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Poésie contemporaine
Quidonc : Amours corsaires
 Publié le 11/03/20  -  7 commentaires  -  1422 caractères  -  137 lectures    Autres textes du même auteur

Brûle ces mots avant qu'ils nous déchirent
Déchire-les, vite, avant qu'ils nous brûlent.

Ou bien...


Amours corsaires



Faufile-toi à bord de ma frégate,
Prenons le large et quittons Saint-Malo,
Sois capitaine, ardente renégate,
Sois capitaine ou simple matelot.

Enivrons-nous au vin doux de grenache,
Laissons là l’eau remplir les bénitiers.
Il y a danger mais aussi du panache
À devenir, hisse et ho, flibustiers.

Je te dirai les arcanes corsaires,
Les alizés, le souffle du zéphyr,
L’île au trésor et bien d’autres mystères,
Je gonflerai tes voiles sans faillir.

Devant quiconque au Cap Horn je m’engage,
Comme un secours aux vents inapaisés,
À te livrer mon cœur libre en otage
Soumis priant l’assaut de tes baisers.

Nous souffrirons sans doute de la houle,
Quand bien même grincera le gréement,
Sans que jamais notre deux-mâts ne coule
Nous ferons face aux brisants hardiment.

Et quand viendra trop tôt notre naufrage,
Dans une crique à l’abri des procès
Naviguera sensible au cabotage
Le souvenir des vents qui nous poussaient.

Puis un matin, resserrant les écoutes,
Dans la moiteur d'un golfe aux sables fins,
Il nous faudra bien reprendre nos doutes
Pour s’éloigner de la baie aux embruns.

Mettant le feu à nos âmes corsaires,
Dans le silence d’un dernier désir,
Se scelleront nos lèvres émissaires
De notre amour avant que de gésir.


 
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   Queribus   
1/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Que dire d'une telle virtuosité et d'une telle prosodie sans aucune faute. J'ai eu beau sortir mon microscope électronique, rien à se mettre sous la dent: c'est râlant (ah si peut-être trois rimes en é à la 3 me strophe:je te dirai, les alizés, je gonflerai mais, de toute façon, ça n'est pas vraiment une faute.)

En ce qui concerne le récit lui-même, tout s'enchaine parfaitement et logiquement; on a l'impression d'entrer dans un univers à la Stevenson. Je dirai même que je verrais bien ce récit, avec une bonne musique, sous forme de chanson (J'ai pensé à la chanson de Renaud: Dès que le vent soufflera.).

J'arrête là mes élucubrations car, de toute façon, je n'ai que du bien à dire sur votre écrit. J'attends me prochain avec impatience.
Bien à vous.

   papipoete   
11/3/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
bonjour Quidonc
Qui m'aime me suive ! toi, ma belle tu veux vraiment avec moi bourlinguer ? soit, mais il te faudra affronter tempêtes et vents morts...et je t'enseignerai les mots de flibustier, qui supplieront face à ton charmant bustier...Nous ferons peut-être naufrage, mais tant épris de toi, je " nous " sauverai contre vents et marées !
NB il y a de tout dans cette aventure navale ; du brio et du mélo ; du défi et rififi ; de la romance à s'en chavirer le coeur et le tout écrit savoureusement !
la seconde strophe est celle que je préfère, mais la 4e me plaît aussi !
Un texte que la longueur ne met pas en péril, tant il est plaisant, pétillant et débordant d'enthousiasme !
prosodiquement, les décasyllabes s'égarent au 7e vers ! comme c'est dommage ! le seul vers fautif sur 32 !

   Vincente   
11/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai trouvé très intéressante cette proposition faite à sa mie.
Le ton est enflammé, si bien que l'on reçoit d'abord le bel emportement en direct, pour les détails une deuxième lecture s'impose… mais en fait elle m'aura remmené dans le beau voyage, car l'écriture se laisse saisir et l'on y navigue "sans flottement".

Si bien que la justesse de l'ensemble, cet équilibre difficile entre les composantes d'un poème "fonctionne" très bien. On y croit, on le comprend, on y sourit, on s'y approprie l'aventure. Jolie frégate décidément.

   Lebarde   
11/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Quidonc

Belle invitation à partir à deux vivre une longue aventure en flibustiers de «St Malo» jusqu’a « l’ile au trésor » en goûtant les plaisirs des « alizés et du souffle du zéphyr », ceux du « vin doux » et en affrontant les difficultés « du cap Horn », « des vents inapaisés » et de « la houle ».

Belle invitation à s’engager à deux, jusqu’au bout sur le chemin de la vie, semé d’embuches et de bonheurs multiples qu’en couple il sera plus aisé de surmonter et d’apprécier en « Amours corsaires » éternellement.

Les images métaphoriques sont nombreuses , souvent originales et du plus bel effet poétique Bravo!

La lecture de ce joli poème est fluide, alerte, vive, plaisante.
Elle incite à chantonner.

Merci voilà un texte contemporain que j’aime bien!

Lebarde

   Davide   
14/3/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Quidonc,

Que voilà une bien belle invitation, servie par une agréable écriture houleuse en décasyllabes presque classiques. La métaphore filée du voyage en mer, avec son tangage et ses ports de grâce, ses petites brises et ses tempêtes assassines, offre un paysage idéal à cette idylle promise. Très belles strophes 4 et 6, de même que la dernière avec ses "lèvres émissaires". Partout, les images ne manquent pas de charme ! Mais pourquoi donc programmer l’imminence d’un naufrage (strophe 6) ? Quel pessimisme ! ;)

Sur la forme, si je n’ai pas été dérangé par le "y a" du vers 7 (qui se lit en une seule syllabe), j’ai moins aimé – oh juste un peu ! – ces deux césures mal placées :
"Quand bien même // grincera le gréement"
"Dans le silen//ce d’un dernier baiser"

Une ravissante lecture ! Merci !

   Mokhtar   
16/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Très adroit ce poème tout en métaphore, qui compare une aventure conjugale avec une aventure océane.
Il y a de l'épique dans ce voyage, et, comme dans les amours, du tumultueux.
Belles envolées lyriques quatrains 3 et 5.
Quelques hiatus, mais aussi un vers 7 qui sort le poème du néoclassique.
Les deux derniers vers me semblent trop tributaires de la rime.
Dommage que cette conclusion un peu faible à mes yeux ternisse un peu ce qui demeure un excellent poème.

   Curwwod   
16/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ce pourrait être une jolie chanson de marin que cette métaphore marine et guerrière filée avec adresse et talent, rassemblant des classiques de ce genre à travers un réseau sémantique étendu. Le fond rst evidemment une déclaration d'amour éternel bien que n'évitant pas totalement les brisants qui ne compromettront pas la solidité de l'attachement. C'est léger, original et finalement d'une lecture très agréable.


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