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Poésie libre
Robot : Le muselet
 Publié le 20/02/19  -  20 commentaires  -  1325 caractères  -  190 lectures    Autres textes du même auteur


Le muselet



Menotte de fer-blanc, ce petit muselet
Qui scelle le portail d’une prison de verre
Empêche que s’évade en bulles d’amitié
L’effervescente envie de bonheur et de joie.

À la muraille lisse, fermement accroché,
Il retient le clapet qui mène à la sortie,
Résiste à la pression qui s’exerce sur lui
Jusqu’à ce qu’il reçoive une levée d’écrou.

Alors un porte-clefs déjà émoustillé
Commence à desserrer les boucles torsadées.
Un souffle parvenu du fond de la cellule
Propulse avec vigueur une onde parfumée.

Pop et pschitt ! Aussitôt lorsque la mousse fuse
Et qu’un liquide blond se répand dans les flûtes
Chacun rit, chacun danse, les convives s’amusent
Sans égard pour le rôle du petit muselet.

Le bouchon, la capsule, ont la chance et l’honneur
De parfois terminer dans une collection.
Mais le bout de métal, une fois détaché,
Ne participe plus aux plaisirs de la fête.

Et s’il ne finit pas sous les pieds d’un valseur,
Comme par punition, bracelet désuet,
Le grillage déchu se trouve abandonné
Au fond de la corbeille avec les cotillons.



Le muselet est ce petit morceau de grillage qui retient le bouchon des champagnes, crémants et vins mousseux.


 
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   domi   
29/1/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Superbe poésie libre, libre de rimes mais au rythme classique très chantant et agréable.
Chaque mot est choisi avec précision, c'est une description très riche, recherchée, tellement qu'on aurait pu se passer de la définition à la fin, car au mot "grillage" on n'a plus de doute sur l'objet, preuve que c'est bien décrit.
L'aspect "triste" et "humain" du muselet qui finit seul et oublié, est traité avec pudeur, à peine si je l'avais remarqué à la première lecture, trop occupée sans doute à me faire peu à peu une idée précise de l'objet en question...
Cela reste un beau travail.

   Corto   
29/1/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Qu'en termes élégants ces choses-là sont dites...
Il est vrai qu'on ne porte attention à ce diable de muselet que lorsqu'il résiste, refuse de quitter sa place jusqu'à ce qu'on le menace, au pire, d'une pince coupante... Il sait qu'il n'est qu'accessoire agaçant et résiste "Jusqu’à ce qu’il reçoive une levée d’écrou".

Bravo pour cette attention portée aux humbles ! Même si leur sort est de finir "abandonné Au fond de la corbeille avec les cotillons".

A votre santé poétique !

   INGOA   
3/2/2019
 a aimé ce texte 
Un peu
La première strophe avait tous les ingrédients pour stariser ce muselet. Malheureusement je trouve très vite un essoufflement dans les suivantes aux règles prosodiques aléatoires. Quel dommage d'avoir dilapidé la base d'un sujet fort original.

   Anje   
4/2/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Libre.
Il y en a qui, malhabiles de leurs pieds mais adroits de leurs doigts, restent à table pendant que les autres dansent et fabriquent avec ces petites ferrailles de minuscules chaises et autres objets de poupée qui laissent sur la nappe un brin de poésie.
Plutôt que geôlier, j'aurais vu ce muselet complice du flacon, comme acouplé pour livrer un fin nectar mais finalement, décrit ainsi et avec une belle fluidité, l'ensemble m'a séduit.
Anje en EL

   Gemini   
5/2/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Vraiment original. Le choix de cet objet anodin, presque insignifiant au milieu du faste et de l’éclat du champagne donne à ce texte une saveur particulière ; celle qu’en général le public aime savourer : l’importance (par sa ruse) du petit et du faible qu’oublie trop souvent le puissant. Le rat et le lion, ou même Astérix, par exemple.
J’avoue avoir été, à première vue, un peu désarçonné par l’ampleur du texte. Comment pouvait-on dire autant sur si peu ? Mais, et c’est là tout le mérite de l’auteur, rien n’est superflu, tout tombe à propos, et on a même droit à une sorte de fil d’histoire qui va de l’ouverture à la déchéance (quand on l’envoie valser) , le tout sur une écriture bien maîtrisée, avec des mots justes.
La mise en forme est faite de phrases strophes.
Dommage au final pour les rimes, grandes absentes, et aussi, pour moi, petit caprice, de n’avoir pas glissé une strophe sur le fascinant effet d’optique qu’on peut tirer du muselet.

   Anonyme   
5/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

A l'instar de Ponge, vous avez pris le parti du muselet ( mais pas en prose ) et vous avez bien fait : vous avez su donner ses lettres de noblesse à ce " bracelet désuet" grâce aux métaphores : " menottes de fer blanc" et autres périphrases :" le grillage déchu" .

