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Poésie libre
silver : Limites
 Publié le 13/11/17  -  9 commentaires  -  744 caractères  -  152 lectures    Autres textes du même auteur

Notre propre humanité nous questionne…


Limites



Limites,
Limites des pays
Limites des langages
Limites des paupières
Limites des matières

Et plus tristes encore,
Les limites du cœur…

Comme je me suis blessée
À vos abords abrupts,
Comme je vous ai haïes !

Vous repousser, limites,
Flirter avec l’extrême,
Abolir les frontières
Aller plus loin encore,
Modifier l’espèce,
Les uns après les autres,
Immoler les tabous…

… Jusqu’où ?
Pour quelle Humanité ?

À l’envers du regard,
J’ai vu la démesure
Et j’ai vu la folie…

Ô, Limites sacrées
Que je n’entendais pas

Et qui m’ont révélé
Qu’en un cœur humble et doux
Habite l’Infini


 
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   Provencao   
2/11/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Un grand bravo pour cette poésie libre sur ce mot bien particulier qu'enveloppe les limites..

J'aime ce rythme saccadé, appuyé en vers avec des points d'interrogation et des points de suspension permettant au lecteur de bien belles perspectives de réflexion et de méditation.

J'ai bien aimé:" Ô, Limites sacrées
Que je n’entendais pas

Et qui m’ont révélé
Qu’en un cœur humble et doux
Habite l’Infini" où la limite s'étend dans un espace limité et sacré, circonscrite dans l'espace-temps.

La question qui m'est venue à l'esprit après plusieurs lectures de votre poésie est de savoir à quoi peut bien servir cette référence à l’indéterminé si l'homme vit nécessairement dans l'espace temps, sous l'aplomb de cet infini....

Merci pour cette méditation et réflexion



Au plaisir de vous lire
Cordialement

   Queribus   
13/11/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

J'ai bien aimé le rythme sautillant de ce texte qui se lit facilement. L'ensemble, sous ses aspects légers, cache certainement une très grand pratique et une grande maitrise de l'écriture.

Le texte , là aussi, témoigne d'une grande finesse dans le développement de l'idée jusqu'à la conclusion finale qui arrive à pic au bon endroit et au bon moment (ce qui n'est pas forcément facile).

En conclusion, ça a été un très grand plaisir de vous lire.

Bien à vous.

   papipoete   
13/11/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour silver,
L'auteure pousse un cri, tire la sonnette d'alarme dans le train de la vie, qui avance sans se retourner, bouscule les limites sans limites .
NB que voilà une écriture humble et forte à la fois ; point besoin de se plonger dans l'encyclopédie pour suivre l'écho de ce S.O.S., qui se propage jusqu'aux frontières du coeur !
De belles envolées telles " comme je me suis blessée à vos abords abrupts " ; " à l'envers du regard, j'ai vu la démesure ... "
Poésie libre fort bien maîtrisée !

   PIZZICATO   
13/11/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
En vous lisant il m'est revenu un vers de Lamartine << Borné dans sa nature, infini dans ses voeux ... >>.
Je ne cite aucun des passages de votre poésie ; ils sont tous d'une grande richesse.
Une écriture sans emphase et qui sait bien se faire comprendre, avec une fort belle chute.

   Fowltus   
13/11/2017
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
'Et plus tristes encore,
Les limites du cœur…'
Qui oserait vous dire le contraire?

Je me limite à ces deux vers, mais je trouve que votre poème n'énonce rien de bien original.
La première strophe peut-être allongée à l'infini (sans charme ou agréments) ainsi que la quatrième où l’infinitif bien commode ouvre la porte à tout.
Sinon une piqure de rappel comme une autre, je n'ai trouvé ni cachet particulier dans votre pièce, ni esthétisme.
Désolé pour cette fois.

   leni   
14/11/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
La question est bien amenée


Jusqu’où ?
Pour quelle Humanité ?

À l’envers du regard,
J’ai vu la démesure
Et j’ai vu la folie…

ET la finale est forte comma un rhum agricole

Qu’en un cœur humble et doux
Habite l’Infini
COURT et TOUT est DIT BRAVO MON salut cordial LENI

   Vasistas   
14/11/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Les bras m'en tombent
Je n'aime pas le coté sermon, je ne vois pas de poésie, c'est un texte bien écrit, clair, beau et qui donne à réfléchir, nous nous sommes tous construit à partir de limites et nous avançons tous dans une sorte de marche indéfinie, soyons humble et écoutons plus souvent notre cœur, oui donc !
L'envers du regard est un peu vite survolé à mon gout, et la chute me renvoie à la méditation ... intéressant.
C'est un peu comme un coup de rage qui soudain s'efface, il suffisait de penser à autre chose ...
merci

   Louis   
16/11/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
La première strophe recense diverses sortes de limites, par exemple, les limites nationales et géographiques : « limites des pays ».

Parmi elles, les « limites des langages » sont fort intéressantes. Non seulement, elles évoquent l’idée que le monde est une immense tour de Babel, mais elles amènent à penser que les mots constituent des « termes ». Or un terme est ce qui « dé-termine » et « dé-limite » un sens, il circonscrit un champ de signification, un territoire du sens. Une langue est faite de « termes », et donc de limites ; faite d’un découpage qui délimite et ordonne les choses du réel. Le langage se trouve donc, dans sa nature même, en un rapport essentiel avec les limites.

