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Poésie classique
Ramana : Prince des ténèbres
 Publié le 01/11/17  -  10 commentaires  -  2071 caractères  -  123 lectures    Autres textes du même auteur

Comme l'écrivait en son temps Louis Aragon :
"La souffrance enfante les songes
Comme une ruche ses abeilles
L’homme crie où son fer le ronge
Et sa plaie engendre un soleil
Plus beau que les anciens mensonges".


Prince des ténèbres



Au-dessus de nos fronts, le ciel s'en est allé,
Déjà tombe la nuit, c'est l'ombre qui s'étire,
Elle vient au galop d'un cheval emballé,
Son blême cavalier appelle le martyre.

Une brise mutante emporte dans ses plis
Les ultimes clartés du siècle qui s'épuise ;
Fini le doux refrain des peuples accomplis,
Qui donc a troublé l'eau de la source où l'on puise ?

Sur les trônes des rois siègent des imposteurs,
Vipères et corbeaux se partagent l'empire,
Clamant à pleine voix leurs palabres menteurs,
Attisant le tourment qui chaque jour empire.

Des oiseaux de malheur vont porter au lointain
La détresse et la mort sur d'innocentes scènes,
Tandis que des démons à l'accent puritain
Plaident l'humanité de leurs bouches obscènes.

Le sage se tient coi, nul ne connaît son bien,
Au plus profond du puits, la vérité se terre.
Monarques et vassaux aveuglés, oh ! Combien,
Vous-mêmes connaîtrez le fil du cimeterre.

Âge sombre pourtant, tu ne survivras point,
Si profonde est la nuit, jamais elle ne dure.
Lorsque c'en est assez, l'astre se lève à point,
Son feu consumera le mensonge et l'ordure.

Hommes simples et droits qui labourez sans fin
Les champs de vos aïeux où l'âme se prosterne,
Du cycle bienvenu vous renaîtrez enfin,
Car l'aube est au-devant de votre humble lanterne.

Quand du levant poindra la semence du jour
Et que les premiers rais allumeront la plaine,
Leur souffle avivera, de ce pâle séjour,
La matrice première en sa nature pleine.

Vous, immondes bourreaux, vampires de la nuit,
Sous le dôme des cieux vous n'êtes que chimères,
Jamais ne trouverez bonheur par ce qui nuit,
Le vent desséchera vos figures amères.

Mais doit-on vous maudire, instruments du destin ?
Nous éprouvons par vous, dépravés que l'on blâme,
Ces affres et tourments d'un Prince clandestin
Qui forgent notre esprit et trempent notre lame.


 
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   LeopoldPartisan   
17/10/2017
 a aimé ce texte 
Un peu
Ici ce qui me gène vraiment ce sont les rimes pour les rimes, ce qui donne à cet ensemble pseudo gothique un petit côté enfant de Coeur récitant une complainte d'un monotone absolu alors que l'on pourrait vraiment faire décollé ce texte sans ces contraintes qui après 3 ou 4 quatrains lassent un maximum et détourne le lecteur d'un contenu qui eut pu être vraiment interressant.

   Donaldo75   
19/10/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

J'ai bien aimé le côté gothique de ce poème. Il est certes surchargé mais c'est assez courant dans le registre et la thématique exposé ici. Les alexandrins sont de bonne facture, il y a un vrai rythme et le poème ne parait jamais trop long.

Le quatrain le plus emblématique de la tonalité l'ensemble, à mon avis, est le suivant:
"Âge sombre pourtant, tu ne survivras point,
Si profonde est la nuit, jamais elle ne dure.
Lorsque c'en est assez, l'astre se lève à point,
Son feu consumera le mensonge et l'ordure."

   Hananke   
1/11/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour

C'est un bon texte qui se veut optimiste et visionnaire : le bien
triomphera du mal, un jour ou l'autre; L'auteur semble en être convaincu. Tant mieux, cela nous change des sinistroses ambiantes.

Âge sombre pourtant, tu ne survivras point,

Un bémol pour le classique : je ne suis pas persuadé que blâme et lame riment bien ensemble dans le dernier quatrain.

J'aime bien le quatrain des imposteurs, oui ce n'est pas ce qui manque à notre époque et même élus, ils se comportent comme
des tyrans, qu'ils sont en réalité.

