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Poésie libre
Pouet : Juste un brin de clarté [concours]
 Publié le 11/07/21  -  13 commentaires  -  1735 caractères  -  281 lectures    Autres textes du même auteur

« Le rire sucre les larmes. »
Robert Sabatier


Juste un brin de clarté [concours]



Ce texte est une participation au concours n°30 : Rire à profusion !
(informations sur ce concours).





Qu'on me laisse quelques gouttes
d'encre
je rends mon sang

j'ai oublié les armes et le parfum des cris
la moiteur de l'ombre sur la rouille des corps
les âmes trébuchantes et les fosses carmin

car l'onguent de ta joie
a su panser l'horreur
qui suintait de mes plaies

qu'on me couse les lèvres d'indicibles promesses
sous la poudre s'empilent les élans de courage
quand les médailles s'usent d'être trop près du cœur

mais chacun de tes mots
susurrait une esquisse
de gaîté sur mes jours

solitaire à la table boueuse du temps
qu'on me resserve à croire au goulot du néant
ces tisons porcelaine sur les sentiers de l'autre
m'invitent à marcher aux côtés du silence

pourtant

des obus je ne garde que nos éclats de rire
en mon crâne morcelé
ton regard chancelant sur le rebord de l'aube
en quête de cécité

l'hilarité tenait
la folie à distance
tout en nous y plongeant



alors

s'esclaffer du réel
se réclamer du songe
ne mentir qu'à demi

je bois la nuit fluide à la paume tremblante du ciel inachevé

la mémoire sans abri
je ruisselle de toi

j'humecte mes souvenirs aux embruns du partage
l'amer de mes larmes en océan perdu
ne me reste que le sucre de ces appels à vivre
ta candeur en camée aux reliefs d'espoir


 
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Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Cristale   
16/7/2021
 a aimé ce texte 
Bien
[commentaire rétracté par moi-même]
Une autre lecture en publication me montre ce texte sous un nouvel angle. Je reviendrai le commenter...ou pas.

   Cyrill   
21/6/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour,

Je suis tout à fait convaincu par ce très beau texte qui porte un grand souffle lyrique. Et qui se lit "tout seul" si j'ose dire.
J'y ai trouvé l'amertume du rire jaune côtoyant la joie de vivre et le franc désespoir.
Les métaphores sont fameuses, je les citerais toutes.
J'ai aimé l'alternance de vers courts et plus longs, qui convient à la fois à la reprise de souffle et à celle des images, si par hasard me prenait l'envie de les déclamer, et ils s'y prêtent.
Dernière chose : à mon avis, ce poème convient tout à fait à la citation que vous avez choisie.

Merci

   Donaldo75   
21/6/2021
 a aimé ce texte 
Bien
C’est le premier poème du concours que je lis. Je trouve qu’il en remplit bien les conditions telles qu’édictées par le règlement. La phrase de Robert Sabatier ouvre une promesse tenue par cette poésie libre qui décline beaucoup d’images, utilise bien la largeur et la longueur de la page pour ménager ses effets, donner de la respiration au lecteur et finalement rendre ce poème un peu plus dessiné. Je ne suis pas fan de certaines formules telles que « j'humecte mes souvenirs aux embruns du partage » pour moi trop forcées dans l’artificiel, l’effet de style, mais je comprends qu’elles font partie du tableau.

Merci pour le partage et bonne chance pour le concours.

   Gemini   
11/7/2021
 a aimé ce texte 
Bien
Il y a une ambiance à "L'homme qui rit" dans ce texte.

Je trouve un peu forcée l'hilarité (qui arrive avec un obus / éclats de rire, guère original) en réponse à la détresse (ou tristesse) première.

Mais le texte est parsemé de belles images, comme "les sentiers de l'autre" ou "qu'on me resserve à croire" que j'adore.

Dans le final, je vois dans les trois verbes : "s'esclaffer, se réclamer, ne mentir" une sorte de recette à suivre pour accomoder le tout. Peut-etre pour suivre le thème ou l'exergue.

Mais le ton doux-amer requis pour donner le goût du sucre aux larmes est à mon avis plutôt bien rendu.

   BlaseSaintLuc   
11/7/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
c'est magnifique, mais le propos ne colle pas vraiment au thème,
"le rire sucre les larmes"

ça ne s'éclaffe pas des masses , l'hilarité est au passé , un passif qui suinte des corps

"l'amer de mes larmes en océan perdu"

mon appréciation eu était plussoyée hors du concours .

   papipoete   
11/7/2021
bonjour
" rire à profusion "... cher concurrent, ne vous êtes-vous pas trompé de sujet ?
Peut-être le héros rit-il aux éclats, face à la mort et aux obus où l'on pourrait, pour rigoler crier " loupé ! ", mais les traces de la faucheuse sont si fraîches ; et cette boue des tranchées est dramatique, à pleurer comme un petit enfant appelant " maman, je veux ma maman ! "
NB bien sûr, ce texte est magnifique et si poignant, si bien écrit ( mis à part l'absence de ponctuation qui gêne ici la lecture )
le héros, pour se donner du courage, se remémore les éclats de rire de son aimée, avant...
difficile de noter ces vers qui me semblent vraiment " hors sujet "

   dream   
11/7/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
On ne peut que s’incliner devant la gravité du sujet et la beauté de ce poème. Oui, il me semble bien que « le rire sucre les larmes » dans cet univers brutal qu’est la guerre ; car plus rien ne rattache les hommes à leur corps. Le rire de la folie étouffe le mal et les délivre de cet étau d’horreur. Ce magnifique passage en témoigne :

« l’hilarité tenait
La folie à distance
Tout en nous y plongeant »

Merci pour cette émouvante lecture ! Et bonne chance !

