|
![]() ![]()
|
| Provencao
3/8/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
|
Bonjour Pouet,
J'ai trouvé très riche et très intéressant cette poésie avec ce moratoire du jugement et de la réalité du récit n'entrainant aucun accès à quelque certitude ... Et en tant qu’aveugle au découvrir suspendu... vous avez su par cet écrit ouvrir cette porte où se rencontre l’attention portée à ce livre de la part d’ombre. Belle justesse de sourire, d'émotions et d'humilité à la confluence de la pensée et de la vérité . Au plaisir de vous lire, Cordialement |
| LeChevalier
4/8/2026
trouve l'écriture
convenable
et
n'aime pas
|
Reformulation de mon commentaire initial, déposé le 3 août :
À part le titre, qui me semble une écriture à l'envers du nom "Babel", je peux dire que je n'ai rien aimé dans ce texte. Je comprends bien que ce style est volontairement tel et qu'il ne s'agit pas de maladresses commises par inadvertance mais pour les écarts au langage naturel sont trop appuyés et la poésie, plutôt que d'y gagner, y perd. Je vais développer des exemples plus bas. Voici des expressions qui me déplaisent justement par leur souci à ne pas être commodes : "Il feuillète sa face à la boue sans mèche" (les mots face et mèche appartiennent au même champ lexical mais le rapport avec la boue et le feuilletage est bien obscur), "il fend la connaissance depuis sa cécité" (comment lirait-on si on est aveugle ?), "laitance morne" (la laitance, c'est les produits sexuels des poissons mâles), "le silence froisse" (oxymore qui avoisine la préciosité au sens littéraire). Quant à "un phare foré", j'ai trouvé cette paronomase ridicule ; on dirait une personne qui bégaie... Si les collocations sémantiques m'ont paru trop forcées dans un souci d'originalité, je trouve que la syntaxe est bonne, même s'il n'y a pas de points. Il y a des majuscules qui sous-entendent des points mais qu'aurait-on perdu à écrire les points aussi ? Le seul défaut syntaxique que je repère, c'est l'absence du pronom relatif "qui" devant les verbes de la série qui commence avec "l'entourent, le quadrillent" (là non plus, je ne vois pas ce qu'on gagne à ne pas écrire la virgule). Bref, je trouve ce texte trop artificiel, voire volontairement abscons par moment. Ça plaît aux amateurs de forme déjantée, tant mieux pour l'auteur. P.S. J'ai oublié de dire : en lisant le mot "Lebab", il est difficile de ne pas penser au mot "kebab". |
| Passant75
3/8/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
|
À la première lecture, j’ai trouvé ce texte particulièrement hermétique. Puis, si la majuscule au début de LebaB en fait un nom propre, la majuscule à la fin m’a semblé inviter à lire ce nom à l'envers. On peut alors voir surgir Babel et la confusion des multiples langues, comme si le poème livrait discrètement sa clé. La « multitude des bouches » correspondant à la multitude des langages m’a paru aller dans le sens de cette hypothèse.
Le personnage, cerné par des piles de livres, n'est plus un simple lecteur, il devient celui qui tente de retourner Babel, retourner à l’avant Babel, pour retrouver une parole originelle. Mais cette quête se heurte à l'impuissance « de l’infini langage ». Les « ouvrages cacophoniques », la « pensée qui ne saurait éclore », le « soleil bégayant » décrivent un monde où les mots ont du mal à faire comprendre le réel. Bien entendu, tout cela n’est qu’interprétation de ma part. Mais, à ne pas vouloir abandonner un texte au motif qu’il paraîtrait opaque, on finit par y apporter sa propre expérience, ses propres associations d’idées, ses propres échos. Cela étant, que mon interprétation soit vraie ou non, elle m’a, au moins, permis de relire ce texte en cherchant à éclairer ce qui, de prime abord, l’avait rendu obscur à mes yeux. Encore que je sois resté étranger à certaines images, dont notamment « l’océan perpendiculaire » que j'ai vraiment du mal à cerner. |
| Polza
3/8/2026
|
Autant le dire tout de suite, je ne pense pas avoir compris de quoi parlait votre poème. Ce n’est pas un mal en soi, ne pas comprendre comment pousse telles ou telles fleurs ne les empêche pas d’être jolies et de sentir bon !
