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Poésie en prose
SaintEmoi : Humanité [Sélection GL]
 Publié le 28/07/18  -  11 commentaires  -  2282 caractères  -  83 lectures    Autres textes du même auteur

Je ne sais rien dire sur ce texte. Il est mon regard sur notre humanité : triste et résigné, dans l'effort de nourrir malgré tout l'espoir.


Humanité [Sélection GL]



Électrons infatigués, nous faisons sans cesse marche arrière, comme si la Terre ne tournait que pour nous.
Le café coule dans la cuisine, et ses arômes se laissent bercer au tangage céleste. Y a-t-il plus belle fin que ces senteurs qui tombent, une fois les vapeurs montées aux nues ?
Couronnes sans tête, épis battus dans la campagne verte, où sont les chemins que nous prenions ensemble ? Te souviens-tu dans l’automne, nous ramassions les pommes et les mangions aux mêmes dents ? Est-ce que la trêve est finie ? Devrais-je cacher cet ami qui me ressemble tant mais que tu ne connais pas ! Sens-tu le gouffre, la vacuité des êtres, l’inféconde intelligence ? 
Je vois autour de moi des résignations, emportées par les paresses de l’esprit, les fatigues du corps. Des regards qui ne se posent plus sur rien, comme du vide dans du vide. 
D’où viennent ces aliénations ?
Êtes-vous pris comme moi parfois par ce vertige intense, dans la ronde soutenue, où chacun danse seul des musiques que les autres n’entendent pas ? J’ai tellement peur de ce silence entre les êtres. Il est cette nausée que je ne vomis jamais. 
Le soir, il m’arrive de suivre dans la rue la chaleur d’un groupe d’amis. Ils tapissent les murs de leur camaraderie, comme un soleil d’hiver qui lèche les vitrines d’un bar. Je me tapis dans l’ombre d’une porte et je contemple ces soubresauts du monde, cette tendre agonie de la compassion.
 Vous est-il arrivé d’entendre battre votre cœur dans la foule ? Et de sentir que tous les autres cœurs s’unissent malgré eux au même tempo. C’est ce monde perdu que le soir je pleure. 
Imaginez un arbre à l’envers, les racines dans le ciel et les feuilles enterrées jusque dans l’humus profond. Racines livrées aux fracas des eaux et des airs. Soleil inutile sur des ramures étouffées. 
Je voudrais ouvrir la terre de mes mains pour le remettre à l'endroit, je voudrais demander à mes contemporains de mettre avec moi leurs doigts dans cette terre. Mais j’ai tellement peur d’être ignoré que je demeure silencieux, regardant mes bras impuissants, étouffant mes larmes dans un sanglot intérieur.
Demain, je reviendrai au pied de cet arbre torturé. Puissent les lectures de ma nuit me donner la force et les mots.


 
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   Eclaircie   
14/7/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,

Cette "Humanité" mérite d'être découverte, même si certains détails pourraient être améliorés.
Je me rends compte de la facilité à voir ce qui ne va pas très bien dans les textes des autres et la difficulté à rendre belle copie soi-même.

Les moins :
le texte fait un peu "pavé" pas très facile à lire et s’approprier. Le format du site ne joue pas en votre faveur sur ce point.
"et les mangions aux mêmes dents " formule étrange. "à Pleine dents ?"

Ensuite, le questionnement qui entame le second paragraphe casse le rythme, lectrice, je n'ai pas envie de me poser de questions, seulement de découvrir celle du narrateur.

L'ensemble me parle et me plait cependant beaucoup.

Merci du partage,
Éclaircie

   lucilius   
18/7/2018
 a aimé ce texte 
Pas
Commençons par le commencement. "Electrons infatigués, nous faisons sans cesse marche arrière…". J'y perçois une contradiction entre "infatigués" qui signifie "inusable, infatigable" donc sève du vainqueur, et "nous faisons sans cesse marche arrière" signe de défaite. Premier ressenti contradictoire et négatif qu'il faut absolument corriger.

Des tournures à simplifier : "Etes vous pris comme moi parfois par ce vertige intense…" "où chacun danse seul des musiques que les autres n'entendent pas", "vous est-il arrivé d'entendre battre votre cœur dans la foule" etc... etc...

Une invraisemblance par rapport au contenu qui précède : "mais j'ai tellement peur d'être IGNORE que je demeure silencieux".
"Incompris" me paraît nettement plus approprié.

