne se croise parfois quand, triste jeune fille,
Elle peignait les contours de sa ville natale
Aux couleurs vaporeuses d'une étoile qu'on habille
Avec le voile nu

Des heures sépulcrales.


 
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   Annick   
15/11/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
C'est le quotidien d'une dame âgée fait de plaisirs simples, de rêves, d'espoirs. Et puis il y a aussi "la mémoire en lambeaux", "sa joie emmurée", sa lucidité qui vacille, la solitude, l'absence saupoudrée de nostalgie.
Le dernier vers préfigure la mort.
C'est très bien écrit, l'évocation est juste. L'émotion parvient jusqu'à moi par petites touches délicates, à peine appuyées.
Le fond est réaliste, et la forme pleine de délicatesse ressemble à une broderie.

   Brume   
20/11/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

La lectrice que je suis observe Jeanne dans sa petite vie à l'intérieur de sa maison aux fenêtres fleuries. Une vie de solitude et on y lit les couleurs ternes de ses émotions. La routine mais rien n'est figé, vos vers m'emmènent chez elle, mais aussi dans ses souvenirs et différents sentiments.
Je ne sais pas comment l'exprimer...c'est très riche, vos vers nous montrent tout ce qui se passe dans la tête et dans le cœur de Jeanne, j'aime les descriptions intérieur de la maison, de son être. C'est vraiment très visuel, esthétique, et d'une grande profondeur.

En revanche à partir de la 5è strophe le rythme m'a dérouté, exemple:

"Le salon est rempli d'innombrables papiers,
Les ultimes remparts à la déliquescence
De cette pâle inconnue qui feint de l'épier...
Mais n'est autre qu'elle-même,

En berne sur l'absence."

Je trouve les pauses pas très adéquates, brisant l'harmonie.

Bel hommage et joli titre pour la décrire.

   Anonyme   
20/11/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonsoir,

C'est beau comme une étoile qui brille au firmament. La nostalgie de Jeanne est poignante, et sa tristesse est sublimée par une écriture fluide et pleine de fraîcheur, si j'ose dire.

Jeanne mérite vraiment de rencontrer un nouveau prince charmant qui la fera rêver pour le reste de ses jours...

Bien à vous,

Wall-E

   plumette   
21/11/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Touchant hommage qui démarre de façon très prosaïque pour aller vers des contrées plus vaporeuses ( ce mot est d'ailleurs utilisé à la fin du poème, les contours s'estompent)

Il m'a semblé que Jeanne était déjà un peu dans l'ailleurs avec une maladie de la mémoire (ces deux vers : ne sait plus ce qu'elle peut, oubliant ce qu'elle doit, les papiers dans le salon pour noter ce qu'il ne faut pas oublier, cette autre elle-même qui l'épie)

j'aime bien ces deux tonalités du poème, et je sens la tendresse pour cette femme,dans sa solitude.

je suis un peu perplexe sur le titre qui me semble assez loin du contenu. peut-être une petite explication sur ce point?

Merci pour cette agréble lecture

   Eccar   
8/12/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Pouet,
Belle surprise ce matin que ce texte que vous nous offrez en lecture.
Cela démarre par des mots simples presque dénués de poésie, ce sont les images que ces mots créent qui font la poésie, les joies, les repères, les rêves, de Jeanne, et surtout ses espoirs, encore, malgré la lucidité qui "descelle les briques de sa joie emmurée".
"Jeanne cloue les paupières de l'instant qui s'effrite
En grain de solitude au sable de ses doigts."... ce passage est magnifique.
Avant les heures sépulcrales de la fin, un petit clin d'oeil vers le passé, à cette personne en nous qui était nous, et qui fait, ou refait le souvenir, la mémoire défaillante éclairée de présent (d'où peut-être le qualificatif " triste" accolé à la jeune fille qui peint et que l'on imagine plutôt épanouie et sereine).
En conclusion, un très beau poème que j'ai lu avec grand plaisir.
Beau tableau de la vieillesse.
Un grand bravo à vous.
A vous relire avec intérêt.

   Robot   
8/12/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un beau récit plein de tendresse respectueuse, une belle description d'une vieillesse à la fois résignée et en attente. Entre métaphores singulières et images communes.
Un récit qui ne magnifie pas ni ne dénigre. C'est cet aspect qui m'a plu.
Par contre, je n'ai pas trouvé le sens du titre. S'il s'agissait d'attirer la curiosité à la manière d'un titre "audiardesque", c'est pleinement réussi en ce qui me concerne car c'est l'étrangeté de cet "appel" qui en premier lieu m'avait poussé à ouvrir ce poème en pré-lecture.
Un peu déçu de ne pas y avoir trouvé les anges aux yeux sombres promis. Il ne me semble pas que cela qualifie la grand-mère du texte, mais le narrateur a sûrement ses raisons pour la présenter ainsi.

