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Poésie classique
Queribus : Chant royal pour célébrer l'amour [Sélection GL]
 Publié le 07/08/17  -  13 commentaires  -  3093 caractères  -  136 lectures    Autres textes du même auteur

Il s'agit d'une tentative d'écriture d'un chant royal.


Chant royal pour célébrer l'amour [Sélection GL]



Déjà juste quinze ans et le cœur en tourment
Subit la passion qui vient soudain d’éclore ;
On veut rire et pleurer et bien souvent on ment
Face à ce temps naissant d’une nouvelle aurore.
Un vent vif et piquant vous donne des couleurs,
Des élans un peu fous, des jours batifoleurs.
Nous voilà prisonniers dans un tendre supplice,
Un puits triste et profond où gentiment l’on glisse ;
Un monstre doux est là qui rôde tout autour.
Avec sérénité, devenons son complice,
Faisons un chant royal pour célébrer l’amour.

Les cloches en bonheur carillonnent gaiement
Et viennent célébrer un jour multicolore ;
Pour couronner le tout, le ciel s’est fait clément,
Le soleil est câlin et gentiment pérore,
La cathédrale chante et les enfants, les chœurs,
Arborent tout à coup des yeux adorateurs.
Tous se rappelleront le blanc de cet office,
Ce moment solennel où le meilleur se hisse
Sur les hauteurs de l’homme à renfort de tambour.
Pour ces instants sacrés où le bonheur s’immisce,
Faisons un chant royal pour célébrer l’amour.

Les enfants sont heureux et jouent joyeusement
Et le soleil du jour avec ardeur colore
Tous les visages clairs de chaque garnement
Tandis que retentit un gloussement sonore,
Tous ces cris enfantins souvent suivis de pleurs.
Puis le temps met sa marque et ses traits effaceurs ;
Les bambins ont grandi, l’âge adulte s’esquisse,
D’autres soucis sont là ; le temps se fait propice
Au refrain des regrets venant tel un vautour
Pourtant, au fond de nous, malgré cette injustice,
Faisons un chant royal pour célébrer l’amour.

Les mois se sont enfuis inexorablement
Tel un gaz destructeur à l’odeur inodore
Pourtant cette tendresse à l’aspect désarmant
Respecte le vieux pacte auquel on pense encore.
On rêve d’autrefois, des rires et des peurs,
De ces projets à deux, des petites rancœurs,
Quand on buvait le ciel dans un même calice,
Avant cette vieillesse à la main destructrice.
La camarde s’excite à vous faire la cour
Mais pour la repousser, cette sournoise actrice,
Faisons un chant royal pour célébrer l’amour.

Les tombes dorment, là, devant le firmament,
Avec tous les défunts qu’un cimetière honore,
Et tous ces visiteurs qui marchent lentement
Au milieu des vieux mots que chaque croix arbore.
Les deux noms côte à côte écoutent les rumeurs,
Tous ces mots chuchotés, ces noms évocateurs,
En repensant aux mois que cette ardeur novice
Avait bâtis pour eux, ce charmant édifice
Et, là-dessous la pierre, on entend, tour à tour,
Ce cri de l’au-delà sorti d’un précipice :
Faisons un chant royal pour célébrer l’amour.

Princes ardents, voyez l’être tout en malice,
Lui qui va son chemin sans guide, sans notice,
Hésitant quelquefois à chaque carrefour
Mais redites sans cesse au brillant édifice :
Faisons un chant royal pour célébrer l’amour.