Il ne m'appartient pas de proposer des corrections majeures à un texte que je juge peu abouti dans sa forme actuelle malgré de belles idées et certaines parties bien construites.

   BlaseSaintLuc   
21/7/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
C'est de la très belle poésie en prose, il ne faut pas être désespéré du monde des hommes alors même qu'il est possible de lire encore quelques lignes de cette force , l'auteur à mis les doigts dans la prise de la conscience , bien lui en fasse , si le jus qu'il en sort est de se calibre , bravo .

   papipoete   
28/7/2018
 a aimé ce texte 
Bien
bonjour SaintEmoi
Le héros est désespéré par la vie qui va, cahin caha avec ces yeux qui se baissent plutôt que d'affronter ; tout est à l'envers tel un arbre qui pousserait racines en l'air ! << Si je pouvais, de mes mains je le retournerais ... mais pour qui, pour quoi ? >>
NB qui ne 'est jamais trouvé dans cet état d'esprit, doit vivre au pays des mille sourires ! là où les enfants jouent au foot sur les montagnes d'ordures de Bombay par exemple, et jamais ne se départissent de ce sourire ...
Des tournures " alambiquées " parfois, mais l'ensemble dépeint bien l'humeur du personnage au pied de son arbre .

   PIZZICATO   
28/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un regard résigné voire pessimiste sur " notre humanité ", mais, somme toute, réaliste.

" Le café coule dans la cuisine, et ses arômes se laissent bercer au tangage céleste " nous avons perdu le goût des choses simples, à vouloir toujours plus.
" Des regards qui ne se posent plus sur rien, comme du vide dans du vide ".

" J’ai tellement peur de ce silence entre les êtres." Oui, la communication devient inexistante

" Imaginez un arbre à l’envers, les racines dans le ciel et les feuilles enterrées jusque dans l’humus profond " l'image est sombre.

Il incombe aux humains de tenter de stopper la décadence.
Cela nous est-il encore possible ? ...

J'ai bien aimé ce texte.

   Vanessa   
28/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,
J'ai beaucoup aimé ce regard que vous posez sur l'humanité et sur la solitude des hommes.
Un regard où le narrateur fait partie intégrante de l'humanité et pourtant il s'en exclue par peur d'être ignoré.
Alors, évidemment que la terre tourne toute seule pour nous.
:-(
Je suis touchée par ce texte intimiste écrit dans un chuchoti. ..histoire de ne pas déranger.
Merci.

   Kaiss   
28/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour SaintEmoi,
Ce texte m'ayant beaucoup touché, j'ai décidé d'enfin écrire mon premier commentaire d'un texte:

Tout d'abord, bien que le texte fasse très dense visuellement, il reste très agréable à lire à mon sens! Ayant une vision assez similaire de l'humanité, pessimiste de la nature humaine mais espérant qu'on puisse quand même refaire le monde, cette prose a eu un impact, une résonance sur moi

Les questions rhétoriques telles que "Vous est-il arrivé d’entendre battre votre cœur dans la foule ?" et "Sens-tu le gouffre, la vacuité des êtres, l’inféconde intelligence ?" rapproche rapidement le lecteur du narrateur/auteur, créant un lien particulier et presque intime que j'apprécie beaucoup

Juste une petite chose qui m'a dérangé: que ce soit volontaire ou non: "Devrais-je cacher cet ami qui me ressemble tant mais que tu ne connais pas ! "- le point d'exclamation fait tache je trouve, un "?!" aurait peut être mieux desservie cette partie

Bref, je trouve cette prose très touchante, et j'espère qu'un jour nous arriverons à remettre dans le bon sens cet arbre essentiel, tous ensemble

   wancyrs   
28/7/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Salut saintEmoi,

Je me suis un peu perdu dans l’interprétation de votre texte. Au départ j’ai l’impression que vous parlez a une personne précise, une amoureuse, puis ensuite vous vous adressez à la multitude, sans transition, sans jamais revenir à votre premier interlocuteur. Je peux me tromper, mais c’est ce que j’ai ressenti.
Le fond est le questionnement existentiel, celui que chaque être digne de ce nom doit se livrer. La forme est un peu chaotique, les questions et les idées fusent de toutes part, sans véritable ordre, un peu comme la profusion dans notre tête lorsqu’on est submergé par l’inquiétude du futur ; j’aime, ça fait vrai. Il n’y a néanmoins rien de nouveau dans votre propos, peut-être l’arbre en l’envers ? Merci néanmoins pour votre texte.

