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Poésie en prose
Rainbow : Jour de pluie…
 Publié le 06/07/13  -  3 commentaires  -  3109 caractères  -  72 lectures    Autres textes du même auteur

Propice aux rencontres.


Jour de pluie…



T’es là… Rêves las sous l’abribus, trempés. Ils tombent en cascade de brume humide de ton chemisier blanc, légèrement éventré… Caressant tes seins, l’un après l’autre, au rythme de la balançoire hasardeuse des brises flemmardes.

Je te regarde du trottoir d’en face. Mes pieds imbéciles s’arrêtent… Ce n’est pas faute d’être pourtant en retard. Un œil s’accroche à tes cils, l’autre fait des loopings dans tes courbes. Musique ; partition en fausses notes magnifiques. Paresseux, le temps ronronne… Tic-tac.

Que peux-tu bien attendre ? Un bus ? Une automobile ? Un homme… Une femme peut-être ? C’est un petit instant trompeur ; une gêne. Quelque chose qui cloche… Est-ce les nuages qui se moquent de toi en imitant la forme ronde et rebondie de ton cul ? Ou encore… Autre chose ? Un croisement ; deux paires d’yeux qui se frottent en instant de seconde. Tu sais tout ce qu’il y a savoir sur le passant d’en face. Au fond de toi tu perçois les remous de la bizarrerie du moment, cela t’évoque la mer. Alors tu te dis que ce gars-là, en face de toi, il a une gueule de marin avec son âme en ciré jaune imperméable pour les jours de pluies et de tempêtes. Rien ne passe ou ne filtre, rien ne bouge. C’est ce que tu te dis… Et tu t’goures.

Ma pupille te guette… Avale tes formes, fond sur le contour de tes lèvres sur lequel tu passes irrégulièrement ta langue. Je crois que tu m’as vu… Ton œil s’est légèrement tourné dans ma direction avant de reprendre sa position initiale. Tu feins l’ignorance, cela dépeint sur ton visage le joli tableau amer de l’indifférence. À l’horizon se dessine un bruit infime… inéluctable…

Toi aussi… tu l’as entendu. Tes pommettes ont tiqué, sourire triste étriqué. Tu restes silencieuse… Il y a des froissements d’innocence au contact des pétales bleutés sur ta peau. Avant tout, ne pas savoir… Ignorer l’inexorable, quelques instants encore. Ça se rapproche. Le frottement d’un poids sur l’eau recouvrant l’asphalte. Cela te serre le cœur, cette pauvre petite chose… Arrête… Je t’en prie… Ce n’est pas grave, l’on s’oubliera… Dans une heure, deux, des années, mois… Quelques minutes.

Le son s’accentue. Vrombissement, crachats… Les taules déglinguées, branlantes ramènent leurs attirails de ferrailles avec à l’intérieur, des êtres difformes, cassés, déformés aux cambrures anguleuses… Leurs chairs sont des fresques et des arabesques de couleurs vives. Qu’est-ce que cela ? Ces morceaux arrachés, mis en forme sans sens… Non, ne tremble pas. J’ai peur aussi… Pour nous deux si tu le veux, tout ira bien…

L’immobile se fait parure de l’atome… Les portes s’ouvrent en millimètre. Le gouffre tord ses bords et se déchire ; béants. Tes lèvres closes de coutures mélancoliques… un pas, puis un autre, encore… Danseuse hésitante sur les hanches du précipice. Improbable, l’alliance mécanique s’allie aux oublis des habituels départs. Tu grimpes lentement les marches, une à une… échanges une chose contre une autre, vas t’asseoir… Le bus repart. Je m’active, reprends conscience. Je suis en retard, encore… Au revoir.


 
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   Anonyme   
6/7/2013
 a aimé ce texte 
Un peu
désolée mais je me suis ennuyée. pour moi cette prose n'a rien d'originale, trop d'expressions sans grandes nouveautés:

"Ils tombent en cascade de brume humide de ton chemisier blanc,"

"partition en fausses notes magnifiques"

" fond sur le contour de tes lèvres sur lequel tu passes irrégulièrement ta langue"

"Le son s’accentue. Vrombissement, crachats… Les taules déglinguées, branlantes "

"Leurs chairs sont des fresques et des arabesques de couleurs vives"

et tout cela rend ma lecture monotone car sans grande surprise.
je n'ai pas été touché par cet homme et cette femme qui n'offrent aucune émotion, l'émotion est dite, mais je ne la ressens pas, ils n'ont pas de chair.

en revanche j'ai bien aimé ces jolies phrases:

" Il y a des froissements d’innocence au contact des pétales bleutés sur ta peau"

"Tes lèvres closes de coutures mélancoliques"

Edit: il y a le titre aussi "Jour de pluie" dont je n'ai pas eu d'impression sensorielle d'une once de pluie à ma lecture.

   Elmousikas   
10/7/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Ici la rencontre tourne court, alors il faut meubler ces instants de vide sonore mais entouré puisque la nature elle-même a horreur du vide. Et de mots ainsi constitués on découvre de superbe combinaison à l'exemple d"au rythme de la balançoire hasardeuse des brises flemmardes" en passant par "Au fond de toi tu perçois les remous de la bizarrerie du moment" et combien aussi en cache ce récits déguisés pour ne pas laisser paraître les traits d'un poètes façonné....

   brabant   
11/7/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour Rainbow,


Eh bien ! Qu'attendez-vous pour traverser Rainbow ? L'arc-en-ciel ? :)


J'aurais écrit : "[Sont]-ce les nuages qui...".

Ce poème fait peut-être trop "marin" (d'Epinal. Ho ! Me tapez pas dessus les marins !) et la trivialité le dispute alors à la poésie (Aïe !). Ce "cul" m'a été dommageable !

Ce bus qui s'approche dans la hou... la pluie, mais si... la bruine, les embruns a d'ailleurs des allures de navire en partance et voilà l'amoureux transi sur le quai... mais on ne sortira pas les mouchoirs car cette coque-là a des horaires de bus. On espère pour lui que ce coeur tendre, ce pied plat, ce "du plancher des vaches" (Comment les marins appellent-ils ceux qui vivent sur la terre ferme ? Mais non, pas les culs-terreux !) sera moins nigaud le lendemain.

Je me prends à penser que si c'était un tramway je pousserais ce quidam sur les rails. Ô l'arc électrique, le feu de je ne sais plus quoi (Saint Elme ?), l'étincelle d'amour !


(-) donc à cause du chemisier éventré, des seins en chaloupe, des loopings sur la vague, des yeux qui divaguent, de l'avaloir des formes (je sais, ça ne veut rien dire. lol), de la langue comme un foc, du remous chelou, du tourbillon relou..

Mais quel spectacle ! Un maelström !

Bon ! Soyons pas de mauvaise foi ! J'aime moi-aussi les sirènes !

Serai au pied de l'abri-bus

Demain... Tous les jours...

Lol


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