 
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   Cristale   
2/9/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Classique.
Le chant royal est une forme fixe de poésie datant du Moyen Âge. Ces formes anciennes ne pouvant donc être classées en néo-classique ni en contemporain, ce qui serait antinomique, il ne reste que la catégorie classique sauf que, ici, ce chant royal ne respecte pas les règles de prosodie concernant l'alternance des rimes féminines et masculines lorsque l'auteur passe d'une strophe à l'autre. "our" et "ent" étant du même genre masculin. Il aurait fallu commencer chaque strophe par une rime féminine.
Il est évident que la catégorie ne correspond plus et c'est vraiment dommage.
Mais ceci n'enlève rien aux grandes qualités d'une écriture que je trouve aguerrie et dotée d'une belle maîtrise syntaxique.
Bravo à l'Auteur, avec un grand "A" !

Commenté en EL

Je suis ravie de retrouver ce chant royal dans la catégorie qui lui correspond le mieux. Mes propos précédentquand à la prosodie permettent de souligner les difficultés de la dite-forme.
Le chant royal est l'une des plus belles pièces des formes poétiques fixes et l'une des plus difficiles à réaliser avec la sextine, où vous excellez je crois, et le pantoum. Sur un site consacré en grande partie à la poésie, c'est une cerise délicieuse sur une pièce montée.
Encore bravo Quéribus !

Edit : je plussoie cette pièce qui le mérite

   Zoe-Pivers   
23/7/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je salue le travail ! Car c'est long un chant royal.
Et l'on a plutôt intérêt à bien choisir ses rimes au départ car cela peut vite tourner à la panne sèche...
Vous avez fait des pas de 12 pieds au lieu de 10, c'est pour avancer plus vite ? :)
Etant donné que je ne suis pas une pro de la prosodie, je ne parlerais pas de "jouent" à l'intérieur d'un vers, ni de hiatus, s'il y a matière à le faire, les poètes du site vous conseilleront, ce sera beaucoup plus sûr :)

J'ai lu avec une belle émotion ce chant royal, ce déroulé de vie qui à chaque étape n'oublie de célébrer l'amour avec ce très beau leitmotiv.
Merci et chapeau !
Zoé

   Donaldo75   
25/7/2017
 a aimé ce texte 
Bien
(Lu et commenté en EL)

Bonjour,

Avant de le lire, je me suis dit que ce poème allait me barber, de par sa longueur et son thème. Pourtant, je n'ai pas eu besoin d'insister, de prendre sur moi, de lancer un triple café, pour en poursuivre la lecture.

Pourquoi ?
* Sa facture classique reste digeste
* Le rythme des alexandrins passe bien, même à voix haute
* La progression narrative est équilibrée
* Le champ lexical est léger

Bref, en deux mots comme en cent: c'est agréable.

   Anonyme   
26/7/2017
 a aimé ce texte 
Un peu
Commenté en EL

C'est là un sujet difficile à traiter et il faut rendre cette justice à l'auteur de s'y être essayé.
La difficulté est de vouloir tout embrasser de ce sujet et de produire le meilleur de l'écriture de ce chant royal à chaque étape. Il y a quelques faiblesses et quelque facilités aussi dues — comme trop souvent dans la poésie classique — à l'impérieuse nécessité de rimer.

L'envoi final est un peu convenu — "Princes entendez" disait un autre barde — mais l'essai est louable

   papipoete   
7/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Queribus,
La poésie classique désuète pour beaucoup, n'a pas d'âge quand elle évoque de si belle manière l'art des mots !
NB de surcroit, votre poème est une construction apparentée au chef d'œuvre du compagnonnage tant les difficultés de construction sont complexes ! Je me promène avec délice sur le chemin de votre inspiration !

   Alexandre   
7/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Queribus... Soixante vers classiques sous forme de Chant royal pour célébrer l'Amour de l'adolescence à la tombe il fallait le faire et vous l'avez fait de belle manière !
Je mesure le travail que ça représente mais, pour ce qui me concerne, la répétition (obligatoire) des mêmes rimes d'un bout à l'autre finit par me lasser... Je ne suis donc pas un inconditionnel de cette forme, vous l'aviez compris, mais ça n'enlève rien à la qualité de ce texte.
Deux petites remarques :

-"l'odeur inodore" du vers 35. Si c'est inodore par définition il n'y a pas d'odeur.
- Dans le quintil de fin, je trouve que "notice" dénote un peu dans ce cadre et n'ai point vraiment compris ce qui suit...
Mais redites sans cesse au brillant édifice :

Cela dit, vous êtes l'un des derniers à oser (sur ce site) la forme classique régulièrement vilipendée, voire clouée au pilori par quelques virulents poètes d'avant-garde, et c'est tout à votre honneur...
Merci et bonne continuation !

