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Poésie libre
SQUEEN : L'Ancre-Cairn
 Publié le 03/05/26  -  9 commentaires  -  2810 caractères  -  71 lectures    Autres textes du même auteur

D'ici, de là.


L'Ancre-Cairn



Le vent cogne les pierres.
Tape le vent, chante le vent dans les pierres ramassées, amassées.
Toujours par d’autres.
Toujours avant toi.

Le vent te soufflait, soufflait sur ton passage.
De cairn en cairn, le vent t’essoufflait.

Des cailloux dans les poches,
Tu marchais.
Petit Poucet altruiste, tu t’es lié à tous par-delà le temps, l’espace.
Tu t’élevais, te confiais aux pierres, tu t’envolais, elles, elles te retenaient.
Le cairn est un son, est une voix.
Tu as suivi ta voie et celle de toute l’humanité avant toi.

Tu as creusé ta tombe aussi.

Des pierres.

Tu marchais.
Tu occupais l’espace, le temps.
Tu étais vivant et tu te déplaçais.

La vie pleure à travers les pierres amassées.

Ses sanglots te guidaient.
Les sanglots de l’humanité te guidaient.
Tu écoutais ces pierres pleurer et tu pleurais sur ces pierres.

Maintenant tu ne marches plus : tu t’envoles délesté,
Petit Poucet suicidaire, tu avances égrenant les étoiles.
Tu te perds dans l’intimité des montagnes.

Seul.

Pas de cairn à l’horizon.
Pas de cairn.

Pas de réflexion : tu es seul.
Le son ne rebondit plus sur rien.
Tu cries.
Pas d’acoustique.
Seul.
Une pierre ne forme pas un cairn.
Seul.
Guidé par rien, par personne.

Tu cries, tu pleures, tu t’envoles, sans joie, sans appel.

Ton sort est lié à l’Ancre-Cairn.

Tu t’élèves et te souviens : tes empreintes te précèdent.

Tu jettes une ancre à la terre et face au vent la laisse filer.
Tu cries pour qu’elle accroche.

Ancre-Cairn qui te retiens, qui te reviens.
Une pierre rajoutée comme une âme esseulée.
Un appel à l’aide ou une tombe ?

Le silence des cairns t’accompagne.
Le tambour des cairns t’accompagne.
D’Ancre-Cairn en Ancre-Cairn tu avances.

Pas de refuge.

Tu te plantes dans la montagne et tu hurles.
Qu’on veuille de toi, qu’on t’accueille.

Pas de refuge.

Tu viens de loin.
Tu reviens de loin.

Au-delà.
Bien au-delà.

Par-delà.

Loin.

Ici se rencontre la frontière entre un refuge et une destinée.

Se réfugier dans la montagne universelle.
Mourir aux côtés du refuge.
Tout près d’un cairn qui ne signifie plus rien s’il est frontière.

Tu ne marches plus.

Tu as froid, tu t’endors.
Des étoiles, un refuge au loin, un cairn-frontière à tes côtés.
Tu es perdu.
Tu as froid.
Tu meurs à deux pas du refuge.
Tu y es, tu y restes.


Des pierres.

Des étoiles


 
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Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   LeChevalier   
19/4/2026
trouve l'écriture
convenable
et
n'aime pas
Texte long et ennuyeux de par le recours extrêmement fréquent à la répétition intentionnelle. Il y a un embryon d'histoire, qui aurait pu soutenir la lecture, mais il est encombré par les phrases volontairement trop brèves, parfois, souvent, réduites à un seul mot. Pour ma part, il m'a été difficile d'aller jusqu'au bout car ce n'est tout simplement pas entraînant.

Je crois que la poésie doit procurer un plaisir esthétique (sans qu'elle ait un objet forcément beau) ; or ce texte ne m'a pas procuré de plaisir, seulement de l'ennui. L'écriture est académique, emphatique d'une manière apprise et non spontanée. L'emploi de la 2e personne du singulier renforce cette sensation de didactisme, de discours prononcé par quelqu'un devant qui il ne faut pas parler mais seulement écouter et acquiescer en signe d'admiration pour son éloquence.

Pour conclure, pour moi ce texte est un objet froid, poli et complètement soumis à une certaine conception du discours qui me rebute.

   Passant75   
19/4/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Le poème, d’une grande densité symbolique, explore la quête de sens, la solitude et la condition humaine à travers des images puissantes comme celles des amas de pierres et de l’ancre. Ces symboles incarnent respectivement la quête de repères et l’ancrage, ainsi que l'impossibilité de maintenir cet ancrage face au passage du temps et à la souffrance.

Le poème dépeint un voyage intérieur intense, où celui qui, tel un « Petit Poucet », cherche à s’accrocher à l’histoire et à l’humanité, mais se retrouve finalement seul et désespéré, sans refuge ni espoir d’aboutissement.

À l’aide d’un langage qui fait tilt, jouant quelquefois avec les mots et les sons, le point fort du poème réside dans sa capacité à évoquer la solitude humaine avec une grande force émotionnelle, grâce à une musicalité lancinante et des répétitions qui renforcent le sentiment de désespoir.

J’ai particulièrement apprécié « Ici se rencontre la frontière entre un refuge et une destinée ». Ce vers met en lumière le dilemme entre le désir de trouver un lieu de paix et la fatalité de la destinée. Cela donne une dimension tragique au fait de chercher un sens sans parvenir à le saisir.

Au final, c’est un texte chargé d’émotion qui parle à l’âme et invite à une réflexion existentielle sur la vie, la mort et la quête désespérée de repères.

