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Poésie contemporaine
Pouet : Mort avant d'avoir vécu
 Publié le 29/05/17  -  24 commentaires  -  3536 caractères  -  306 lectures    Autres textes du même auteur


Mort avant d'avoir vécu



Il semble ne jamais se trouver à sa place,
Dans la cour de l’école ou près de sa maman,
Son cœur est prisonnier d’un chapiteau de glace,
Il pleure aux mariages, s’esclaffe aux enterrements.

Les sourires ont quitté le rivage de ses lèvres,
Son regard est plus noir qu’un orage de suie,
Fils de l’insomnie, il a troqué ses rêves
Contre un roman d’amour pour combattre la nuit.

Préparé dès l’aurore à nier l’évidence,
Il sursaute à la moindre œillade de la vie,
Inconscient d’avoir dû enterrer son enfance
Dans la fosse commune de l’absence d’envie.

Son histoire est de celles qu’on expose au 20 Heures
Pour effrayer le peuple et garantir l’audience,
Le sordide obnubile les téléspectateurs
Rassurés par le prisme de leurs propres déviances.

Au village on fuyait le tumulte et le bruit
Haïssant le bavard plus que le paresseux,
Sommés à la naissance de délaisser le cri
Ayant la tessiture des voix qui comptent peu.

On ne l’avait pas cru lorsqu’il s’était confié
L’exhortant d’arrêter de faire l’intéressant.
Alors il se taisait ne pouvant se fier
Ni à des inconnus ni à ceux de son sang.

Réfugié par défaut dans les bras du silence,
Peu à peu transformant l’immonde en habitude,
Il lui pardonnait presque, à son oncle Maxence,
Dans ses saillies parfois, de se montrer trop rude.

Il se pliait sans geindre aux caprices du vieux
Dans l’ancien poulailler derrière la maison,
Puis allait se laver en faisant de son mieux
Pour ne pas trop penser, pour garder la raison.

Il ravalait sa honte, ses craintes et sa douleur
En s’exilant très loin dans son imaginaire,
S’envolaient des oiseaux de toutes les couleurs
Dans le ciel de son âme, pour supporter l’enfer.

Mais un jour les gendarmes surprirent la vérité
En étouffant les siens sous un tas de questions,
Lui s’était intimé de ne pas sangloter
Quand on avait passé les menottes au tonton.

Un si gentil gamin mentait l’institutrice,
Qui aurait pu prévoir clamait le directeur,
La rumeur prétendait que d’après la police
D’autres faits impliquaient le présumé violeur.

Ainsi la cécité fit place aux mièvreries :
De pincements de joues en caramels rances…
Comme si la douceur de quelques sucreries
Pouvait atténuer l’aigreur de l’existence.

En classe on le traitait toujours tel un fardeau,
Rosy n’acceptait plus de lui prêter sa gomme.
On le suivait des yeux quand il tournait le dos,
La maîtresse murmurait pauvre petit bonhomme.

Ses parents s’échangeaient leur culpabilité,
De ne pas avoir vu, de ne pas avoir su…
S’interrogeant encore sur la réalité
De cette tragédie, ils paraissaient perdus.

Il renie son passé avec trop d’aisance
En s’entendant répondre à la curiosité
Des gens qui lui demandent de conter sa souffrance,
Aux psychologues en herbe qui croient pouvoir l’aider.

Il dessine à présent de curieux paysages,
Ne parle qu’à ses crayons, de l’autre porte le deuil ;
Heureux lorsqu’il trace les courbes d’un nuage
En creusant dans son art une terre d’accueil.

Il dédie son errance au chemin qui s’écroule
Sous ses pas cimentés en berne sur l’oubli.
Il fuit l’ombre aujourd’hui et recherche la foule
Afin de s’égarer, surtout par temps de pluie.


 
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   Proseuse   
14/5/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

D' abord, j' ai vu la longueur du poème, et j' ai un peu crains ou de m' y perdre ou de m' y ennuyer, mais non, rien de cela, quand on lit la première strophe, on est happé par la deuxième, puis la troisième et ainsi de suite jusqu' à la fin, pourtant on aurait envie que la souffrance ici s' arête pour qu' enfin arrive une petite part de bonheur au petit personnage du poème !
un texte fort et d' une très belle justesse !
Merci pour ce partage

