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Poésie contemporaine
SaintEmoi : Le mésespoir
 Publié le 28/05/17  -  13 commentaires  -  1226 caractères  -  265 lectures    Autres textes du même auteur

Un mot pour "dire" la nausée.


Le mésespoir



Il est là dans la bouche, bile décomposée,
Sueur de l’intérieur, fermentée et fumante,
Et quand je déglutis sa bouillie vérolée,
Il continue sa course en nausée descendante.

Je me souviens des jours où il venait en moi,
Des jours où je pliais sous la lumière blanche,
Des lanières de cuir dessinant tant de fois
De tristes arabesques au galbe de mes hanches.

Embrassant mon destin sans mon consentement,
Il se nichait partout où mon âme brûlait,
Se nourrissait de moi tout en me consumant,
À croire que l’enfer dans mon ventre habitait.

Dans une quête folle tant d’années j’ai cherché
À vider mes viscères de ses glaires gluantes,
Je regardais mon corps, celui d’un condamné,
Grandir et puis partir en glaise débordante.

Il est dit que les maux qui atteignent l’esprit,
Et qui par contagion viennent toucher le cœur,
Se guérissent parfois du baume d’un écrit
Qui invente le mot supplantant le docteur.

Je l’ai trouvé ce mot, il est mon aspirine
Et le nom que je donne à ce puits de douleur ;
Depuis je le récite quand mon sort s’obstine
À poser sous mes pas des cadavres de fleurs.


 
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   Proseuse   
14/5/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour,

Un poème fort, dur mais si touchant à la fois , j' ai vraiment beaucoup aimer vous lire et ne doute pas de retrouver cet écrit aux yeux de tous les Oriniens et ce sera tant mieux !
je suis désolée, mais vu votre poème, je ne me sens pas de niveau à vous donner quelques conseils que ce soit, autant pour le fond que pour la forme ! bravo à vous c' est tout ce que je puis dire !
à vous relire bientôt

   PIZZICATO   
28/5/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Des images fortes dans cette poésie qui relate une souffrance physique et psychologique.
" Des lanières de cuir dessinant tant de fois
De tristes arabesques au galbe de mes hanches " je ne sais comment interpréter ces deux vers. Au premier degré, cela me fait penser au fouet ; mais je ne veux pas retenir cette signification si ce n'est pas la bonne. Et quelle est la cause de cette "nausée" profonde.

En tout cas ce texte, imprégné de désarroi, ne laisse pas insensible.

   Cristale   
28/5/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Quand la métaphore, qui laisse les regards sur un vide d'incompréhension ne suffit plus, il est temps de s'en remettre
aux mots ; ceux qui savent, ceux qui disent.
On ne voit pas le froid, on le ressent mais si l'on voit le soleil, l'on en sent aussi la brûlure.
Ils n'ont pas vu l'hiver du narrateur, il est temps qu'ils en ressentent la morsure : eux, ceux qui n'ont rien vu
du semblant de ces soleils qui lui ont brûlé l'âme, le coeur, le corps. eux les absents du secours dont il ne parle pas.
L'écriture : l'ultime exutoire, parfois le baume apaisant, quand guérir est impossible.

Contrairement à mes habitudes, je n'ai entendu que les mots sans m'attarder sur la technique.
C'est au récit en son entièreté que je dépose ma notation pour avoir osé écrire sans masque "çà" : l'immonde, l'insupportable.

Ne reste que le "mésespoir" un mot si fort qui fait titre tant qu'il en devient un leitmotiv dans l'écho de l'innommable.

"Je l’ai trouvé ce mot, il est mon aspirine
Et le nom que je donne à ce puits de douleur ;
Depuis je le récite quand mon sort s’obstine
À poser sous mes pas des cadavres de fleurs."

Cristale

   Robot   
28/5/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Des mots forts, un texte sombre comme une dépression, mais il semble qu'au dernier quatrain le narrateur a trouvé son mantra et son aspirine pour exorciser ses démons intérieurs.
L'originalité du titre est une trouvaille. Entre désespoir et mes espoirs.

   vendularge   
28/5/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Oui, le « mésespoir » est un très joli mot (le vôtre) qui dit le trouble majeur de l’espérance.

Un texte fort et sensible sur le corps qui met des maux là ou l’esprit vrille et se protège de l’inconcevable.