Ces diverses limites sont « blessantes ». Et les plus douloureuses se nomment « les limites du cœur ».
Blessantes, parce qu’elles présentent des « abords abrupts ». Brusques ruptures, elles ne permettent pas une sereine continuité, une tranquille communion. Elles séparent et divisent. Abrupts à-pics, leurs pointes coupent, écorchent et meurtrissent.

Quelle solution à ce problème des limites ?

Le poème refuse celle qui consisterait, si cela était seulement possible, d’abolir toutes limites.
Elle amènerait, en effet, à « flirter avec les extrêmes ». Non pas les extrêmes, au sens des confins qui supposent encore des limites, mais au sens de l’illimité, l’indéfini, ou l’infini. Dans le domaine moral, l’abolition des limites reviendrait à « immoler les tabous ». Plus aucun acte ne serait alors interdit, tout serait permis, y compris le pire, c’est-à-dire la plus grande inhumanité, la plus grande barbarie.

« Pour quelle humanité ?» s’exclame l’auteur avec justesse.
L’absence de limites dans le domaine moral met en jeu, en effet, l’humanité de l’homme.

Elle la met en jeu aussi, dans le domaine des technosciences. Sans limites au développement, en particulier des techniques permises par les progrès de la génétique, les manipulations du génome humain menaceront la nature biologique de l’homme.
Ne pas abolir les limites alors, mais les repousser ? Difficile alors de fixer de nouvelles bornes à ne pas franchir. « Jusqu’où ?» s’interroge l’auteur avec perplexité.

L’absence de limites apparaît encore, dans une intuition qui rejoint celle des Grecs de l’Antiquité, comme une « démesure », comme une « folie » :
« J’ai vu la démesure
Et j’ai vu la folie… »
Les Grèce antique condamnait l’hybris, excès, folie et démesure, et valorisait les formes, les contours nets et précis, l’équilibre et l’harmonie, comme on peut le voir dans les œuvres d’art de cette époque, et craignait l’apeiron, l’indéfini, l’illimité, mais aussi le disproportionné et le déséquilibré.

La solution proposée par l’auteur serait de revaloriser les limites, et de les considérer comme « sacrées » :
« Ô, Limites sacrées »

Cela ne va pas sans faire problème. La sacralisation des limites en ferait des absolus, auxquels il ne faut surtout pas toucher. Le sacré ne peut en aucun cas être remis en question, à moins de commettre un sacrilège. Il n’est pas difficile de voir ce que cela entraînerait si certaines règles traditionnelles ne devaient pas être reconsidérées parce qu’elles seraient des limites sacrées.

Mais la solution, que valorise surtout l’auteur est celle qui réconcilie le fini et l’infini :
« Qu’en un cœur humble et doux
Habite l’Infini »

Un cœur humble, en effet, limite son égoïsme, sa vanité, ses prétentions ; un être doux limite la violence, la cruauté, l’inhumanité. Mais dans ces limites mêmes habite un Infini. Il s’agit d’un « cœur », nous sommes donc dans le domaine des sentiments.

L’Infini ne peut être alors que l’Amour. Non pas l’amour passion, exclusif et jaloux, mais l’amour-amitié, et l’amour philanthrope, « l’amour du prochain ». L’Amour sans bornes se donne pourtant des bornes en s’interdisant la cruauté, l’égoïsme, la violence.

Avec Jankélévitch, on pourrait dire : « L’amour partitif et partiel aime du bout de l’âme comme les promesses verbales et superficielles promettent du bout des lèvres… L’intransigeance amoureuse, elle, est caractéristique du devoir autant que de l’amour : amour et devoir - ils n’admettent aucune condition restrictive ni de temps ni de lieu ; ni de degré ni de délai (…) L’amour et le devoir ne connaissent qu’un seul degré : le superlatif ; une seule grandeur : le maximum ; une seule philosophie : le maximalisme ; une seule tendance : l’extrémisme ». (dans Le Paradoxe de la morale)
L’amour serait total, absolu, infini ou ne serait pas vraiment (« L’homme n’a donc le choix qu’entre l’amour tout-aimant et l’hypocrisie », écrit encore Jankélévitch). En principe, en théorie. Mais on ne peut éluder la question : comment pourrait incomber à l’homme, être fini, un amour et un devoir infini ?

Merci Silver, pour ce beau texte, qui s’adresse tout autant au cœur du lecteur qu’à sa raison.

   Marie-Ange   
19/11/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Texte très intéressant, qui se lit et se relit avec aisance.
L'air de rien, tous vos mots bien menés poussent à la réflexion.

Mais tout réside dans ces deux mots là, pour moi :

"Limites" et "Jusqu'où".

Il est certain que c'est un peu réducteur, mais en débattre sous cet écrit serait bien trop long et surtout trop compliqué.
C'est pourquoi je m'en tiendrait à ces deux mots là, car ils portent
tout le poids d'une interrogation, à laquelle bien souvent nous
sommes confrontés au quotidien. La réponse n'est jamais bien évidente.

J'aime tout particulièrement vos mots de fin :

" Et qui m’ont révélé
Qu’en un cœur humble et doux
Habite l’Infini "

Ils sont à retenir, à méditer car ils sont la sagesse même.


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