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Poésie contemporaine
SaintEmoi : Le glissement du lin
 Publié le 08/06/18  -  8 commentaires  -  1426 caractères  -  173 lectures    Autres textes du même auteur

Dialogue avec l'autre ou avec soi sur les souvenirs et leur pouvoir salvateur.


Le glissement du lin



Tu sais,
Quand tu marchais sous les cerisiers en fleurs,
Que ma main se perdait en effluves naïves,
Que tes lèvres printanières brillaient,
Je t’aimais tant,
Tu sais.

Je sais,
L’enfance est un pays secret,
Où nos amnésies guident le pouvoir,
Où nos angoisses aiment à conseiller,
Je sais.

Tu sais,
Cette fois, sur la corniche mouillée,
Le vent emportait tout ce jour-là,
J’ai senti tes lèvres sur mon cou,
Je m’en souviens,
Tu sais.

Je sais,
À l’âge de la révolte,
Le cœur et l’âme se nouent,
Tous les baisers sont sanitaires,
Je sais.

Tu sais,
D’une main je portais un livre,
De l’autre je tenais ta main,
Dans les rues sauvages
Nos deux pouls cognaient ensemble,
Tu sais.

Je sais,
Ces ondes ne se lassent pas,
La vie est un souffle profond
Où l’antique se renouvelle,
Je sais.

Tu sais,
Aujourd’hui, que tu n’es plus,
J’entends le glissement du lin,
Les murmures confidentiels,
Nos deux sangs battant aux mêmes veines,
Tu sais.

Je sais,
Je les entends aussi,
Je m’en nourris encore quand s’attardent les ombres,
Que des ténèbres tombent des ennuis écrasants,
Alors, pour y survivre, je vais chercher en nombre
Tout ce qui fut écrit par nos amours d’antan.


 
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   BlaseSaintLuc   
8/6/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
waouh ! De presque larmes me sont venues sur la fin, c'est beau, c'est triste,

"Que ma main se perdait en effluves naïves,"

C'est poétique, mais là, j'ai eu un petit doute, bien que l'image soit belle. Doute sur le sens, une main qui se perd en parfums, odeurs naïves ? Je n'ai pas trouvé le code.

Qu'importe.

"Où nos amnésies guident le pouvoir,"

Bon, j'espère que l'auteur nous donnera quelques clefs, le tout est très beau, est le reste du poème l'limpide.

PS: J'adore le titre.

   papipoete   
8/6/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
bonjour SaintEmoi
comme votre pseudo colle bien à votre poème, nous offrant un saint émoi !
Je te parle alors que tu n'es plus là, je sais .
Nous étions si amoureux l'un de l'autre, tu sais ?
Par moments, en fait tout le temps, je nous revois le coeur battant, j'entends " le glissement du lin ", et quand tombent les ténèbres je relis tous nos mots d'antan ; je t'aime, tu sais ?
Comme c'est beau !
Juste une question, " tous les baisers sont /sanitaires/ " ; vouliez-vous vraiment dire ce mot ?

   PIZZICATO   
8/6/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
D'abord, j'ai bien aimé le " pouvoir salvateur des souvenirs " ; ceux qui aident à surmonter les coups de l'existence.

Un très joli poème qui égrène les souvenirs d'un bel amour. Sans pathos, ni larmoiement, mais des images qui laissent toute la place à la délicatesse et sensibilité.

" Alors, pour y survivre, je vais chercher en nombre
Tout ce qui fut écrit par nos amours d’antan."

   Robot   
8/6/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'ai apprécié toutes les strophes de ce texte pour leur image et leur mise en contexte. Cet échange de souvenirs, d'amitié et d'amour est présenté avec profondeur et la poésie est prégnante.

Seul regret, c'est cette répétition de je sais ou tu sais à la fin de chaque strophe. Je pense que les garder seulement en début de paragraphe pour indiquer le changement d'interlocuteur aurait suffi.

