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| Volontaire
16/9/2025
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
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Bonjour,
Ce poème attire mon attention. L'écriture n'est pas facile à appréhender, pleine de disjonctions, mais pourtant elle est d'une beauté désarmante. Paroles gratuites, hors discours, comme lancées au vent. C'est un peu comme une conversation qui divague tard le soir, en promenade ou devant le feu qui crépite. Mes vers préférés : "Nous partageons cela ; rien ne nous appartient, ni nos coeurs ni nos gouffres." Merci de ce partage :) Bonne journée, |
| Donaldo75
26/9/2025
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
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J'ai bien aimé la tonalité de ce poème en prose, un genre difficile s'il en est. Je ne sais pas s'il est possible de réconcilier du sens avec cette poésie mais l'écrit ne laisse pas indifférent.
"Logent en ma mémoire tes éclats de silence et puis cet océan, ces sentiers caillouteux, nos traces dans la poudreuse... Nous recherchions l'empreinte." Si ça c'est pas d'la poésie, je n'y connais rien. C'est, avec la phrase de fin, le plus beau passage de ce poème. Bravo ! |
| Ornicar
28/9/2025
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
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La fin d'une belle histoire qui prend l'eau, sans que rien, ou presque, nous soit rapporté et donc "raconté". Le regard du narrateur se déporte sur d'infimes éléments extérieurs à l'histoire, sources de perceptions visuelles (le vert et le rouge), olfactives (l'essence et son odeur), auditives (le rouge "hurlant" de la tondeuse), gustatives (la présence de la "cendre" et du goût qu'elle peut laisser en bouche) dressant alors un état des lieux clinique de sa relation et des sentiments qui l'animent.
Je trouve que ce texte est rès visuel et a de l'impact, non pas "à la" mais "après" lecture, quand mon cerveau, reliant les différents éléments de ce puzzle, leur trouve subitement cette signification. Mais je peux aussi me tromper ; c'est juste mon interprétation. Mention spéciale pour cette image percutante ("essence contre brin d'herbe, rouge hurlant sur vert tendre") qui m'a saisi d'emblée, distillant sa part de mystère et d'atmosphère sourde et malsaineun peu à la façon d'un film de David Lynch. |
| Provencao
7/10/2025
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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Bonjour Pouet,
Un véritable coup de coeur en lecture de votre poésie. "Ton regard a vécu" offre esquisse à une belle et douce émotion, à un éclat, une image, une clarté littéraire dans cette griffe et signature rendant sensible et perceptible ce qui l’est moins : un "secret" qu’il faut dédier. Je fête ce délicat. Au plaisir de vous lire, Cordialement |
| papipoete
7/10/2025
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
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bonjour Pouet
Je me rappelle de tes " éclats de silence ", un peu comme le bruit de la neige qui tombe, dans un fracas de coton. Peut-être que la tondeuse à gazon, parlait pour toi alors que se menait cette razzia de l'essence, contre les brins d'herbe se couchant sans rien dire... Tout s'est englouti dans cet océan, où tu es parti. NB ah le père qui ne disait rien, même quand il put hurler contre un os, un emmerdeur sonnant à la porte ( smartphone n'existait pas ) je revois encore ton regard, qui me parlait, lui... Heureux une fois de plus de lire notre poète ! |
| Lebarde
7/10/2025
trouve l'écriture
convenable
et
aime bien
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Rien ne va plus, entre nous c’est du passé.
Des choses bien matérielles qui ne nous appartiennent pas nous le rappellent: une tondeuse rouge « qui grignotait le temps et l’espace » et le vert du gazon « ces chemins caillouteux, des traces dans la poudreuse » Originales images que je visualise et lis volontiers, pour le reste je n’ai pas la compétence pour juger. |
| Lapsus
7/10/2025
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
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Un texte tout à l'économie, mais riche d'interrogations.