La mélancolie est un mot fermé, mal compris, trop utilisé.

« mésespoir » est donc d’une grande finesse qui vous distingue et vous définit.

Merci pour ce partage
vendularge

   Eversad368   
29/5/2017
J'étais hors-sujet, je crois. Donc, j'efface ...
La torture fut réelle dans les deux camps. Et cette guerre,(comme on doit la nommer, désormais) est cause de nombre de nos problèmes, aujourd’hui.
Pour la versification, la césure à l'avant-dernier est à revoir.

   plumette   
28/5/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
ce texte dit la force du mot juste. Son pouvoir térapeuthique.
j'ai bien aimé la progression narrative, la description de ce mal et de ses effets et puis le soulagement d'avoir trouvé le mot : mésespoir;
J'ai pensé aussi à mésestime, quelque chose d'un dégoût de soi qui rempli la bouche d'une bile amère.

Un texte fort, mais des images un peu obscures comme celle ci:
"Des lanières de cuir dessinant tant de fois
De tristes arabesques au galbe de mes hanches."

et un étonnement à la fin avec les cadavres de fleurs. Je n'ai pas tout compris, mais qu'importe, ce poème laisse une trace en moi.

Plumette

   Marite   
29/5/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Si la forme de ce poème m'apparaît, à la lecture, correcte au niveau du rythme et des rimes, je suis dans l'expectative quant au fond.
Ce "mésespoir" est-il ou a-t-il été réellement éprouvé par l'auteur ? Dans quelles circonstances ? Ou bien s'agit-il d'une interprétation poétique du roman philosophique "La Nausée" de Jean-Paul Sartre ? (L'incipit m'y a fait penser)
Toutes ces questions modèrent en moi la naissance d'une quelconque émotion. Les deux derniers quatrains sont mes préférés car eux seuls m'apparaissent comme réellement ressentis par l'auteur. Mais, bien entendu, je suis peut-être dans l'erreur ...
Mon appréciation ne se porte donc que sur la forme.

   papipoete   
29/5/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour SaintEmoi,
Un texte qui écorche le regard, et donne des haut-le coeur tant ses lignes sont douloureuses ! Comme marquée au fer rouge, l'héroïne cherche à oublier, et dit une prière qu'elle vient d'inventer pour panser ses plaies .
NB on croit voir le diable habiter ce pauvre être bafoué ; il s'y trouve si bien qu'il ne veut abandonner l'endroit ; il ronge, ronge ...
Chaque strophe est un barbelé qui déchire, laboure sa prise !
L'auteur s'est transcendé par des images et des mots si cruels !

   dom1   
29/5/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Oui, il y a là matière à profusion d'images, de sensations et d'écume d'images.
Bravo.
domi

   Henri22   
31/5/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
J' aime beaucoup la forme de ce poème. Cependant, je trouve la description de la nausée un peu trop "nauséabonde" : elle donne la chair de poule plus qu' elle ne touche ma compassion. L' utilisation de vocabulaire médical ne va pas trop avec la poésie. Aussi je ne sais pas trop comment interpréter le deuxième quatrain. La lumière blanche ? Les lanières de cuir ?
Sinon, je trouve excellent tout le reste de ce poème. Bravo.

   GeorgesSang   
12/6/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Les 3 premières strophes sont absolument terribles. Tu réussis à dire le dégoût, la détresse, l'horreur (bien au-delà de la nausée) avec un talent remarquable. Heureusement que tu nous offres une sortie à l'air libre, toute aussi merveilleuse. Ouf, tu nous tenais, et si tu avais voulu, tu aurais pu nous assommer avec cet Enfer-là. Incroyable.

   vb   
16/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Merci, SaintEmoi, pour un très beau poème. J'aime le rythme et la douleur qui en émanent et ce surtout pour ce qui est des quatre premières strophes : la souffrance physique et morale y est admirablement décrite.
Ce qui me laisse un arrière-goût quelque peu négatif, c'est le sens. Je n'arrive pas à comprendre - ou plutôt à ressentir - comment le mot mésespoir pourrait être un remède au mésespoir lui-même.
Je n'ai pas beaucoup aimé la rime entre "coeur" et "docteur" qui m'a semblé très pauvre.


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