   Anonyme   
8/6/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je vous ai lu, relu, plusieurs fois, et mon bémol vient de ces strophes encadrées par ces "Tu sais, je sais". Je pense qu'en début de phrases cela est amplement suffisant. Sinon ils prennent bien trop de place, et les mots qui suivent, perdent un peu de leur substance.

Les images me viennent sans effort, vos propos nous guident sur le chemin de l'émotion avec pudeur, rien ne s'impose, tout est suggéré avec délicatesse et spontanéité.

C'est un beau poème, mais je demeure un peu mitigé, la cause en est, ces "Tu sais, je sais", qui ne m'ont pas vraiment convaincu.

Par contre j'aime beaucoup votre titre "Le glissement du lin", il évoque et retrace l'intense de l'émotion, pour des diverses raisons marquantes.

   jfmoods   
9/6/2018
Portée par les anaphores ("Tu sais", "Je sais"), une parole duelle séquence le temps au fil du vieillissement ("L’enfance", "l’âge de la révolte", "Aujourd’hui").

Imparfait ("marchais", "se perdait", "brillaient", "aimais", "emportait", "portais", "tenais", "cognaient"), passé composé ("ai senti") et présent d'énonciation ("Je m’en souviens") consacrent la plénitude du vécu.

Les présents de vérité générale donnent la leçon à tirer de chaque période traversée.

Cet échange se poursuit outre-tombe (litote : "tu n’es plus"). Les notations auditives, en écho, fixent les plus légers, les plus tendres, les plus lumineux points de cristallisation du souvenir amoureux ("J’entends le glissement du lin, / Les murmures confidentiels, / Nos deux sangs battant aux mêmes veines", / "Je les entends aussi"). Face à un monde à présent ďéchu, dégradé, disqualifié (allégories : "quand s’attardent les ombres", "des ténèbres tombent des ennuis écrasants"), la mémoire doit occuper toute la place disponible (complément de but : "pour y survivre", hyperbole : "Tout ce qui fut écrit par nos amours d’antan").

Merci pour ce partage !

   Lulu   
9/6/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour SaintEmoi,

C'est pour moi le texte le plus abouti et le plus personnel que j'ai lu de votre plume jusqu'à présent… C'est magnifique !

La répétition, bienvenue, pose le cadre de ce discours dont la portée va jusqu'à soi, jusqu'au lecteur et jusqu'à la poésie, tout simplement.

J'aime beaucoup que vous vous soyez laissé allé à la poésie en vers libres. Cela vous a permis, ici, de dire et d'exprimer sans trop de contraintes ce qui serait passé bien différemment autrement. L'effet me semble efficace. La seule contrainte, qui ne devait pas en être une vraiment, était la répétition "Tu sais" ; "Je sais"...

Ainsi, la forme m'a beaucoup plu, mais le fond également. Il va de pair avec l'ensemble. J'ai notamment aimé ce côté sage, ce recul sur la relation à l'autre. Exemple : "nos angoisses aiment à nous conseiller"...

Le récit à l'imparfait renforce la dimension nostalgique du poème : "Le vent emportait tout ce jour-là".

Comme vous, sur le fond, je crois qu'on n'oublie jamais… Nous sommes tous des Proust en puissance, quelque part, ou presque…

J'ai lu et relu, et toujours avec le même plaisir.

Bien cordialement.

   Vasistas   
11/6/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'aime ce poème très beau et très étrange, certains vers ne m'évoquent rien et pourtant j'imagine des mots choisis, pesés, ou alors instinctifs qui sont pris comme ils viennent et qui se rattachent à quelque chose que j'ignore.Nous ne sommes pas dans la confidence, témoin impuissant seulement émerveillé, interloqué.
C'est comme une grande baffe de tristesse et d’incompréhension, tu sais, je sais.
Dire de très belles choses à quelqu'un, c'est comme un hommage et ça fait vraiment du bien, Merci


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