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Chansons et Slams
PPeronne : Maryline macadam
 Publié le 29/06/20  -  16 commentaires  -  1831 caractères  -  145 lectures    Autres textes du même auteur

Slam.


Maryline macadam



C'est une ombre de la nuit qu'éclairent les projecteurs du cinéma urbain,
Une Maryline ou une Lolita sur un bout d'asphalte, qui fait l'tapin.

Elle vient de Roumanie ou de Bulgarie, enfin j'sais pas bien.
Elle connaît deux ou trois mots d'français, les plus courants : salut, c'est combien ?
Trente euros la pipe, cinquante l'amour, là-bas au parking.
Les p'tits yeux porcins matent sa poitrine, s'éberluent sur son string.
D'accord, mais sans préservatif... Quoi ?... Without condom.
Elle dit non à ce gnome qui se prend pour un homme.

C'est une ombre de la nuit qu'éclairent les projecteurs du cinéma urbain,
Une Maryline ou une Lolita sur un bout d'asphalte, qui fait l'tapin.

Elle est là toutes les nuits, pour elle, y a jamais d'dimanche.
On choisit pas son ghetto ; pour en sortir, elle s'endimanche.
Par tous les temps, l'temps passe ; il passe avec ou sans passes.
Et sa famille qui tire le diable par la queue, et les macs qui menacent.

Elle vient de Roumanie ou de Bulgarie, enfin j'sais pas bien.
La faim justifie ses moyens ; quand t'as faim, l'tapin c'est l'gagne-pain des filles de rien.

Dans son sac à main, ses clopes, son portable et la photo d'son gamin.
Pour lui, elle est Sa Madone. Un coup d'frein ; elle redevient putain.
Les p'tits yeux porcins matent sa poitrine, s'éberluent sur son string.
Cinquante euros ? Monte, chérie, j't'emmène au parking.

C'est une ombre de la nuit qu'éclairent les projecteurs du cinéma urbain,
Une Maryline ou une Lolita sur un bout d'asphalte, qui fait l'tapin.

Le trottoir est soudain étrangement désert. Je reste seul dans son coin.
Elle est au turbin avec ce groin. Elle m'a laissé son parfum. J'serai là demain.


 
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Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   papipoete   
12/6/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
chanson et slam
elle est là tous les soirs, qui tapine ; elle vient de l'Est et ne sait guère de français, juste ce qu'il faut pour exercer son turbin " trente euros la pipe, cinquante l'amour, là-bas au parking " et le conteur a cette fille dans la peau ; " je serai là demain ! "
NB une histoire éternelle, l'amour tarifé dans une camionnette, pour manger et ne pas oublier son gamin loin au pays...
Filles de joie disait-on, alors qu'au ras du macadam, il ne faut pas faire la difficile même si le coeur un jour saigne...
Je ne choisis pas de passage en particulier ( tous me touchent ) et comment ne pas s'enamourer de cette " fille de rien ? "
Bien sûr qu'une musique, une voix chantant cette histoire, purent enjoliver ces lignes ; mais toute nue, cette écriture m'enchante !
papipoète

   Queribus   
13/6/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Un texte qui décoiffe avec son côté "Mac Orlan" et son langage peu académique. Malgré son aspect un peu argotique, la rédaction de ce texte a dû demander beaucoup de travail et l'en semble me semble très réussi et très habilement construit.

Comme je le rabâche sempiternellement, la musique, le fond sonore, la voix du chanteur ou du déclameur, s'ils sont bien choisis, apporteront un plus qui fera de l'ensemble une belle réussite.

Bien à vous.

   Donaldo75   
18/6/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Voici un slam que je qualifierai de presque cinématographique dans l’expression et la manière d’envoyer les images au lecteur. Les vers longs vont bien avec le thème ; il en résulte une tonalité sombre, urbaine, qui confirme bien la promesse délivrée par le titre. Le champ lexical utilisé ne donne pas d'indication sur la période - je le dis parce que souvent les auteurs indiquent leur origine générationnelle par le langage du slam ou de la chanson - ce qui permet l'universalité de l'ensemble, puisque la situation décrite a toujours existé et dans tous les pays. C'est d'ailleurs ce qui la rend si triste, à désespérer de l'être humain mais ceci est une autre histoire.