   BeL13ver   
15/5/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour, ce texte est poignant, et si justement écrit. Il se révolte contre l'injustice faite à l'enfant innocent, qui ne comprend pas pourquoi il doit vivre cela. Les deux dernières strophes décrivent très bien la lente reconstruction de l'enfance meurtrie, peut-être, même, assassinée, comme l'évoque le titre. Il est difficile de prendre du recul par rapport à ce type de texte, mais je le trouve très délicatement travaillé, malgré la douleur qu'il évoque. Il y a vraiment de quoi beaucoup aimer !

   papipoete   
19/5/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
contemporain
Tout le monde pensait que le gamin était bizarre ; il racontait parfois des choses, oh quelle horreur ! Et puis un jour les gendarmes passèrent les menottes au tonton qui, sur l'enfant avait osé ! Le petit à présent dessine de curieux paysages, essaie de vivre comme les autres ...
NB un récit fort long pour évoquer cette " mort avant d'avoir vécu ", mais tant de lignes il faudrait pour décrire l'innommable ! Je ne puis relever un passage en particulier, tant chaque quatrain est riche et lumineux dans sa pénombre ! la 2e strophe est une photographie si éprouvante !
papipoète

   Alcirion   
29/5/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour Pouet,

le fond de ton poème est trop sentimental et idéaliste pour moi et la longueur du texte me dérange un peu. Peut-être aussi que le sujet ne me parle pas beaucoup.

Au-delà, c'est très bien écrit. La phrase est souvent agile, les solutions et les idées trouvées efficaces. J'ai une impression de litanie bien construite, bien huilée, une belle mécanique en quelque sorte.

Bien à toi !

   leni   
29/5/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
c'est écrit sobrement calmement On oublie la longueur On est envahi
par la nausée la honte par le rapt d'une vie ET je relève les vers forts aux quels POUET nous a habitué

Les sourires ont quitté le rivage de ses lèvres,
Son regard est plus noir qu’un orage de suie,
Fils de l’insomnie, il a troqué ses rêves
Contre un roman d’amour pour combattre la nuit.

VOILA CE QU'IL RESTE DE CE JEUNE GARCON

et voici une minute de vérité

Le sordide obnubile les téléspectateurs
Rassurés par le prisme de leurs propres déviances.

Que reste-t'il de tout cela

Il dédie son errance au chemin qui s’écroule
Sous ses pas cimentés en berne sur l’oubli.
Il fuit l’ombre aujourd’hui et recherche la foule
Afin de s’égarer, surtout par temps de pluie.

Un texte poignant qui prend à la gorge où on appelle un chat un chat SUPERBE Merci POUETSalut très cordial LENI

pS je révise ma notation car je me refuse de sanctionner ce texte
à cause du sujet traité Je note PASS

   plumette   
29/5/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Pouet,

Pari réusssi je trouve! d'avoir traité ce de l'abus sexuel pédophile, sujet bien peu poétique , sous cette forme.
j'ai eu une petite difficulté avec la temporalité choisie. quel est l'âge du personnage au début? C'est encore un enfant puisque la cour de l'école est évoquée au présent, mais il est assez grand tout de même pour, dans la seconde strophe, lire un roman d'amour pour combattre la nuit.
Et dans la troisième strophe, il semble être plus âgé encore à cause du "inconscient d'avoir du enterrer son enfance" qui suppose que l'enfance est passée.

Après on entre dans l'histoire, à l'imparfait, donc un temps du passé... Donc ce qui me semble nécessaire, c'est de mettre aussi la première strophe à l'imparfait.

Ce qui témoigne de la réussite de ce texte long, c'est qu'il parait court!

j'aime la fin qui parle tout de même de résilience avec cette capacité créatrice.
J'aime aussi la finesse du propos au sujet du " lien " entre la victime et son agresseur, vu du côté de la victime.
Et puis aussi tout ce qui est suggéré du monde aveugle ou intrusif
des adultes.

un sujet lourd, habilement traité, sans pathos.

Plumette

Nb: je n'aime vraiment pas votre titre! Excusez-moi, mais au regard du contenu de ce poème, il manque de finesse même s'il dit quelque chose de vrai.

   funambule   
29/5/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Pas très au fait des nuances entre contemporain, classique ou néo... je me laisse simplement guider par mon oreille et, donc, si je trouve le texte prenant, le parcours détaillé, par moments la lecture manque un peu de fluidité, souffre de quelques écarts de sobriété. J'aime cependant beaucoup le thème, touchant, râpant à souhait et, forcément sonnant vrai.

   Anonyme   
30/5/2017
Commentaire modéré

   Anonyme   
29/5/2017
Commentaire modéré

   fried   
29/5/2017
 a aimé ce texte 
Bien
C'est plus un témoignage, une complainte qu'une poésie. C'est vrai que sur le fond le ressenti est fort alors peu importe la forme.

