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Poésie libre
Raoul : Les mains négatives
 Publié le 15/04/19  -  8 commentaires  -  576 caractères  -  224 lectures    Autres textes du même auteur

"Ses yeux se sont vidés
Et nous avons perdu la mémoire."
Charlotte Delbo


Les mains négatives



C'est dans une grange calcinée,
qu'une mort d'Oradour
cueillit, comme une rafle,
des familles démembrées.

Il n'en reste sur les murs
que la clarté fumante encore
de leurs mains négatives.

C'est au ventre d'une caverne,
qu'un souffle de pigment roux,
a laissé contre les parois
la clarté énigmatique
de leurs mains négatives
qui leur prouvait qu'ils étaient là.

Qui nous prouvent qu'ils furent là.


 
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   Corto   
19/3/2019
 a aimé ce texte 
Pas
Ce thème douloureux de notre histoire collective méritait mieux, me semble-t-il, que cet essai de poème.

Respect pour ceux qui sont morts dans l'atrocité.

   Gabrielle   
30/3/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un texte qui nous rappelle notre travail de mémoire...

Un témoignage par l'intermédiaire de ces"mains négatives", les tristes vestiges de la guerre passée.

Merci à l'auteur(e) d'amener doucement la réflexion sur une problématique toujours d'actualité.

Bien à vous.

   papipoete   
15/4/2019
 a aimé ce texte 
Bien
bonjour Raoul
Comme les griffures que l'ours laisse sur un arbre, celles de suppliciés sur un mur calciné, semblent hurler un dernier cri face à une division SS... Témoins d'un temps préhistorique, les murs de Lascaux montrent que le vie humaine était là...
NB glaçantes, les " mains négatives " parlent...

   Davide   
15/4/2019
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour Raoul,

J'ai dû mal à comprendre la syntaxe du premier couplet, et notamment ce "qu'une mort d'Oradour cueillit (...) des familles démembrées".
Autant le verbe "cueillir" me renvoie à une image dans une acception figurée, autant le terme "une mort d'Oradour" me laisse perplexe, avec ce "une" impersonnel.
Une manière de ne pas dire "massacre" ?

Je trouve étrange l'avant-dernier vers, avec ce "prouvait".
Avaient-ils besoin de se prouver à eux-mêmes qu'ils étaient là ?
J'apprécie mieux le changement de temps au dernier vers, avec ce passé simple qui marque une cassure temporelle élégante.

Je reste perplexe face à ce texte plutôt bien écrit, où de belles images, telles ces "mains négatives", côtoient des expressions plus faciles et, à mon sens, trop impersonnelles.
Désolé, mais je n'ai pas vraiment été touché...

Merci pour ce partage,

Davide

   Vincente   
15/4/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Ce titre est d'une force toute incisive pour évoquer cette tragédie qui ne doit être tue. Il en faut et en faudra trouver sans relâche des opportunités pour remettre à la surface de nos consciences ces horreurs dont l'homme est capable.

Les mains niées, emblèmes ici de l'abjecte, fer de lance d'un poème nécessaire. La vie emportée en fumée autour du vide de chaque main, une prégnante puissance poétique bien sûr, mais il fallait bien de la délicatesse pour éviter une facilité larmoyante. Pour moi, la sobriété de ces quelques vers a su saisir le principal de l'ampleur de la charge mémorielle. Le texte est à l'instar de "la clarté fumante encore" d'une actualité toujours à rappeler.
Les répétitions (clarté - mains négatives - prouvait/prouvent) appuient avec volontarisme leurs traits essentiels.

   senglar   
15/4/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Raoul,


ça fait mal ça Raoul, ça fait très mal et ça laisse comme une brûlure au creux de l'estomac.

Au lu du titre j'avais pensé de suite aux mains délimitées sur les parois des cavernes - avec un doigt coupé généralement - faut-il lire là la douleur ?

Au lu de ton poème j'ai pensé encore aux ombres d'Hiroshima. Je me souviens d'une photographie de Paris Match (il y a quelques dizaines d'années quand ce magazine était encore le choc des photos ; aujourd'hui c'est un tabloïd ou un organe de propagande qui nage à vue de régime, un laquais) où l'on voyait l'ombre portée d'un homme contre une paroi, c'était tout ce qui restait de cet être soufflé par la chaleur irradiée de la bombe. Ton poème produit en moi le même effet stupéfait, il est rempli d'une intensité extraordinaire et la tragédie d'Oradour y vibre d'une intense émotion.

De tels poèmes sont nécessaires pour entretenir la Mémoire ; comme les mains négatives sont des preuves à jamais de l'existence de os ancêtres cavernicoles les ombres d'Oradour trembleront pour toujours
"sur les murs
"... clarté fumante
"... ... de... mains négatives
pour témoigner
dans ce site devenu sanctuaire au même titre que les cavernes.


Merci pour cette photographie car ton poème est visuel, merci pour ce devoir de mémoire.

Bien à toi


senglar ex brabant

   Robot   
15/4/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Quand pour évoquer un évènement tragique la construction du récit parvient à mêler comme ici narration et poésie j'apprécie vraiment !

Quelle belle idée ces mains négatives "qui nous prouvent qu'ils sont (toujours) là"

   PIZZICATO   
15/4/2019
 a aimé ce texte 
Un peu
Le seul nom de Oradour réveille le souvenir d'une abomination, de l'horreur à son paroxysme.
Concernant l'expression " les mains négatives " j'ai pensé à des traces rappelant le négatif d'une photo.

Pour le texte lui-même, je reste assez réservé. Tout d'abord, à Oradour il y a eu plus qu'une grange brûlée, à laquelle l'auteur fait allusion...
D'accord, il a imaginé des traces de mains sur les murs ; la licence poétique a ses droits.

Mais je ne comprends pas la relation - les mains négatives - avec les dessins sur les parois des cavernes qui n'ont rien de macabre ; au contraire, qui sont des messages de vie destinés à communiquer avec ceux qui viennent après et " Qui nous prouvent qu'ils furent là ".
C'est cette image que je retiens de votre texte.


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