Un passé composé à deux qui a fini de l'être ? Une communion qui n'est plus que celle des souvenirs ? C'est un croquis d'une vie partagée qui s'achève. |
| Eskisse
7/10/2025
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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Bonjour Pouet,
Un texte mélancolique, âpre, dur et tranchant comme les lames de la tondeuse ou "les éclats de silence" L'amour désenchanté y est évoqué par ce qui reste des souvenirs : La douleur et la tendresse. L'autre n'est évoqué(e) d'abord que comme un être pulvérisé dans le temps, n'a plus de corps : " ta pensée", "tes éclats" . Le locuteur n'est que mémoire: " Mes souvenirs" , " ma mémoire". L'union du couple se fait dans une matière éphémère, la poudreuse, et les traces qui y sont laissées sont vouées à disparaître sauf dans la mémoire du [je ] La recherche est celle de l'empreinte, c'est celle du contact avec le monde. Il y a dans cet état d'âme une tension entre l'effacement et la vie. Le "nous" de " nous partageons cela" n'est pas le "nous" de l'union du couple, c'est celui, plus courant de tous les êtres humains. Le partage se fait avec l'humanité. Le texte se fait, en sa fin, maxime pour énoncer une vérité. Celle selon laquelle : "rien ne nous appartient ni nos coeurs ni nos gouffres" C'est fou alors ce que ce vers nous parle. ( A moi, il me parle) Je me dis qu'en effet, nos amours sont peut-être déterminées, peut-être viennent-elles de loin...et nos douleurs relèvent souvent du destin. Je mets une très bonne appréciation pour le "rien ne nous appartient ni nos coeurs ni nos gouffres" et aussi parce que ce texte, plus je le lis plus il m'émeut. |
| A2L9
7/10/2025
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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Je ne peux m'empêcher de lire "Mes souvenirs mes parents", avec cet image du père hurlant comme sa tondeuse les kilomètres d'herbes à hacher menu,
et puis le métal rouille, la matière brûle, que reste-il de ce qui fut ? Les lieux se souviendront peut-être des rires. Un poème court qui dit long sur des vies. |
| Luz
8/10/2025
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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Bonjour Pouet,
Un poème qui me fait chantonner "Avec le temps" de Léo Ferré, une des plus belles chansons que je connaisse. Ce poème est fort, poignant ; chacun sans doute peut s'y retrouver. La vie a mille regards, heureusement. Bravo ! Luz |
| RaMor
9/10/2025
trouve l'écriture
très perfectible
et
n'aime pas
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On sent de belles images qui claquent, mais ça mélange un peu tout et ça perd le fil : la tondeuse à gazon qui « grignote le temps » met un décor très prosaïque, puis tu passes direct aux grands mots (mémoire, empreinte, gouffres) – ça jure. Les paysages s’empilent (océan, sentiers, poudreuse) sans vraiment tenir ensemble. Quelques phrases sonnent sentencieuses (« rien ne nous appartient ») et l’italique + points de suspension appuient beaucoup. Il y a aussi des accrocs de langue (« Et moi me demandant qu’elle était ta pensée ») qui cassent l’élan. La chute « Ton regard a vécu » vise l’épure mais retombe sur une formule déjà entendue.
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| David
10/10/2025
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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bonjour Pouet,
C'est très court - comme un gros haïku - mais je le trouve intense. Il y a dans les mots comme un jeu de vocabulaire entre l'espace et le temps - la tondeuse à gazon pour parler d'espace, ça me fait sourire : la terre est plate comme une pelouse :) - et c'est le temps qui surplombe tout de même "l'empreinte" est nettement marquée de mélancolie, mais en mouvement comme des traces de skieurs : pour un temps immobile sur un présent mouvant. Ça fait une belle épitaphe : "ton regard a vécu". Avec son double sens : on peut la lire comme s'appliquant à une ringardise, une injonction à tourner une page, mais j'ai plutôt lu un superbe point final, une plénitude : il ne s'agit pas de tout voir mais d'avoir au moins une fois vraiment regarder. |
| Myndie
12/10/2025
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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Beauté désarmante, cela a été écrit et c'est juste ce qui me vient après la lecture de ton poème. Il y a une douceur un peu triste, de très belles images, beaucoup de couleurs et des sons sublimés, comme ceux des « éclats de silence » qui envahissent la mémoire.