Le poème se lit avec plaisir jusqu'à la déchéance de l'objet et vous lui rendez un bel hommage en plaçant le coup de projecteur sur ce qui était apparemment insignifiant.

J'ai vraiment compati à la destinée presque fatale de ce "petit muselet".

Merci et bravo.

   Pouet   
20/2/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bjr

J'aime bien quand on s'attache aux petites choses, au désuet, à l'insignifiance.

Un petit texte ma foi bien agréable à lire.

Peut-être que l'auteur aurait pu aussi parler du sort parfois réservé à ce muselet, de sa capacité à se faire jeu, origami de fer-blanc et de sa propension à tenir en éveil les plus petits, de son "utilité" infantile: tordu et distendu dans tous les sens, il peut prendre la forme d'un bonhomme ou d'autre chose selon l'imagination; occupation à laquelle je m'adonnais enfant lorsque les adultes se gavaient de bulles.

Au plaisir.

   Cristale   
20/2/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Poème libre de rime en dodécasyllabes, vers de 12 syllabes. Sauf erreur de ma part, un vers de 13 syllabes débute le second quatrain, 2 vers de 13 syllabes terminent le quatrième quatrain. Cela m'interroge car la majorité des césures et elisions aux hémistiches des autres vers sont correctes. C'est dommage car cela casse le rythme.

Le sujet est original: donner vie et importance aux choses insignifiantes à travers la poésie demande un grand sens de l'observation et un esprit créatif mais venant de l'auteur cela est une évidence.
Mis à part les détails techniques dont ma notation tient compte, l'écriture est plaisante et l'ambiance bien rendue. J'aurais classé cette forme en contemporain.

J'aime bien et je plussoie pour l'originalité.

Cristale

   papipoete   
20/2/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonjour Robot
Le muselet, sur une bouteille, sur la tête du " Masque de Fer ", voici 2 images de ce drôle d'ustensile ; on le voyait aussi sur le museau du boeuf attelé, que taons et mouches assaillaient !
Ici, nous voici face à un goulot dont le bonnet est fait de boucles torsadées, qu'une main experte va défaire précautionneusement, afin que la joie éclate, quand jaillit la mousse d'un breuvage effervescent !
NB l'auteur sous le coup de l'imagination, évoque un fameux embastillé, qu'une levée d'écrou libérera de son collier de fer, qu'on boira jusqu'à la lie ; mais de son " muselet " qui s'en inquiétera ? il finira sous le balai jusqu'à sa prison définitive...la poubelle !
Pas si sûr ! moi le premier et bien des convives, le prendront en main, comme le trombone au bureau, le tripotera dans tous les sens, et puis l'abandonnera .
L'histoire, évoquant cette ferraille, inspire le poète qui nous ballade d'une prison jusqu'à la table d'une fête, et jusque sous les pieds de danseurs...une sacrée aventure pour un " pschitt " !
On s'étonne ! on sourit ! et puis adieu petit muselet !
Très original !
Une surprise cependant de voir une forme " libre ", que ces vers me paraissant cousins d'alexandrins ?

   Vincente   
20/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un petit sourire aux lèvres m'a accompagné tout au long de la lecture que j'ai bue cul-sec. Pas de piège pour comprendre le regard attendri du poète envers ce petit objet sans lequel les saveurs prendraient la poudre d'escampette. De la scansion, bien qu'ici en libre, on peut dire qu'elle coule comme en classique, mais avec en plus une légèreté dont elle ne manque pas de faire profiter le lecteur.

L'intention est généreuse. Les images et jeux de mots évitent de la rendre ennuyeuse. Il y a beaucoup de fraîcheur au fond de la cellule grise dans l'esprit du narrateur, elle justifie la levée d'écrou au point d'y avoir fait la belle... la belle poésie que voilà.

   hersen   
20/2/2019
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Bonjour Robot,

Un sujet pétillant ? la forme le dément, je pense que ce muselet, en catégorie libre, méritait une plus grande fantaisie, ne serait-ce que pour accompagner les bulles fantasques.

Si j'aime beaucoup certaines excellentes trouvailles comme "le porte-clefs émoustillé" qui vient juste après "levée d'écrou",la forme trop sage me fait définitivement passer à côté.

Dans le métré non rimé, j'ai toujours du mal à trouver un rythme, une fluidité. Ce quelque chose qui sortirait joyeusement de la bouteille, incontrôlable.

Désolée pour cette fois, mais à te relire bien sûr !

   Anonyme   
20/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
C'est une idée bien sympathique d'avoir consacré une poésie à ce petit fil torsadé et son blason, dont la fonction est primordiale.