   papipoete   
8/12/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Pouet,
Jeanne ne reçoit plus de visite, mais de chaque jour quelque chose de beau elle attend .
Elle regarde l'aujourd'hui qui déroule des images pâles, son visage, son chat ; mais fermant les paupières, elle se revoit au temps où jeune fille, ses pinceaux inspirés peignaient les contours de sa ville natale ...
NB votre poème se lit avec plaisir, bien que la mélancolie nous renvoie vers nos " Jeanne " à nous .
Pour quelqu'un qui ne goute guère les règles classiques, je trouve que la sonorité de vos vers flirte agréablement avec !

   widjet   
8/12/2016
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Alors, oui, Pouet me l'a dit : son texte serait de forme simple. C'est le cas, c'est même très simple. Mais pourquoi pas ? Dès lors où - et ça se comprend fort bien - quand on rend un hommage à quelqu'un (surtout de proche) on évite auvent de trop poétiser pour être au plus près d'une réalité, d'un quotidien non sublimé.

Donc ok, j'achète.

En revanche, il aurait fallu s'y tenir jusqu'au bout à cette simplicité, à cette authenticité.

C'est pourquoi je ne comprends pas à partir de la 4ème strophe ce soudain retour à l'enjolivement qui détonne et comparativement au début donne un côté surfait.

Vient desceller les briques de sa joie emmurée
Jeanne cloue les paupières de l'instant
En grain de solitude
Aux couleurs vaporeuses d'une étoile qu'on habille

...

Comme si tout à coup l'auteur réalisait - et n'assumait pas - la simplicité de son texte qu'il se hâtait de le draper d'ornements (que je trouve dommageables).

Un texte donc sincère et touchant, c'est évident, mais dont la forme déséquilibrée en fait une oeuvre trop bancale.

W

   Soruf   
8/12/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai beaucoup aimé ce poème, bel hommage à une vieille dame. Tristesse et joie de la mémoire s'y mélangent avec de belles métaphores.
Concernant le décalage du dernier vers des dernières strophes, je trouve que c'est de bon effet.
Je remarque que le portrait de vieille dame ressemble, en tout cas à travers le poème, à celui que l'on pourrait faire pour beaucoup d'autres vieilles dames. Je ne sais pas si c'est un manque de "personnalisation" du poème, ou une volonté de généralisation ? En tout cas, ça rend le tout plus universel.
Je regrette seulement le fait que vos deux premières strophes soient trop descriptives à mon goût, surtout lorsque l'on voit la qualité des images que vous utilisez par la suite !
Par exemple dans ma strophe préférée :

"Jeanne cloue les paupières de l'instant qui s'effrite
En grain de solitude au sable de ses doigts.
Et elle traque l'espoir car vivre se mérite,
Ne sait plus ce qu'elle peut,

Oubliant ce qu'elle doit."

Merci pour ce partage et bravo à vous
Soruf

   hersen   
8/12/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Il y a quelque chose de poignant que d'être ainsi spectateur de la vieillesse et de ses dégâts, ici Alzheimer.

Par contre, je regrette un peu une disparité entre les premières strophes et le reste du poème qui me casse un peu mon élan poétique à la lecture.

Mais c'est bien racheté par de très belles images.

"Le salon est rempli d'innombrables papiers" je suppose que ce sont des pense-bête ? Alors pour moi, ça ne marche pas trop dans le cas d'un Alzheimer, ça ne me parle pas car ce n'est pas leur réalité que de faire des listes, ils ne se rappelleront tout simplement pas à quoi correspond cette liste.
Mais peut-être aussi que ce sont des papiers administratifs dont Jeanne n'est plus capable de s'occuper et cela s'entasse et elle n'y comprend plus rien ?

A vous relire,

hersen

   Lulu   
8/12/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Pouet,

j'ai été très sensible à ce poème qui est à la fois un portrait aux couleurs universelles et un hommage à votre grand-mère.

J'ai aimé le portrait en tant que tel avec ses traits tout spécifiquement intérieurs "Jeanne adore son lac, ses chats, ses canaris / Son jardin potager, son tabac à priser". Cette énumération dénote quelque chose d'une vie ordinaire et singulière "Elle rêve chaque nuit..."

Ce qui est beau ici, c'est cette apparente simplicité dans la composition. Cela nous rapproche de cette grand-mère dans les choses de la vie de son quotidien et dans ses peines qui sont exprimées sans détour "Elle rapièce son cœur, sa mémoire en lambeaux / Lui cause tant de douleur..."

Les rimes sont agréables à lire. Sans alourdir le texte, elles lui confèrent une petite musique qui semble adoucir, dans ma lecture, la solitude de Jeanne. En effet, si "Elle n'a plus de nouvelles de ses petits-enfants", elle fait l'objet d'un hommage qui témoigne d'une émotion certaine.