L'Autre n'est plus qu'un souvenir et c'est toute la mélancolie de la résignation qui passe à travers le poème. C'est très court mais tellement dense! Il n'en fallait pas plus pour nous dire la fin d'une histoire et c'est là tout ton art poétique. Merci Pouet |
| Louis
16/10/2025
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
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Qu’est-ce qui fait l’unité de ce poème, dont le contenu des vers semble si disparate ?
N’est-ce pas avant tout le souci de la marque, de la trace, de l’empreinte ? Les premiers vers se focalisent précisément sur une marque, celle couleur sang d’un « rouge hurlant sur vert tendre ». Marque d’un passé, à la fois d’un évènement du passé et d’une impression qu’il a laissée, d’une trace qui s’est perpétuée dans le psychisme du locuteur. Cette marque possède l’éclat d’une résistance contre une puissance rongeuse, identifiée à une « tondeuse à gazon », objet elle-même de souvenirs qui s’en « parent » et s’en emparent, souvenirs permis par la marque et la trace occasionnée. La tondeuse, en effet, devient l’instrument de la force qui, métaphoriquement, « grignotait l’espace, le temps, et la blessure », et les absorbait dans son ventre d’oubli. De façon paradoxale, cette tondeuse, si elle paraît d’un côté un instrument d’oubli, semble aussi d’un autre côté favoriser la mémoire, en ce qu’elle permet de couper cours au temps qui passe, de le couper "court" aussi, tout autant que l’immensité de l’espace, pour se concentrer sur une marque, infime mais prégnante, de couleur vive. Les souvenirs se font, non pas machine à remonter le temps, mais instrument de découpe de ce qui sépare dans l’ordre des successions, le temporel, et dans celui des juxtapositions, le spatial, afin de rétablir une proximité. Ils se parent contre ce qui dépare, mais sans véritablement "réparer". D’où la « blessure ». Si celle-ci semble une dimension supplémentaire du réel, ajoutée à celles du temps et de l’espace, elle s’avère plutôt leur union : synthèse de séparations dans le vécu affectif. Elle se mêle pourtant à une blessure corporelle, à une plaie effective saignante dans le souvenir, occasionnée par une pure tondeuse à gazon sans métaphore ajoutée. Cette blessure reste marquante. Elle a donné lieu à une trace, une empreinte chez le locuteur, bien qu’il ne soit pas précisé qui en est la victime. La suite du texte indiquera qu’il s’agit d’une personne indéterminée, mais importante dans la vie du locuteur, personne familière que le texte tutoie. La teinte « rouge » ressort de cette marque ; elle n’est pas "parlante", mais très expressive, « hurlante », et ressort d’autant plus qu’elle repose sur un « vert tendre ». Le cri et la douleur sur fond de tendresse constituent la marque même, ineffaçable, de la personne à qui s’adresse le poème, et la pérennité de sa trace, imprimée, inoubliable, dans l’être même du locuteur. Cette teinte rouge, qui est celle du sang, décline la marque en "symptôme". En signe donc dans la personne tutoyée d’un syndrome, complexe affectif de colère, d’intransigeance et de douleur sur fond de bienveillance. Une deuxième image, une deuxième trace se superpose à celle qui vient d’être évoquée : « cendre sur la rouille ». La cendre est le signe aussi d’un passé, la marque d’un feu éteint, la trace laissée par ce qui s’est consumé. Elle est associée à la « rouille », un marqueur également du temps qui passe, altère, dégrade, étiole. Sans doute est-elle la tache de sang dans son étiolement, le feu vif de la marque rouge mais décolorée, recouverte du résidu d’une combustion temporelle par la trace des cendres. La marque première rouge vif se mue en celle d’une perte, en signe d’un manque dans la transmission de toute la richesse de la personne : « Et