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Poésie libre
Pussicat : Elle reviendra, la joie
 Publié le 06/02/15  -  14 commentaires  -  1623 caractères  -  324 lectures    Autres textes du même auteur

Un jour, j'ai connu la joie et je m'en souviens encore…


Elle reviendra, la joie



La nuit longue et lente
à trop chercher le sens
des mots sur des mots
mille-feuilles de mots.

Sans toi je ne suis rien
sans toi ne suis plus rien.

L'amour artificiel
de nos liaisons virtuelles
file dessous la terre
file dessous la mer
traverse les océans
de pays en continents
jusque dans ce café
dans ce boui-boui de tôles
cramées par le soleil.

J'ai vu le grand cyclope
le grand-père au zénith
décocher de ces flèches
dans l'ébène des corps
de ces braves guerriers.
Il plante ses aiguilles
dans leurs muscles séchés
et fait de leur jeunesse
un souvenir gracieux.

À tous ceux qui possèdent
l'ordinaire est bien triste
et moi d'où je te parle
je n'ai plus peur de rien : je sais.

Un jour
j'ai plongé dans la mer
du haut de la falaise
un cœur entre les mains.

Quand j'ai repris conscience
allongée sur le sable
il battait sang et eau.

Oui un jour
j'ai tenu un cœur entre mes mains
et il battait si fort que la joie s'est posée sur mon épaule.

Depuis
je suis de l'autre côté de la colline
de l'autre côté du jour
de l'autre côté du bord du monde qui n'est pas encore
je suis plus affamée qu'un ventre qui vient de naître et je t'attends.

Depuis
je vis seule à l'intérieur de moi
la nuit est longue

des mots sur des mots
mille-feuilles de mots.

Sans toi je ne suis rien
sans toi ne suis plus rien.


 
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   laralentie   
6/2/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'aime beaucoup ce mille-feuille de mots qui tente de dire le chagrin d'amour, le refrain tout simple avec l'effacement du "je" dans le deuxième vers. Je ne saisis pas le sens des strophes 3 et 4 et elles apparaissent comme une intrusion, cassant le rythme long et lent du poème.

   Anonyme   
6/2/2015
Bonjour Pussicat

Oui, j'en suis sûre, elle reviendra, la joie. Le plus dur est d'aller la chercher.
Très joli poème avec de très jolies images en particulier ces vers-ci :
Depuis
je suis de l'autre côté de la colline
de l'autre côté du jour
de l'autre côté du bord du monde qui n'est pas encore
je suis plus affamée qu'un ventre qui vient de naître et je t'attends.
Belle musique, semblable à celle du souffle de l'océan.
Bonne continuation.

   papipoete   
6/2/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Pussicat;l'amour virtuel que l'on voue à un être de pixels, à une voix sans visage au bout du téléphone, me rappelle un souvenir cruel. J'aimais cette femme sans l'avoir approchée, et chaque nuit je répétais ses mots, les sous-pesais, les évaluais; je gardais les mots bleus et jetais les autres ! Puis un jour, ce coeur à prendre que j'avais fait miens, m'échappa lorsque je vis et entendis en "vrai" sa maîtresse...
Votre héroïne, dont "un coeur entre les mains" battait si fort qu'il posa la joie sur son épaule, sortit de son rêve, et s'en alla "habiter de l'autre côté du bord du monde qui n'est pas encore". Maintenant, elle se souvient "d'avant l'ordinaire", et elle attend, elle attend...
Votre écriture est une nouvelle fois remarquable, j'en veux pour preuve la 8e strophe, et la 9e.

   Francis   
6/2/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Le grand vide (du haut de la falaise) fait résonner les battements du cœur jusqu'au bout des doigts. La raison se perd dans le mille-feuilles de mots. L'amour virtuel vibre dans la nuit, de l'autre côté du jour.
Un hymne dans lequel se succèdent des tableaux magnifiques ! J'ai particulièrement aimé celui du cyclope décochant ses flèches.

   Anonyme   
6/2/2015
L'idée du cœur entre les mains est forte.