J'ai bien aimé le rythme d'ensemble.

Toutefois, un vers, et un seul, m'a gênée :
"Malgré tous ses efforts s'enfuit la liberté,"
Je ne sais si c'est la répétition de "f" ou l'inversion du sujet et du verbe, mais j'ai trouvé la formulation moins fluide que tout le reste du poème.

Au plaisir de vous relire.

   Marite   
8/12/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Très bel hommage à votre grand-mère Pouet ! Tout au long de ma lecture je me suis dit : " mais c'est bien ça ... il a tout saisi ... tout compris ..."
Pour certaines expressions, j'ai le sentiment qu'elles vous sont venues naturellement, sans recherche, d'emblée tout y était : la forme, le fond, la musique des mots. En fait, une poésie "inspirée". Nous sommes choyés ces jours-ci je trouve.
Un seul bémol : je ne saisis pas le rapport entre le titre et le contenu ...

   Lylah   
8/12/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Jeanne, a 71 ans... et près de moi vit une vieille dame de 95 ans, ma mère. J'ai donc été particulièrement touchée par le tendre respect qui émane de ces lignes et l'empathie qui les jalonne du début à la fin.

Je relèverai, pour le plaisir ces vers magnifiques :

"Se pare de sourires quand la lucidité
Vient desceller les briques de sa joie emmurée."

et,( tant pis pour la redite !) :

"Jeanne cloue les paupières de l'instant qui s'effrite
En grain de solitude au sable de ses doigts.
Et elle traque l'espoir car vivre se mérite,
Ne sait plus ce qu'elle peut,

Oubliant ce qu'elle doit."

Merci pour la délicatesse et la beauté, tout simplement, de ces mots qui me sont allés droit au cœur...

   Anonyme   
9/12/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Pouet... Deux Jeanne le même jour, deux Jeanne de qualité par Cristale et vous-même, mais deux thèmes totalement différents. Compte tenu de mon âge, la vôtre m'a bien sûr également interpellé.
Hormis le titre qui ne me semble pas le mieux adapté au texte, j'ai bien aimé l'ensemble et la chronologie du poème.
Deux quatrains pour planter décor et personnage, un troisième où l'on bascule vers un état psychique qui commence à se délabrer et puis la suite et la fin qui nous plonge dans le monde de Jeanne, avec ses hauts et ses bas.
Un détail : Au second quatrain j'aurais bien vu la phrase d'un seul tenant en éliminant le point après priser puis en remplaçant "Elle rêve" par "Et rêve".
Je trouve également le dernier quatrain peu facile à la lecture mais c'est tout à fait personnel.
A part ces remarques concernant la forme je trouve que l'ensemble est crédible et de qualité...
Merci

   leni   
9/12/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bjr
C'est un tableau simplissime qui passe allègrement de la description simple à un propos de réflexion

Jeanne adore son lac, ses chats, ses canaris,
Son jardin potager, son tabac à priser.
Elle rêve chaque nuit de visiter Paris,
De voir la tour Eiffel et les Champs-Élysées.

C'est mon quatrain préféré
ET des images superbes

Elle rapièce son coeur

En grain de solitude au sable de ses doigts.
Et elle traque l'espoir car vivre se mérite

oui CAR VIVRE SE MERITE

Merci Salut cordial Leni

   SaintEmoi   
9/12/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Que de tendresse et de désespoir.
C'est mon mélange préféré.
Merci

   MissNeko   
9/12/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Un touchant et mouvant hommage. J ai été gênée par les retours à la ligne après les 3 premières strophes. Par rapport au reste du poeme je trouve que ça casse un peu la fluidité du poème

Mon passage préféré :

"Malgré tous ses efforts s'enfuie la liberté
Elle observe la lune, par l'aube, colorée ;
Se pare de sourires quand la lucidité
Vient desceller les briques de sa joie emmurée.

   Leverbal   
9/12/2016
 a aimé ce texte 
Un peu
J'ai tiqué en lisant "s'enfuit la liberté", parce que pour moi perdre la mémoire n'est pas forcément synonyme de perdre ses moyens, et j'ai trouvé le raccourci un peu violent.
Ce quatrième quatrain me semble plus faible que les autres, au niveau du sens comme au niveau des rimes.
Dommage car les trois premiers sont vraiment fluides et bien trouvés. Du coup je me suis demandé si cette cassure était souhaitée, pour illustrer la fêlure du personnage... Mais je n'ai pas eu confirmation de cette idée dans la suite, si ce n'est par la matérialisation des césures des derniers vers de certains quatrains. Mais pourquoi ceux-là et pas le quatrième ?

J'aurai ôté "Les" devant ultimes, pour alléger le style. Et le dernier quatrain me gêne, je trouve la métaphore un peu poussive, comparée au reste.