   LenineBosquet   
29/5/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Pouet,
Je t'ai reconnu en EL, sûrement parce que je trouve ce poème proche d'un autre de ta patte qui s'appelle "Hippolythe" je crois, et que j'avais bien aimé. On y retrouve le thème de l'enfance douloureuse.
Pour tout te dire je ne suis pas vraiment friand de ce genre de poésie mais le thème me touche au regard de ma propre enfance qui ne fut pas une sinécure... Alors ça m'émeut.
Sinon je pense, mais t'en fais bien ce que tu veux hein, que si tu faisais un travail de prosodie plus poussé, le résultat n'en serais que meilleur.

   wancyrs   
29/5/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Une histoire tragique, racontée sans pathos, l'histoire de bien de personnes que je côtoie ces dernières années.
Quand les gens disent que le les Hommes et les Femmes sont malades, ils sont loin de s'imaginer jusqu'à quel point. Lire des livres de développement personnel et côtoyer des personnes mentalement "dérangés" nous renseignent et nous édifie non seulement sur le mental, mais aussi sur la tendance où penche l'humanité. C'est à se demander s'il existe un seul Homme ou Femme saint(e) d'esprit. Et c'est triste !
Ça arrive trop souvent de taxer des gens de fous et de menteurs sans prendre le temps de recevoir ce qu'ils disent... En fait les gens ont peur de porter le fardeau de ce qu'il découvriront, un peu comme d'ouvrir une boite de pandore... les conséquences sont qu'on contribue à étouffer une blessure qui saigne déjà trop.
Ton texte me touche, cher ami.
Merci !

   Zorino   
30/5/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Salut Pouet,
Je ne suis pas très friand des poésies trop longues. Dès que ça dépasse le sonnet, je plisse yeux et front. Mais étant donné que tu m'es sympathique (rien à voir avec nos échanges en MP d'aujourd'hui hein), je me suis dit : "allez, un petit effort !", et j'ai alors débuté ma lecture (ce matin puis il y a 10 minutes).
Je dois reconnaître que je t'ai lu avec beaucoup d’intérêt et ce, du premier au dernier mot.
Une histoire très poignante. Est-ce vraiment une poésie ? Je n'en sais rien, mais en tout cas, j'ai vibré en m'imbibant de cette histoire tragique. Le pari est donc gagné. Je trouve le texte très soigné et très musical. De belles images.
Merci pour ce partage

   Marite   
30/5/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une tranche de vie d'enfance, douloureuse, contée avec juste ce qu'il faut de retenue pour ne pas réveiller la révolte et la colère. La mise en vers possède, peut-être, un effet thérapeutique et permet de prendre de la distance avec les évènements. Une façon de neutraliser l'impact des souvenirs qui pourrait, peut-être, mettre en péril un équilibre qu'il a fallu construire, lentement, péniblement.
Le poème est long certes, mais de toutes les strophes qui se succèdent, aucune n'est ennuyeuse et toutes étaient nécessaires. Les mots, le rythme, les rimes, tous ensemble déroulent les faits et le monde qui l'entoure à chaque étape du chemin.

   Annick   
30/5/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Magnifique ! Tout a été dit. Juste que je verrai plus ce poème comme une chanson, avec un refrain à inventer.

   Anonyme   
30/5/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Le commentaire précédent ayant été modéré le voici allégé de la phrase jugée polémique. Je ne veux surtout pas priver Pouet d'une appréciation élogieuse donc ...

Voyez comme s'ordonnent les choses. Vous êtes fin, délicat, et pour toutes ces qualités vous échappez à l'entendement du commun pour ne pas dire du vulgaire !

Poésie il y a pourtant je vous l'assure cher Pouet.

Pour avoir traité avec délicatesse et intelligence ( vous savez cette chose la mieux partagée du monde, paraît-il ) un sujet si difficile je vous adresse mes plus vives félicitations.

Merci pour ce partage

   Zorino   
30/5/2017
Commentaire modéré

   Cristale   
30/5/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Pouet,

J'ai bien compris votre démarche lors de l'écriture de ce texte.
Plus prose que poésie étant donné la forme parlée que vous avez adoptée et le relief uniforme du récit qui va en s'étirant longuement tel le plaidoyer d'un défenseur. Mais comment le dire autrement ?

Un fait relaté en finales sonores, comme pour adoucir l'horreur du propos, je le conçois ainsi.