   Disciple   
6/2/2015
Ce que je comprends de ce que relate ce poème : l’histoire d’une femme qui s’est laissée griser, abuser, des doux mots qu’un escroc – un de ces pauvres jeune homme africain, poussé par la misère, du fond d'un cyber-café miteux, à tenter d’abuser de la détresse affective de « riches » occidentales pour leur soutirer argent, papiers, et Dieu sait quoi encore (une bonne à moindre frais ?) – et qui a eu la chance d’ouvrir les yeux à temps (on se demande comment, hélas !) et qui s’en lamente. Parce qu’elle ne peut plus rêver – et rêver seulement, peu importe à quel prix – qu’elle est aimée… Bref, un hymne à la faiblesse, la bêtise, la lâcheté, l'hypocrisie, et j'en passe, et cela, aux dépens (quel silence à ce sujet !) de tout ce qui a permis à cette malheureuse d’échapper aux griffes du pillard qui la traquait. C’est d’un goût…
Je n’ai pas noté, parce qu’en dessous de « vraiment pas »… y avait pas !

   leni   
7/2/2015
Bomjour Pussicat
Ce texte est un extrait de télé réalité Une femme crédule est abusée affectivement par un "roublard" d'un cybercafé en tôle ondulée Les
dégâts affectifs sont importants Et cette femme n'a pas fait son deuil

Sans toi je ne suis rien
sans toi ne suis plus rien.

tels sont les propos des deux derniers vers
Cette détresse affective est décrite en images fortes Elles ont été citées dans les coms précédents

Je ne comprends pas le cyclope et les braves guerriers

Ce que je regrette(mais je n'ai pas le droit de me substituer
à l'auteur) c'est qu'il n'y a aucune lueur d'espoir alors que le titre
EST "Elle reviendra la joie"
Merci pour cet écrit"triste réalité"
Mon salut cordial
Leni

   Lulu   
7/2/2015
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai bien aimé ce poème, à l'exception de la quatrième strophe dont je n'ai pas saisi le sens et qui m'a semblé de trop.

J'aime beaucoup l'image du mille-feuilles de mots ; l'expression est toute belle et toute fraîche.

J'ai bien aimé aussi la troisième strophe qui dit bien la longueur de la séparation sur le thème de l'absence.

L'idée de la joie qui revient sur l'épaule est très jolie. Elle réapparaît là pour rester, sûrement...

Un poème triste plein d'espoir. Le titre l'appelle, en tout cas.

   Edgard   
7/2/2015
Salut Poussicat,
Je n’arrive pas à lire un seul poème dans votre texte, malgré la liaison des deux strophes d’introduction. J’ai l’impression qu’il y en a deux.
« Sans toi je ne suis rien… » J’ai l’impression d’avoir lu cette expression dix mille fois… c’est bizarre par rapport à « Un jour j’ai plongé de la falaise, un cœur entre les mains » qui me parait vrai et très poétique dans sa simplicité, et à partir de là jusqu’à la fin.
J’avoue ne pas comprendre vraiment les strophes 3, 4 ; 5 (L’amour artificiel…je sais). Si la femme a été abandonnée, comment peut-il y avoir une liaison encore ?
Je ne vois pas pour « cet amour artificiel (internet, mais pourquoi ?) …boui-boui de tôles…le grand cyclope, le grand père au zénith, les grands guerriers…à tous ceux qui possèdent, l’ordinaire est bien triste: je suis un peu perdu. Je ne trouve pas d’indice pour attraper le sens exact qui doit être clair pour l’auteur...
Un amour de quelqu’un sur un autre continent ? Amour déçu, rupture, attente…sans doute?
A partir de « Un jour… », la fin suffirait à faire un beau poème, il y a une unité d’écriture, poétique et directe, comme j’aime.
Je ne sais vraiment pas évaluer. Je garde la seconde partie !

   Pimpette   
15/2/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
"je vis seule à l'intérieur de moi
la nuit est longue"
Lignes parfaite dans leur simplicité poétique totale!

Quand on écrit ça il vaudrait mieux faire le reste plus court et plus dense,il me semble?

"Sans toi je ne suis rien
sans toi ne suis plus rien." se passer de ces lignes là par exemple, mille fois dites et écrites,non?

Mais le titre et le sujet me touche personnellement tellement fort que j'évalue à l'aune de l'émotion!
Merci!