Je me suis aperçu de deux choses dans le titre, une sans trop de difficulté, l’autre en cherchant dans un moteur de recherche. LebaB, ça fait BabeL en verlan, ça, je pense que je ne serais pas le seul à vous le dire. Mais LebaB (et c’est là que j’ai cherché un peu), ça voudrait dire « coeur » « ésprit » en hébreu… Des piles des piles et encore des piles de livres » Les livres remplacent peut-être les briques pour construire la tour de Babel et ainsi accéder à la connaissance, à Dieu… Peut-être pas dans le style, mais dans l’idée, je trouve qu’il y a un petit quelque chose de « En attendant Godot » dans ce poème… on suppose 3 fois, on n’est pas sûr, existe-t-il seulement ou est-il le fruit de notre imagination ? Je ne suis pas le roi de l’exégèse, mais je trouve qu’il y a beaucoup de contradictions ou d’oppositions (volontaires) dans ce poème, comme « le quadrillent en cercle itinérant » ou « l’étouffent/le rendent libre » par exemple… Les livres c’est le savoir, le savoir peut-être étouffant, mais il rend libre ? « il fend la connaissance depuis sa cécité » Ce passage m’a fait penser au film « Little Big Man » quand le chef indien dit « Merci de m’avoir donné la vue et de m’avoir rendu aveugle pour que je voie plus loin… » « Dehors le silence froisse un soleil bégayant et l’horizon se perd en écholalies. » Il est à noter que le point final est la seule ponctuation de ce poème. J’aime beaucoup ces deux derniers vers que je trouve très imagés. Je ne trouve pas votre poème inintéressant, loin de là, mais je suis bien incapable de donner une appréciation globale ! Cela ne veut pas dire que je n’ai pas aimé, cela ne veut pas dire que j’ai adoré, à vrai dire, je ne sais pas quoi en penser… |
| Pussicat
3/8/2026
|
Il m’a fallu plusieurs lectures avant d’oser un commentaire de votre texte.
Commençons par le titre qui n’est pas du verlan, mais BabeL écrit à l’envers ; le verlan de BabeL aurait donné beL-Ba. Pourquoi dans ce cas écrire BabeL en lettres inversées ? Ajouter de la confusion à cette tour de Babel ? Je ne sais comment saisir ce personnage, LeBab. « Il est assis sur une chaise LeBab on suppose Des piles des piles et encore des piles de livres l'entourent le quadrillent en cercle itinérant l'étouffent le rendent libre Le cachent lui du réel diffus » Cette introduction place le personnage (également lieu ?) à l’intérieur de quelque chose qui pourrait ressembler à une bibliothèque, le coupant de toute interaction avec le réel, à la fois donjon, prison capitonnée de « cette blancheur opaque de la pâte à rêver » et source d’imaginaire, d’évasion : dualité enfermement / liberté exprimée par l’oxymore « l'étouffent / le rendent libre ». « Il feuillète sa face à la bougie sans mèche le poignet tremblotant de prose craquelée en désespoir de Temps Ce sourd brouhaha d'expression incomplète Dans sa verticalité de songes le regard retranché voilé d'imaginaire il fend la connaissance depuis sa cécité Devant ses yeux l'envers d'ouvrages cacophoniques » Tout est caché dans une boîte hermétique, un caché rendu par des contre-sens, des oxymores (« Ce sourd brouhaha d'expression incomplète »), des suppositions (« Il est assis sur une chaise LeBab / on suppose » répété 3 fois comme un refrain, une antienne, une façon de fixer durablement le verbe / l’action / le texte, mais aussi la lecture du texte (« assis sur une chaise ») et pourquoi ne pas envisager le lecteur (?). Le personnage LeBab fusionne avec le lieu, il en porte le titre, son visage devient livre, pages « Il feuillète sa face à la bougie sans mèche », il s’effeuille dans le noir : pas de mèche, pas de flamme / pas de flamme, pas de lumière / pas de lumière, pas de lecture… à moins que. A moins que LeBab n’aie aucun besoin de lire étant la source même, une proposition de lecture que vient conforter « L'extérieur à la source ne saisit / par destin / qu'une laitance morne », l’extérieur à la source du savoir serait le lecteur qui, par destin, ne sait pas – encore (?). Comme évoqué, tout part dans tous les sens, se choque, à l’envers, haut, bas, connaissance, ignorance, voir, cécité, réel, imaginaire… « Dans