Je ne sais pas quelle notation attribuer à votre écrit.
Bien sûr que je n'aime pas le fond de l'histoire, évidemment que je n'apprécie pas la technique de phrases rimées brutes, sans métaphore, ni hauteur de vocabulaire, sans poésie...MAIS :
ce que j'aime beaucoup, c'est le regard du narrateur, l'ouverture de son âme et la grandeur de son coeur à raconter l'immonde cruauté dont a été victime cet enfant, comme tant d'autres victimes de la pédophilie, souvent intra-familiale, l'ont vécu dans le plus total silence, la plus totale indifférence.

Alors, pour cela je vous félicite et vous remercie Pouet.

Cristale

   madawaza   
30/5/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour POUET
J'ai tellement pensé ces mots, ou d'autres similaires, que je les ai mille fois écrits. Mais ici, ils sont tellement bien exprimés que je dis
Bravo et merci

   Eversad368   
30/5/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Il est regrettable que ce texte n'ait pas été écrit en "classique".
Cela aurait donné par la prosodie, une force, bien plus expressive aux mots.
Pourtant, la lecture est plaisante, malgré l'horreur du thème.

   Vincendix   
1/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Pouet,
Un véritable psychodrame raconté en vers, on imagine le cheminement de ce garçon qui n’est pas « comme les autres », son attitude à l’école et dans la vie de tous les jours, le désarroi de ses parents. Malgré sa longueur, ce texte n’est pas lassant, chaque quatrain apporte sa pierre à l’édifice.
Vincent

   hersen   
2/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Je me souviens d'Hypolite, de Jeanne, aussi, et je retrouve ici cette même façon de dire, une sorte de complainte.

Je me demande si le format nouvelle ne me conviendrait pas mieux, en tant que lectrice, que ce poème long; Non pas parce qu'il n'est pas écrit avec talent, mais parce qu'au final, c'est une histoire et j'aurais apprécié de la voir s'épanouir dans un autre format;

Je n'ai rien de spécial à détacher puisque justement, c'est un récit, un tout. Que personnellement je trouve à la limite du soutenable.

C'est donc que tu as su toucher juste, puisque tu n'as eu besoin d'aucun artifice pour me faire vivre ce sordide épisode, tu restes dans un ton presque détaché, un rôle de conteur.

merci de cette lecture

hersen

   Bidis   
3/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Normalement, je n'aime pas qu'un poème soit trop long. Normalement, les thèmes qui versent dans une réalité trop sordide me déplaisent. Normalement, j'aime les vers harmonieux qui observent les règles.
Ici, j'ai lu jusqu'au bout et j'ai été émue.
Et j'ai trouvé merveilleux qu'une solution se cherche dans l'Art.
Mystère...

   Robot   
3/6/2017
Bonjour Pouet,

Si je passe un peu tardivement, c'est que j'ai hésité à poster ce que j'avais ressenti et noté en découvrant le texte en espace lecture. Sans avoir deviné que tu en étais l'auteur. Tu sais que généralement j'apprécie les textes que tu présentes, mais j'avoue que sur celui-ci, j'avais buté sur l'ensemble et j'avais d'emblée noté mes impressions parce que j'avais l'intention de le commenter en pré-lecture. Je ne l'ai finalement pas fait craignant peut être qu'il soit ressenti comme un peu pédant et ne voulant pas heurter au cas où il s'agirait d'un nouvel inscrit.

Je m'abstiens de mettre une appréciation, mon objet étant uniquement de faire valoir un ressenti.

Tu trouveras donc ci-dessous les réflexions que j'avais transcrites en lecture anonyme.


Un thème douloureux.
Cependant il y a des propos que je ne saisis pas et qui me paraissent peu utiles.
Je pense aussi qu'il conviendrait de mettre un peu de cohérence dans une construction chaotique qui fait des aller et retour entre l'avant, le pendant et l'après.

Il y a des quatrains et des digressions qui mériteraient d'être supprimés.
Notamment le 1.
Il pleure aux mariages, s’esclaffe aux enterrements. (hors sujet du viol, cela arrive à beaucoup de gens)

Je trouve le quatrain 2 plus poétique pour débuter le poème.

Le quatrain 4 est à proscrire car il nous sort du cas particulier pour une généralité qui détourne du récit propre à cet enfant.
De plus il laisse croire qu'il n'y a que des gens mauvais.
Je trouve ce quatrain exagéré. "Les téléspectateurs rassurés par le prisme de leur déviance," c'est tout de même généralisateur.
Ici c'est le narrateur qui donne un avis et c'est préjudiciable. Car c'est lui qui expose le récit du drame survenu à un enfant. Ce n'est pas comme si le texte était à la première personne, présenté par l'enfant lui même.