   Robot   
16/2/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Impossible d'expliquer pourquoi ce poème m'a touché sans que je puisse exprimer les raisons.
Il y a des textes comme ça où la forme et le fond se joignent, ou les mots et le rythme s'allient et provoquent ensemble une émotion captées par les sens mais parfois non dicible.
C'est le cas sur ce poème que j'ai aimé lire et relire.

   jfmoods   
17/2/2015
Avec sa construction cataphorique (« Elle... la joie »), agrémentée d'un verbe réduplicatif au futur («reviendra »), le titre du poème marque un haut degré de certitude de la locutrice quant à la sortie prochaine d'une hibernation forcée. C'est donc à cette aune qu'il conviendra de lire le poème...

Le passé composé (« j'ai plongé », « j'ai repris conscience », « j'ai tenu », « s'est posée ») mesure les étapes premières d'un mouvement de captation amoureuse dont l'imparfait (« battait », doublé du marqueur d'intensité : « battait si fort ») cristallise la vigueur et dont le néologisme par glissement verbal (« battait sang et eau »), l'allégorie (« la joie... sur mon épaule ») et la métonymie (« un cœur entre les mains ») couronnent l'avènement.

Cependant, quelques procédés à l'oeuvre dans le poème...

- pluriel démultipliant la perspective d'une relation axée sur l'enferrement à l'intérieur du langage (« mille-feuilles de mots »)
- utilisation d'adjectifs qualificatifs suggérant l'attente (« longue », « lente », « seule »)
- anaphores (« sans toi », « depuis »)
- adverbes (« trop », « bien »)
- gradations («  de pays en continents », « la nuit longue », « la nuit est longue », « un jour », « oui un jour », « dans ce café / dans ce boui-boui de tôles », « file dessous la terre », « file dessous la mer »)
- gradation hyperbolique (« je ne suis rien », « je ne suis plus rien »)

… matérialisent la distance, la ligne de fuite déceptive, la charge irréconciliable d'utopie de la relation. Une double image prégnante, perçante (« flèches », « aiguilles ») semble fixer le cadre de l'attraction première puis de la phase de désaccoutumance du sentiment.

Le moment le plus symptomatique du poème, sans doute sa ligne de force, semble se situer ici...

« A tous ceux qui possèdent
l'ordinaire est bien triste »

L'image, paradoxale, laisse entendre au lecteur que l'amour ne saurait véritablement s'éprouver comme un état figé, mais bien dans le mouvement permanent de prospection d'un territoire inconnu à travers le quel on s'aventurerait journellement... comme le suggère cet autre paradoxe...

« de l'autre côté du bord du monde qui n'est pas encore »

Cette projection n'est pas sans rappeler la thématique de la migration propre à Saint-John Perse (le coureur dont le pied est « déjà sur l'angle de sa course »), sa méfiance, son insatisfaction chronique face à une immobilité porteuse de stagnation (« lèverons-nous le fouet sur les mots hongres du bonheur ?»).

« A tous ceux qui possèdent
l'ordinaire est bien triste »

Il se cache, derrière cette maxime, derrière cette vérité générale, l'écho d'une certitude (« je n'ai plus peur de rien : je sais »), un mouvement d'anticipation de l'autre (« je t'attends »), une envie démesurée d'explorer autrement, ailleurs, le sentiment amoureux (hyperbole : « plus affamée qu'un ventre qui vient de naître »).

Merci pour ce partage !

   Anonyme   
23/3/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonsoir,

Quelle gifle !

Votre poème décrit une situation que beaucoup de gens vivent aujourd'hui : celle de l'amour par procuration. Ou plutôt d'un supposé amour, les sentiments étant fallacieux et les discussions basées sur le mensonge et l'espoir.

Les mots sont là : justes, ils frappent comme un coup de poing !

Ne vous inquiétez pas Pussicat, elle reviendra, la joie !

Bien à vous,

Wall-E

   Coline-Dé   
24/3/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Pussicat
j'ai beaucoup aimé ta façon de faire des ellipses : ça dit beaucoup, sans souligner, sans appuyer. J'ai été sensible à l'effacement du Je, qui marque tellement la perte, jusqu'à la perte de soi...
Et cette image de la joie sur l'épaule, comme un oiseau apprivoisé... bref, j'ai aimé !


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