   Marie-Ange   
7/8/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Pour la forme, dans son ensemble ce poème me paraît
d'une belle écriture.
C'est clair et consistant, peut-être un peu trop.
Peut-être un peu trop long au final.

Je n'ai pas vraiment réussi à accrocher, je ne suis pas parvenu
à me sentir emporté par le flot de votre phrasé.
Vos mots n'ont pas provoqué d'émotion, trop "enrobés", ils perdent un peu de présence directe.
Il y a, à mon goût, trop de détails qui éloignent de l'émotion pure.

Cela reste tout de même une lecture a tenté d'apprivoiser, il y a
une réelle plume poétique.

   Antinoos   
8/8/2017
Bonjour,

D'abord, un franc bravo à l'auteur qui se mesure à une forme particulièrement exigeante et qui donne facilement prise à l'ennui et à la platitude.

Une vie d'amour résumée en 5 strophes et demie dans une vision assez idéalisée où je ne trouve pas mon compte de nuages noirs, d'orages et de tempêtes : pour qui donc la Vie est-elle le " long fleuve tranquille" qui s'écoule ici ?

Disons tout de suite que les alexandrins coulent bien et que les rimes, si elles n'ont guère d'éclat, sont tout à fait acceptables.

Je suis un peu décontenancé ; au fond, après avoir lu 2 ou 3 fois, je ne sais toujours pas si j'aime ou si je n'aime pas ! Il n'y a rien que je trouve laid ou trop plat mais il n'y a rien non plus qui m'emporte.
Voilà pourquoi je n'y mettrai aucune "évaluation" (chose très exceptionnelle) et me bornerai à noter les deux ou trois points qu'il conviendrait, pour moi, de retravailler ou modifier :

*Déjà juste quinze ans et le cœur en tourment
(cette suite"déjà juste" me parait très incorrecte ou maladroite ; ça sonne bizarrement en tout cas)

*Le soleil est câlin et gentiment pérore, :
ce "pérore" (verbe péjoratif) semble être dicté par la rime et cadre mal avec l'ambiance festive et gaie de la strophe : un jour de mariage.

*Au refrain des regrets venant tel un vautour :
bizarre emploi du singulier à vautour, ce qui laisse penser que c'est le refrain qui est assimilé au rapace charognard, et non les regrets.


Tel un gaz destructeur à l’odeur inodore :
je confesse que je n'aime ni l'image générale du vers (qui ne rime à rien pour moi) ni cet innommable : "odeur inodore" ; l'ensemble du vers est à revoir

*Quand on buvait le ciel dans un même calice, :
autre curiosité ; le vers remémore l'expression "boire le calice jusqu'à la lie", avec cette idée de contrainte douloureuse ; ici, l'expression est détournée d'une manière positive.

*Princes ardents :
on pourrait, en 2017, placer nos vers sous d'autres patronages, plus actuels ...

*Hésitant quelquefois à chaque carrefour :
contradiction entre ce "quelquefois" et ce "chaque".

On l'a vu, il y a des choses sur lesquelles j'ai à redire mais aussi un très grand et louable effort de l'auteur, auquel je ne suis pas insensible, alors ...

