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Poésie libre
Pouet : La poésie n'existe pas
 Publié le 25/03/20  -  12 commentaires  -  1398 caractères  -  304 lectures    Autres textes du même auteur


La poésie n'existe pas



Le souvenir éteint de ce linge froissé
sur un fil de fer tu étendais nos peines

la rouille du soleil sur tes doigts esquissait
comme le ruisseau jauni
d'une lueur incertaine

aucune rose sur ta peau
si peu d'étoiles en tes murmures

il n'y a rien au creux du soir

cette candeur désabusée
le pâle écrin de la tristesse
ne sont que des fleurs mouillées

sur le balcon
les âmes sèchent


j'ai suivi à rebours
l'impasse de tes yeux
au détour d'un regret
je me suis retrouvé

mais c'est en déchiffrant
chacun de tes sourires
que j'ai appris à lire

et si je sais nager
ce fut en me baignant
aux confins de tes lèvres

car j'ai repeint les murs
du gris de mes silences
en mimant les couleurs
de tes éclats de vivre

un ange s'est pendu
aux cils de l'espoir
lorsque tu recopiais
un verset de mon cœur

combien de feuilles mortes
pour que tu n'oublies pas
le regard fané
que je portais sur toi

des cailloux sur les rails
un mouchoir dans ta main
et nos masques figés
sur l'instant qui s'en va

parce que les cendres de la veille
parce que l'odeur du café froid
des mots sur le parvis des rêves

la poésie n'existe pas


 
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   Luz   
6/3/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour,

Écrire que la poésie n'existe pas à la fin d'un tel texte, comme c'est étrange... C'est vrai, on peut s'écorcher l'âme encore et encore pour écrire plus beau, plus fort ; parfois on y arrive, probablement...
Pas facile de composer un long poème en gardant la poésie qui n'existe pas du début à la fin. J'aime tout ; très belle poésie libre.
Bravo !

Luz

   eskisse   
25/3/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Pouet,

On sort sonné d'une telle lecture parce que chaque strophe est cadeau, parce que vous avez l'art d'agencer les mots, parce que de leur juxtaposition naît l'éclat d'une émotion.
.
J'aime tout, mais aussi " J'ai suivi à rebours l'impasse de tes yeux" ou bien " lorsque tu recopiais un verset de mon coeur".

Je lis dans les méandres de ces vers une séparation, un bel amour qui se finit.

Merci pour le partage

   papipoete   
25/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour Pouet
Il doit y avoir un message codé dans le titre, que bien plus malin que moi saura décrypter !
certes, l'auteur ( mais je sais qu'il sait faire ) ne tresse pas une cordelière d'alexandrins, mais ses vers en liberté obéissent à cette plume qui souvent m'épate ! ( il existe hélas de fort vilains dodécasyllabes... )
" la poésie n'existe pas "...comme dans ce tercet ( et si je sais nager/ce fut en me baignant/aux confins de tes lèvres ) ou plus loin ( un ange s'est pendu... ) tellement pas poétique !
NB comme j'aimerais savoir écrire ces lignes dont aucune n'est poésie !
C'est beau, mais si triste en même temps ! mais on sait bien qu'un poète ça ne rigole pas... vous ne devez pas être concerné, puisque votre texte dit " la poésie n'existe pas "
Artiste des mots vous êtes, je n'en ai jamais douté ( même si parfois mes neurones traînent des pieds pour vous comprendre ! )

   OiseauLyre   
25/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Pouet,

vous avez réussi un exercice périlleux avec beaucoup de panache et d’orgueil. Le titre place la barre du défi très haut.
Un exemple de strophes que j’ai bien appréciées :

« sur le balcon
les âmes sèchent »

« mais c'est en déchiffrant
chacun de tes sourires
que j'ai appris à lire »

Un autre de strophes qui alourdissent un peu la progression :

« un ange s'est pendu
aux cils de l'espoir
lorsque tu recopiais
un verset de mon cœur »

Je trouve que vous avez beaucoup progressé en poésie libre, je me permets de le souligner. Vous avez réussi aujourd’hui à éteindre mon œil critique pour me laisser baigner dans la mélancolie de votre texte.

La première strophe est dense et rend difficile l’accès à la suite. Certains mots communs cassent un peu la délicatesse triste finement tissée et dénotent un peu : « rêves » et « anges ».
Ces deux éléments pourraient vous servir peut être.

Au plaisir,
Merci

   emilia   
25/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Faut-il conclure de ce poème que lorsque l’amour s’éteint, la poésie ne peut plus exister ou que celle-ci n’existant plus, l’amour ne peut perdurer ? Le narrateur semble nous confier « les peines » et la « tristesse » d’un amour défunt dont « le souvenir est éteint », appartient au passé(étendait/ esquissait…), en dénonçant les «manques » ressentis (aucune, si peu, rien…), le constat d’une « impasse suivie à rebours au détour d’un regret », un amour qui, cependant, a connu un certain éclat (j’ai appris à lire chacun de tes sourires… », me suis « baigné aux confins de tes lèvres », « mimé les couleurs de tes éclats de vivre », auxquels a succédé « le gris des silences », l’espoir s’éloignant quand « un ange s’est pendu… », le regard est « fané », les feuilles sont « mortes », puis survient l’adieu « d’un mouchoir » à l’instant du départ « sur les rails », quand « les masques figés » du couple s’accordent (désormais) avec les cendres et le café froid, aux détails signifiants…

   Provencao   
25/3/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
"combien de feuilles mortes
pour que tu n'oublies pas
le regard fané
que je portais sur toi"

Sublime!