Au quatrain 5
Sommés à la naissance (Comment peut-on sommer un nouveau né de faire quelque chose ?) Et je ne comprends pas ce que veut dire ce quatrain confus.

Au quatrain 11, ces deux vers nous font encore sortir du cas évoqué.
"La rumeur prétendait que d’après la police
D’autres faits impliquaient le présumé violeur."
Peu importe qu'il en ait violé un ou plusieurs, ce qui nous intéresse c'est le cas précis de l'enfant objet du poème.
(Et à ce moment là d'ailleurs le violeur n'est plus présumé mais bien reconnu comme tel.)

Quatrain 15
Aux psychologues en herbe... Pourquoi en herbe qui veut dire débutant ou inexpérimenté. Il n'a pas eu de chance de tomber sur des néophytes ? Que les psy ne soient pas parvenu à le comprendre c'est possible mais à trop vouloir taper sur tout, ça devient non crédible.

En résumé, j'ai apprécié, beaucoup, le quatrain 2, ressenti le 3, entré dans les 7, 8 et 9 qui exposent le drame et trouvé dans les deux derniers le registre de la poésie tragique.

Au final je pense qu'il serait dommage de ne pas reprendre ce texte pour l'affiner, en supprimer "l'inutile" et conserver ce qu'il a de plus poétique et pathétique. Réduit à 5 ou 6 quatrains le poème n'en aurait que plus de force.

   Donaldo75   
4/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Pouet,

J'ai lu à deux reprises ce poème, que je trouvais long à première vue mais qui se lit tout seul quand on rentre dedans.

Quelle dénonciation !

J'ai aimé tous les quatrains, pour différentes raisons:
* Le premier, le symptôme, bien décrit et relevé par le chapiteau de glace
* Le deuxième et le troisième sur la dépression
* Le quatrième, polémique si vraie sur la propension du téléspectateur à vouloir du sordide, comme si ça le rassurait dans sa pauvre vie quotidienne de petit nain de jardin ou d'anonyme peureux, de savoir que d'autres souffrent plus que lui
* Le cinquième exprime la volonté de rester linéaire, parce que les crêtes excitent la moyenne
* Le sixième, le septième, le huitième, le neuvième et le dixième semblent ta manière de couper court aux éventuelles critiques des lecteurs qui veulent qu'on leur explique tout; je trouve que cinq quatrains, c'est un peu long et par trop narratif
* Les quatre suivants donnent la mesure de ce qu'être une victime, quand ce statut dérange les autres, parce qu'ils ne préfèrent pas savoir, ou se reprochent de n'avoir pas vu
* Les trois derniers expriment l'auto-thérapie, quand elle est possible, que la victime ne sombre pas dans la dépression.

C'est fort, par le thème et le traitement que tu donnes de ces multiples facettes.

Merci pour la lecture et l'appel à réflexion,

Donaldo

   Cat   
9/6/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Pouet,

J'ai lu ce poème en son temps. Mais incapable de dénouer l'émotion qui me serrait trop la gorge à ce moment-là, je reviens te dire combien l'histoire est bouleversante.

Bouleversante à cause de la souffrance de cet enfant qu'on aimerait tant protéger de tout. Puis bouleversante par tes mots et ton style, choisis pour nous raconter une réalité insoutenable.

C'est un poème long, tant on aimerait abréger la souffrance, et si court à lire à la fois.

Ta poésie, ton indéniable poésie, ta belle et sensible poésie, celle qui perle dans ton humour que j'aime tant, sauve ici du sordide pathos.

Il en fallait pour digérer tout le réalisme misérable contenu dans cette histoire, qui reste - même si l'Art sert de terre d'accueil à l'enfant innocent - d'une grande tristesse.

Je te suis reconnaissante d'avoir si bien entretenu dans tes mots, et entre tes lignes, toute la tendresse du monde.


Cat

   Eko   
16/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir Pouet,
Cette poésie m'a émue, je l'ai lu comme on lit un roman. C'est si bien écrit! En la lisant j'ai éprouvé de la tristesse pour cet enfant incompris, de la répugnance pour cet oncle Maxence! Mais surtout de la colère envers ces personnes qui n'ont pas voulu l'écouter, ceux qui l'ont ignoré et bien plus pour ceux qui le prennent en pitié!
J'ai vraiment aimé cette poésie pour toutes ces émotions qu'elle transmet aux lecteurs. Je lirai sans doute d'autre de vos poésies :).


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