   Eskisse   
11/7/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un poème magnifique qui fait du rire une arme contre la folie et donc contre la douleur.
Je trouve ce passage sublime :

"pourtant
des obus je ne garde que nos éclats de rire
en mon crâne morcelé
ton regard chancelant sur le rebord de l'aube
en quête de cécité"

Les éclats de rire plus forts que les éclats d'obus...

et j'adore ce vers :
"je bois la nuit fluide à la paume tremblante du ciel inachevé"

Merci du partage

   Myo   
12/7/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Rire pour ne pas devenir fou...
Le rire comme dernière trace d'humanité quand le pire est à vivre.

Ce poème cache une réflexion touchante et très profonde.
La poésie est présente en chaque mot, chaque phrase.

Je suis sous le charme.

Pour moi, il est parfaitement dans le thème car comme dit dans l'annonce du concours : "Pas forcément un texte à classer en humour/détente, ni une poésie hilarante, mais un texte inspiré par une de ces 10 citations ..."

Bravo!

   Lariviere   
25/7/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,

J'ai bien aimé ce texte. Je trouve que les métaphores et les images font mouches, je n'en citerais aucune car elles se valent toutes dans le bon sens du terme. Sur le fond on est sur une certaine tonalité surréaliste qui explore le thème dans un sens singulier... Le rire ici est jaune, noir, un peu fou ; bref, il est à contre courant et c'est plutôt une bonne chose...

J'ai trouvé le rythme de ce libre plutôt bien mené, bravo aussi pour ça !

Merci pour la lecture et bonne chance pour le concours !

   Davide   
16/7/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,

Regard idéaliste sur la vie, où l’amour se fait miracle. L’ensemble est un peu litanique, un peu lourd aussi, saturé d’images. Mais s’il parle trop, c’est sans doute que les mots suintent sous l’empressement de dire, transpirent l’urgence d’aimer.

Rendre l’amour plus réel que l’horreur, c’est le pari fou de ce poème, faire l’amour et faire de l’amour un lieu de survivance éternelle. Un baume sur les plaies. Une bulle hors du temps. La poésie se mue en un lieu alchimique démentiel, et pas à pas, le rire et le fou-rire prennent le pas sur la douleur et son sérieux, sur l’horreur et son emprise perverse.

Ce qui est réel en nous et pour nous, quelque part, c’est ce que nous choisissons de faire exister, car nous le savons bien, au fond, "les choses n'ont que l'importance qu'on leur donne".

L’obstination du narrateur à vivre, à ne (re)garder que l’amour dans son champ de vie-sion, son exclusivité en cela, est vraiment émouvante. Aussi, j’ai eu bien du plaisir à lire et relire – entre autres – ces passages inspirés :

"quand les médailles s’usent d’être trop prés du cœur"

"qu’on me resserve à croire"

"ces tisons porcelaine sur les sentiers de l’autre
m’invitent à marcher aux côtés du silence
"

Et puis, sur le chemin de la métamorphose :

"des obus je ne garde que nos éclats de rire"
Je suis friand de jeu de mots comme celui-là, surtout ici, pour son symbolisme transgressif et éminemment poétique, celui d’extraire le rire au cœur même de l'enfer.

"l’hilarité tenait
la folie à distance
tout en nous y plongeant
"
Super drôle, avec le double-sens du mot "folie".

"s’esclaffer du réel
se réclamer du songe
"
En fin de compte, l’aptitude à rêver ne modèle-t-elle pas la réalité, aussi ? Le rêve trouve un point d’ancrage autre que son vivier poétique : le simple fait de croire que c’est possible le rend possible...

"je ruisselle de toi"
J’adore ! Cette porosité à l’amour, à aimer, à être aimé, à se fondre en l’amour pour qu’il nous envahisse, nous et nos souvenirs, jusqu’aux confins du néant.

Simple processus de distillation ("le rire sucre les larmes", nous dit l’exergue), il est plutôt question ici d’un processus de sublimation par la poésie et par sa – très – libre puissance évocatrice. Car la poésie, elle aussi, ne l’oublions pas, "sucre les larmes".

   Provencao   
16/7/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
"Panser l'horreur" avec le rire qu’on va rencontrer tout le long ce ce poeme , c'est croire à la force de rire avec les autres...sans perdre son âme.

   Luz   
25/7/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
C'est un très beau poème. Beaucoup de force, vers après vers.
"je bois la nuit fluide à la paume tremblante du ciel inachevé" : une pure beauté que ce vers.
Bravo !


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