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Poésie en prose
Raoul : Je t’ai cherché
 Publié le 01/09/17  -  20 commentaires  -  851 caractères  -  384 lectures    Autres textes du même auteur


Je t’ai cherché



Je t’ai cherché longtemps dans nombre d’ombres, en allongée dans le soleil extraverti, dans les carcasses du zoo des caresses humaines, à Glacière, dans les monologues du vent d’autant qu’il peut, dans la bouche des cracheurs de feu, dans le bas ventre de ces villes qui dévissent, sur les quais où l’on retrouve les quittés en morceaux, dans les respirations animales communes aux transports où je ne t’ai pas vu – tu y dormais pourtant, à trois sièges, en boule de neige, comme un hérisson blond –, dans les cartes aux plis de mauvais endroits, sous la pluie qui appuie nuque et coude les rues d’est, le long des plinthes d’estaminets, dans leurs plantes vertes et grasses, sur la langue des mers étrangères, sous les toits du moi de mais à trois sièges en boule tu dormais comme un hérisson blond.
Dix mois que je suis sans nouvelles. Dis-moi.


 
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   socque   
11/8/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'aime bien l'espèce de hâte, de frénésie, qui parcourt ces quelques mots. Comme une impatience de dire qui correspond à une impatience de vivre...

Ce sont ces mots :
tu y dormais pourtant, à trois sièges, en boule de neige, comme un hérisson blond
qui ressortent en premier pour moi. J'ai l'impression que la narratrice ("en allongée") a longtemps erré, toujours poussée par cette impatience plus forte que sa volonté ; j'aime aussi ce mélange d'universalité évoquée par exemple dans
les carcasses du zoo des caresses humaines
les monologues du vent
les quais
et de particulier qui me fait toucher du doigt une individualité, une histoire singulière :
à Glacière
les respirations animales communes aux transports
sous les toits du moi de mais (le déplacement du "s" par rapport à l'expression attendue "mois de mai" est-il volontaire, comme m'incite à le penser le jeu de mots de la fin ? en tout cas, il fait sens pour moi)

La fin replonge la narratrice dans sa quête, après la parenthèse où elle a trouvé son hérisson blond ; cela me paraît, en quelque sorte, logique et bien vu.

Bref, un texte discrètement insolite à mes yeux, assuré dans l'ambiance qu'il dégage. J'ai aimé. Je regrette toutefois sa brièveté extrême, bien qu'elle soit "raccord" avec son côté haletant. Je me dis qu'il y aurait peut-être eu un peu plus à dire, notamment sur le retour de la narratrice à sa situation d'"avant", mais en ayant, pour un temps, fait aboutir sa recherche...

   papipoete   
21/8/2017
 a aimé ce texte 
Bien
prose
je t'ai cherché partout, dans ces endroits où dorment en boule sur trois sièges les gens comme toi . " Le long des plinthes d'estaminet ", partout mais sans succès, depuis 10 mois déjà ...
NB une descente aux enfers " dans le bas-ventre des villes " là où le disparu se terre, souffre peut-être autant que l'auteur !
Un S.O.S. si bouleversant !
papipoète

   Louison   
1/9/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
L'auteur jongle avec les mots:
nombre d’ombres
du vent d’autant qu’il peut
les toits du moi de mais
Dix mois/ Dis-moi.
sont ceux qui m'ont touchée, il y en a plein d'autres.
L'attente et la recherche d'un parent dont le fils dort dans la rue, on sent la douleur de ce père qui compte les jours passés sans son enfant perdu.
Le texte est court, mais tout est dit. Dis-moi.
Merci beaucoup pour ce moment plein de sensibilité

   Anonyme   
1/9/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour,

Dès la ligne de titre j'ai pensé à Prévert et son Pour toi mon amour.

La quête décrite ici est merveilleusement bien contée et ne souffre d'aucune faiblesse.
Ici, c'est moi — lecteur — qui suis mis en défaut de faiblesse de compréhension avec par exemple ce passage:

sous la pluie qui appuie nuque et coude les rues d’est

Là je dois dire que j'ai lu et relu pour tenter de trouver un jeu de mots — il en existe d'autres — possible mais non, rien de rien, panne sèche.

J'ai pris la ligne 6 durant quelques années — Corvisart, Glacière, Saint-Jacques — et il y a bien des images qui me sont familières, les quais où l’on retrouve les quittés en morceaux par exemple...

J'aime vos jeux de mots et vos allitérations — pas trop saillantes — pour ne pas déranger le bel ordonnancement du trajet que vous donnez à parcourir au lecteur. Bien que le vent d'Autan ne souffle pas à Glacière, il y faisait suffisamment froid les soirs de novembre où je me pressais pour aller aux cours du soir en un temps révolu. Je me suis toujours demandé si ce nom de Glacière avait une influence sur le froid qui nous poigne au bas-ventre de la ligne 6.

Bref, passons sur l'aspect compréhension du poème pour dire le ressenti :

Poésie ! Rien d'autre à déclarer. Macache ! Douaniers dactylographes et autres comptables, garez vos sales pattes ! Ici on ne sert que du beau, de l'authentique.