Finalement, un bon texte en ce premier novemebre.

   papipoete   
1/11/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour Ramana,
Que voici une belle leçon d'écriture où notre langue française est mise à l'honneur !
L'auteur tel un troubadour évoque le bien affrontant le mal, qui gagne une bataille mais jamais la guerre, car sa semence ne meurt pas !
NB je voudrais relever des vers plus beaux que d'autres, mais cela relève du défi ; la 3e strophe est remarquable !
Votre texte est malheureusement intemporel, car les Huns, Visigots ont des successeurs barbus, rêvant du sang qui gicle du cou de leurs " Jeanne d'Arc " .
Je ne vois pas de faute prosodique .

   Arielle   
1/11/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bien que peu amateur de poésie classique j'ai beaucoup aimé le souffle épique de cette histoire de l'humanité qui s'enfonce dans sa nuit durant les cinq premiers quatrains avant de renaître en cinq strophes dans une aube nouvelle.
J'ai lu à haute voix avec un grand plaisir les vers parfaits de ce nouveau chapitre d'une Légende des siècles que je n'aurais pas imaginé apprécier avec une telle délectation.
En tirant sa force du plus noir de sa nuit le dernier quatrain est une incitation tranquille à la résistance et à l'espoir

   placebo   
1/11/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
J'ai aimé le texte ; le souffle ne m'a pas fait décrocher de ma lecture, et en relecture, les rimes sont riches.

"Le mensonge et l'ordure" : arrêté dans ma lecture sur ordure
"Hommes simples et droits" : j'ai trouvé l'opposition mal/bien un peu trop catégorique, mais bon, c'est le texte qui est ainsi, ce n'est pas une dissertation sur le pouvoir :)
"Du cycle bienvenu vous renaîtrez enfin" et "Nous éprouvons par vous, dépravés que l'on blâme," m'ont semblé plus lourd.

De beaux vers. J'aime assez les appels à la nature, comme le cheval, la brise mutante, les corbeaux, etc.
En lisant "le sage", j'ai pensé à Sénèque, qui essayait au sein de l'école stoïque de rester droit malgré les temps troublés de l'empire romain.

Bonne continuation,
placebo

   Vincendix   
1/11/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Ramana,
Je ne peux qu’apprécier ce texte pour deux raisons, il est bien écrit et il traite un sujet important par un constat sans concession mais tout de même avec un certain recul.
Une écriture agréable, des vers fluides et des rimes qui ont une belle musicalité malgré leur simplicité apparente.
Concernant le fond, je cautionne, il faut se rendre à l’évidence, parmi les êtres humains, il y a toujours des bêtes immondes. Ils sont probablement nés avec de mauvais gènes et sont capables de gangréner des esprits faibles. Prendre un certain recul, ce n’est pas de l’égoïsme, il faut faire la part des choses à l’échelle de ce que nous sommes et apporter du bonheur autour de soi.
Vincent

   PIZZICATO   
1/11/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Depuis l'avènement des civilisations, existe-t-il un seul pays qui n'ait pas eu son (ses) " Prince des ténèbres " ?

Une diatribe contre tous les monarques, tyrans, empereurs, parvenus qui "vont porter au lointain
La détresse et la mort sur d'innocentes scènes,
Tandis que des démons à l'accent puritain
Plaident l'humanité de leurs bouches obscènes. "

Et puis quand même l'espérance d'un monde ... meilleur " Âge sombre pourtant, tu ne survivras point "

   Alexandre   
1/11/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir Ramana... Une série de quatrains classiques sans la moindre faille quant à la prosodie. La rime n'est jamais forcée, les alexandrins sont de belle facture et l'ensemble se lit avec plaisir quand bien même, pour ma part, je préfère les poèmes un peu plus courts.
je ne m'étendrai pas sur le thème, tout a déjà été dit...
Un ensemble un peu sombre sans doute mais la chute laisse quand même entrevoir une certaine espérance.

Bravo pour le travail que représente un tel poème et bonne continuation dans la rubrique Classique que vous semblez affectionner !

   Oslow   
19/11/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Amateur de textes fantastiques, il va sans dire que celui m'a amplement convaincu.
Son classicisme lui confère une légère raideur, qu'il peut être facile de ne pas aimer. Moi, j'aime aimé, pour être habitué à de telles lectures.
Le fil n'est jamais perdu et l'ambiance instaurée est assez puissante.
Un seul vers, peut-être, m'embête par sa structure hachée : "Monarques et vassaux aveuglés, oh ! Combien,".
J'ai beaucoup aimé le voyage.


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