Wan

   jfmoods   
31/7/2018
Les questions, ouvertes et fermées, ainsi que la palette des pronoms personnels ("nous", "je", "tu", "vous") visent à impliquer le lecteur dans une réflexion personnelle douloureuse, délétère, sur l'époque.

Le poète pointe l'inconséquence des individus (paradoxe soulignant la régression : "infatigués" / "nous faisons sans cesse marche arrière", métaphores dépréciatives : "Couronnes sans tête, épis battus dans la campagne verte"), leur incapacité à communiquer entre eux (gradation à rythme ternaire : "le gouffre, la vacuité des êtres, l’inféconde intelligence", dichotomie d'une déliquescence : "les paresses de l’esprit, les fatigues du corps", comparaisons : "comme du vide dans du vide", "comme un soleil d’hiver qui lèche les vitrines d’un bar", antithèse : "seul" / "les autres").

Une métaphore surréaliste met en exergue l'absurdité de cette situation contre-nature ("arbre à l’envers, les racines dans le ciel et les feuilles enterrées jusque dans l’humus profond. Racines livrées aux fracas des eaux et des airs. Soleil inutile sur des ramures étouffées.").

Un jeu de métonymies ("ouvrir la terre
de mes mains pour le remettre à l'endroit", "mettre avec moi leurs doigts dans cette terre", "regardant mes bras impuissants") souligne l'impossible défi à relever : dans un prodigieux effort collectif, réenchanter la perspective, enraciner à nouveau l'échange.

L'image du haut-le-coeur ("cette nausée que je ne vomis jamais") n'est pas sans rappeler le contexte sartrien. Bien sûr, le locuteur n'a pas le regard distancié, plongeant, méprisant, de Roquentin envers ses semblables et leur vie mesquine ("Les imbéciles."). Il se désespère de cette déliquescence ("étouffant mes larmes dans un sanglot intérieur"), attendant des autres un soutien salvateur pour retrouver une parole fondatrice de dialogue.

Merci pour ce partage !

   jfmoods   
6/8/2018
Les questions, ouvertes et fermées, ainsi que la palette des pronoms personnels ("nous", "je", "tu", "vous") visent à impliquer le lecteur dans une réflexion personnelle douloureuse, délétère, sur l'époque.

Le poète pointe l'inconséquence des individus (paradoxe soulignant la régression : "infatigués" / "nous faisons sans cesse marche arrière", métaphores dépréciatives : "Couronnes sans tête, épis battus dans la campagne verte"), leur incapacité à communiquer entre eux (gradation à rythme ternaire : "le gouffre, la vacuité des êtres, l’inféconde intelligence", dichotomie d'une déliquescence : "les paresses de l’esprit, les fatigues du corps", comparaisons : "comme du vide dans du vide", "comme un soleil d’hiver qui lèche les vitrines d’un bar", antithèse : "seul" / "les autres").

Une métaphore surréaliste met en exergue l'absurdité de cette situation contre-nature ("arbre à l’envers, les racines dans le ciel et les feuilles enterrées jusque dans l’humus profond. Racines livrées aux fracas des eaux et des airs. Soleil inutile sur des ramures étouffées.").

Un jeu de métonymies ("ouvrir la terre de mes mains pour le remettre à l'endroit", "mettre avec moi leurs doigts dans cette terre", "regardant mes bras impuissants") souligne l'impossible défi à relever : dans un prodigieux effort collectif, réenchanter la perspective, enraciner à nouveau l'échange.

L'image du haut-le-coeur ("cette nausée") n'est pas sans rappeler le roman de Sartre.

Cependant, le locuteur n'a pas le regard plongeant, distancié, méprisant, de Roquentin envers ses semblables.

Même s'il met lui aussi en scène une identité aliénée, il se désespère ("étouffant mes larmes dans un sanglot intérieur"), attendant des autres un soutien salvateur pour retrouver une parole fondatrice de dialogue.

Merci pour ce partage !

   Cyrill   
7/8/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un beau texte dans lequel l'auteur prend soin de concerner le lecteur :
"Sens-tu le gouffre, la vacuité des êtres, l’inféconde intelligence ?"
"Êtes-vous pris comme moi parfois par ce vertige intense..."
Oui, oui, moi aussi, ai-je envie de répondre.

L'ensemble sonne très juste, l'auteur (le narrateur ?) a puisé au plus authentique de ces tristes constats, de ces désespoirs prégnants, qu'il nous livre avec la grâce de l'écriture.
Au plaisir.
Cyrill


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