A.

   emilia   
8/8/2017
La période des vacances est propice à « l’évasion » mais, semble t-il aussi, à relever des défis… : votre chant royal en est un bel exemple avec sa variante en alexandrins et la dernière rime du refrain au masculin…
Depuis la découverte de la passion à sa célébration « où le bonheur s’immisce », « le temps se fait propice / Au refrain des regrets… », à la vieillesse destructrice malgré le pacte de tendresse, puis à la tombe qui réunit « deux noms côte à côte… » Tout au long du parcours, il faut garder le rythme et maintenir l’ordre des rimes un peu à la façon dont un couple élabore son chemin de vie à deux, avec quelques hésitations « à chaque carrefour »…
Merci à vous pour ce partage et pour m’avoir fait découvrir cette forme ancienne qui vous a confronté à une redoutable difficulté et que mérite bien votre célébration de l’amour…

   Damy   
15/8/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Je ne me rappelle plus trop des règles du chant royal. J'en ai pourtant écrit un mais qui a fait l'unanimité dans la désapprobation... Vous me donnez envie de réessayer. Je n'ai rien d'autre à dire d'intelligent que: "c'est superbe" et j'en entends les chœurs royaux dans une cathédrale. Bien sûr, la mystique me comble !

Juste une petite question subalterne: que veut dire : "Avant cette vieillesse à la main destructrice." ? Je regrette aussi un peu le 4/8 du 1° vers de la dernière strophe.

J'ai célébré l'amour en duo avec vous et j'en redemande, vous me guiderez, si vous en avez la patience.

Merci d'avance, Maître.
Damy

   virgo34   
30/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bravo pour cet exercice littéraire bien réussi où l'amour est célébré dans toutes les étapes de la vie.
J'ai un faible pour la littérature médiévale où je m'essaie à petits pas.

   Vincendix   
2/9/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour,
J’avais lu ce « chant royal » à sa parution mais, par manque de temps, je ne l’avais pas commenté, me promettant d’y revenir.
Toute une vie ou presque dans ces vers, ne manque que l’enfance, un parcours « ordinaire » et peut-être un peu suranné, ce « vieux pacte » est de moins en moins respecté maintenant, les couples se forment et se déforment, les familles se recomposent et parfois se décomposent…
J’apprécie l’écriture, qualitative et quantitative, une disposition plaisante, le foisonnement de rimes en « isse ou ice ». J’aime un peu moins la répétition du dernier vers de chaque strophe qui fait un peu « litanie » mais après tout, ce retour est dans l’esprit du texte.
Je sais que les fameuses plumes ne sont pas toujours un critère de qualité mais j’estime qu’une seule pour cette œuvre, c’est trop peu, j’espère que mon appréciation doublera l’ « empennage ».
Vincent.

   jfmoods   
2/9/2017
Ce poème en alexandrins est composé de cinq onzains et d'un quintil. Les cinq rimes présentes sont croisées et suivies, suffisantes et riches, majoritairement masculines.

Les impératifs ("devenons", "Faisons" x 6) et les pronoms personnels ("on", "nous", "vous"), en impliquant directement le lecteur, manifestent la portée universelle d'une expérience qui traverse, de l'adolescence à la mort, les âges de la vie. Une vaste palette de personnifications et quelques allégories structurent une évocation placée sous la férule du pouvoir temporel (thématique de la royauté) et du pouvoir spirituel (thématique de la religion catholique). La complexité du sentiment amoureux tout juste découvert est prise en charge par deux oxymores ("tendre supplice", "monstre doux"), tandis que la puissance de ce dévoilement est soulignée par la diérèse ("passion"). Puis la vie, dans un cortège d'émotions, file. Avec l'âge, la mémoire des événements marquants, joyeux et douloureux, d'un passé intime se cristallise (énumération : "des rires et des peurs, / De ces projets à deux, des petites rancœurs", comparaisons : "Au refrain des regrets venant tel un vautour", "Tel un gaz destructeur à l’odeur inodore"). La mort, en costume de scène, peut alors faire son entrée (métaphore : "cette sournoise actrice"). Le spectacle est terminé.

Merci pour ce partage !


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