sa verticalité de songes / le regard retranché / voilé d'imaginaire / il fend la connaissance depuis sa cécité / Devant ses yeux l'envers d'ouvrages cacophoniques », les ouvrages deviennent sons. J’avoue bloquer sur ce paragraphe « Multitude de bouches / fines et ciselées / d'écarlates élans / psalmodiant la pensée qui ne saurait éclore », que sont ces bouches, à qui appartiennent-elles ? Je m’égare peut-être, mais mon interprétation de la fin de votre texte me fait penser, maintenant, à une chambre d’isolement psychiatrique dont la sortie, le regard vers un extérieur, serait la fenêtre imaginaire dessinée par les lectures, qu’on imagine inquantifiable, du LebaB. « Seul un tunnel pourtant d'ailleurs capitonné à angle droit du sol un tronc empli de ciel tout tout au creux du bourgeon un phare foré par l'océan perpendiculaire éclosion tubulaire de l'infini langage de l'autre en son passage » Enfermé dans ce donjon capitonné, recouvert (construit) « de cette blancheur opaque de la pâte à rêver », LebaB n’aurait pour seul horizon que la vision d’un ciel océan imaginaire, une possibilité offerte par ce tunnel-tour qui se déploie, verticale, comme la fibre connectant LebaB avec "l'autre" : branchez-vous sur le secteur ! « un tronc empli de ciel tout tout au creux du bourgeon » la répétition de « tout » est-elle une faute volontaire ? J’apprécie particulièrement les deux derniers vers « Dehors le silence froisse un soleil bégayant / et l'horizon se perd en ses écholalies. ». Un texte d’abord difficile, à relire, une lecture éprouvante (non pas en son sens dépréciatif, mais qui demande une attention qui épuise), dont je ne suis pas certaine d’avoir saisi l’essence (les sens), peut-être empêchée par une une trop grande utilisation de contraires qui s’entrechoquent et dévie ma lecture, de mots clés connus de vous seul. Une réflexion sur le savoir, la connaissance, l’imaginaire comme échappatoire à un réel diffus, confus, contrebalancée par une forme d’oppression induite par cette prison-tour ? La difficulté de mettre en mots cet imaginaire rendue par ce vers « La raideur du dire / en sa pose éclatante » ? On continue à supposer. A bientôt de vous lire, Edition : je reviens retirer les balises <i>texte</i> qui ne fonctionnent pas en commentaires, à moins que... |
| Myndie
3/8/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
|
Bonjour Pouet,
Vertige de la langue. Tes poèmes ont toujours cette voix singulière et cette force d'évocation qui me rappellent l'univers littéraire exigeant de Michaux ou de Ponge. Ici, ce qui me frappe, c'est que tes vers distillent en même temps une impression de claustrophobie, d'isolement : « Des piles des piles et encore des piles de livres l'entourent le quadrillent en cercle itinérant l'étouffent » (et paradoxalement le rendent libre) et une ouverture sur le monde de l'imaginaire : « le regard retranché voilé d'imaginaire il fend la connaissance depuis sa cécité » un passage joliment formulé qui me fait penser à Homère, l'aède aveugle. Comme tout le monde, j'ai lu « Babel » inversé : faut-il y voir alors une déconstruction de soi-même malgré ou à cause de la multitude de livres ? Parmi les images très riches, mes préférées : « cette blancheur opaque de la pâte à rêver » (qui fait du livre une matière vivante) « et l'horizon se perd en ses écholalies. » Même si sa structure, entre rythme suspendu, espaces blancs et sauts de ligne fait parfois perdre le fil de la syntaxe, même si mon ressenti est sans doute très loin de ton intention d'auteur, j'ai trouvé ce « LebaB » très recherché, exigeant et intensément poétique. |
| David
3/8/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
|
Salut Pouet,
