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Poésie contemporaine
SaintEmoi : Le bateau libre
 Publié le 19/09/15  -  6 commentaires  -  1287 caractères  -  112 lectures    Autres textes du même auteur

Souvent je regarde l'horizon comme ce capitaine.


Le bateau libre



Sous la brume d'un quai, en ces ports où les hommes
Hydratent leurs faiblesses aux goulots de Bacchus,
À la Lune complice, quand les enfants s'endorment,
Un bateau métallique venait chercher quitus.

À sa proue, taciturne, un sombre capitaine
Tournait le dos au port, par colère sans doute ;
Tandis que l'équipage liquidait sa déveine,
Il regardait la mer et sombrait dans le doute.

Le navire tanguait sur une tendre houle,
Et la lumière blanche posait sur l'horizon
Ce nonchaloir froid que tant de mers refoulent,
Un peu de ces mensonges qui n'ont pas de pardon ;

Le marin solitaire plongeait au fond de lui,
De ce regard puissant que s'imposent les êtres,
Tant chargé de reproches que de goût à la vie,
Tant fort et de courage et de tristes prières.

"Ô vent ô toi le large, garde-moi de piété,
Quand la tempête gronde, quand s'emballent les vagues,
Viens, protège mon âme des idoles sacrées,
Accorde-moi la force de résister au diable,

Quand les églises pleurent de leurs ferventes plaintes,
Quand les mosquées se meuvent d'une folle énergie,
J'ai le cœur qui gonfle d'une marée éteinte,
J'ai le ventre animé d'une nausée impie."


 
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   Anonyme   
30/8/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Pour beaucoup, le port est synonyme de havre. Il l'est même d'ailleurs étymologiquement. Pour Baudelaire, dans ses poèmes en prose (Le Spleen de Paris), "Un port est un séjour charmant pour une âme fatiguée des luttes de la vie".
Il en va tout autrement du sombre capitaine dont vous parlez. Lui, il accoste à regret, et il tourne le dos à la réalité des hommes sur terre. Dure et navrante réalité qui le fait méditer. Il implore les éléments naturels de le préserver des fanatismes, des folies humaines, des idoles néfastes. Cet appel du grand large offert comme une fuite semble impuissant malgré tout, puisque le poème se termine non pas sur une note d'espoir, mais sur une note de découragement et de colère : "J'ai le ventre animé d'une nausée impie".

Au sujet du titre : Le bateau libre...
Est-ce être libre que de fuir la réalité ? Et de toute façon, est-il libre, ce bateau, lui qui a aussi à affronter les tempêtes ? Cela n'est pas une critique, c'est juste une piste de réflexion que je m'impose à la lecture de votre poème. Et le fait que le poème incite à réfléchir est un plus.

Un petit détail :
"Hydrater leurs faiblesses". J'aurais bien vu "abreuver", à la place d'hydrater.

J'ai aimé ce poème pour son côté romantique : appel à la nature pour expier les fautes humaines, solitude du marin...

   Anonyme   
19/9/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'aime votre bateau, son ivresse à rester libre, comme l'image de son capitaine tournant le dos à l'escale.
Le langage est fluide et y flotte avec aisance et poésie ce que vous voulez transmettre.
Ce vieux 'nonchaloir' , comme une épave retrouvée, me plaît beaucoup.
Merci

   Anonyme   
19/9/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Une plongée mystérieuse dans un port brumeux perdu au fond de je ne sais quel endroit sur Terre.

Et ce sombre capitaine, dont on ne connaît pas le nom, mais dont on imagine aisément les multiples aventures au gré des océans et des mers, est délicieusement énigmatique.

Bravo à vous,

Wall-E

   Vincendix   
19/9/2015
 a aimé ce texte 
Bien
J'aime tout ce qui touche à la mer mais je ne suis pas passionné par ce texte.
Le premier quatrain est prometteur, ensuite cette histoire de capitaine sombre et taciturne me déçoit un peu.
Quelques adjectifs hachent le rythme, d'autant plus que certains ne sont pas appropriés (à mon avis). tendre pour la houle !
Je retrouve de l'intérêt dans le dernier quatrain, qui, peut-être, explique ce qui précède.

   cervantes   
20/9/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai senti le vent d'un Vigny

Vous m'avez fait vieillir puissant et solitaire,
Laissez-moi m'endormir du sommeil de la terre

D'un anti Vigny.

La mer remplace la terre,

Les marins, l'humanité se saoule et solitaire le capitaine doute, sans dieu, sans mirage à se raccrocher.

S'il invoque le large, comme Moïse invoquant Dieu, c'est pour demander de ne pas succomber à la piété, aux idoles sacrées.

J'ai beaucoup aimé le sujet et par moments beaucoup certains vers. Certains autres à mon avis pourraient être mieux ciselés et plus évocateurs.
Hydratent leurs faiblesses aux goulots de Bacchus
Tant fort et de courage et de tristes prières
"Ô vent ô toi le large

Mais l'ensemble m'a réellement plu et le sujet, rarement traité de cette façon sur Oniris, particulièrement.

   madawaza   
27/9/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour
Très peu enclin à lire de la poésie, je suis venu ici par curiosité et aussi grâce au titre, étant épris de bateaux et de liberté.
Eh bien, j'ai vibré, enchanté par les rimes et le rythme.
Bien aimé le sujet aussi.
A+


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