moi me demandant quelle ( et non « qu’elle ») était ta pensée » Perte qui laisse le locuteur seul et désemparé. Et dans l’incompréhension de cet intime qui n’a laissé que des « traces » à lire, mais qui ne constituent ni un langage ni une pensée. Les paroles d’une pensée, en effet, n’ont pas été transmises : « logent en ma mémoire tes éclats de silence » La personne familière ne s’expliquait pas, ne rendait pas compte de ses colères ou de son intransigeance, ne révélait pas ce qui dictait son comportement ou sa façon d’agir. Là où du sens était attendu, des justifications et la clarté de la raison, ne se manifestait, pour tout éclat, que le muet silence. Une personne enveloppe dans la mémoire les paysages qu’elle a fréquentés, et qui lui sont associés, d’où les « océans », « les sentiers caillouteux », développés en images, mais surtout : « nos traces dans la poudreuse » Face à l’océan, espace lisse, où s’effacent toute trace de passage, où meurent très vite les sillages, se tiennent les sentiers solides, caillouteux, qui permettent à la « poudreuse » de s’étaler, à des traces de se former en durables sillages. Il faut pour cela y "marcher"sur les chemins, or ce verbe signifie moins, étymologiquement, l’avancée d’un déambulateur que le signe de son passage par la marque de son pas. Marcher et marquer : la ressemblance des mots désigne une même "démarche". « Nos traces » ainsi, en mémoire d’une marche commune, et puis cette déclaration : « nous recherchions l’empreinte ». S’il s’agit d’une "recherche", d’une quête, c’est que dans la visibilité de la trace, ce qui l’a engendrée se dérobe et demeure invisible, jamais présent "en personne". La quête de l’empreinte s’avère donc avant tout celle de sa cause, celle qui lui a donnée forme. Mais l’empreinte recherchée est ici tout intérieure, une empreinte dans l’ "âme", un cachet imprimé en elle qui témoigne d’un passage, d’une passation, d’une transmission, en ce que chacun n’est pas l’auteur du pli de son âme. Ainsi peut-on comprendre l’aphorisme énoncé dans la suite du poème : « rien ne nous appartient Ni nos cœurs ni nos gouffres. » La marque qui laisse une trace, autrement dit une empreinte, ne constituerait donc pas une "démarcation", la frontière du territoire d’un sien propre, mais la tonalité, la coloration de l’âme laissée en soi par un autre, comme ce rouge hurlant sur fond de vert tendre, présent, marquant chez l’intime tutoyé, et reçu par transmission. Alors, rien ne nous serait propre. Tout serait partagé : « nous partageons cela ». L’existence semble une série de pistes, de trajectoires, de lignes sur lesquelles se transmettent des "impressions", circulent des passagers nomades, sans territoire propre, qui en sont leurs réceptacles avant d’en être leurs vecteurs. Les traces pourtant sont à lire, les empreintes demandent une lecture, les traces supposent même une interprétation. Ce qui s’est inscrit dans l’ "âme", comme dans le corps, exige donc un « regard ». Avec mélancolie, le dernier vers énonce, dans une brièveté où déborde pourtant l’émotion : « ton regard a vécu » Le locuteur se retrouve ainsi solitaire, seul à lire dans l’incertitude des traces qui viennent de loin. Seul, mais non isolé, puisque habité comme tout un chacun par ce qui ne lui appartient pas, et qui lui est avec autrui en partage. Merci Pouet. |
| EtienneNorvins
19/10/2025
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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Tout est déjà dit quand on lit trop tard. Juste un témoignage de plus de la puissance de ce texte dans une sensibilité de lecteur, particulièrement touché par l'évocation des difficultés de la transmission entre père et fils, via ce paradoxe liminaire et si expressif, de la tondeuse qui lie...
Merci. |