Ces mots qui sourdent intarissablement et continuellement cette poésie, sans faire figure de guide. Ils mettent en réalité d'emblée le manque, le souvenir en présence de leur existence et de leur destin.


Dès le moment où la poésie prend une mesure de la réalité , la fascination est certes là qui la guette de se decourager d'elle-même.

Mais l’absence n’est pas le vide... Car ces cendres de la veille qui surgissent dans le tumulte même de l'instant qui s'en va, loin de faire désespérer la poésie de son destin, sont présentes pour lui rendre perceptible la trace et le manque.

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   apierre   
25/3/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Un magnifique et triste poème.Si les peines s'étirent sur un fil de fer et les âmes sèchent sur un balcon, la poésie ,elle ,ruisselle partout dans ce texte .Quelles images citer en particulier ? eh bien ,toutes !
Du grand art ,bravo et merci Pouet !

   Vincente   
25/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
C'est un poème en trois parties dont chacune a son importance.
Une introductive, au présent, celui d'un état des lieux affectif où "sur le balcon / les âmes sèchent".
Une au passé, mais qui est celle, paradoxalement, de l'espérance, celle où "un ange s'est pendu / aux cils de l'espoir".
Et en final, une dépouillée, assertive et nue, dans un présent intemporel, en un vers qui achève le poète, celui qui tentait par son regard…, achève son poème, lui qui s'abrège prématurément, se niant dans l'incertain, et achève le lecteur qui est pris au piège et doit accepter ce qui est alors une évidence, l'espoir a vécu et l'amour s'est perdu…

Dans la première partie, nécessaire pour contextualisé les mots reconstructeurs à venir, seules deux strophes m'ont vraiment séduit :

" la rouille du soleil sur tes doigts esquissait
comme le ruisseau jauni
d'une lueur incertaine

…sur le balcon
les âmes sèchent
"

Par contre les deux autres parties sont d'une force prégnante, à la fois aveux de fragilité, mais douées d'une sensibilité et d'une "attentionnalité" puissante. C'est beau dans l'image et dans le mot, très touchant, singulier, un vrai plaisir de lecture ; en fait on est porté au-delà de la lecture, on oublie les signes pour se ravir du sens et de l'émotion, malgré la douleur qu'elle implique.
Mes deux strophes préférées :

"j'ai suivi à rebours
l'impasse de tes yeux
au détour d'un regret
je me suis retrouvé

et si je sais nager
ce fut en me baignant
aux confins de tes lèvres
"

Quand l'auteur se désespère des "mots (restant) sur le parvis des rêves", et nous convainc avec lui que "la poésie n'existe pas", il nous a bien emporté par la magie de son verbe au-delà de sa forme. Pourtant cette persuasion conditionnelle qui se conjugue au présent est implicitement interrogative, elle doit se lire en creux : "la poésie n'existerait-elle pas ?
Ainsi elle est au contraire l'affirmation de son existence inextinguible. Il faut saluer le geste "poétique" impensable.

   hersen   
26/3/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Ceci n'est pas une pipe.

Combien tu nous démontres, Pouet, que tout dans la vie est poésie. celle-ci est directement reliée à toutes les émotions que nous ressentons, que nous ne savons pas toujours dire.

La poésie n'est pas. Elle EST.

Mon com est court, je ne décrypte pas le texte, j'espère qu'il n'est pas modérable, mais honnêtement, je n'ai rien à dire de plus.

   tundrol   
27/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une vraie merveille ce poème. Toujours des surprises, jamais de l'attendu. Et des beaux sentiments en plus.

sur le balcon
les âmes sèchent

Le quotidien fleuri, profond, intime, expressif. Bravo.

Moi aussi je voudrais bien prendre des cours de natation si c'est possible.

   STEPHANIE90   
29/3/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
"La poésie n'existe pas"

et bien dans ce cas, vous l'avez inventé Pouet. Tout est poésie ici:
"sur le balcon
les âmes sèchent"
"car j'ai repeint les murs
du gris de mes silences
en mimant les couleurs
de tes éclats de vivre"
"des mots sur le parvis des rêves"
quelques éclats de bravo pour ces jolis mots, rien de trop pour un merci à demi mot.
Stéphanie

   Angieblue   
23/6/2020
Ce poème m'a bouleversée.
La phrase finale comme une sentence a résonné en moi comme la phrase d'Aragon "Il n'y a pas d'amour heureux".
C'est ironique, désespérant, mais c'est l'histoire de la vie.

J'ai aimé la poésie, le lyrisme et la nostalgie qui émanent de ce texte. C'est d'une tristesse majestueuse et les images sont fortes.

Mes passages préférés sont:

"Le souvenir éteint de ce linge froissé
sur un fil de fer tu étendais nos peines"

"sur le balcon
les âmes sèchent"

"car j'ai repeint les murs
du gris de mes silences
en mimant les couleurs
de tes éclats de vivre

un ange s'est pendu
aux cils de l'espoir
lorsque tu recopiais
un verset de mon cœur"

Enfin, il n'y a pas de mot, c'est tout simplement beau et bouleversant!


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