   Morgan   
10/12/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour
Un bel hommage plein d'émotion feutrée.
Des belles images poétiques dans un style simple sans abuser de métaphores.
Mais aussi quelques ruptures de rythme (vers 3, 7, 11,...) qui enlèvent un peu de musique aux vers.

   Ananas   
10/12/2016
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Mon Pouet, bonsoir, j'ai trouvé que cette production manquait un peu de musicalité sur certains vers, sorti de la simplicité qui ne me parle pas forcément en poésie (tu sais que j'aime l'hermétique en toi)... cela dit, tu es un conteur aussi en plus d'être un bon poète, et ici je trouve que tu poses bien (bien que moins élégamment je trouve) le sujet et son histoire.

Je reste en dehors, mais ne peux te renier un vrai talent d'écriture malgré tout (je suis disposée à développer en MP mais en commentaire on entrerait trop dans ma subjectivité de lecteur pour l'afficher et donc risquer d'être injuste, voire dure...), mais pour moi ça manque d'images fortes...

merci pour la découverte en tous cas et au plaisir de te lire !

   Yavanna   
14/12/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Wow... très beau texte traitant avec délicatesse d'un sujet grave et malheureusement de plus en plus d'actualité.

Au début on ne s'en doute pas... le personnage de Jeanne s'annonce comme celui d'une vieille dame seule, avec sa petite vie, ses petites habitudes, les rêves qui lui restent...

Et puis arrive :
"Elle rapièce son coeur, sa mémoire en lambeaux"

Et là... on commence à se douter de la vérité qui se fait jour.

Et puis ce "souvenirs de bruine" bien posé, tout seul, qui confirme de façon poétique que l'on parle bien de la mémoire qui s'enfuit au décours de la vieillesse. Alzheimer ou simple "démence", peu importe... on parle de naufrage dans tous les cas.

Si besoin était encore, ces deux vers viennent encore nous rendre le tout plus limpide :

"Se pare de sourires quand la lucidité
Vient desceller les briques de sa joie emmurée"

Et puis
"l'instant qui s'effrite"
"ne sait plus ce qu'elle peut"
"oubliant ce qu'elle doit"
les "innombrables papiers" comme "derniers remparts à la déliquescence"
"en berne sur l'absence"
etc, etc

Et c'est à la relecture qu'on comprend que tout ça était déjà annoncé de façon moins explicite dès le début par :
"et ne regrette pas la mort de son mari"
"tous les jours elle attend quelque chose de beau"... mais il a fallu la suite pour comprendre réellement le contexte.

Un texte dur et doux à la fois... dur car il traite d'un sujet douloureux, mais doux dans son regard, dans sa façon de l'évoquer, dans l'évocation de ces petites choses qui font une vie : le lac, les chats, les canaris, le potager, Paris et la tour Eiffel...

Doux sauf sur le dernier vers, qui vient quand même ensevelir Jeanne et son histoire, ses lambeaux de souvenirs, sous un réalisme qui n'a plus rien de doux ou d'indulgent. On est dans la lucidité sans concession qui vient ponctuer de façon cruelle l'évocation de cette fin de vie.

   framato   
16/12/2016
 a aimé ce texte 
Bien
J'aime beaucoup ta Jeanne qui a besoin de Post-It comme d'une canne. J'ai un regret pour le rythme, pas toujours adéquat qui hachure le lecture, la rend parfois compliquée. Ex :
Lui cause tant de douleur
Souvenirs de bruines (pour les 12 syllabes, on est en 7/5 - déséquilibré !)

Sinon, crédiou, j'aime ta Jeanne !

   Cristale   
16/12/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Pouet,

Bien sur que nos styles sont différents, mais bien sur aussi que votre ange aux yeux sombres nommée Jeanne a su m'émouvoir au travers de vos mots.

J'ai entendu de la tendresse au-delà d'une certaine dureté de l'écriture, comme une hésitation à se livrer, par pudeur sans doute.

La sensibilité n'est pas de la sensiblerie et votre écriture y gagnerait en musicalité et fluidité.

Mais pour Jeanne et ce qu'elle représente j'offre au vent le deuxième pétale d'une reine-marguerite et dépose la fleur dans son vase à souvenirs.

Joli poème, merci Pouet.

   thea   
10/1/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Merci Pouet pour ce très beau poème..

"Tous les jours elle attend quelque chose de beau,
Juste un peu d'inédit pour troubler la routine. "

"Jeanne cloue les paupières de l'instant qui s'effrite
En grain de solitude au sable de ses doigts.
Et elle traque l'espoir car vivre se mérite,
Ne sait plus ce qu'elle peut,

Oubliant ce qu'elle doit."

Cette Jeanne me ressemble..très émue, belle lecture Merci


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