Merci pour ce partage

   Robot   
1/9/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Cette longue phrase ponctuée de virgule apparaît comme un cheminement qui souligne bien la recherche du "hérisson blond".

Un peu moins convaincu par l'effet de style "sous les toits du moi de mais" un peu artificiel. J'ai préféré de beaucoup - dans les monologues du vent d’autant qu’il peut - qui lui reste beaucoup mieux dans le sens du récit.

Et puis, j'aurais aimé lire le long des "plaintes" d'estaminet un peu moins ordinaire, plus suggestif que plinthes.

Mais je me régale aussi de cette enfilade de propositions qui me ravit: "dans le bas ventre de ces villes qui dévissent, sur les quais où l’on retrouve les quittés en morceaux," Quelle force évocatoire !

   jfmoods   
1/9/2017
La masse des énumérations, associée aux déplacements urbains (station de métro parisienne : "Glacière", "ces villes qui dévissent", jeu de mots : "communes aux transports", "sièges"), manifeste la frénésie d'une quête, demeurée infructueuse (gradation au passé composé : "Je t'ai cherché", "Je t'ai cherché longtemps", constat : "je suis sans nouvelles"), menée par la locutrice (accord au féminin : "en allongée") pour retrouver l'Absent. La vitalité, la force poétique du texte est assurée par divers procédés (assonances et allitérations : "nombre d'ombres", "ventre de ces villes qui dévissent", "la pluie qui appuie", "plinthes" / "plantes", jeu antithétique : "ombres" / "soleil", agrégat de deux expressions en un seul bloc, avec glissement homonymique : "vent d’autant qu’il peut", jeu antithétique agrémenté d'une répétition de syllabes :"carcasses" / "caresses", anaphore assortie d'une reconfiguration de ses éléments constitutifs : "tu dormais", "à trois sièges", "en boule", "comme un hérisson blond", double sens : "langue des mers étrangères", écho suggéré : "rue d'est" / rudesse, jeu homonymique : "moi de mais", "Dix mois" / "Dis-moi").

Merci pour ce partage !

   Anonyme   
1/9/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
S’entremêlant étroitement avec cette recherche éperdue de l'être aimé, il y a aussi cette recherche dans l'écriture de 'l’Écriture', elle-même. Oui, les deux me semblent liées, sœurs siamoises perdues. L'auteur joue avec bonheur sur les deux tableaux.
J'aime beaucoup !
Le rapprochement inattendu de termes crée des suspensions poétiques généreuses et très riches, les mots sont à la manœuvre, accélérant, ralentissant ou mettant en lumière les interprétations possibles.
Sans en avoir l'air, sans faire de grands moulinets, ce texte multi-faces ouvre de belles voies poétiques.

Je mets ce poème de côté !
Bravo !

   Proseuse   
1/9/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Raoul,

J' ai passé un bon moment de lecture dans votre texte et visualisant toutes les situations insolites je vous ai très bien suivi dans votre quête !
Je ne relèverai rien en particulier .. l' homogénéité du poème étant pour moi un de ses points forts ! Je prends tout !
Merci du partage

   Cat   
1/9/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Raoul,

Il y a quelque de fort qui se dégage de l’agencement de vos jeux de mots. Quelque chose qui prend au tripes, et au cœur aussi. Une souffrance, mais pas que… Un manque, l’absence, une quête.

Tout tourne autour de cette phrase de fin.
« Dix mois que je suis sans nouvelle. Dis-moi. »

Je ne suis peut-être pas très claire dans l’expression de mes ressentis, mais il y a évidence : j’aime beaucoup ce que je viens de lire.

Merci


Cat

   David   
1/9/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Raoul,

J'ai découvert que Glacière était une station de métro, et le texte est plein d'émotions, celles autour du désespoir, dans sa syntaxe, ces images, dans le fait aussi qu'il n'y a pas le vocabulaire courant de la complainte amoureuse, mais sans indifférence non plus.

Edit : mince, c'est vrai que ce ne sont pas les mots d'un homme à une femme, au vu des accords.

   PIZZICATO   
1/9/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Est-il un endroit que le narrateur n'ait pas scruté ?
De belles images très visuelles, qui se succèdent en flot, afin de bien matérialiser ce souhait prégnant de retrouver la personne.

"sur les quais où l’on retrouve les quittés en morceaux "
" sous la pluie qui appuie nuque et coude "

   Antinoos   
1/9/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,

S'il y a des textes que je n'aime pas sans trop savoir pourquoi, il y en a aussi que j'aime sans pouvoir déterminer précisément l'objet de mon enthousiasme. Celui-ci en est.

Tout en allitérations, assonances et jeux de mots plus ou moins subtils (relevons simplement celui-ci : "les monologues du vent d’autant qu’il peut") l'auteur témoigne ici de son amour de la langue dont il s'empare pour créer une ambiance.

J'ai l'impression, à ma lecture, d'assister à une véritable éjaculation verbale (pardon pour la trivialité du terme) : c'est bien l'expression du plaisir que prend le poète en jouant avec les mots, qu'il retranscrit ici d'une manière qui lui est propre.