Le poème m'a aussitôt touché, le lisant en passant, je reviens le relire et commenter. LebaB -> Babel a été mon premier regain, comme si je cherchais un code, mais pas vraiment. J'ai quand même regardé s'il existait réellement des "chaises LebaB". La majuscule à la fin appuie bien en plus. Mais ça pourrait être simplement "LebaB" pour "le baba cool", le hippie, l'écoterroriste :) Surtout, je n'avais presque rien lu et déjà je partais sur le mot, c'est le fameux arbre qui cache la forêt. C'est le nom d'une chaise dans le poème, comme avec une marque commerciale, je m'imagine quelqu'un d'assis et tiens, je suis assis présentement ? Il y a des piles et des piles de livres et tiens, ce n'est pas à côté de moi mais non loin dans la chambre, et pareil aussi pour l'étouffement, la liberté, qui viennent dans les vers... un effet miroir : je lis un texte au hasard et tiens, c'est comme s'il me racontait ? En commentant, c'est comme si je racontais ce poème qui semble me raconter, comme si je présentais un miroir au miroir... Babel, c'est quoi déjà ? Je sais, ce n'est pas une histoire de labyrinthe version palais des glaces, et pourtant, si j'ose l'écrire ici, on dirait que ça rime. Ça fait lien. "Il feuillète sa face à la bougie sans mèche" (ça existe les bougies sans mèches, j'ai pas bien saisi l'image, de la fumée sans feu, je pense à ça, là) mais je reviens au miroir qui rime un peu ici, et plus loin : "Dans sa verticalité de songes le regard retranché voilé d'imaginaire" Il est assis, comme moi, et je lis sur l'écran que le poème... me semble un peu évoquer ça aussi. "il fend la connaissance depuis sa cécité Devant ses yeux l'envers d'ouvrages cacophoniques" J'ai vu une fin de partie ici, un peu avant le retour de la chaise, et c'est comme un sas où vient se loger cette histoire de laitance... je retiens ça : "cette blancheur opaque de la pâte à rêver" j'ai l'impression que "opaque" est un verbe conjugué, je le lis comme ça. Puis c'est le retour de la chaise, elle reviendra encore pour la toute fin, et elle est vraiment "Babel" là, je la vois bien. ça finit sur "écholalies" et je me demande si ça a à voir avec la répétition : "un tronc empli de ciel tout tout au creux du bourgeon" comme un écho au milieu de la phrase : tout, tout, tout, tout... Je ne veux pas traduire bien entendu, c'est déjà en français, et j'aime bien cette façon de manier la langue, un peu comme si elle était peinte au lieu de dite, et pas du tout pour faire moins bien qu'une carte postale, mais pour révéler un paysage inaccessible autrement. Le poème parle sans doute de liberté. |
| Cyrill
4/8/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
|
Salut Pouet.
Ce que je trouve intéressant dans ce poème c’est son hermétisme, qui permet de partir en live à partir d’une marque non déposée. Lebab m’évoque une chaise de styliste un peu bancale, je tiens le visuel. Reste à me laisser éprouver cet inconfort, fait d’une syntaxe étrange, d’images renversées. Je me retrouve dans ce malaise, comme ce « il » face à lui-même qui « feuillète sa face » en « Multitude de bouches ». Des moi-lisant les moi-lus et inversement jusqu’au vertige. Comme une mise en abîme de la connaissance et de l’aveuglement. « regard […] voilé d’imaginaire », « laitance morne », « cette blancheur opaque de la pâte à rêver », comme autant de cataractes qui participent à la sensation d’une vision trouble. Mais il y a pourtant un « phare foré » dans le cristallin malade. Il y a un moyen (« seul un tunnel pourtant » ) de comprendre le monde et de le traduire. De l’investir aussi, c’est l’espoir que je lis. Pour ma part, j’ai compris et traduit à ma façon bien incomplète la multiplicité de sens de cette Babel inversée, avec un voile d’imaginaire et un poil de fantaisie. Mais il en va parfois ainsi de la poésie, « on suppose », et ce « on » laisse le champ libre à la lecture dès le début du poème. Merci pour le partage. |
| Eskisse
4/8/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
|
Bonjour Pouet,
J'y ai lu un lointain écho de La bibliothèque de Babel de J.L.Borges atteint de cécité lui aussi et pourtant si érudit. Mais avec cet état de déréliction qui s'abat sur le personnage. Dieu punissait Babel dans la littérature biblique, dieu ici abandonne l'homme à ses défauts de langage et à l'incommunicabilité. L'homme handicapé. Je n'ai rien de bien intéressant à ajouter sinon dire que j'ai aimé tant le thème que le traitement. |





