Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie en prose
Rainbow : Lyly
 Publié le 09/09/13  -  4 commentaires  -  2190 caractères  -  115 lectures    Autres textes du même auteur

Entre poème & nouvelle ; U' was here.


Lyly



Lyly ; là sur une branche au-dessus des falaises. Tu jettes à la mer des cailloux en forme de bouteilles, avec griffonnés à l’intérieur des mots tirés au hasard dans le dictionnaire. Ils décrivent de drôles d’arcs-en-ciel avant de se jeter à l’eau ; plouf, gling ; il y a de l’or qui résonne ces merveilles à leurs pieds. Tes yeux posés sur ce spectacle s’échouent, tu n’applaudis même pas. Tu tiques et regardes ta montre ; vingt-sept heures moins le quart. Cela fait longtemps que l’attente cavale sous l’ombre de tes semelles… ce foutu goéland n’est pas à l’heure, encore une fois. Alors, tu parles seule :

– La sirène dans l’aquarium à la maison m’avait bien dit de ne pas le croire… que ces oiseaux à sardines ne tiennent jamais leur promesses… il m’a quand même juré que je sache… ce n’est pas suffisant… ; pas assez, peut être ?
D’accord, je n’étais pas très grande ; en fait c’est même mon premier souvenir… Que je te rapporterais des cadeaux et te raconterais tout à chaque voyage, qu’il avait dit… Si j’avais su que cela durerait aussi longtemps ; quand ai-je commencé à attendre ?

Tu es triste ; les arbres ont de la peine pour toi, une douleur lancinante aux feuilles, aux aiguilles. Elle désire un peu de paix, de solitude, se murmurent-ils entre eux. Le jour est à la mi-saison, le temps encore trop doux pour être aux larmes… cependant que la fraîcheur des derniers jours gèle les lèvres pour sourire ; appel langoureux, presque érotique à la douceur de la Lune. Alors ces compagnons d’écorces recouvrent le soleil dénué de chaleur, pâle de sa honte qui s’en va sans faire de bruit. Le monde est enfin calme, sans façade. La paix pullule au son des chouettes qui hululent ; ces oiseaux-là sont d’une beauté fidèle, à eux-mêmes puis aux rendez-vous noctambules aussi ; les sucreries sont leur mets préféré. Alors tu tends les mains pour se saisir des étoiles, leur jette en pâture ; c’est un festin. Le cadran de ta montre affiche maintenant vingt-quatre heures moins dix ; elle n’en peut plus d’attendre, descend de son arbre, s’en va sans regarder ; elle ne reviendra plus. Il y a des choses dans le monde qui la tiraille sur la pointe des pieds.


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Anonyme   
9/9/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Rainbow
Un plaisir de lecture avant de commencer la journée.
Poétique, très imagé, fourmillant d'idées bizarres et enchanteresses.
Juste une question : c'est bien : "Alors tu tends les mains pour "se" saisir des étoiles" ?
A la réflexion, c'est envisageable au vu de la nature de la chose mais quand même ça crisse sur la langue.
En tout cas, c'est un ravissement.
Bonne journée et merci.

   Robot   
9/9/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Dans ce genre difficile de la poésie en prose votre texte est très beau, de la vraie poésie avec des mots et des tournures, et des images qui parlent à l'esprit et au cœur. "Les cailloux en forme de bouteille". "L'attente sous l'ombre des semelles". "Les arbres ont de la peine pour toi"... et j'en passe... Tout simplement beau ! Et quand on le dit à voix haute, un régal.

   Anonyme   
21/9/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai pris beaucoup de plaisir à ce texte étrange et envoûtant ...tiens, en voilà un foutu cliché ! "étrange et envoûtant " Alors disons qu'il résonne en moi de manière profonde et singulièrement évocatrice avec son côté un peu foutraque et dégingandé. Bref, il y a là un vrai univers intérieur et une authentique présence...

   Anonyme   
2/5/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'aime et j'aimerai toujours les contes, surtout quand on en fait un poème, ça donne une autre dimension, une belle lueur à la féerie.
Je ne me suis pas ennuyée bien au contraire car j'étais dedans. Tous les ingrédients y sont: surréalisme, décor de toutes les couleurs de la nature, les émotions et les pensées de la faune et de la flore sont touchantes. Un monologue en 2nde strophe à la fois mignon et folklore. et j'ai bien aimé la sonorité du "plouf, gling" ça pétille!

J'ai sourie tout le long de ma lecture, et en même temps comme les arbres j'ai de la peine pour Lyly, on a envie de la consoler tellement on ressent sa déception. Elle est trop mimi!
hum...pardon.
La dernière phrase est tristounette, superbe, puissante. comme tout le reste bien sûr.

Votre conte-poème est original, magique. Et aussi c'est la 1ère fois que je lis le mot "érotique" sur ce genre de poème, et son originalité c'est qu'il n'est pas utilisé pour parler d'un couple, mais d'une fraîcheur gelant ses lèvres.

La seule lourdeur est cette petite phrase:
"Alors tu tends les mains pour se saisir des étoiles,"
peut-être, tout simplement " Alors tu tends les mains aux étoiles," serait mieux.

Mais en dehors de ça tout le reste est sublime. Je ne peux rien relever car votre poème est une superbe trouvaille en son entier.


Oniris Copyright © 2007-2020