Un peu comme chez Ionesco, où chaque dialogue pris individuellement n'a aucun sens, mais où cette accumulation de non-sens sert finalement un but : montrer l'incommunicabilité des êtres humains entre eux, ici chacun des segments des phrases considérés individuellement n'ont apparemment pas de liens cohérents avec les suivants, tandis que l'ensemble du texte délivre un message : celui de l'absence, de l’impossibilité de trouver l'autre.

Je ne sais pas bien, il y a un charme, un je-ne-sais-quoi, qui rend ce texte séduisant.
C'est peut-être cela, la magie des mots.

A.

   Donaldo75   
1/9/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Raoul,

J'ai du m'y reprendre plusieurs fois avant de pondre ce commentaire, et, malgré cette tentative de prise de recul, j'ai encore du mal à savoir si une autre lecture ne va pas me faire changer d'avis.

J'aime les images évocatrices du poème. Sa fin aussi.
Je n'aime pas la surcharge, des mots dans tous les sens avec des adjectifs collés aux images - le "soleil extraverti en est un exemple - et pourtant ça fonctionne ensemble, comme un gigantesque collage à la Braque.

Donc, au final, avant que mon psy ne vienne me coller sa potion magique, je vais dire que j'ai aimé.

   evadne   
2/9/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Votre texte dit l'amour et la perte dans un beau, long et doux cri de douleur adressé à l'être absent. Il dit les errances. Il dit le manque et peut-être même la folie douce, à travers l'énumération de tous ces lieux visités. On les visite avec vous, on vous suit dans tous ces "dans", vous qui soliloquez comme le vent et de belle façon. Seule l'expression " dans les respirations animales communes aux transports" me laisse perplexe... Votre "je t'ai cherché longtemps" fait écho pour moi au " je t'ai cherché partout" de W. Sheller tiré de Les miroirs dans la boue. Même obsession. Même tourment. Même vide rempli par les mots qui pansent.

   Absolue   
2/9/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Le manque est très bien décrit dans ce texte en prose... Il s'infiltre partout! Les images sont parfois tordues mais originales et le but est atteint: faire ressentir cette présence permanente du vide qu'une personne peut laisser...

   framato   
2/9/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Raoul,

Je trouve ce texte presque parfait (mon bémol concerne des dix mois/dis-moi, qui me semble une facilité... ce qui est dommage dans un texte qui en refuse beaucoup). J'adore tu dormais comme un hérisson blond (en boule de neige).
Je me demande pourquoi une maj à Glacière. J'adore aussi le passage "communes aux transports, qui renverse juste ce qu'il faut les transports en communs... les quittés en morceaux aussi (kittés?).
Beaucoup de mots en miroirs déformant dans ce texte et malgré tout une ligne de sens. J'ai aimé, beaucoup. J'ai trouvé ce texte jubilatoire et frais. Ce genre là, j'en redemande !

   FABIO   
4/9/2017
 a aimé ce texte 
Pas
Bonjour

Sortez les becherels ! tordez vous la tête pour comprendre l'auteur !
Double, triple, quadruple sens....quoi!vous ne comprenez rien...bah pourtant c'est simple.
Je respecte le travail, mais pour moi cette poésie est élitiste donc pas à la porté du commun des mortels.Mais il faut de tout,comme mon commentaire qui d'ailleurs apparemment sorts du lot.Serais je a la marge d'Oniris....oh non mon Dieu !!!!
Bravo toutefois pour la musicalité et l'équilibre.

Fabio

   Marite   
11/9/2017
Bonjour Raoul. C'est le forum ouvert et en première ligne ce matin qui m'amène à vous faire part de mon ressenti de lecture et de perception. Pour le fond, Il me vient l'image d'un enfant ... un adolescent peut-être, qui a disparu et que la mère recherche désespérément dans les méandres sombres d'une ville. En ce qui concerne la forme, ce texte m'apparaît trop "construit" avec un désordre choisi des mots qui traduit, à mon sens, une situation douloureuse observée de l'extérieur avec une sensibilité qui n'est pas directement celle concernée par l'absence de l'être perdu.

   Soruf   
11/9/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Ce poème m'a fait forte impression.
Je ne vais essayer de l'expliquer, ni même de tout comprendre. C'est impossible je pense, et pas fait pour ça.
J'aime beaucoup cette recherche effrénée, désespérée, triste. Il s'en dégage une forte tension dramatique. J'adore l'image du hérisson blond.

   Queribus   
14/9/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

J'ai particulièrement aimé ce texte où tout est dit en peu de mots avec des des images très fortes qui s'enchainent rapidement; j'ai beaucoup apprécié également la fin du poème: d'abord: Dix mois que je suis sans nouvelles et puis ce seul mot pour conclure: Dis-moi; du bel art et de la belle écriture. Une seule remarque le texte aurait peut-être gagné à être écrit de façon plus poétique en superposant les images plutôt que d'écrire le tout de façon très "prosaïque" mais ce n'est qu'une idée personnelle qui n'enlève rien au résultat final.

Bien à vous.


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