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Poésie contemporaine
SaintEmoi : Le sac à bile
 Publié le 27/09/21  -  5 commentaires  -  1449 caractères  -  92 lectures    Autres textes du même auteur

C'est un organe fantasmagorique, ou plein de fiel, ou plein de miel ou vide.


Le sac à bile



Il existe un endroit aux parois anthropiques,
Où le noir se confond et se mélange au sang,
Un lieu où la lumière prend des accents pudiques,
Où un peu de nous-même se débat chaque instant.

S’y retrouvent mêlés nos rages endémiques,
Les remords putréfiés, nos rêves de levant,
Nos joies endolories par un futur oblique,
Tous ces doigts enfoncés dans nos chairs d’enfant.

Je l’ai nourri ce sac, de larmes à l’envers,
S’écoulant impuissantes par d’étranges ravines,
Sous le courant jaloux de ce destin pervers
Qui me livrait entier aux minutes chagrines.

Il accroche à ma bouche des lèvres écorchées
Que ma langue blanchie lèche dans sa névrose ;
Il colore ma peau de taches ajourées
Que la nuit je polis quand la douleur se pose.

Notre âme est ainsi faite, elle s’offre aux abîmes,
Y promène le soir ses angoisses de mort ;
Choisissant les frissons au bonheur et ses rimes,
Elle gonfle de fiel cette jarre en nos corps.

Dans ma vie de bohème, c’’est un fardeau exquis,
L’harmonique encrier d’où les mots s’évaporent,
La palette de marbre encolorée d’esprit,
Le théâtre enfermé qui dénoue notre sort.

Si tu sers, chère amie, le projet saugrenu
De regarder ensemble un horizon caché,
Viens puiser avec moi dans ce sac incongru
L’énergie dont les êtres ont besoin pour s’aimer.


 
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   socque   
13/9/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Rien que pour le premier vers je commente. Les parois anthropiques, quelle belle idée je trouve ! Obscure, je ne prétends pas la saisir, mais la pressentir. Pendant cinq quatrains j'ai plongé dans de l'abysse organique, vraiment j'aime la manière dont vous ancrez l'angoisse dans le corps aux étranges ravines, à la langue blanchie et névrotique.

J'apprécie beaucoup moins les deux derniers quatrains où je vois s'élever la figure romantique et éthérée du poète qui veut niquer. La vie de bohème où règne l'harmonique encrier puits de mots qui s'évaporent… J'étais bien, moi, au milieu de la bile, pleurant des larmes à l'envers ! Je regrette la rime saugrenu/incongru, les mots sont synonymes ; facile selon moi.
Mais bon, voilà ce que vous vouliez dire, vous êtes l'auteur ou l'autrice. Vous avez fermement en main la trajectoire de votre poème dont la qualité formelle m'apparaît constante de bout en bout.

   inconnu1   
27/9/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
J'aurais pu encore aimer plus ce poème s'il n'y avait ce maudit 8eme ver. Que vient faire un ver de 11 pieds dans ces dodécasyllabes? Je n'aime pas les e non élidés à la césure mais vous avez fait l'effort d'être homogène. Ils le sont tous, donc faute à moitié pardonnée.

Bien à vous

NB Le poème est maintenant publié tant mieux, je l'avais commenté à l'aveugle. Merci à celui qui m'a fait remarquer qu'un vers n'est pas un ver. Comme j'ai fait deux fois la faute, ce n'est plus un ver solitaire.

   papipoete   
27/9/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↓
bonjour SaintEmoi
Pour le titre, votre pseudo tombe à pic ; " se faire de la bile " ne provoque-t-il pas un " saint émoi ? "
Bref, après tout ce que vous exprimez au sujet de cet organe, où telle antre d'un volcan brasse un magma éruptif, où se mélangent : colères, contre-coups, angoisses et stress... on pourrait croire que la vésicule ôtée par un chirurgien, tout va aller pour le mieux, par manque de place pour y cacher toute déveine...
NB bien que je ne savoure pas tout le sel de vos phrases ( je ne comprends pas... ) je relève des lignes comme celles de la 5e strophe qui me plaisent.
Un texte relativement complexe à décoder au final.
Voulant vérifier votre versification, je vois que vous chaussez vos vers de différentes pointures, et ne vais pas plus loin que le 3e vers ! ( mais peut-être, est-ce délibéré de votre part ? )

   GiL   
28/9/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Je découvre avec délectation cet organe ignoré où se mêlent nos angoisses et nos noirceurs... pour alimenter quoi ? J'ai cru, au début de la sixième strophe, que ce serait l'inspiration poétique : « L'harmonique encrier d'où les mots s'évaporent ».
Quel dommage que les deux vers suivants ne développent pas cette idée pour en faire la chute du poème ! ...Parce que le dernier quatrain, pour moi, aborde un autre sujet qui n'apporte rien et même affaiblit l'intensité de tout ce qui le précède.

Sinon, rien à reprocher aux vers qui s'enchaînent harmonieusement et se scandent sans problème, ni aux rimes. Sauf le vers 8 de onze pieds, pourtant si facile à corriger en mettant « nos chairs » au singulier (mais on est tous sujet à une faute d'inattention...).

Bref, à part la fin, j'ai beaucoup aimé. Merci SaintEmoi.

   Queribus   
29/9/2021
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour, je retiens tout d'abord l'extrême qualité et l'extrême rigueur de votre prosodie; j'ai noté quand même un vers de onze syllabes au huitième vers et trois rimes intérieures au second quatrain:
-S'y retrouvent mêlés
-les remords putréfiés
-tous ces doigts enfoncés
Ce ne son bien-sûr que quelques petits détails qui n'enlèvent rien à la qualité globale de votre écrit.

Sir le fonds, je reste plus mitigé avec de très belles phrases certes qui nécessitent plusieurs lectures attentives pour en saisir toutes les subtilités; plus de simplicité aurait peut-être été nécessaire mais l'ensemble se laisse lire avec plaisir quand même.

Bien à vous.


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