   Myndie   
3/5/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
Bonjour Squeen,

Votre long poème est un voyage en solitude, oscillant entre désir de se déplacer, d'occuper « l’espace, le temps. », d'être vivant, et peur de l'oubli.
J'ai bien aimé l'association entre l'Ancre et le cairn : métaphoriquement, j'y vois une façon de poser des pierres, l'une après l'autre, pour en faire un repère, pour laisser une trace de son passage et ne pas rester seul ; j'y vois aussi un antagonisme entre la pierre qui « ancre à la terre» et « les étoiles » qu'on égrène dans un désir d'envol.
Sans doute est-ce lié à la longueur du texte, j'ai cependant trouvé une certaine lourdeur à des répétitions pléthoriques ; notamment, tout ce qui est censé exprimer la douleur semble parfois redondant et proche du pathos.
Par ailleurs, je n'ai rien contre l'obscur ou l'onirique, bien au contraire, mais la fin m'a laissée sur ma faim ^^. J'hésite entre la mort métaphorique – une sorte de périple qui se terminerait en drame- ou l'expression d'un abandon, d'une résignation, d'une renonciation.
Et si je suis dans ce flottement, c'est que votre poème a perdu en chemin son côté percutant et sa force de réflexion.
C'est justement ce que j'avais apprécie dans votre dernier « gazouillis ».
A vous relire donc.

   marcolev   
3/5/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime bien
Poème dense et sombre. Le motif du cairn évoluant de repère collectif à symbole d’isolement est bien travaillé, il apporte son sens au texte.

Les répétitions donnent un rythme efficace au poème, toutefois un resserrement de certaines le renforcerait sans diluer l’émotion.

Merci pour ce poème habité.

   Provencao   
3/5/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Bonjour SQUEEN ,

A mon sens, à ma lecture ce qui nous échappe, nous transcende, nous oublie, ce qui meurt en vos vers c'est ce tu - avec ses cailloux dans les poches, ces pierres et ces étoiles, ces illusions...ce qui cogne c'est une façon me semble-t-il d'être et de penser. Ce qui cogne est-ce une mutation? Est-ce une recherche d'une Vie plus libre, plus vraie, plus spirituelle.?

Au plaisir de vous lire,
Cordialement

   EtienneNorvins   
3/5/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Une errance qui, par son cadre et son propos, évoque celle du Roi Lear sur la lande, d'une façon moins dramatique mais non moins extrême.
Le poème m'a toutefois semblé manquer ici et là de cohérence - notamment "tes empreintes te précèdent" quand j'attendais plutôt "des empreintes"... Je me suis donc parfois un peu perdu en route, mais sans doute était-ce le but du texte ?

   Lariviere   
4/5/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Bonjour Squeen,

J'ai adoré le ton de ce poème.

Je l'ai tellement adoré, dans le style, la singularité, la sensibilité de l'expression, le lyrisme à peine effleuré du ton et du propos, la réflexion de fond sur l'existence, que je n'ai pas envie pour une fois d'essayer d'analyser sa poétique de façon clinique. Juste me contenter d'écouter ce frisson intérieur infime mais très agréable qui vient naturellement en écho à ce texte.

Le bémol : la longueur et l'effet de surplace. En effet, je trouve que les nombreuses redites ou répétitions pour appuyer le propos sont inutiles et diluent l'impact jusqu'à le réduire considérablement. J'ai trouvé ainsi que ce poème était trop bavard et qu'il tournait un peu en rond. C'est plus que dommage, parce que ce poème me plaisait tellement dans sa première partie que j'ai été déçu de ne pas rester sur cette impression de béatitude gratuite et de le voir se dérouler en perdant de sa force initiale.

Je pense qu'il pourrait se finir à la fin de la première moitié donc, après ce passage :

"Maintenant tu ne marches plus : tu t’envoles délesté,
Petit Poucet suicidaire, tu avances égrenant les étoiles.
Tu te perds dans l’intimité des montagnes.

Seul."

Ainsi il gagnerait en sobriété, permettrait au lecteur de rester sur des impressions fortes et dégagerait même une petite part d'énigmatique plutôt plaisante et prégnante à mon avis.

Personnellement, je me suis fait mon petit poème personnel de ton texte en l'arrêtant à cet endroit. Si j'évaluais uniquement cette partie mon appréciation serait "très aboutie" et "aime beaucoup".

Mais si ton choix est autre et que tu veux développer parce que ca colle davantage à tes intentions (comme nous perdre avec ton personnage et son chemin presque initiatique, comme le suggère EtienneNorvins ?), je te conseillerai de supprimer quelques redites et de produire d'autres images pour étoffer le propos en te basant sur la réussite de cette première partie.

A toi de voir !

Dans tous les cas, merci de cette belle lecture pour ce qu'elle m'a procuré d'agréable et bonne continuation !

   SQUEEN   
4/5/2026

   Cyrill   
5/5/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Bonjour Squeen.
Pour commencer, j’aime bien les sonorités du titre qui évoquent celles des pierres. Quant au poème, si ma première lecture en EL m’a lassé par sa longueur et ses répétitions, je pense qu’il aurait avantage à être lu à voix haute et même mis en scène, il a quelque chose à la fois du conte et du théâtre. Je le relis après sa publication avec plus de plaisir. J’ai vu dans ce périple particulier une forme de nomadisme universel, propre à notre humanité.
Les pérégrinations douce-amères de ce « Petit Poucet » sont accompagnées de la bienveillance du locuteur (« Le silence des cairns t’accompagne. / Le tambour des cairns t’accompagne. ») et scandées par les sons répétés, des collisions syllabiques rêches comme celles-ci : « D’Ancre-Cairn en Ancre-Cairn », qui marquent bien l’impression d’écueils dans la marche.
Merci pour le partage.


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