   Kity54   
30/6/2020
Modéré : Commentaire trop peu argumenté.

   Corto   
29/6/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↓
J'ai toujours du mal à apprécier un slam sans sa bande son. Pourquoi donc ne pas la fournir ici ?

Ce texte est assez réaliste, mais pas vraiment original.

Depuis que Georges Brassens a écrit et chanté "la complainte des filles de joie" il est dur d'assumer la comparaison.

Et oui "c'est pas tous les jours qu'elles rigolent"...

   fdard   
30/6/2020
Modéré : Commentaire trop peu argumenté.

   caro   
30/6/2020
Modéré : Commentaire trop peu argumenté.

   Angieblue   
29/6/2020
Excellente maîtrise de la forme chanson avec un refrain détaché qui revient en boucle.

Le texte est bien rythmé et rimé, c'est nickel au niveau des sonorités.
Joli aussi le jeu sur les allitérations et les assonances.
Je trouve cette phrase très réussie:
"Par tous les temps, l'temps passe ; il passe avec ou sans passes."

Le thème est bien traité avec du réalisme et une certaine ironie.
L'émotion est également présente avec le passage sur l'enfant, mais aussi dans le côté fataliste de la chanson comme dans cette strophe:
"Elle est là toutes les nuits, pour elle, y a jamais d'dimanche.
On choisit pas son ghetto ; pour en sortir, elle s'endimanche.
Par tous les temps, l'temps passe ; il passe avec ou sans passes.
Et sa famille qui tire le diable par la queue, et les macs qui menacent."

En fait, sa condition est une routine qui tourne en boucle comme une ritournelle, et c'est tragique car tous ses lendemains sont pareils, et il ne semble pas y avoir d'issue...

On sent dans votre maîtrise du rythme que vous avez l'expérience dans l'écriture de chansons, slam ou rap, peu importe...L'important c'est que ça sonne!

   ROSY33   
29/6/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
C'est un texte fort, beau, émouvant sur la misère humaine que certains savent exploiter savamment !
Je reconnais le talent de Patrick pour décrire tout ce qui ne va pas dans notre société !

   Eclaircie   
30/6/2020
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour PPeronne,

Je regrette qu'il n'y ait pas de bande son avec ce texte. Le slam est avant tout à déclamer, il est avant tout oral (parfois improvisé).
Le support écrit est bien sûr un plus pour le lecteur et pour apprécier la qualité du texte en lui-même.
J'avoue avoir eu du mal à trouver le rythme de déclamation. Est-ce l'idée que je me fais su slam ? Un peu difficile à scander dans l'ensemble.
Cependant le portrait de cette "Maryline" est bien vu, parfois un peu forcé et/ou convenu : le gamin, la famille au pays.

Merci du partage,
Éclaircie

   Melorane   
30/6/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

Un texte au style maitrisé et aux jeux de sonorité intéressants. Un sujet qui a déjà fait couler beaucoup d'encre, mais qui est abordé ici avec intelligence. J'apprécie que le narrateur ne soit ni la prostitué, ni le client, mais un individu extérieur, assistant avec tristesse à ce triste spectacle vieux comme le monde.
Mon vers préféré : "Pour lui, elle est Sa Madone. Un coup d'frein ; elle redevient putain."

Melorane

   Myo   
30/6/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je l'ai lu en entendant la voix de "grand corps malade" dans ma tête et ça le fait.
Bien sûr, le sujet n'est pas nouveau et le plus vieux métier du monde a déjà fait couler beaucoup d'encre.
Et pourtant, aujourd'hui comme hier, la même misère, les mêmes coins sombres, la même souffrance cachée derrière le maquillage.

J'ai bien aimé ce regard qui observe de loin, avec compassion, amour peut-être...

Une lecture touchante.

   caro   
30/6/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Ce sujet, certes, a déjà maintes fois été traité, mais reste pourtant d"actualité. Il est, ici, fort bien traité, des mots justes qui touchent le cœur, un rythme soutenu qui se prête parfaitement au slam.