Des images bien trouvées pour suivre le parcours de ce muselet.
Entre autres : " Menotte de fer-blanc "
" Jusqu’à ce qu’il reçoive une levée d’écrou."
" Résiste à la pression qui s’exerce sur lui "

Un texte original et amusant qui m'a bien plu.

   senglar   
20/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Robot,


Curieux petit sujet très bien traité même si dans ce poème il est très malmené. Je trouve l'idée amusante ; on pourrait jouer à cela en forum, traiter poétiquement un objet inattendu; insignifiant ou commun... et l'on prouverait qu'il y a de la poésie partout.

Un exploit ici que de faire cohabiter l'univers carcéral et l'univers festif.

Haro sur les grincheux ! Avanti fourchettes à gâteaux, bouchons de liège et autres cure-pipes ! En fait j'ai bien écrit une nouvelle entière sur une spontex (voir Une vie de château de brabant).

senglar :)

   wancyrs   
20/2/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Salut Robot,

C'est vrai que cet accessoire est insignifiant pour beaucoup de personnes, à commencer par moi-même, beaucoup plus par ignorance qu'autre chose ; d'ailleurs je ne connaissais même pas son nom ( Je vais dormir moins niaiseux ce soir, comme on le dit ici au Québec.) Aujourd'hui que vous attirez mon regard sur sa fonction, je regarderai d'un autre oeil mes bouteilles de mousseux, et par le fait même, votre texte restera à jamais dans ma tête.

Pour l'écriture, je me dis que si le point de vue (narration) était celui du muselet, cela aurait apporté un plus ; mais ça c'est moi qui le voit...

Merci pour le partage !

Wan

   STEPHANIE90   
20/2/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonsoir robot,

quel joli tableau que celui-ci. Ce petit objet sans grand intérêt a quand même de quoi nous amuser un moment. Il me rappelle de bons souvenirs d'enfance, à passer un long moment à en faire un muselet sauteur qui finissait dans les assiettes des convives.

Je suis moins fan des strophes 5 et 6, mais les premières, quel plaisir de les lire. Alors merci pour ce bon moment de lecture,

StéphaNIe

   VictorO   
20/2/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Texte intrigant qui montre une fois de plus que la poésie est partout, même chez ces objets insignifiants en apparence. Objets indispensables mais oubliés, donc dignes d'intérêt, dignes qu'on leur consacre des poèmes en les personnalisant.
Un rythme de lecture agréable, des images intéressantes : menotte de fer-blanc, portail d'une prison de verre, muraille lisse, du fond de la cellule, une onde parfumée, le grillage déchu...

   Gabrielle   
22/2/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Un texte original qui met à l'honneur un petit objet insignifiant.

De jolies métaphores dans ce poème.

Bonne continuation.



G. Michel

   Eki   
23/2/2019
 a aimé ce texte 
Bien
J'avoue, Robot...Vous m'apprenez ce qu'est le muselet...
avec poésie !
Me voici désormais moins...ça crémant cruche peut-être !

De l'insignifiant qui s'anime...c'est frais, délicat et aussi festif qu'un train de bulles !

Eki mouette et chandon...

   jfmoods   
24/2/2019
Au fil des 3 premières strophes, le muselet apparaît dans sa dimension glorieuse. Il est le gardien vigilant, puissant, intraitable, du monde du dedans ("Menotte de fer-blanc", "scelle le portail d’une prison de verre", "Empêche que s’évade", "À la muraille lisse, fermement accroché, / Il retient le clapet qui mène à la sortie", "Jusqu’à ce qu’il reçoive une levée d’écrou"), la pièce maîtresse d'une architecture grandiose. Il entretient l'exaltation, la fièvre d'une libération ("L’effervescente envie de bonheur et de joie", "Résiste à la pression qui s’exerce sur lui").

Les 3 dernières strophes saisissent l'objet dans les strates de sa déchéance. Soudain délesté de l'exigence de sa charge ("Pop et pschitt !", "la mousse fuse", "un liquide blond se répand dans les flûtes"), le muselet se voit systématiquement destitué, oublié, bon à jeter ("Sans égard", "bout de métal", "s’il ne finit pas sous les pieds d’un valseur", "bracelet désuet", "grillage déchu [...] abandonné / Au fond de la corbeille avec les cotillons") alors que ses deux compères peuvent espérer connaître un sort plus enviable ("Le bouchon, la capsule, ont la chance et l’honneur / De parfois terminer dans une collection").

Ce poème de belle facture enchante l'objet en nous le présentant sous un angle mystérieux, inattendu, attendrissant.

Merci pour ce partage !

   apierre   
2/4/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Délicieux poème pétillant!
J'aime beaucoup cette attention portée aux petits objets du quotidien.Le muselet mérite ce joli hommage avec des mots simples à son image.


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