   Kity54   
1/7/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour,
J'ai beaucoup ce texte.
Difficile de parler du monde de la nuit sans oublier les filles de joie.
Des paroles qui pourraient être chantées par George Brassens avec son franc parler.

   Malitorne   
1/7/2020
 a aimé ce texte 
Un peu
Je ne suis pas trop fan de ce genre de texte manichéen qui pleure sur les pauvres petites prostituées et accusent les méchants obsédés sexuels. C’est vu et revu et n’apporte pas grand-chose de plus. Il me semble que la réalité est plus complexe que ça et que ces femmes ne sont pas toutes exploitées, que certains clients n’ont que cette solution pour connaître un peu l’amour même s’il se réduit au strict minimum. Il y a un aspect démagogique à cette poésie qui bien entendu emportera un large assentiment.
Concernant la forme ça passe bien, du bon slam qui mériterait qu’on entende l’accompagnement musical s’il existe. Pourquoi ne mettriez-vous pas un lien pour qu’on voit ce que ça donne ?

   dream   
2/7/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
A l’instar de Malitorne, moi aussi j’aurais quelque chose à dire sur les prostituées comme Maryline. Ce texte me fait penser à un film vu il y a peu au cinéma de ma ville, « Filles de joie» où il était question des femmes d’une banlieue du Nord de la France qui œuvraient journellement en Belgique pour la survie de leur famille, souvent seules à torcher leurs gosses et tout le tremblement, car leurs conjoints –plutôt « ex »- étaient quasiment absents pour … tout, sauf pour leur faire leur progéniture bien sûr. La misère quoi ! Mais voici l’affaire que je vous conte sans fioritures : j’ai rencontré il y a quelques années, au retour d’une remise de prix en Belgique, dans l’avion, deux dames avec qui j’ai bien rigolé. J’étais installé sur un siège trois places au milieu desdites, pas très loin de la soixantaine, pas des beautés, mais la classe (quoiqu’elles avaient de beaux restes mais on voyait bien qu’elles avaient été un peu dépréciées par quelques heures de vol), avec des voix de rockeuses (dues à la cigarette sans doute) mais drôles et… généreuses car elles m’ont gavé de chocolats et moult mignardises (friandises hein… pas de cochonnailles… j’ai vu votre œil grivois vous là-bas dans le fond)… donc, Pouf ! Plouf ! On cause pendant presqu’une heure que dure le trajet et elles me racontent leur vie à tour de rôle. Toutes deux travaillaient cinq jours de la semaine aux Galeries Lafayette d’une grande ville française et le samedi soir, leur ouvrage terminé, elles préparaient leur baluchon et filaient de bon cœur à l’aéroport tout proche pour la Belgique pour deux jours de bonheur. Leurs petites vacances hebdomadaires si vous voulez dont elles m’ont avoué prendre grand plaisir depuis longtemps déjà, car elles « aimaient ça » étaient « libérales », « choisissaient leurs partenaires » et cerise sur le gâteau, « gagnaient en deux jours de félicité ce qu’elles mettaient un mois à gagner aux Galeries ». Tout heureux d’avoir été ainsi escorté par ces deux belles de nuit, je leur promis d’aller les saluer le mardi suivant, au rayon « bas, collants… » où elles œuvraient mortellement, pour en ressortir avec une belle paire de grandes chaussettes en cachemire –nous étions en automne- beige clair (pas Belges hein !) et côtelées à souhait. Elles furent ravies de me revoir, bien entendu, et nous prîmes par la suite l’habitude de nous retrouver autour d’une « Corona de luxe » où je me délectais du délicieux breuvage mais surtout de leurs paroles qui narraient leurs dernières escapades hebdomadaires. On pouvait, je pense, entendre nos rires fuser à plusieurs encablures de là tant tout cela était conté avec bonne humeur.
Mais nonobstant ces deux points de vue contradictoires, j’avoue avoir pris grand plaisir à parcourir ce poème si joliment exprimé bien que traitant du côté tragique du plus vieux métiers du monde. Un grand bravo donc, à toi PPeronne !
PS. Je ne relis pas... ma vaisselle s'accumule...


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